Message non lupar Ahmed » 01/09/26, 14:15
Le repli nationaliste, tout comme le rejet de l'émigration qui est un phénomène qui lui est corrélé, n'est pas un événement fortuit ou incompréhensible: c'est l'expression de déterminismes simples et inconscients: en phase de saturation absolue du système économique (ou thermodynamique si l'on se réfère à la grille de Roddier), la mondialisation qui offrait antérieurement une possibilité de dissipation maximale d'énergie cesse de jouer ce rôle (ce qui était facilement prévisible puisque c'est un espace fini).
Désormais, la planète entière a été colonisée par l'économie (quoiqu'à divers titres et configurations) et face à ce blocage "horizontal", l'énergie tend à s'accumuler de façon interne, provoquant une surchauffe systémique et la baisse de rentabilité réelle de la valeur (masquée par la spéculation financière) crée une immense tension sous-jacente. Laquelle tension tente d'être soulagée individuellement par un retour en force de l'État-nation, ce même État-nation qui s'était partiellement dissous dans la mondialisation. Il faut le voir comme une tentative réflexe de protection contre un espace autrefois désiré, mais perçu désormais comme menaçant, tout comme les flux qui en représentent la substance, de bénéfiques sont devenus hostiles.
Ceci se traduit en pratique par plusieurs mesures:
le repli territorial qui produit l'illusion qu'en érigeant des barrières politiques, douanières ou identitaires, on pourra préserver un îlot de stabilité et capter l'énergie restante pour soi au détriment des autres.
Le repli identitaire qui élève une barrière morale devant un ailleurs angoissant, misant sur une focale nationale ou même régionale perçue comme rassurante, surtout lorsqu'elle est fantasmée comme havre de stabilité intangible (la France éternelle!), espace où l'étranger n'a évidemment pas sa place, puisqu'étranger...
Il va sans dire que ces réactions, même et surtout si elle est partagée par beaucoup, sont totalement inappropriées puisqu'elles ignorent superbement les causes réelles. Reste une ultime ressource de dissipation qui est mis en œuvre par les pays les moins compétitifs économiquement ou en perte de vitesse: l'industrie de la guerre.
Notons toutefois à ce propos que les buts de guerre ne doivent pas être évalués de façon classique comme uniquement à des fins de conquête territoriales ou de ressources, mais en tant que essentiellement pure attrition. Selon ce critère novateur, une guerre ratée deviendrait parfaitement réussie...
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"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."