Energies fossiles: pétrole, gaz, charbon, nucléaire (fission et fusion)Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

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Sylvestre spiritus
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar Sylvestre spiritus » 18/04/19, 17:43

bardal a écrit :si tu ne comprends pas que le risque lié aux radiations dépend totalement de la dose reçue (pas seulement lors des accidents)


Je suis désolé Bardal mais ce que tu avances ici est Faux.

Le risque lié aux radiations dépend également de l'état du système immunitaire et sur ce point, nous sommes tous différents.
De même,un individu sain et serein n'aura pas la même réponse immunitaire qu'un sujet fatigué et stressé.
Reprends les études faites aprés Tchernobyl sur les mutations animales à forte, moyenne et faible dose: la sélection naturelle joue à fond.

Maintenant, à la différence des animaux sauvages qui ont globalement un bon taux d'antioxydants et un rythme de vie normal, la plupart des occidentaux sont déjà en état de stress oxydatif (alimentation industrielle, rythme de vie effréné,stress, etc...). il n'y a qu'a regarder l'évolution des cancers dans nos sociétés modernes.
L'exposition prolongé, même à des faibles taux aura un impact négatif certain sur le devenir de ces personnes.
Ce ne sera peut-être réellement visible que sur le long terme mais on ne peut pas dire que c'est inoffensif.
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar bardal » 18/04/19, 19:30

Nul, et surtout pas moi, ne niera l'importance des facteurs personnels dans la survenue d'une maladie…

Mais soit tu as une étude intéressante sur ce sujet (et non ton seul avis personnel ou celui de Pierre Paul ou Jacques) et je suis prêt à la lire, soit tu n'as rien de consistant, et c'est hors sujet… Sauf à vouloir brouiller toute approche rationnelle par des considérations vagues et occultantes.

Sur les effets des divers niveaux de radioactivité, il y a des montagnes d'études, le sujet devenant de mieux en mieux connu et maîtrisé.
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar izentrop » 18/04/19, 19:32

Sylvestre spiritus a écrit :
bardal a écrit :si tu ne comprends pas que le risque lié aux radiations dépend totalement de la dose reçue (pas seulement lors des accidents)
Je suis désolé Bardal mais ce que tu avances ici est Faux.
Cela reste une question de dose et la sensibilité au risque semble plus lié à l'age https://wedocs.unep.org/bitstream/handl ... dg.pdf.pdf
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar Sylvestre spiritus » 18/04/19, 21:08

Bien.

L'étude dont je parle date déjà d'une bonne quinzaine d'années.
Elle avait d'ailleurs été relayé par une émission sur Arte; certains s'en souviennent peut-être?
En bref, elle comparait les animaux sauvages dont le squelette était gavé de Césium137 et qui pourtant semblaient bien se porter au cas des hirondelles qui migratrices payaient un lourd tribut (décimées à + de 70 %) avec beaucoup de malformations et de mort-nés.
l'explication la plus plausible étaient que ces animaux migrateurs arrivés d'un long voyage épuisant avaient un niveau d'anti-oxydants faibles et qu'elles prenaient de plein fouet les effets des radiations.
Si tu as du temps, tu la retrouvera certainement...

Maintenant, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir!

Depuis , et sous le poids du lobby nucléaire, on cherche à minimiser les conséquences pour ne pas affoler les pèlerins...
Tu nous cite des rapports de l'ONU mais laisse moi te rappeler ces propos:
« Neuf milions d'adultes et plus de deux millions d'enfants souffrent des conséquences de Tchernobyl, et la tragédie ne fait que commencer », déclare Kofi Annan, secrétaire général de l'Onu en 1995.

Comment honnêtement peux-tu défendre l’innocuité des radiations?

Si ça ne te suffit pas, renseigne toi sur ces milliers de gamins atteints de cancers de la thyroïde en Russie et autour de la zone de Tchernobyl.
Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg...
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar izentrop » 18/04/19, 22:39

Sylvestre spiritus a écrit :l'explication la plus plausible
Si tu te contentes de ce genre d'affirmations :roll: Justement, rien de probant et faut comparer ce qui est comparable, car dans ce cas il s'agissait de la zone interdite ou les doses reçues étaient incommensurables. Renseigne toi correctement et arrête de voir des lobbys partout...

Sur les effets du cesium 137 :
l’IRSN a mis en place en 2005 le programme Évaluation des Pathologies potentiellement Induites par une contamination chronique au CEsium (EPICE) en vue de recueillir des informations scientifiques quant aux effets non cancéreux induits par des expositions chroniques à des faibles doses de rayonnements ionisants et de répondre à une question sociétale relative aux conséquences sanitaires de l’accident nucléaire de Tchernobyl au sein d’une population sensible (enfants)....

L’ensemble de ces examens a permis de diagnostiquer 2 526 enfants atteints d’arythmie cardiaque. Après une analyse statistique approfondie des données collectées sur le terrain, sur la période 2009-2013, la prévalence des arythmies cardiaques estimée dans les territoires contaminés est significativement plus faible que dans les territoires non contaminés. S’agissant de la charge corporelle en césium 137, aucune association n’a pu être mise en évidence. Le césium 137 ne constitue donc pas un facteur associé à l’observation d’arythmie cardiaque dans le cadre de l’étude EPICE.
https://www.irsn.fr/fr/connaissances/in ... Lja0-gzaCh
Sylvestre spiritus a écrit :« Neuf milions d'adultes et plus de deux millions d'enfants souffrent des conséquences de Tchernobyl, et la tragédie ne fait que commencer »
Combien de morts ?
Dans les semaines après l’accident, sur les 600 travailleurs et membres des équipes de secours présents sur le site, 237 personnes furent hospitalisées. Surtout, 134 intervenants ont été victimes d’un syndrome d’irradiation aiguë, dont 28 sont décédés dans les quatre mois qui ont suivi l’accident. Puis, entre 1987 et 2006, 19 autres intervenants sont décédés des séquelles de leur syndrome, dont 10 avant 1997, 4 avant 2000 et 5 jusqu’en 2006.
Le bilan des effets aigus dus à l’irradiation a peu évolué durant ces dernières années. https://www.irsn.fr/fr/connaissances/in ... Lja0-gzaCh
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar Sylvestre spiritus » 18/04/19, 23:52

izentrop a écrit :
Sylvestre spiritus a écrit :l'explication la plus plausible
Si tu te contentes de ce genre d'affirmations :roll: Justement, rien de probant et faut comparer ce qui est comparable, car dans ce cas il s'agissait de la zone interdite ou les doses reçues étaient incommensurables. Renseigne toi correctement et arrête de voir des lobbys partout...


Heureusement que j'avais préciser : "En bref... :roll: "

Inutile d'aller plus loin; j'espère que les rares qui vous liront ne seront pas dupes...

Une dernière chose:
Prends le temps de calculer la superficie de bureaux dédiés au lobbying situés à proximité immédiate du parlement européen, du siège de l'ONU et de tous les centres décisionnels des différents états.
Tu auras une bien meilleure vue sur comment marche le monde...

Ciao
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar bardal » 19/04/19, 04:43

Sylvestre spiritus a écrit :Bien.

L'étude dont je parle date déjà d'une bonne quinzaine d'années.
Elle avait d'ailleurs été relayé par une émission sur Arte; certains s'en souviennent peut-être?
En bref, elle comparait les animaux sauvages dont le squelette était gavé de Césium137 et qui pourtant semblaient bien se porter au cas des hirondelles qui migratrices payaient un lourd tribut (décimées à + de 70 %) avec beaucoup de malformations et de mort-nés.
l'explication la plus plausible étaient que ces animaux migrateurs arrivés d'un long voyage épuisant avaient un niveau d'anti-oxydants faibles et qu'elles prenaient de plein fouet les effets des radiations.
Si tu as du temps, tu la retrouvera certainement...

Maintenant, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir!

Depuis , et sous le poids du lobby nucléaire, on cherche à minimiser les conséquences pour ne pas affoler les pèlerins...
Tu nous cite des rapports de l'ONU mais laisse moi te rappeler ces propos:
« Neuf milions d'adultes et plus de deux millions d'enfants souffrent des conséquences de Tchernobyl, et la tragédie ne fait que commencer », déclare Kofi Annan, secrétaire général de l'Onu en 1995.

Comment honnêtement peux-tu défendre l’innocuité des radiations?

Si ça ne te suffit pas, renseigne toi sur ces milliers de gamins atteints de cancers de la thyroïde en Russie et autour de la zone de Tchernobyl.
Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg...


Ouh là, une étude d'épidémiologie menée par ARTE ? Tu plaisantes, j'espère… ARTE est réputée pour être une chaîne investie et noyautée par les Grunden allemands, n'ayant aucune expertise scientifique (ce n'est d'ailleurs pas son rôle), et capable de relayer n'importe quelle fantaisie, surtout sur le nucléaire. C'est le prototype d'un lobby engagé, pas d'une référence scientifique…

Au niveau international, la référence en matière de pathologies, ce n'est pas le secrétaire général (qui n'a aucune compétence sur ce sujet, et ce n'est d'ailleurs pas son rôle), c'est l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), constituée d'experts internationaux reconnus; en matière d'études sur les effets de la radioactivité, c'est l'UNSCEAR, l'équivalent du GIEC, en matière de risques nucléaires ( http://www.unscear.org/docs/revV1407898 ... _F_ENG.pdf ) qui fait référence. Ces deux organismes ont publié plusieurs études et analyses, tant sut Fukushima que pour Tchernobyl, analyses qui sont en contradiction flagrante avec ce que raconte ARTE. A Tchernobyl notamment, il est clair aujourd'hui que la faune et la flore se portent bien mieux qu'avant, du fait de la disparition du 1er prédateur, l'homme. Et l'effet, bien réel, des radiations dans certaines zones ne s'est pas traduit du tout par des disparitions d'espèces ou l'apparition de souches monstrueuses. Pourtant les études scientifiques ont été nombreuses...

Que les choses soient claires, il ne s'agit pour personne de nier la dangerosité de la radioactivité; il s'agit seulement d'étudier cette radioactivité d'un point de vue scientifique et rationnel, sans jouer à se faire peur à la seule évocation de son nom. La radioactivité est un phénomène naturel, à la source de l'existence de l'univers; nous y sommes tous exposés, de façon permanente, à plus ou moins faible dose, et ses effets sur l'être humain sont aujourd'hui connus; certaines expositions sont mortelles à court terme (un peu plus de 50 morts à Tchernobyl, 0 à Fukushima et Three Miles Island), d'autres sont délétères à moyen et long terme, d'autres, la plupart, sont totalement insignifiantes. Cessons donc de tout mélanger et d'inventer des dangers quand ils n'existent pas. A Fukushima, les doses dangereuses n'ont été atteintes qu'en certains endroits de la centrale elle-même (qui restent dangereuses), le territoire évacué n'ayant pas dépassé les doses habituellement rencontrées dans le milieu naturel. Seuls les rejets de césium et d'iode ont pu avoir des effets délétères, étudiés et suivis étroitement d'ailleurs…

Sors donc de ta période cauchemars d'enfance et peurs du loup-croquemitaine et deviens donc un peu adulte; on peut très bien vivre sans cela, c'est même drôlement plus intéressant.
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar être chafoin » 19/04/19, 17:57

Puisque la discussion semble être lancée, je voudrais préciser quelque-chose dans ces échanges sur la dangerosité du nucléaire. Il semble qu'il y ait 2 types d'impacts à différencier : les effets des doses excessives, et les effets des faibles doses. Ces derniers sont plus complexes à apprécier pour diverses raisons et notamment à cause de l'influence à long terme.

Mais si l'on en reste à l'aspect létal plus ou moins immédiat, les institutions qui semblent être les uniques sources scientifiques fiables de certains défenseurs du nucléaire (je ne suis pas du tout de cet avis mais pour l'instant contentons nous de cela), à savoir l'AIEA, l'OMS, l'ONU et l'UNSCEAR ont écrit dans leur communiqué de presse du 5 septembre 2005 que le nombre de morts causés par l'exposition aux retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl atteindrait le chiffre total de 4000. Ce total est constitué de :

50 travailleurs qui sont morts de syndrome d'irradiation aiguë en 1986 ou d'autres causes dans les années suivantes;
de 9 enfants morts de cancers de la thyroïde;
et d'une estimation de 3.940 personnes qui pourraient mourir de cancers contractés par suite de l'exposition aux radiations
.
pr_chernobyl_forum_050905.pdf
(1.42 Mio) Téléchargé 4 fois


Donc si je me contente des sources légitimées comme les seules valables par certains, les experts scientifiques reconnaissent que l'atome a été responsables de morts et de cancers mortels de la thyroïde chez les enfants.

Ce qui signifie :
1) qu'il est possible de donner de manière scientifique comme origine à un cancer, l'exposition aux radiations, contrairement à ce que prétendent certains.
2) que des enfants sont morts à Tchernobyl, à cause de cancers contractés suite à l'exposition aux radiations, contrairement à ce que prétendent certains.

En ce qui concerne l'impact sur les animaux et les plantes, le communiqué parle d'un augmentation de la mortalité chez les conifères, la pédofaune et les mammifères dans une zone de 20 à 30km autour de la centrale.
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar bardal » 19/04/19, 22:07

être chafoin a écrit :Puisque la discussion semble être lancée, je voudrais préciser quelque-chose dans ces échanges sur la dangerosité du nucléaire. Il semble qu'il y ait 2 types d'impacts à différencier : les effets des doses excessives, et les effets des faibles doses. Ces derniers sont plus complexes à apprécier pour diverses raisons et notamment à cause de l'influence à long terme.

Mais si l'on en reste à l'aspect létal plus ou moins immédiat, les institutions qui semblent être les uniques sources scientifiques fiables de certains défenseurs du nucléaire (je ne suis pas du tout de cet avis mais pour l'instant contentons nous de cela), à savoir l'AIEA, l'OMS, l'ONU et l'UNSCEAR ont écrit dans leur communiqué de presse du 5 septembre 2005 que le nombre de morts causés par l'exposition aux retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl atteindrait le chiffre total de 4000. Ce total est constitué de :

50 travailleurs qui sont morts de syndrome d'irradiation aiguë en 1986 ou d'autres causes dans les années suivantes;
de 9 enfants morts de cancers de la thyroïde;
et d'une estimation de 3.940 personnes qui pourraient mourir de cancers contractés par suite de l'exposition aux radiations
.
pr_chernobyl_forum_050905.pdf

Donc si je me contente des sources légitimées comme les seules valables par certains, les experts scientifiques reconnaissent que l'atome a été responsables de morts et de cancers mortels de la thyroïde chez les enfants.

Ce qui signifie :
1) qu'il est possible de donner de manière scientifique comme origine à un cancer, l'exposition aux radiations, contrairement à ce que prétendent certains.
2) que des enfants sont morts à Tchernobyl, à cause de cancers contractés suite à l'exposition aux radiations, contrairement à ce que prétendent certains.

En ce qui concerne l'impact sur les animaux et les plantes, le communiqué parle d'un augmentation de la mortalité chez les conifères, la pédofaune et les mammifères dans une zone de 20 à 30km autour de la centrale.


Merci chafoin de revenir à une tonalité plus conviviale et à un discours rationnel. Nous en avons besoin…

En matière de radiotoxicité et d'effets sanitaires de la radioactivité, les connaissances ont énormément progressé ces dernières décennies, suite à l'expérience acquise lors des trois accidents majeurs de l'industrie nucléaire. Ce sont essentiellement l'OMS et l'UNSCEAR (organismes dépendant de l'ONU, mais n'étant pas l'ONU) qui ont capitalisé les résultats des nombreuses études menées dans le monde. A l'époque de Tchernobyl, les connaissances sur les effets de doses modérées mais prolongées n'étaient connues que par les études consécutives à Hiroshima et Nagasaki, dont les conditions d'exposition (flash bref très intense n'engageant que de faibles quantités de matériau radioactif -quelques kilos-) étaient très différentes de celles de Tchernobyl (radioactivité modérée mais prolongée, fortes quantités de matériau radioactif).

OMS et UNSCAER ont donc produit un rapport d'évaluation en 2005 (revu en 2016) qui a fait consensus dans la communauté scientifique, tout en étant contesté par les organisations anti-nucléaires. Ce rapport chiffrait le nombre de décès directement lié à la radioactivité dégagée par la catastrophe à 59 morts (incluant 15 décès dus au cancer de la thyroïde), chiffre révisé en 2017 (62) et estimait, à partir des connaissances de l'époque (donc incluant la règle "linéaire sans seuil") le nombre des décès à long terme de l'ordre de 4000 (ce n'était donc pas une mesure, mais une probabilité calculée à partir d'expositions radioactives mesurées et de lois hypothétiques). Les études épidémiologiques postérieures à 2005 n'ont pas confirmé ces prévisions de 4000, montrant même des effets paradoxaux d'incidence moindre de cancers (à l'exception d'une légère hausse des leucémies) chez les populations exposées, notamment les "liquidateurs"; l'étude à réintégré 3 cas de décès liés à la catastrophe ("décès attribuables « de façon fiable » au rayonnement produit par l'accident") et a pointé une pathologie "psycho-sociale" liée à l'évacuation. Paradoxalement, les personnes qui avaient refusé l'évacuation ou étaient revenues très rapidement semblaient en meilleure santé que les évacués.

Les mêmes organismes ont aussi publié une étude après Fukushima (plus rapide car des données fiables étaient disponibles, contrairement à Tchernobyl, simplifiant considérablement le travail d'enquête). Les conclusions sont facilement accessibles sur Wiki: « L’UNSCEAR a constaté que l’exposition de la population japonaise était faible, avec pour conséquence de faibles risques d’effets sanitaires dus aux rayonnements plus tard dans la vie. Cette constatation concorde avec les conclusions du rapport de l’OMS sur l’évaluation des risques sanitaires. L’UNSCEAR a eu à disposition une plus grande quantité de données après la période prise en compte par l’OMS, ce qui lui a permis de faire des estimations plus précises des doses et des risques associés ».

On pointera que:
- la plupart des décès avérés de Tchernobyl ne sont pas dus à un cancer (mais à des syndrômes d'irradiation aigue et lésions de la peau), à l'exception des cancers de la thyroïde, dus l'iode 131, dont l'étiologie est bien connue.
- il n'est pas possible, sauf exceptions, de déterminer l'origine exacte d'un cancer en dehors des études épidémiologiques, qui ne fournissent que des estimations collectives (précises cependant); à l'échelon individuel, on n'a qu'une probabilité de risque.
- les estimations diverses (dont celles des organisations anti-nuk), dans l'un et l'autre cas, ne relèvent pas d'études étayées, mais de calculs sommaires sur des chiffres de personnes exposées contestables, et à partir d'hypothèses abandonnées depuis longtemps.

D'une façon plus générale, les risques liés à la radioactivité sont aujourd'hui de plus en plus exactement connus; les risques liés à une exposition intense mais brève sont connus (hélas) depuis Hiroshima (c'était , hélas, une des motivations de ce bombardement) et sont disponibles sur internet; ce sont eux qui sont à l'origine de la règle "linéaire sans seuil".

Les risques liés à une exposition modérée mais de longue durée sont très différents et peuvent s'énoncer, en simplifiant beaucoup, de la façon suivante:

- on distingue la radioactivité engendrée par des sources extérieures au corps humain, et la radioactivité engendrée par des sources intérieures (éléments avalés ou inhalés); les conséquences sont importantes, certains éléments étant totalement inoffensifs à l'extérieur du corps, mais se révélant très radiotoxiques à l'intérieur (c'est le cas notamment du radon et de l'iode)

- la radioactivité "naturelle" ( rayonnement cosmique, sol, radio-diagnostique, interne,...) varie de 1mSv/an (à Paris par exemple) à 6ou 7 mSv/an dans certaines zones granitiques (Bretagne, Limousin, Corse…), voire 200 ou 250 mSv dans certaines régions du monde (Iran, Inde, Brésil…) sans qu'aucune augmentation de la mortalité, ou de cancers, ait pu être mesurée entre les diverses régions. Par contre, dans certaines conditions, la toxicité de certaines émanations de gaz radioactifs peut être redoutable; c'est la cas du radon (en milieu confiné) ou de l'iode 131...

- il parait que des doses de radioactivité inférieure à 100 mSv/an (donc près de 50 fois supérieures aux doses habituelles, et autorisées) n'ont aucun effet mesurables sur la santé humaine; certains disent 200 mSv/an. 100 mSv/an, c'est déjà beaucoup plus que les doses maximales reçues par les travailleurs de Fukushima…

- au dessus de 100, ou 200 mSv/an apparaissent les effets dits stochastiques des rayonnements, c'est à dire l'apparition de maladies ou d'atteintes aléatoires, mais bien réelles, mesurables statistiquement et variant avec la dose reçue; c'est essentiellement la zone des cancers radio-induits et des atteintes génétiques, s'établissant sur le plus ou moins long terme.

- enfin, au delà de 1 Sv, apparait la zone des effets déterministes où il y a induction certaine d'atteintes graves (cancers, mutations génétiques…) puis d'atteintes mortelles à brève ou très brève échéance (doses de 1 Gray ou plus).


De fait, à Fukushima, la dose maximale reçue par les travailleurs impliqués n'a pas dépassé 25 mSv, ce qui situe ces travailleurs dans une zone où nous sommes incapable de mesurer un effet délétère. Peut-être parce que nous en sommes encore incapables, certes. Mais l'honnêteté scientifique consiste à reconnaître qu'aucun effet n'est mesurable, et que l'on ne connait pas la cause des cancers apparaissant chez ces travailleurs; si une étude épidémio montrait qu'il y a plus de cancers chez ces travailleurs que dans la population générale, évidemment, il faudrait attribuer à la radioactivité la responsabilité de ces cancers; mais ça n'est pas le cas aujourd'hui…

Pour ce qui concerne la flore et la faune, je n'ai aucune étude scientifique à disposition; ceci dit, le phénomène de la "forêt rousse" est connu et il semble acquis que les feuillus résistent mieux aux radiations; ça reste quand même une analyse un peu légère.
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Re: Fukushima Daiichi: la situation (un an) après (ASN et IRSN)

Message non lupar être chafoin » 20/04/19, 02:07

Effectivement cela reste un peu léger et pour cause. Les études publiés sur les conséquences de la radioactivité sur la faune et la flore se comptent sur les doigts de la main, même plusieurs années après les catastrophes. 4 seulement 2 ans après le drame de Fukushima et aucune 5 ans après celui de Tchernobyl. C'est dire le peu de chose que l'on connaisse (et que l'on veut savoir, le travail des chercheurs est empêché par les autorités sur la zone de la centrale) sur l'impact de la radioactivité. Si l'on a une vision un tant soit peu écologique, dans le sens où par exemple la vie de l'homme est étroitement intriqué dans les réseaux du vivant formés par les écosystèmes, on reste pour le moins stupéfait et on est en droit de se demander si les grandes enquêtes statistiques des organismes officiels, certes utiles, nous permettent de comprendre en profondeur la réalité des phénomènes en jeux.

D'après les enquêtes présentées dans l'article ci dessous, il a été observé que les populations d'oiseaux, de cigales et de papillons ont chuté en proportion de l'intensité de la radioactivité dégagée aux alentours de Fukushima. Surtout des chercheurs se questionnent sur l'effet des faibles doses et sur les effets retards visibles sur les animaux (mutations génétiques plus fortes dans la descendance des papillons ?).

https://www.science-et-vie.com/archives ... eaux-19663

A noter aussi cette citation textuelle, claire, de JR Jourdain, le spécialiste de l'IRSN dont on a déjà parlé :
"A Tchernobyl, vingt-sept ans après, on sait ainsi que 7 000 à 8 000 cancers de la thyroïde sont directement imputables à l'iode radioactif"

PS : je n'ai pas trouvé la documentation annoncée sur la théorie de l'absence de seuil ou règle linéaire sans seuil.
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