Energies fossiles: pétrole, gaz, charbon, nucléaire (fission et fusion)Vieillissement et dégradation de l'essence SP: causes, effets et remèdes

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Vieillissement et dégradation de l'essence SP: causes, effets et remèdes

Message non lupar Christophe » 27/11/19, 11:35

Voici un article intéressant et assez complet sur le vieillissement des carburants légers de type essence et surtout leurs effets néfastes sur les moteurs. Sachant que les moteurs de bateau sont pour la plupart encore des moteurs d'ancienne génération...et même pas mal de 2 temps (hors bords, scooter des mers...)

Il est orienté bateau car souvent il y a moins de renouvellement du réservoir que dans une voiture mais il est tout à fait intéressant de savoir comment une essence pétrolière vieillit.

On a parlé des additifs moteurs il y a quelques jours: nouveaux-transports/avis-sur-les-produits-de-nettoyage-decrassage-moteur-bardhal-facom-t16183-20.html

Un sujet plus ancien: nouveaux-transports/les-bienfaits-d-un-additif-moteur-t12347.html

Hé bien le vieillissement est certainement aussi lié à la présence (ou non) d'additifs (donc à la qualité de l'essence à la pompe)...

Attention certaines images peuvent choquer les plus méticuleux en mécanique!

Vieillissement des essences, causes, conséquences et remèdes

Les essences utilisées dans nos moteurs, qu’ils fonctionnent à deux ou quatre-temps, subissent, au cours du temps, des altérations qui modifient leurs caractéristiques. Quels sont ces phénomènes et comment les éviter ?

Les essences

Qui n’a jamais tenté d’utiliser, sans succès, le contenu d’un vieux bidon d’essence dans un appareil à moteur à explosion ?
Les additifs présents dans les essences vendues dans le commerce n’ont pas vocation à rendre celles-ci utilisables sur une longue période. En effet, les essences sont raffinées à la destination principale du marché de l’automobile, réputée pour son utilisation quotidienne.
Le carburant, vendu à la pompe, n’est “garanti” stable que quelques mois, tout au plus.

Les phénomènes de dégradation des essences

Les essences subissent quatre types de dégradations de leurs qualités chimiques les rendant impropres à leur usage en l’absence de quelques précautions.
Des additifs permettent de retarder certains de ces effets et de prolonger la durée d’utilisation du carburant.

La volatilité

La volatilité désigne la capacité dont dispose le carburant à s’évaporer dans l’air.
Ce phénomène, qui autorise leur emploi dans les moteurs à explosion, les conduit aussi à se détériorer.
La volatilité dépend des conditions de conservation (température) ainsi que de la formulation des carburants. Ainsi, les essences sont réalisées plus volatiles dans les mélanges hiver afin de faciliter les démarrages en saison froide.
Bien que la notion d’indice d’octane ne caractérise pas directement la volatilité, on peut la concevoir comme un indicateur.
Avec le temps, l’indice d’octane d’un carburant essence chute lentement, jour après jour, laissant le mélange de moins en moins volatil.

L’évaporation

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Il est facile de constater sur un réservoir plastique “gonflé” que l’essence présente une tendance à l'évaporation lorsque s’élève la température.
Pour cette raison, les réservoirs d’essence sont toujours “mis à l’air” afin de permettre, d’une part, une prise d’air, mais également d’offrir la possibilité aux gaz d'évaporation de s’évacuer.

Dans les réservoirs, se succèdent en alternance des cycles jours et nuit au cours desquels les températures varient. Ces variations de températures entraînent la production de vapeurs -volatiles- évacuées par les évents du réservoir.
Le volume du carburant diminue avec l’évaporation ainsi que sa volatilité.

D’autre part, la nature ayant horreur du vide, le volume de carburant manquant va immanquablement se voir remplacé par de l’air plus ou moins chargé en humidité (l’air “sec” comporte 40 % d’humidité). Lors des cycles “nuit” la température baisse dans le réservoir et cette différence de température entraîne alors une condensation d’une partie de l’eau emprisonnée dans l’air du réservoir. En effet, la capacité de l’air à conserver la vapeur d’eau sous forme gazeuse décroît avec la température (effet de Mollier).

La conséquence ultime de cette condensation entraîne une dilution lente, à l’eau de condensation, du carburant présent dans le réservoir.
C’est la présence de cette eau qui va générer la dernière conséquence, l’oxydation, raison pour laquelle les réservoirs sont conçus en matières inertes (matières plastiques ou aciers inoxydables).

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L’oxydation

A l’intérieur d’un réservoir, le carburant entre en contact avec l’oxygène de l’air.
Ce contact provoque une oxydation de composants issus de la couche superficielle de l’essence. Le produit de cette réaction (polymérisation des oléfines) est un solide, une sorte de gomme, présente dans le carburant sous forme de particules.
Cette gomme, véhiculée à chaud lors des cycles d’explosion du moteur va se solidifier en refroidissant pouvant même coller les soupape sur leurs sièges, voire entraîner leur déformation puis celle de l’arbre à cames...

De plus, dans les cas ou le réservoir n’est pas réalisé en matériau inerte, mais en acier par exemple, des particules d’oxydes de fer, détachées des parois de celui-ci, vont aussi se retrouver dans le carburant.

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L’effet cocktail ou le cas du E95 SP10

Ce carburant remplace le SP95 (sans plomb 95) en y intégrant 10% d’éthanol (alcool) d’origine végétale. Cet alcool est présent dans le mélange frais d’une manière homogène.
A la différence des moteurs des automobiles, les moteurs essence nautiques sont rarement utilisés au quotidien. Les longues périodes de repos entre les usages permettent au mélange de se dissocier. L'éthanol (alcool) ainsi dissocié, est réputé présenter une action nocive sur certains joints des moteurs.
L’effet de l’éthanol est sensible lors d’utilisation de mélange 2 temps ou, une fois dissocié, il risque, en plus, de dégrader l’huile !

Les additifs pour essences

Les stabilisants


Star Tron Enzyme Fuel treatment, Motorex Ethanol treatment ou Quicksilver Quickstore, ces produits offrent des avantages communs autorisant l’utilisation du carburant sur une plus longue période qui ne devrait jamais excéder 12 mois (autant dire: rien du tout!)

Ces produits agissent principalement contre la formation de gommes, l’oxydation et la dissociation de l’éthanol.

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Les substituts de plomb Quoi ca existe encore??

Les moteurs anciens (en général avant 1990) sont équipés de sièges de soupapes non-compatibles avec l'essence sans plomb. La plomb présent dans l'essence les lubrifie et évite leur remontée dans les sièges.
Des additifs spécifiques corrigent la composition des carburants modernes, mais, dans le cas de 2 temps, ne remplacent pas l’huile à mélanger au carburant.

Pour optimiser les performances et la durée de vie d’un moteur essence, il est préférable de s’organiser pour ne pas devoir conserver de carburant d’une saison sur l’autre. Si vous devez hiverner un réservoir contenant du carburant, faites le plein à ras bord (afin de réduire la surface d’oxydation) et n’oubliez pas le stabilisant.


Source: http://www.actunautique.com/2019/11/car ... ences.html
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Re: Vieillissement et dégradation de l'essence SP: causes, effets et remèdes

Message non lupar Christophe » 27/11/19, 12:48

Le cas des carburants plus lourds de type gasoil est différent c'est surtout de la contamination par l'eau et bactérienne, il est évoqué ici: energies-fossiles-nucleaire/degradation-et-contamination-du-gasoil-diesel-mazout-fioul-causes-et-remedes-t16224.html
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