Agriculture: problèmes et pollutions, nouvelles techniques et solutionsMieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
VetusLignum
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Re: Mieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Message non lupar VetusLignum » 05/07/19, 16:25

izentrop a écrit :Ouais, un site commercial comme référence :?: ben c'est pas clair et une étude récente le confirme : Ratio champignons / bactéries: mauvaises interprétations historiques et implications potentielles https://www.sciencedirect.com/science/a ... 9X18300389
La contribution relative des bactéries et des champignons peut être mieux évaluée en utilisant le rapport d'assimilation F: B, plutôt que le rapport de biomasse ou le rapport de production. Néanmoins, des incertitudes subsistent dans les estimations de la production et de l'assimilation microbiennes en raison de leurs réponses complexes aux activités de la faune du sol . La réglementation de la faune du sol sur la biomasse microbienne, le taux de renouvellement et la respiration, ainsi que les changements associés dans les allocations d'énergie dans la chaîne alimentaire du sol devraient être mis en exergue dans les études futures.

Image


Ce que j'ai cité fait consensus auprès de nombreux microbiologistes du sol.
L'article que vous citez, et qui le remet plus ou moins en question, est très récent, et je ne suis pas en mesure de juger de sa pertinence. J'attends de voir ce qu'y répondront Elaine Ingham & co.
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Re: Mieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Message non lupar izentrop » 06/07/19, 15:38

VetusLignum a écrit :Que signifie un ratio de 1% ? Une biomasse de 1 champignon pour 100 bactéries ?
Les ratios FFA de PLFA, ARN et protéines ont été calculés en utilisant les quantités de lipides, la proportion de séquences et l'abondance des protéines, respectivement. La proportion de champignons par rapport aux bactéries a été exprimée comme suit:

% p r o p o r t i o n F: B = Fu n gun l i n de xB a c t e r i a l i n de x× 100 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4977315/
et dans cette même étude de 2016 ou ils analysent un sol de prairie
Afin d'étudier le lien entre les structures communautaires microbiennes et le cycle du carbone du sol, nous avons choisi deux sols de l'expérience de biodiversité de Jena, une expérience de diversité de prairies à grande échelle établie en 2002 à Jena, en Allemagne ( Roscher et al., 2004 ). Les sols ont été choisis en fonction de la composition de la communauté microbienne dérivée de PLFA de 2007 ( Lange et al., 2014).), de sorte que les sols présentaient des propriétés physiques et chimiques similaires, mais différaient par la structure de leur communauté microbienne, et en particulier par leur rapport F: B. Par conséquent, les deux sols ont été nommés «sol bas F: B» et «sol haut F: B». Cette nomenclature a été suivie tout au long du présent rapport. Les deux sols avaient une texture de sol similaire (sable 44,6%, limon 39,6%, argile 15,8%) et pH 7,75. Les ratios C, N et C: N des sols étaient également très similaires à 2, 0,2 et 10,2%, respectivement ( Figure supplémentaire S1). Les deux sols différaient par le nombre d'espèces végétales (quatre dans le sol à faible teneur en F: B, huit dans le sol à forte teneur en F: B) ​​mais pas par le nombre de groupes fonctionnels de la plante (une herbe, une petite herbe, une haute et légumineuse dans les deux sols). Le sol a été collecté à partir de noyaux en acier inoxydable en avril 2014 à une profondeur de 0 à 10 cm (à partir de trois parcelles répliquées spatialement pour chaque classe de sol), tamisé (<2 mm), toutes les racines visibles ont été enlevées, homogénéisées et stockées à 12 jours avant l’établissement des mésocosmes.
Je passe le détail du protocole de mesures
Avant de mettre en place l'expérience sur le mésocosme, la composition de la communauté microbienne à partir des biomarqueurs de PLFA a été réévaluée avec des sols provenant des mêmes parcelles de diversité. La teneur totale en PLFA bactérienne était de 18,46 ± 0,05 et de 23,55 ± 0,23 μg / g; tandis que la teneur en PLFA fongique a été mesurée à 0,52 ± 0,002 et 0,99 ± 0,01 μg / g dans des sols à faible teneur en F: B et à teneur élevée en F: B, respectivement.La proportion de champignons pour cent par rapport à des bactéries a été estimé à 2,8 ± 0,01 et 4,2 ± 0,07 à bas F: B et F élevé: sol B, respectivement ( Figure Figure1A 1A ). Le rapport F: B, dérivé de la PLFA, de la communauté microbienne du sol à teneur élevée en F: B était 1,5 fois supérieur à celui du sol à teneur faible en F: B (ANOVA à facteur unique; p <0,001).
On reste donc dans les 1 à 5 %
VetusLignum a écrit :Ce que j'ai cité fait consensus auprès de nombreux microbiologistes du sol.
Lesquels :?: :wink:
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Re: Mieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Message non lupar VetusLignum » 10/07/19, 10:35

izentrop a écrit :
VetusLignum a écrit :Que signifie un ratio de 1% ? Une biomasse de 1 champignon pour 100 bactéries ?

et dans cette même étude de 2016 ou ils analysent un sol de prairie
On reste donc dans les 1 à 5 %


Dans cette étude, ils parlent certes d'un bas et d'un haut ratio F:B ; mais ceci est relatif à cette étude, qui a été réalisée sur des sols de prairie inondable.
Dans l'absolu, ces ratios restent très bas, conformément à ce qui est attendu sur ce type de sol.

Ainsi, quand, dans la présentation en français que vous avez citée, ils disent qu'un rapport de 5% est un rapport trop élevé (dans l'absolu) en champignons, je ne peux pas comprendre.

Ci-dessous un extrait de https://books.google.ie/books?id=r3ZsL47QiVQC (cliquez dessus 2 fois pour le voir en plus gros) :
fb2.png


En bonus un extrait de https://books.google.ie/books?id=BJWDDwAAQBAJ :
FB.jpg
FB.jpg (420.46 Kio) Consulté 249 fois
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Re: Mieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Message non lupar Did67 » 10/07/19, 12:10

On trouve une certaine cohérence :

a) les "milieux ouverts" - prairies - sont dominés par des plantes à cycle court ; leur alimentation passe de façon dominante par les nitrates ; présence de légumineuses (symbiose donc bactéries) ; bactéries nitrificatrices, etc... On a domination de matières équilibrées en azoten fraiches, cellulosiques jamais ligneuses ; bactéries et champignons décomposent cela... Match nul !

b) les forêts stockent de la fibre ligneuse, très pauvre en azote ; elles recyclent davantage le bois ; seuls les champignons savent faire ça, pas les bactéries ; mais ils s'arrêtent au niveau des ions ammonium ; les résineux absorbent l'azote sous forme ammoniacal, ce qui conduit à une acidification (on enlève un ion basique, l'ammonium) ; ce qui "aide" les champignons... 10 - 0 pour les fungi.

Les forêts feuillues sont un peu le cul entre ces deux chaises... Il y a du bois mort, mais aussi des feuilles mortes peu ou pas ligneuses (les nervures) ; avant l’installation des feuilles au printemps, des plantes non ligneuses bouclent leur cycle, puis "disparaissent" (muguet, aïl des ours, anémones)... 2-0 pour les fungi...

Il y a cependant quelques "curiosités" : les carottes, connues pour être très dépendantes vis-à-vis de la mycorhization, sont citées comme préférerant un ratio F:B faible ??? C'est plus cohérent pour les céréales, connues pour être peu dépendantes. Le maïs l'est moyennement.

Mais dans un système vivant complexe, les liens de causalités sont multiples, et d'autres facteurs peuvent jouer "dans l'autre sens", voire dominer !
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Re: Mieux que la conservation, l'agriculture régénérative

Message non lupar VetusLignum » 12/07/19, 12:18

Did67 a écrit :
Il y a cependant quelques "curiosités" : les carottes, connues pour être très dépendantes vis-à-vis de la mycorhization, sont citées comme préférerant un ratio F:B faible ??? C'est plus cohérent pour les céréales, connues pour être peu dépendantes. Le maïs l'est moyennement.



Premièrement, un ratio entre .3 et .8 n’est pas si faible que cela. Il y a quand même pas mal de champignons là-dedans.

Deuxièmement, ces ratios optimaux pour les légumes cultivés sont déterminés en regardant dans quel biotope la version sauvage de la plante cultivée pousse.

Mais cela induit un certain nombre de biais.

D’abord, ces milieux naturels sont des milieux où il y a une forte concurrence ; donc une plante y pousse parce qu’elle y performe relativement mieux que d’autres.
Mais dans un milieu artificialisé comme un jardin, où l’homme gère la concurrence, on ne se demande plus quel est le milieu où la plante performe relativement mieux que d’autres ; on se demande quel est le milieu dans lequel elle performe le mieux dans l’absolu.
Ainsi, David C. Johnson avance que les ratios F:B optimaux pour nos cultures sont plus élevés que ce que l’on croit.
agriculture/le-potager-du-paresseux-jardiner-plus-que-bio-sans-fatigue-t13846-13670.html?hilit=johnson#p358614

Et un autre biais, c’est celui de la variété ; les différentes variétés d’une même plante n’ont pas toutes le même comportement.

Ci-dessous un peu de lecture sur le biotope naturel de la carotte :
https://permaforet.blogspot.com/2014/07 ... ntain.html
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