Ahmed a écrit :Privilégier l'occasion peut être intéressant mais sera toujours de portée limitée, les marchandises nouvelles en seront toujours exclues puisque réduites à un droit d'usage temporaire plus qu'à une pleine et entière possession.
L'astuce est là, ça fait déjà longtemps qu'on le découvre (planqué dans les petits carcatères des contrats au départ, mais de plus en plus au grand jour!)
Chatelot: +1 j'aime bien ton idée de label, mais le hic c'est que ça fait appel à une «consommation citoyenne», à laquelle j'ai du mal à croire, hélas. Tant le peuple est moutonnier...
Surfeurseb et à tous: il y aurait plusieurs moyens d'y parvenir, mais il faut d'abord voir les «entorses», pour juger de ce qui est possible et de l'ampleur de la tâche qui nous attend...!
D'abord le coût et l'éco-bilan réel
Je reviens justement d'Asie pour le taf et aussi un peu de "wouacances" (sans avoir hélas, la possibilité de compenser mon carbonne puiqu'on parlait de la Chine) ou j'ai été — on s'en doute un peu — stupéfait par l'ampleur industrielle des problèmes. Et donc oui, il faudrait prendre en compte TOUS les paramètres énergétiques, depuis l'extraction des matières premières jusqu'au transport vers l'utilisateur final, le retour éventuel en SAV selon statistiques de pannes, le renvoi vers l'utilisateur, etc... Pour bien prendre en compte TOUS les facteurs.
La «bonne» volonté politique et/ou individuelle?
Tout ça a forcément des composantes «culturelles»...
Pour agir dans le bon sens éconologique: tout réside surtout dans «la bonne intention de le faire...» (VS ou pas...) Et si nous le voulions bien, les choses pourraient changer assez vite. Là les chinois sont bien mieux placés que nous, tant il est vrai qu'ils ont déjà l'outil industriel, et que pour eux, la satisfaction des consommateurs prime (puisqu'ils cherchent à acquérir des «mérites» pour bon nombre d'entre eux, tout au long de leur vie). Il n'y a guère que nous occidentaux, machiavels parfaits, qui sommes passés maîtres dans la sophistication de ...la destruction!
Mais la meilleure illustration est peut-être mon passage dans les magasins à «Tout à 10 yuans» ou tout ce qui est vendu est à 1 €. Ainsi de nouveaux produits répondant aux caractéristiques idéales, ne sont pas obligatoirement chers, amha...
Et j'ai été très surpris d'y voir ce qui y est vendu. Des produits de seconde zone penserez-vous? Que néni! A un euro, j'ai trouvé plein de choses surprenantes et même à techno avancée:
— Des lampes/dynamo à deux grosses diodes LED et réellement sans batterie (mais réellement avec condo, j'ai démontée une... et ...remontée) vendue ici à environ 25 €;
— D'autres lampes LED plus sophistiquées encore, et petites, mais à piles incluses...;
— Des lecteurs de carte mémoire d'appareil photo à connecteur USB 2.0 (vendu ici bien plus cher aussi..);
— Des lampes fluocompactes à économie d'énergie, avec switch auto nocturne/diurne...;
— Des pinces à dénuder automatiques, s'ajustant à l'épaisseur du cable et au diamètre des brins de cuivre à préserver...;
— Des mètres-rubans métalliques à enrouleur;
— Des kits complet de réparation de chambres à air;
— Des sets complets de tournevis torque ET/OU à autres embouts (interchangeables ou non), certains avec un testeur de phase pour le courant secteur 250 V...;
— Des casquettes de baseball de jolie finition.
Etc...
Bref, assez incroyable, la plupart de ces biens, sont vendus entre 10 et 20 fois plus cher chez nous et parfois pas aussi bien finis. Il m'a juste fallu un tournevis philips pour démonter la lampe... Certes il y a aussi ce type de magasins chez nous, mais je n'y ait pas trouvé, tout ce qu'on trouve là-bas.
La régulation par la sacro sainte: «loi du marché»: une impossibilité?
Le principal problème c'est le prix (lié pour les éconologistes, à l'éco-bilan, donc qui fait intervenir l'énergie pour produire et transporter). Et au vu des tarfis des articles abordables. On peut constater que c'est un levier mais pas un frein... Mais d'abord: place à l'utilisation des vrai coût des matières premières (et non les coûts biaisé/truqués par la non prise en compte du renouvellement des ressources minières...)
Place alors à l'intégration dans cette «loi du marché» de l'utilisation des matériaux et énergies «renouvelables»...
Place à un commerce équitable donc, et place à la valorisation de la créativité et à l'imagination des hommes...
Place donc à l'adaptation du système juridique, pour qu'il applique les lois existantes qui ne le sont pas (eu égard à «la loi du plus fort», hélas dictée par ledit marché...).
Parce que l'effet boomerang, commence déjà à se faire sentir... Le premier étant le peak oil avec le déni qui entoure cette situation.
Pour que les bons comptes fassent réellement les bonnes économies
Ensuite, à chaque secteur économique, ses pratiques, ses règles et usages, ses lois ...et sa façon de «dresser» les con--sommateurs... Mais quoi qu'il en soit, il est toujours précisé à quelque part toutes sortes de décharges de responsabilités ou exclusion de garantie sous certaines conditions — dans les conditions générales, garanties et autres documents contractuels ou obligataire engageant les industriels.
Quelques exemples en plus des vôtres:
— en informatique, les programmes — qui sont dans un mix d'obsolescence programmée, rusé, quasi indétectable, à responsabilité partagée et autres astuces invisibles, puisque de facto obsolètes lorsque vous changez de système d'exploitation, de configuration par un nouveau périphérique non supporté ou que les pilotes n'ont pas été mis à jour sauf moyennant paiement d'une «nouvelle version» — sont un modèle du genre! Ceux qui les produisent ont tout prévu et c'est inattaquable: parce qu'ils ont tout simplement fait en sorte (en à peine quinze ou vingt ans et c'est rentré dans les mœurs) de faire en sorte que l'on ne puisse plus se plaindre, tout simplement parce qu'on n'en est plus propriétaire: on n'achète plus un «programme» mais une licence d'utilisation. Et le comble de tout, est que lorsque l'on procède à l'installation, on est obligé d'en accepter le fondement (de se faire pigeonner) en cliquant sur le tristement célèbre «j'accepte les conditions d'utilisation», sans quoi le processus d'installation ne se fait pas... On ne peut donc même pas dire «qu'on n'était pas au courant»...
Ce mode opératoire s'étant généralisé, les tribunaux s'y sont adaptés et il y a de nos jours guère de recours possibles, puisque c'est mondial et que les instituts de «droits comparé» ont toujours été à la traîne et ne sont jamais vraiment intervenus dans le droit interne des pays, puisqu'ils sont «souverains»....
Ces pratiques se sont également généralisées dans le reste des secteurs économiques et pour l'achat d'autres biens, ou l'industriel peut en tout temps apporter les modifications qu'il jugera utile...
C'est ce qui a notamment amené la Communauté européenne impuissante à imposer une durée de garantie — toujours bien trop courte — de deux ans (que les industriels indélicats détournent sans trop de difficulté...).
Et puis évidemment, le fait de «réparer soi-même», sans passer par le SAV officiel, se fait toujours à ses risques et périls. Certains SAV pouvant même refuser après coup, de réparer un produit si il a été ouvert par des personnes non-autorisées. Pire, dans certains cas l'ouverture du boîtier est interdite par la loi au titre de violation des brevets ou que sais-je...
Bref, c'est tout un système qui serait à changer. Avec pour conséquence, l'augmentation des coûts, puisque le système compte sur la «régulation des marchés par l'offre VS la demande», pour faire le boulot.
Donc la liste des «moyens» (ajoutés à ceux déjà proposés par vous tous) peuvent être inattendus:
— une GROSSE taxe sur les énergies fossiles — mais en prévenant les industriels cinq ans avant — serait très incitatives. Quantité de produits seraient aussitôt remplacés par d'autres (bien que je ne soie pas pour de nouvellles taxes...) Elle aurait l'immense avantage d'anticiper la fin de l'ère du pétrole.
— le prolongement de la durée de garantie à 3 ans, puis à cinq ans, selon le type de produits, et à mettre en place selon un agenda réaliste.
— la mise en place d'un label, comme dit Chatelot, mais avec un prix décerné à l'entreprise la plus novatrice dans le domaine.
— imposer aux industriels, d'offrir au moins un produit de leur gamme: plus cher mais réparable... [Mode joke "ON"] pour eux, c'est hyper simple au plan de la conception: il leur suffirait de renforcer les pièces qu'il se sont ingéniés à fragiliser dans le processus industriel... (
Et avant tout: éduquer/politiser les consommateurs... Parce que toutes ces mesures, ne feront que repousser le problème, dira sans doute Ahmed, ce en quoi pragmatiquement il n'a pas tort...
