Société et philosophieL'argent, le budget et le poids des syndicats en France

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Christophe
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L'argent, le budget et le poids des syndicats en France

Message non lupar Christophe » 05/12/11, 16:28

On a récemment évoqué le terme de "dictature syndicale" en France sur ce forum.

Dictature car les syndicats ne prennent en compte les intérêts que de leur syndiqués et méprisent généralement les autres travailleurs dans la plupart des cas....

L'exemple récent le plus flagrant a été le traitement de la réforme des retraites publiques par les syndicats du public qui n'en avaient rien à cirer des conditions du privé...Secteur privé, qui pour rappel utile, finance à 100% le secteur public...et qui est largement défavorisé par rapport au public au point de vue retraite (et autres mais c'est pas le débat...) !

Hé bien, coïncidence ou pas, voici un dossier du Figaro sur le financement des syndicats en France...

L'argent caché des syndicats

Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... Un rapport parlementaire lève le voile. Décapant !


Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES). Pour représenter les salariés de France Télécom face à la «place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud», la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement «pour nourrir leur réflexion».

Gonflé? Non, une pratique plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions, les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...

Image

(Infographie : Olivier Cailleau/Source : Commission d'enquête parlementaire sur le financement des syndicats)

Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales.C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.

Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?

Lorsqu'il a décidé de se pencher sur cette délicate question, Nicolas Perruchot, ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, savait qu'il avançait en terrain miné. L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie «en haut lieu», souffle-t-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue», précise Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.

Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. «Nous nous sommes même demandé si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit», confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.

On comprend leurs réticences. Le tableau que dressent les élus est décapant: «mécanismes de financement structurellement opaques», «absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux», «dérives»... Le schéma descircuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible.

Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments, fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !

Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entendait pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.

(...)


La suite sur la page du Figaro: http://www.lefigaro.fr/societes/2011/12 ... dicats.php
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bambou
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Message non lupar bambou » 07/12/11, 17:43

Bel article.
Mais on parie combien que rien ne bougera ?
Faudrait surtout pas se mettre la CGT EDF à dos...
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Flytox
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Message non lupar Flytox » 08/12/11, 12:57

indy49 a écrit :Bel article.
Mais on parie combien que rien ne bougera ?
Faudrait surtout pas se mettre la CGT EDF à dos...


+1 :mrgreen:

J'ai eut l'occasion de travailler dans une grosse entreprise de tradition très syndicalisée, et constater qu'il y avait 2 catégories de syndicalistes. La 1° comprend ceux qui y croient, sont sur le terrain et font du très bon boulot. 8)

La 2° catégorie représente ceux qui sont là, pour se trouver une planque avec les heures de délégation ( limitées ?), et l'impunité quand ils ne foutent rien pendant les heures où ils sont censés travailler. Chai pas comment ils s'arrangent entre eux et avec la direction, comment chacun y retrouve son compte mais celà perdure depuis des années. "Bizarrement", ceux qui ont pris les rennes des syndicats sont les plus forts... en gueule et ...font parti presque exclusivement de la 2° catégorie....

Dans certaines périodes, nous étions abreuvés de tracts plusieurs fois par semaine par les différents syndicats. On aurait pus s'attendre à un contenu ciblé, une riposte serrée et plus ou moins cohérente contre les changements "antisociaux" de la direction, surtout dans des périodes de grosses restructurations, rachat par des holdings, externalisation du coeur du métier etc...mais non, nous avions droit....à des luttes intestines et autres attaques personnelles entre leaders des différents syndicats, ou des batailles sur la gestion du Comité d'Entreprise... sur l'essentiel des tracts !!!

Lors de profonds changements de stratégies industrielles ( externalisations plutôt moins que plus justifiées) avec pertes d'emploi en France) on a eut droit à quelques Wouah Wouah presque pour la forme....par contre quand un syndicaliste en vue se fait crocher la main dans le sac pour fausse déclaration et arrêt maladie totalement injustifié ... tous les syndicats appellent à faire une grève générale....

Résultat au fil des années, le nombre de syndiqués de l'entreprise est en chute libre et la gestion du personnel s'est approché doucement du modèle France Telecom.... :shock: :evil:
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Message non lupar sen-no-sen » 08/12/11, 13:15

C'est exactement cela Flytox!
Dans bien des cas il faudrait plutôt parler de syndicat du crime!
Les luttes intestines entre les différents syndicats et une énième façons de diviser pour mieux régner...a qui profite le crime?

De par leur actions les syndicats se tire des chargeurs entiers dans les pieds car: "A trop vouloir gagner on perd tout"...

Les exemples foisonnent malheureusement!
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Message non lupar bambou » 08/12/11, 14:09

Flytox a écrit : La 2° catégorie représente ceux qui sont là, pour se trouver une planque avec les heures de délégation ( limitées ?),
Limitées ou pas : cela dépend.
Je connais un gars qui est détaché à 100% auprès du CE.
Il a tout à fait le profil que tu décris après :
Flytox a écrit :et l'impunité quand ils ne foutent rien pendant les heures où ils sont censés travailler. Chai pas comment ils s'arrangent entre eux et avec la direction, comment chacun y retrouve son compte mais celà perdure depuis des années. "Bizarrement", ceux qui ont pris les rennes des syndicats sont les plus forts... en gueule et ...font parti presque exclusivement de la 2° catégorie....
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Message non lupar dedeleco » 08/12/11, 17:46

constat :
La 2° catégorie représente ceux qui sont là, pour se trouver une planque avec les heures de délégation ( limitées ?), et l'impunité quand ils ne foutent rien pendant les heures où ils sont censés travailler.
Chai pas comment ils s'arrangent entre eux et avec la direction, comment chacun y retrouve son compte mais cela perdure depuis des années,


cohérent totalement avec
Bizarrement", ceux qui ont pris les rennes des syndicats sont les plus forts... en gueule et ...font parti presque exclusivement de la 2° catégorie.
Lors de profonds changements de stratégies industrielles ( externalisations plutôt moins que plus justifiées) avec pertes d'emploi en France) on a eut droit à quelques Wouah Wouah presque pour la forme...

et une direction DRH efficace "y retrouve son compte", qui manipule et les récompense avec des petits avantages cachés pour ces pourris vendus !!!
Comme pour les élections Russes actuellement, belle manipulation et trucages typiques de la nature humaine instinctive, de corruption et de clans mafieux !!!
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Message non lupar Napo le nain » 21/05/12, 15:24

Ayant eu du mal à le trouver, je me permets de vous livrer le rapport interdit de publication et scellé dans les archives de l'assemblée nationale pour une durée de 25 ans

https://www.econologie.com/fichiers/partager3/1337606354EcJv6H.pdf

autre lien si besoin mais c'est le même document

http://www.lecri.fr/wp-content/uploads/2012/02/rapport-perruchot.pdf


Source : http://www.lecri.fr/2012/02/16/argent-des-syndicats-le-rapport-perruchot-est-en-ligne/29621

http://www.lecri.fr/2012/02/24/le-rapport-perruchot-sur-l%e2%80%99argent-des-syndicats-des-revelations-etonnantes-des-propositions-insuffisantes/29753


les politiques devraient être un peu plus couillu comme lui ça ferait du bien
Remarque : heureusement que internet est là :)
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