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Sciences et technologiesMémoire du travail et talent inné ou acquis? Psychologie

Débats scientifiques généraux. Présentations de nouvelles technologies (hors directement liées aux énergies renouvelables ou biocarburants ou autres thématiques développées dans les autres sous forums).
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Christophe
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Mémoire du travail et talent inné ou acquis? Psychologie

Message non lupar Christophe » 23/11/11, 20:19

Le sujet (épineux?) "acquis ou inné" a déjà évoqué plusieurs fois sur ce forum (ici https://www.econologie.com/forums/phenomenes ... 3-210.html ou là https://www.econologie.com/forums/le-dogme-d ... 93-10.html par exemple), je profite de l'article qui suit pour lancer un vrai débat sur la question:

Le talent est-il plus déterminant que le travail?

Comment les gens deviennent bons en science, en musique ou en sport? Est-ce de l’inné ou de l’acquis?


Ces questions ont soulevé pendant longtemps d’intenses débats en psychologie. Et contrairement à certains spécialistes qui insistent sur le rôle déterminant de la pratique et du travail, David Z. Hambrick et Elizabeth J. Meinz, deux professeurs de psychologie, soutiennent dans un article du New York Times que le talent et l’intelligence ont un impact bien plus marquant sur nos actions.

Les deux chercheurs rappellent qu’il y a moins de vingt ans, une étude pionnière dirigée par le psychologue K. Anders Ericsson de l’université de Floride a montré que bien jouer de la musique relevait surtout du nombre d’heures de pratique. Ainsi a-t-il remarqué avec ses collègues qu’à l’âge de 20 ans, les meilleurs étudiants du département de musique de l’université de Floride avaient accumulé pas moins de 10.000 heures de répétition, contre 8.000 pour les élèves jugés bons mais pas excellents et 5.000 heures pour les moins performants.

Comme le soulignent David Z. Hambrick et Elizabeth J. Meinz, ces résultats fondateurs ont été suivis par de nombreuses études «enthousiastes» allant dans le même sens: ce qui sépare les meilleurs des bons c’est l’acharnement au travail et la détermination. Malcolm Gladwell en tire d’ailleurs la même conclusion quand il résume l’importance des recherches d’Ericsson dans son livre Outliers:

«La pratique, ce n’est pas ce que vous faites une fois que vous êtes bon, mais ce que vous faites pour devenir bon.»

De la même manière, Geoff Colvin dans son livre Le talent est surévalué, distingue justement pour mesurer la pertinence du QI, la performance dans un cadre répété et habituel et la performance réalisée qu’une seule fois:

«Le QI est un indicateur convenable de performance pour une tâche qui n’est pas familière, mais une fois qu’une personne fait le même travail depuis quelques années, le QI ne prédit pas grand-chose, ou même rien concernant la performance.»

Mais selon les deux auteurs de l’article du New York Times, ces affirmations ne correspondent pas exactement à «ce que dit la science». De plus récentes recherches montrent en effet que les capacités intellectuelles ont un rôle déterminant pour réussir dans de nombreux domaines.

David Lubinski et Camilla Benbow de l’université de Vanderbilt dans le Tennessee ont ainsi suivi les trajectoires scolaires de plus de 2.000 personnes qui ont obtenu les meilleurs scores au SAT à 13 ans (les 1% les meilleurs). Et ils remarquent qu’en comparaison des 9% les meilleurs, les premiers 1% ont trois à cinq fois plus de chance d’avoir un doctorat, d’écrire un livre ou de publier ou un article dans une revue scientifique.

Les deux auteurs évoquent aussi leurs propres résultats qui reposent sur l’analyse de ce qu’ils appellent la capacité liée à la «mémoire de travail». Selon eux, cette qualité intellectuelle est innée. Or c’est elle qui fait la différence entre, par exemple, deux pianistes ayant la même expérience mais pas la même intelligence.

Cet article du New York Times a été vivement critiqué par Gizmodo, un site spécialisé dans l’actualité des innovations technologiques. Le site déplore en effet le fait que les deux psychologues cherchent à décourager tous ceux qui essayent d’entreprendre «en travaillant vraiment dur», et souligne que la notion de «talent» ne se limite pas à la génétique, et donc à l’inné.


Source: http://www.slate.fr/lien/46641/talent-d ... e-reussite
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Message non lupar Fakir » 23/11/11, 22:03

Les cas de Mozart illustre très bien ce sujet.

Extrait de Wikipédia
Wikipédia a écrit :Né à Salzbourg, qui est alors la capitale d'une principauté ecclésiastique du Saint-Empire romain germanique (Cercle de Bavière), Mozart est le fils du compositeur et grand pédagogue, Léopold Mozart qui occupe alors la fonction de vice-maître de chapelle à la cour du prince-archevêque de Salzbourg, et de Anna Maria Pertl, son épouse.


Leopold, Wolfgang au clavecin et Marianne Mozart en 1764
Wolfgang est le septième enfant du couple. Trois enfants sont morts en bas âge avant la naissance de sa sœur Maria Anna (surnommée « Nannerl », née en 1751), et deux autres sont encore morts entre la naissance de cette sœur aînée et la sienne.
Il est baptisé Joannes Chrysost[omus] Wolfgangus Theophilus. Theophilus, signifiant « aimé de Dieu », a des équivalents allemand (Gottlieb), italien (Amedeo) et latin (Amadeus).
Dès l'age de trois ans, Mozart révèle des dons prodigieux pour la musique : il a l'oreille absolue et certainement une mémoire eidétique. Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l'orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l'âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV.2, 4 et 5 ; allegro KV.3). À quatorze ans, il aurait ainsi parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, œuvre complexe qui dure environ quinze minutes, en ne l'ayant écouté qu’une seule fois.


L'intelligence et l’inné ne sont pas d'origines génétiques. Il faut chercher ailleurs.
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Message non lupar chatelot16 » 23/11/11, 22:12

le resultat c'est le don multiplié par le travail

il n'est pas etonant que celui qui est doué pour quelque chose travaille plus , encouragé par des resultats

qui va s'acharner a travailler beaucoup pour quelque chose ou il n'est pas doué

bien sur en etant forcé a travailler beaucoup on fini par etre profesionel normal moyen , mais pas genial

c'est plus dommage dans l'autre sens ... celui qui a certain don dans certain millieux ou premier de la classe est une insulte a interet a se cacher et devient paresseux
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Message non lupar Christophe » 23/11/11, 22:38

Fakir a écrit :L'intelligence et l’inné ne sont pas d'origines génétiques. Il faut chercher ailleurs.


??? C'est de l'ironie par rapport à l'exemple de mozart ???

Et dire que l'inné n'est pas d'origine génétique est un contre sens...

Le fait d'avoir l'oreille absolue c'est génétique donc c'est inné...
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Message non lupar dedeleco » 24/11/11, 01:52

Il est bien plus remarquable, le don, inné génétiquement, que nous avons tous eu, petit bébé, instinctivement, d'apprendre à parler et à comprendre entre 6 mois et moins de 3 ans !!
Adultes nous sommes infiniment moins doués pour une nouvelle langue !!!
Nous sommes génétiquement programmés pour apprendre à communiquer, comprendre puis à parler, facilement.
Dès les premiers mois, les bébés montrent un instinct de communication et relations affectives et verbales avec leur entourage, pouvant apprendre de façon phénoménale, bien avant de marcher et c'est pour cette raison qu'il faut leur parler beaucoup, même si on n'est pas sûr qu'ils comprennent tout, pour qu'ils apprennent, les sons, etc.. !!

Même les singes ont des vrais dons pour le langage des signes !!

Dans notre évolution passée, cet instinct du langage de parler, communiquer, instinctif génétiquement, avec nos cordes vocales génétiquement adaptées à parler (pas le cas des singes) est certainement très ancien avec une évolution sur bien plus du million d'années, comme notre usage d'outils en pierre, vieux de 2 millions d'années.
Il doit y avoir eu une énorme sélection naturelle favorisant les plus douée à communiquer, pour survivre !!

Nous n'avons pas du tout cet instinct génétique pour lire et écrire, trop récent (millier d'années environ et bien moins de sélection ) !!

Les dons de certains autistes génétiquement spontanés semblent aussi surprenants que ceux des génies, qui parfois ont été plus ou moins autistes !!

Notre cerveau est surdimensionné, et donc sous utilisé !!
Sur les derniers 50000 ans, il a diminué de taille un peu en devenant plus efficace !! Il est plus petit que celui de Néanderthal !!

Certains oiseaux corvidés et perroquets ont des capacités surprenantes (spatiales en vol et de manipulations d'objets outils ) avec des cerveaux petits, preuve que notre gros cerveau est surdimensionné inefficace et sous utilisé !!
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Message non lupar Flytox » 24/11/11, 21:49

dedeleco a écrit :Certains oiseaux corvidés et perroquets ont des capacités surprenantes (spatiales en vol et de manipulations d'objets outils ) avec des cerveaux petits, preuve que notre gros cerveau est surdimensionné inefficace et sous utilisé !!


Dire que notre cerveau est sous utilisé, est une expression gratuite et récurrente reprise en coeur dans de nombreux documents. On sait bien trop peu de chose sur le fonctionnement du cerveau, le rôle de cette montagne de neurones, leur interconnexion, leur architecture ni comment fonctionne les "programmes" qui les "utilisent", la relation taille / "efficacité " à faire des choses différentes ( si elle peut avoir un sens), etc... c'est une énorme boite noire, mais on dit que c'est" sous utilisé". :mrgreen:

C'est comme on disait encore il y a peu de temps, les parties non codante de notre ADN "qui ne servent à rien" au lieu de dire "dont on ignore les principales fonctions.
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La Raison c'est la folie du plus fort. La raison du moins fort c'est de la folie.
[Eugène Ionesco]
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Message non lupar dedeleco » 24/11/11, 22:23

J'y peux rien , on peut remplacer sous utilisé par inefficace pour sa taille, mais c'est un fait, comme des scanners surprenants de personnes quasi normales avec un gros trou dans le cerveau et aussi la plasticité du cerveau qui lui permet de fonctionner pas mal en compensant avec de gros manques parfois !!
Il suffit de comparer avec d'autres animaux à petits cerveaux avec de belles capacités, aussi.
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Re: Mémoire du travail et talent inné ou acquis? Psychologie

Message non lupar Christophe » 13/05/18, 23:31

https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-e ... bliee.html

Jumeaux séparés à la naissance : voici l'histoire de l'étude jamais publiée

umeaux séparés à la naissance : voici l'histoire de l'étude jamais publiée David Kellman, Eddy Galland et Bobby Shafran dans "Trois identiques inconnus" de Tim Wardle, sélectionné au festival Sundance (Courtesy of Sundance Institute)

Cinq jumeaux et des triplés, séparés à la naissance, ont participé sans le savoir à une étude scientifique sur l'inné et l'acquis. Elle n'a toujours pas été rendue publique.


Par Emilie Brouze

Publié le 02 mars 2018 à 16h09




Quand en 1980 "Bobby" Shafran, 19 ans, allures de dieu grec, entre à l'université de Sullivan County dans l'Etat de New-York, tout le monde semble déjà le connaître. Imaginez la scène : on lui tape dans le dos amicalement, on lui donne des "high five", et on commence à l’appeler Eddy, du nom d’un élève qui a quitté la fac l’année d’avant. C’est déroutant.

"Je crois que tu as un jumeau", finit par lui glisser un étudiant ébahi par la ressemblance, qui détecte deux autres coïncidences – ils sont nés le même jour et ont été adoptés. A la seconde où Bobby Shafran et Edward Galland se rencontrent, il n’y a pas le moindre doute : ils sont frères jumeaux. Même carrure, mêmes cheveux bouclés, même sourire, mêmes mains épaisses. Même tache de naissance.

Le "New York Post" publie un article illustré d'une photo pour relater les improbables retrouvailles. Ils reçoivent alors l'appel de David Kellman, étudiant en première année au Queens College, qui se reconnaît sur l'image. "Vous n'allez pas le croire..." David est leur copie conforme : le frère manquant. Ils sont triplés.

Les trois hommes sont nés à 27 minutes d’écart, le 12 juillet 1961. Séparés à la naissance, chacun a été adopté par une famille de la banlieue new-yorkaise, ignorant pendant dix-neuf ans l'existence des deux autres. "Notre première rencontre était complètement surréaliste", témoigne Bobby Shafran, 56 ans aujourd'hui, à l'AFP.

"Tout ce qui arrivait était tellement irréel qu'on avait presque l'impression de rêver."
Leur incroyable histoire, digne d'un scénario de fiction, est le sujet d'un documentaire, "Trois identiques inconnus" (de Tim Wardle), présenté dernièrement au festival du film de Sundance.

Et un secret

Après leur première rencontre, les triplés connaissent leur quart d’heure de gloire dans les années 1980 : leur vie est imprimée dans les journaux, la télé les invite pour en parler, ils font même une apparition aux côtés de Madonna dans le film "Recherche Susan désespérément" (1985).

(...)


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