Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 11:22

Julienmos a écrit :
mais comme les tomates sont réputées gourmandes, je crains que ça ne suffise pas, surtout que toujours au même endroit elles risquent de finir par épuiser le sol. Donc je préfère, à la plantation, mélanger du compost à la terre et reboucher le trou avec ce mélange.

Je fais de même pour les potimarrons.

Tu crois que sans cet apport en compost ce serait aussi bien (que la seule décomposition du foin nourrit suffisamment) ?


Je ne pense pas, j'ai calculé que les apports d'éléments nutritifs par le foin, aux quantités que j'utilise, risquent plutôt de créer une "overdose" !!!

J'en suis à réfléchir à savoir comment je vais "calmer" cela, pour ne pas tomber dans l'excès d'une terre trop riche - avec, telle est ma conviction - les mêmes inconvénients que des apports très élevés d'engrais chimiques : déséquilibres, sensibilité accrue aux parasites et aux ravageurs...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 11:24

sicetaitsimple a écrit :
Mais pour conclure, si tu fais comme ça et que ça marche depuis plusieurs années en cultivant des tomates au même endroit, je n'ai qu'un conseil: continue!



Es-tu conscient des limites de ce raisonnement ??? C'est exactement ce que va te dire l’agriculture conventionnel intensif d'à coté : ça marche !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 11:34

sicetaitsimple a écrit :
dans l'attente de la réponse de Didier ( qui fait à mon avis peu de doutes, il s'est déjà largement exprimé sur le sujet de matière organique ajoutée dans le trou de plantation), un avis personnel:
- il y a compost et compost, et je partage complètement l'avis de Didier sur le fait que le "compost" réalisé par la plupart d'entre nous en entassant au fil des apports des matières dans un bac ou en tas et sans vraiment nous en occuper produit au bout du compte un produit relativement médiocre. Mais c'est une façon "élégante" et peu coûteuse de ne pas encombrer nos poubelles et les déchetteries, c'est déjà ça.
- Malgré tout, même un "mauvais compost", s'il est incorporé superficiellement ce qui est le cas si tu le mélanges à la terre de comblement de la plantation de tes pieds de tomates, peut avoir un effet bénéfique sur les caractéristiques physiques très locales de ton sol, notamment sa capacité de rétention d'eau. Sur les apports en azote, bof si c'est un "mauvais compost".



Je rappelle les "fondamentaux", vu qu'apparemment ce n'est toujours pas clair :

- la matière organique, c'est de l'énergie solaire et des éléments chimiques
- dans le compostage, une bonne partie de l'énergie est "dissipée" ; la masse du tas est divisée (car C, H et O représentent 90 à 95 de la matière sèche de la matière organique mise à composter ; ils s'échappent - vapeur d'eau, CO² et chaleur)
- les autres éléments (qu'on peut appeler "telluriques" - ceux dont le cycles passe non pas par l'air mais par le sol), se concentrent donc ; puisqu'on le sait depuis Lavoisier : rien ne se perd, rien se crée
- ils sont rendus plus rapidement assimilable du fait de la "désorganisation" de la matière organique qui accompagne sa décomposition : une partie est "minéralisée" (on passe de la mat org initiale à du CO² qui s'échappe, du H²O qui s'échappe, et les éléments minéraux qui restent - bien qu'une partie puisse être lessivée sous le tas, où cela ne sert à rien, même si ce n'est pas perdu au sens de Lavoisier)
- dans le tas, en fin de cycle, une fois refroidi, avec l'énergie, des bactéries libres peuvent fixer un peu d'azote atmosphérique...
- en fin de cycle, les champignons commencent à former des substances humiques (pour une partie seulement de la mat org ; environ 50 % si le tas était équilibré)

Sauf qu'on court-circuite les organismes du sol et qu'on apporte une sorte d'engrais organique, le compots n'apporte donc rien.

La fixation d'azote sera plus efficace si on gave les organismes du sol en énergie.

Les mêmes minéraux seront libérés, plus progressivement certes.

Le C, H et O finit dans l'air, comme dans le compostage : la grande différence, c'est qu'ayant au préalable nourrit le "joyeux bordel" que sont les organismes du sol, tout le travail d'aggradation sera à son top. Si on ne veut pas travailler soi-même, c'est ce qu'il faut optimiser. Pas ce se focaliser sur le ^petit peu d'épices qu'est N,P et K !!!

Mais je pense que vous souhaitez vraiment encore travailler un peu ? Sinon, vous avez mauvaise conscience ou quoi ?
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 11:36

izentrop a écrit :Les épluchures à l'air libre, ça sèche rapidement ...


Ce qui est encore un faux-problème : si elle sèche, elle ne peut pas puer...

Tout, en dehors de l'eau, reste : la matière organique sèche, les éléments minéraux...

Tôt ou tard, la colonne de matière organique se décompose par le bas, et est ré-alimentée par le dessus ! Le foin c'est pareil : il se décompose au bas, au ras du sol, et fait la couverture, en haut, là où il est sec. Jusqu'à ce que le haut soit en bas...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 11:40

Mixieer56 a écrit :Bonjour,
Didier a souvent mentionné que le foin à épandre pouvait être plus ou moins inapte à la nourriture des animaux car trop humidifié par les intempéries ou déjà en période de maturation. Il n'est donc pas nécessaire de protéger les rouleaux, et peut-être est-il préfèrable de les laisser vieillir à l'air libre ?
Si oui, combien de temps ?
Merci de vos réponses.


On peut utiliser des rouleaux "spoliés", non utilisables comme fourrage... Si vous en trouvez, il se peut qu'on vous les donne !

Mais non, il n'est pas préférable : je couvre les rouleaux que je ne vais utiliser cet automne, car sinon, ils prennent du poids, se déforment. ET alors, bonjour pour les dérouler !!!

Ils commencent un processus comparable au compostage. Et en cohérence avec ce que je viens d'écrire : c'est un gaspillage !

Je recommande, pour les premières planches à semer au printemps, d'épandre maintenant, pour que cela se mouille - mais une fois étendu sur le sol - et se tasse. Une couche d'une vingtaine de cm peut siphonner pas mal de pluie ! Si vous mettez au printemps, pas sûr que les pluies suffisent avant le semis. Cela risque de taper dans la réserve du sol !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 06/11/16, 11:55

sicetaitsimple a écrit :

dans l'attente de la réponse de Didier ( qui fait à mon avis peu de doutes, il s'est déjà largement exprimé sur le sujet de matière organique ajoutée dans le trou de plantation), un avis personnel:


merci à vous deux pour vos réponses.
C'est vrai que cette histoire de légumes soit-disant gourmands, faudrait pas que ça nous incite à mettre aveuglément de l'engrais sans tenir compte des autres éléments... mon sol n'est pas sableux, il me semble vivant, il est toujours couvert... j'ai d'ailleurs remarqué que les tomates sont très résistantes et poussent sans grand entretien, au contraire il faut limiter le développement de trop nombreuses ramifications, et au niveau arrosage, même avec la canicule de cette année, un arrosoir par plant tous les 15 jours a suffi ! peut-être aussi que sans engrais ou compost, ni à la plantation ni en cours de croissance, elles développent plus de racines qui vont chercher plus loin ou plus profond les éléments nutritifs... et sont plus résistantes (mildiou par ex).
Mon plant de tomate-cerise par ex, cette année, (situé hors tunnel) le seul boulot aura été d'ajouter des tuteurs, par contre aucun arrosage (je dis bien aucun !) et malgré ça il na pas arrêté de faire des grappes et des grappes jusqu'en octobre !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 12:13

J'en profite pour réitérer ce que je ne cesse d'écrire : le "Potager du Paresseux" n'est pas une "recette" [il ne "faut pas" faire ceci, à telle date - c'est "antinaturel" au possible...]

Par exemple, je n'arrose jamais avant d'avoir observé des signes de flétrissement en fin de journée... Alors, la plante manque d'eau de toute évidence (elle sera ragaillardie le matin). Du coup, j'arrose très peu (en 2015, car sécheresse ; cette année, seulement sur des plants repiqués)...

Je vais donc édicter cette règle d'or :

- je ne suis pas un mouton
- je ne fais pas quelque chose parce que quelqu'un a dit de le faire, l'a écrit dans un livre ou une revue ou l'a publié sur internet [90 % de ce qui est dit / écrit / colporté est faux !!!]
- j'observe et analyse d'abord...
- j'agis ensuite.

Tu l'écris toi-même :

"j'ai d'ailleurs remarqué que les tomates sont très résistantes et poussent sans grand entretien,..."

Mon plant de tomate-cerise par ex, cette année, (situé hors tunnel) le seul boulot aura été d'ajouter des tuteurs, par contre aucun arrosage (je dis bien aucun !) et malgré ça il na pas arrêté de faire des grappes et des grappes jusqu'en octobre !

Et pourtant, tu vas chercher à faire ceci ou cela : compost ? arrosage tous les 15 jours ???

"ça nous incite à mettre aveuglément de l'engrais"
dis-tu si bien !!!

Je pense que le Potager du Paresseux est aussi une liberté, celle de se faire confiance ! Celle de croire ce qu'on voit (et pas ce que les autres disent ou écrivent !)
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 06/11/16, 12:39

Did67 a écrit :- j'observe et analyse d'abord...
- j'agis ensuite.


observer, passe encore... analyser, c'est pas forcément toujours ce que je sais faire de mieux... sûr que quand on est ingénieur à Grenobl' :cheesy: c'est un peu plus facile !
(on mesure pas assez la chance extraordinaire qu'on a de t'avoir "sous la main", si disponible, à t'enquiquiner chaque jour avec nos questions, souvent répétitives, et malgré ça tu rechignes jamais à répondre du mieux que tu peux... tout ça gratuitement ! d'autres se feraient payer pour beaucoup moins que ça... faudrait vraiment que tu songes à des consult payantes ! :D

j'ai une autre question:

est-il exact que dans un sol légèrement acide, la MO se décompose mieux et plus vite ?
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 06/11/16, 13:53

Sur les "questions préalables" :

1) J'ai de quoi vivre ; j'ai renoncé, il y a fort longtemps, à l'idée d'être riche un jour... Il me semble qu'il sera plus confortable de mourir ainsi après avoir vécu de façon mois futile !

2) Je me suis exprimé ailleurs à ce sujet : ce fil et mes vidéos, c'est ma façon de m'engager ; je ne crois pas à l'action politique conventionnelle ; je crois ne revanche que chacun, dans son cercle (à définir : ses amis ; mais aussi, de plus en plus ses "amis d'internet"), peut soit "pourrir" les choses, soit les "améliorer" ; j'essaye d'être dans la seconde catégorie... Chacun peut créer des rencontres : un geste, un bonjour, un sourire... Toutes choses qui ne coûtent rien, pécuniairement parlant ! Alors quand je vois ce qu'on se plait à se lamenter !!!!!!!!!!

J'espère ainsi "faire modestement un petit peu quelque chose pour que le monde soit moins pire"... Faire plus, pour moi, c'est prendre le risque d'être "un politicard" ou... un dictateur, un gourou, ou que sais-je du genre...

3) La contrepartie, c'est d'expliquer, d'expliquer et expliquer... Au lieu de dicter des conduites comme le ferait un dictateur. Ou d'envouter comme le ferait un gourou ou autre psychopathe manipulateur jouant sur les failles psychologiques de ses interlocuteurs...

4) La seule chose que j'accepte : mes conférences sont "indemnisées" (frais de déplacement + "paiement" négociable selon les moyens de l'organisateur). Je pense que tout "produit" à, dans nos sociétés, une valeur... Mais j'aime l'idée que ce soit l'usager qui fixe le prix. Je suis en train de finaliser une chambre d'hôte dont ce sera le locataire qui fixera le prix en partant (je demanderai juste un "droit d'entrée" minime, genre 20 euros la nuit)

Voilà pour ma profession de foi !

PS : c'est agréable de voir que cela est reconnu !

Je suis bien entendu, dans ce siècle matérialiste, un grand naïf. Mais quand a 33 ans j'ai tout plaqué pour aller au fin fond du Tchad pour "faire quelque chose" (mettre mes savoirs au service de populations décimées par les sécheresses du Sahel), je l'étais déjà !

Sur la question technique :

- je pense que c'est plutôt une phrase à l'envers !
- la décomposition de la matière fait agir des bactéries et des champignons
- dans un tas de compost, c'est d'abord les bactéries, plus rapides, puis, quand cela a fini de chauffer, les champignons...
- les champignons aiment une légère acidité ; ils "créent" cette tendance acide qu'on rencontre dans les sols forestiers dominés par les champignons
- donc sans doute dans un sol où de la matière organique, surtout si elle est ligneuse ou cellulosique, se décompose, il devrait y avoir une très légère acidité...
- les bactéries seraient plutôt, en général neutrophiles...
- une légère acidité, pH de 6,5, est généralement admis comme le "meilleur compromis" pour un sol, tant du point de vue solubilité / "assimilabilité" des éléments minéraux que de l'activité des organismes (un compromis entre exigences des bactéries et des champignons).
- je pense donc que ce n'est pas faux,
- même si tout cela est tellement complexe que cela ne tient pas dans une phrase et qu'on se trompe facilement !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 06/11/16, 15:56

Bonjour Didier,

tu me demandes "si je suis conscient des limites de ce (donc mon) raisonnement?C'est exactement ce que va te dire l'agriculteur intensif conventionnel d'à coté: ça marche!".
J'en suis absolument conscient, tu extrapoles peut-être un peu vite.
Rappelons que nous parlions là de 3 pieds de tomate annuels et que la question posée était relative à l’intérêt ou non je jeter une poignée de compost dans le trou de plantation! Et que de ça!
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