Avions et CO2

Les avions sont-ils si polluants ?

On a pu lire récemment sur le site du Nouvel Observateur :

« Je voudrais un aller-retour Paris-Bangkok dans un avion de facture récente et bien rempli». Voilà ce qu’un voyageur très soucieux de lutter contre l’effet de serre pourrait demander à son agence de voyage. En avion, un passager émet en moyenne 140 grammes de CO2 au kilomètre, contre 100 en moyenne en voiture, rappelle l’Institut Français de l’environnement (Ifen) dans une synthèse sur la contribution du transport aérien à l’effet de serre. Même en tenant compte des émissions liées à la fabrication des voitures et au raffinage du pétrole, l’avion rejette 16% de dioxyde de carbone de plus par passager.

Même dans les meilleurs conditions de remplissage, type vol charter, un aller-retour Paris-New York correspond au rejet d’une tonne de CO2 par passager, précise l’Ifen dans le dernier numéro des Données de l’environnement. Les vols les plus polluants sont les plus courts.

Les rejets de CO2 ne sont pas la seule contribution du transport aérien à l’effet de serre, continue l’Ifen. Les avions rejettent aussi des oxydes d’azote et de la vapeur d’eau qui favorise la formation des traînées de condensation (contrails).
Les travaux de Patrick Minnis, du Centre de recherche Langley de la NASA, ont montré que ces traînées forment des cirrus qui retiennent la chaleur.

Le transport aérien mondial représente 2,5% des émissions mondiales de CO2 liées à la consommation d’énergie fossiles. La marge de manœuvre pour améliorer l’efficacité énergétique des avions est très limitée, souligne l’article de l’Ifen. Par conséquent, avec un trafic en augmentation, l’impact sur le climat va s’intensifier. « 

Nos analyses sur le transport aérien

Cette nouvelle est pourtant complètement erronée en voici la preuve par des calculs.

A lire aussi:  Choisir un vélo: vélo pliable

Préliminaires :

J’ai récemment calculé les rejets massiques en partant de l’équation de combustion complète ( et idéale ).

On abouti aux chiffres suivants : Un moteur consommant 1 L d’essence va donc rejeter un peu plus d’un kilo d’eau et 2.3 kg de CO2.

Or le kérosène, carburant des réacteur, est plus lourd que l’essence ( voir ses propriétés ici : propriétés des carburants pétroliers ). Prenons un nombre d’atome de carbone de 12, soit une forumule chimique moyenne de C12H26.

D’apres les formules de combustion, il vient :

Application au kérosène. n=12
[C12H26] = 12*12 + 26*1 = 170 g/mol.
La masse de CO2 rejetée par mole de kérosène consommée est de : 44*12 = 528 g.
Le rapport consommation massique de kérosène sur rejets de CO2 est de 528/170 = 3.10

Ce veut dire que pour 1 kilo de kérosène consommé 3.1 kilogramme de CO2 sont émis.

Les détails des calculs de combustion sont sur cette page : équations de combustions et émissions de CO2 des hydrocarbures

Que dit cet article?

Selon celui ci : un aller retour Paris-New York rejette 1 tonne de CO2 par passager.

A lire aussi:  Téléchargement: Calculs d'autonomie de la voiture à air de MDI, Mines de Paris

Ceci signifie que 1000/3.1 = 322 kilogramme de kérosène ont été consommés, soit 322/0.8 = 402 L car la densité du kérosène est de l’ordre de 0.8.

La distance Paris New York est de 5850 km environ soit 5850*2 = 11700 km pour un aller-retour.

402 L pour faire 11 700 km…cela nous donne une consommation moyenne par passager de 3.43 L au 100 km.

Quelle voiture actuelle grand public est capable d’une consommation si faible ? Aucune sans hésitation !

Et pourtant l’article enfonce encore un peu le clou :

«Un voyageur en avion émet environ 140 grammes de CO2 au kilomètre, contre 100g/km pour un automobiliste.»

Tiens donc ? En supposant que l’automobiliste est seul dans son véhicule et selon la même démarche inverse, une voiture essence émettant 100 g de CO2/km consommera 100*100/2.3 = 4.3 L/100 …Très peu de vvéhicule essence sont capables d’une telle consommation..Je ne parle pas évidement de la circulation urbaine ! La rréalité est plutôt proche du double…

Un autre raisonnement dirait que l’avion consomme 40% de plus que la voiture, ou inversement que la voiture consomme 28% de moins que l’avion…

A lire aussi:  Le scandale des voitures électriques: EV1, Hypermini, RAV4 EV

Une petite application numérique avec le chiffre de 3.43 L au 100 km pour la consommation d’un avion donne une consommation d’un véhicule de 3.43*0.72 = 2.46 L / 100.

Encore une fois : Quelle voiture actuelle est capable d’une telle consommation ? Aucune ( bis ) !

Note : Le taux de remplissage moyen des voitures européennes est situé entre 1.2 et 1.6 personne/voiture, une correction des calculs est donc possible grâce à ces chiffres pour obtenir les rejets ou la consommation moyenne pour les automobiles en g de CO2 par km.passager ou L / 100km.passager. Dans tous les cas, et selon le chiffre initial de 1 tonne de CO2 pour un aller-retour Paris/New-York, l’avion reste moins consommateur que les voitures.

Pas si polluants, les gros porteurs bien remplis!

Voilà je m’arrête la pour dire qu’il me semble que les chiffres annoncés dans cet article sont soient faux soit que le transport aérien, de masse sur longue distance, est moins polluant que le transport routier…Pourtant les auteurs de l’article n’ont pas vraiment énoncé cela.

Le problème majeur du futur est l’accroissement du trafic mondial qu’il soit terrestre, maritime ou aérien! Accuser les avions ou les bateaux pour déculpabiliser l’usage de l’automobile individuelle est courant et bien trompeur! Les vraies questions sont: avons-nous besoin de prendre autant l’avion? Avons-nous besoin d’acheter à l’autre bout du monde? Avons-nous besoin de prendre autant notre voiture?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *