Oui, tout à fait.
J'essaye, depuis quelques semaines, un difficile exercice d'équilibriste entre :
- tout globaliser sans rien expliquer (puisque "tout est dans tout", le monde est dans une fourmi - par ex) ; ça, c'est le domaine des ayatollahs : "croyez-moi, faites comme-ça, ne cherchez pas à comprendre !" J'évite de prêcher.
- noyer sous un amas d'infos, mais trop difficiles à assimiler, parfois ne raison du jargon (juste mais imbitable) ; ça c'est la méthode des "pseudo-scientifiques". J'évite de faire croire que je suis plus savant que je ne le suis en noyant le lecteur...
- balancer les infos brutes, sans mise en perspective [par ex -chiffres fictifs : "il y a 175 000 alcooliques au Costa Rica dont 55 000 dans la capitale" ; si c'était une info vraie, vous en concluriez quoi ? Si je vous dis que cela représente 10 % de la population totale contre 8 % en France et 22 % en Russie, cela parle déjà un peu plus... Si je vous dis que le gouvernement conduit depuis 10 ans un programme de sensibilisation dans les écoles et qu'en 20 ans, on est passé de 20 % à 10 %, cela commence à prendre du sens...]. Pour cette raison, il n'y a pas juste une liste de citations ou de sites...
Donc j'essaye de trier les infos (éviter les "on dit que...", il "parait que...", une "solution miraculeuse est..."), de les "distiller" pour que le lecteur puisse suivre et assimiler et de les mettre en perspectives, pour qu'elles prennent du sens pour le lecteur. Je ne sais si j'y parviens, mais l'audience globale et quelques remarques de ci, de là semblent m'indiquer que oui et que je dois poursuivre...
Comme je l'ai indiqué, je rédigeais une synthèse sur les bactéries du sol - un sujet complexe ! - quand l'opportunité de cette conférence m'a fait changer de priorité et d'aborder les vers de terre.
Quand aux champignons, cela fait longtemps que je mets des photos et que j'insiste sur les mycorhizes, chapitre que j'ai pour ambition de traiter aussi...
Sans négliger le reste, mon approche tourne donc bien autour de l'optimisation des champignons, des bactéries, des vers de terre et des légumineuses, le tout sans travail du sol. Il n'y a qu'à lire ce qui a déjà été écrit depuis 2 ans. Nous sommes donc d'accord, même si je vais continuer à expliciter un peu...
Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
-
Ahmed
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Je fais suite à ton dernier message résumant et commentant la conférence de M. Bouché.
La question de la remontée du sol sous l'action des vers de terre m'avait frappé lorsque j'avais suivi un documentaire archéologique dans un désert: chaque époque antérieure correspond à une couche plus profonde (ceci est valable partout) et, ce qui explique ces différences d'enfouissement considérables, c'est l'activité des vers de terre (à une époque pré-désertique, évidemment).
Tu parles en fin de ce message de la percolation ou du ruissellement des éléments nutritifs, ainsi que du phénomène de battance des sols sous l'effet de la pluie: il est une petite expérience, dont j'ai déjà parlé, mais qui est très révélatrice.
Il faut recueillir un turricule frais (c'est beaucoup moins démonstratif sur un turricule sec) et le plonger délicatement dans l'eau: alors que l'on s'attend à une dissolution immédiate et à la formation d'une boue brunâtre, le turricule reste parfaitement intact, sa structure le protège et cela montre que les vers de terre sont capables d'une performance qui laisse l'agriculture "moderne" loin derrière eux.
Les turricules possèdent donc des propriétés qui ne se limitent pas à une grande richesse minérale, mais également à la faculté de conserver cette richesse à la disposition des plantes.
La question de la remontée du sol sous l'action des vers de terre m'avait frappé lorsque j'avais suivi un documentaire archéologique dans un désert: chaque époque antérieure correspond à une couche plus profonde (ceci est valable partout) et, ce qui explique ces différences d'enfouissement considérables, c'est l'activité des vers de terre (à une époque pré-désertique, évidemment).
Tu parles en fin de ce message de la percolation ou du ruissellement des éléments nutritifs, ainsi que du phénomène de battance des sols sous l'effet de la pluie: il est une petite expérience, dont j'ai déjà parlé, mais qui est très révélatrice.
Il faut recueillir un turricule frais (c'est beaucoup moins démonstratif sur un turricule sec) et le plonger délicatement dans l'eau: alors que l'on s'attend à une dissolution immédiate et à la formation d'une boue brunâtre, le turricule reste parfaitement intact, sa structure le protège et cela montre que les vers de terre sont capables d'une performance qui laisse l'agriculture "moderne" loin derrière eux.
Les turricules possèdent donc des propriétés qui ne se limitent pas à une grande richesse minérale, mais également à la faculté de conserver cette richesse à la disposition des plantes.
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"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."
Oui, c'est ça.
C'est ce que j'ai résumé en soulignant l'action sur le maintien de la structure du sol en parlant de la "colle" secrétée par les bactéries associées aux vers, dès le broyage - lombrimixage - dans le gésier et le transit du mélange matières minérales/matières organiques dans le tube digestif des vers...
J'envisage de filmer quelques petites vidéos pour illustrer ce que j'écris. On croit mieux ce qu'on voit. Cela pourrait être un sujet pour un petit clip.
[j'ai écrit au père Noël pour qu'il m'apporte un appareil photo numérique haut de gamme faisant aussi caméra vidéo HD ; je voudrais aussi revenir à mes premières amours de post-adolescence : la photo]
C'est ce que j'ai résumé en soulignant l'action sur le maintien de la structure du sol en parlant de la "colle" secrétée par les bactéries associées aux vers, dès le broyage - lombrimixage - dans le gésier et le transit du mélange matières minérales/matières organiques dans le tube digestif des vers...
J'envisage de filmer quelques petites vidéos pour illustrer ce que j'écris. On croit mieux ce qu'on voit. Cela pourrait être un sujet pour un petit clip.
[j'ai écrit au père Noël pour qu'il m'apporte un appareil photo numérique haut de gamme faisant aussi caméra vidéo HD ; je voudrais aussi revenir à mes premières amours de post-adolescence : la photo]
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Ce que le jardinier paresseux peut retenir de la conférence de Marcel Bouché / part 6.0
Essayons, ce matin, de boucler ce cycle M. Bouché. Il n'y a pas que les vers de terre dans le magnifique orchestre qu'est la vie du sol. Ils représentent tout au plus les violons !
Et il n'y a pas que M. Bouché. D'autres auteurs donnent des éléments complémentaires, voire, parfois, contradictoires. Rien de choquant à ce cela. C'est le propre des systèmes très complexes que de se prêter difficilement à des investigations et des présentations simplifiées... C'est le propre des diamants que de scintiller de mille feux selon l'angle sous lesquels on les éclaire...
Vers 47'30 : on aborde la question de l' "écophysiologie" des vers avec leur rôle dans le cycle de l"azote...
Autrement dit, leur rôle dans le fonctionnement de l'écosystème sol.
Passons sur la méthode (nourrir les vers avec un aliment à base d'isotope N15 de l'azote, à la place de l'isotope naturel dominant, qui est le N14).
Ceci permet de "tracer" l'azote, à l'origine contenu dans l'aliment donné au ver, dont celui-ci se gave. Petit à petit, en le nourrisant ainsi, tout l'azote que renferme le ver devient du N15, traçable, à la place du N14.
En somme, pour être simple, on rend "visible" l'N (azote) qui est "passé par le ver"... Et on "voit" ce qu'il devient...
Que "voit-on" ???
a) en 40 jours, les vers se vident de leur N15
La décroissance est régulière, selon une courbe à peu près géométrique...[Pour ceux qui ont des souvenirs de maths, cela veut dire que le renouvellement est constant ; le stock étant décroissant, on obtient un flux en décroissance géométrique]
En termes clairs : les vers de terre renouvellent toutes leurs molécules azotées en une quarantaine de jours [on parle là de leur corps, leurs muscles, etc... Pas le contenu du tube digestif, qui passe bien plus vite]
b) on retrouve cet N15 d'abord dans le sol
La courbe passe par un maximum vers les 6 jours.
Ce maxi représente environ 10 % de l'azote de départ [100 contre 1 000, dans les échelles du diaporama présenté]. Pour décroitre vers zéro ensuite. Donc il n'y reste pas.
c) et puis on le retrouve dans les racines et les parties aériennes des plantes
A ce niveau, on observe une croissance régulière, à peu près linéaire, sur environ 40 jours.
Conclusion :
Les vers de terre recyclent la matière azotée qui constitue leur corps en une quarantaine de jours.
L'azote excrété se trouve transitoirement dans le sol, où les plantes l'absorbent.
D'une part, les vers excrètent de l'ammoniac, directement absorbé par les plantes.
D'autre part,une partie se retrouve dans le mucus excrété par les plantes, qui est assimilé par les micro-organismes, puis, à la mort de ceux-ci [NB : ils vivent quelques heures !], par les plantes...
Cela se voit sur le graphique affiché vers 53'45, qui n'est pas d'interprétation facile : il faut "lire" les surfaces entre les courbes
- le "triangle" en bas à gauche ["L+E"] resprésente l'N15 dans les lombrics (constitution du lombric + contenu du tube digestif) : on voit que cela diminue de façon "géométrique" ; le lombric recycle son azote en 40 jours, comme dit ci-dessus
- l'aire entre la première courbe du bas et la suivante ["S+T"], c'est l'N15 dans le sol : cela augmente très vite, puis se stabilise, puis décroit pour devenir quasi-nul ; le sol n'est que le lieu de transit de l'azote excrété ! Une fois que les vers se sont vidés de l'N15, le sol se vide aussi...
- l'aire suivante ["Pr 2+3+4"] représente l'N15 dans certaines parties des racines : à ce niveau, le stock augmente puis se stabilise
[Je pense que c'est la partie de la racine qui n'est plus en croissance]
- l'aire suivante ["Pr1"] représente l'N15 dans une autre partie de la racine : le stock y croit sans cesse !
[je pense que c'est la partie de la racine en croissance]
- la dernière aire ["Pa"], représente la part de l'N15 retrouvée dans la partie aérienne des plantes : la quantité d' N15 y est en croissance continue [mais le stock y est moins important que dans la partie Pr1 des racines].
Cela est donc extrairement clair : l'azote des vers ets renouvelé assez rapidement, il passe temporairement dans le sol, puis est absorbé par les racines pour être "immobilisé" dans certaine sparties des racines et dans la partie aérienne des plantes. Les vers contribuent donc directement à l'alimentation azotée des plantes.
La curiosité de la perte d'azote, retrouvé dans les couches plus profondes, relaté par Bouché car sans doute cela a dû lui causer quelques soucis avant de trouver l'explication, est sans intérêt pour comprendre notre jardin. Je passe.
La question de la vitesse est éludée [passons sur les quelques formules, les dérivés, etc...].
Je pense avoir lu sur la dia que c'est 10,5 pour mille par jour. Soit, en arrondi, 1 % par jour. En clair, les vers renouvellent 1 % de leur azote par jour.
Mais la réponse peut aussi être devinée dans les données ci-dessus : en environ 20 jours, les 3/4 de l'azote N15 ont été remplacés par de l'N14. Mais petit à petit, l'N14 remplacera l'N15 dans ce flux. Donc le flux d'azote qui est "recyclé" par les vers ne diminue pas. C'est le stock d'N15 qui décroit [car, après, dans le sol, les vers mangent de l'N normal, donc de l'N14]
On voit donc que l'action des vers sur le cycle de l'azote est rapide.
Que retenir pour le jardinier paresseux :
- si on nourrit bien les vers (dans la pratique, avec de la matière organique fraiche, renfermant du N14, au lieu du son de M. Bouché)
- ceux-ci vont "assimiler" une partie de l'azote contenu dans cette biomasse
- mais la recycler à raison d'environ 1 % deleur stock par jour. [l'homme fait absolument pareil : nous mangeons des protéines et nous pissons de l'urée !]
- cet azote passera par le sol, mais se retrouvera, pour une forte proportion, dans les plantes (racines et parties aériennes).
Les vers sont donc un maillon important dans le cycle de l"azote dans le sol et dans l'alimentation azotée de la plante.
La quantification de ce cycle donne les quantités suivantes :
- l'azote ingéré par les vers représente 230 g/m²/an
- c'est, à 0,5 % près, aussi l'azote excrété par les vers
- les vers "assimilent" [en d'autres termes, "incorporent" dans leur biomasse] 58 g/m² /an, soit 16,5 % de ce qu'ils ont ingéré
- ils défèquent 83,5 % soit 176 g/m²/an, qui n'auront fait que transiter dans le ver [et y être transformés - cf l'action du gésier et des bactéries][color=green]
Il faut situer cela par rapport à une fertilisation chimique "moyenne", qui est de 250 kg/ha/an soit 25 g / m² / an
Nous sommes donc là dans un rapport de 1/10 : les vers, toujours dans une prairie moyenne, "manipulent" environ 10 fois d'azote que ce qu'un agriculteur apporte sous forme d'engrais dans un champs.
Je pense qu'il faut mettre cela en perspective :
- une culture moyenne exporte donc 10 t de biomasse, dont 8 t d'eau et 2 t de matière sèche par ha
- l'azote représente 2,5 % de cette matière séche, donc environ 50 kg / ha ; cela fait 5 g / m² / an
- un jardin est 2 à 3 fois plus intensif (plusieurs récoltes, biomasse récoltée parfois importante), donc, admettons 15 à 20 g d'azote exportés par m².
[en agronomie, on entend par exportation, ce qui est enlevé ou emporté et ne retourne pas ; c'est dans la partie de la plante "enlevée" du jardin]
Conclusion : les vers "manipulent", et mettent à la disposition des plantes, si on les alimente bien, environ 10 fois la quantité d'azote qu'exporte le jardinier et qu'il compense, en agriculture chimique, pas des apports d'engrais.
Voilà un élément de réponse simple - et il y en aur d'autres ! - à ceux qui se posent la question de savoir comment cela marche, mon jardin du paresseux. A ceux qui s'étonnent devant les photos. A ceux qui pensent que cela ne peut pas durer ! Tout faux, les faux sceptiques [juste pour le jeu de mot].
Voilà. Les données sur le carbone vont dans le même sens. A ce stade, on va dire que cela n'a pas un grand intérêt pour nous ici... Je passe.
Je vous laisse regarder le reste de la conférence, sans la résumer / commenter.
Je serais très heureux, à ce stade, que certains me disent, sans réserves et sans ménagements :
a) s'il ont lu : oui ou non
b) tout : oui ou non
c) s'ils ont compris
d) s'ils ont trouvé utile,
e) s'ils ont apprécié la mise en perspective, la mise en forme, les compléments...
En clair, maintenant que l'exercice est fini : me suis-je fatigué pour rien ou non ???
Essayons, ce matin, de boucler ce cycle M. Bouché. Il n'y a pas que les vers de terre dans le magnifique orchestre qu'est la vie du sol. Ils représentent tout au plus les violons !
Et il n'y a pas que M. Bouché. D'autres auteurs donnent des éléments complémentaires, voire, parfois, contradictoires. Rien de choquant à ce cela. C'est le propre des systèmes très complexes que de se prêter difficilement à des investigations et des présentations simplifiées... C'est le propre des diamants que de scintiller de mille feux selon l'angle sous lesquels on les éclaire...
Vers 47'30 : on aborde la question de l' "écophysiologie" des vers avec leur rôle dans le cycle de l"azote...
Autrement dit, leur rôle dans le fonctionnement de l'écosystème sol.
Passons sur la méthode (nourrir les vers avec un aliment à base d'isotope N15 de l'azote, à la place de l'isotope naturel dominant, qui est le N14).
Ceci permet de "tracer" l'azote, à l'origine contenu dans l'aliment donné au ver, dont celui-ci se gave. Petit à petit, en le nourrisant ainsi, tout l'azote que renferme le ver devient du N15, traçable, à la place du N14.
En somme, pour être simple, on rend "visible" l'N (azote) qui est "passé par le ver"... Et on "voit" ce qu'il devient...
Que "voit-on" ???
a) en 40 jours, les vers se vident de leur N15
La décroissance est régulière, selon une courbe à peu près géométrique...[Pour ceux qui ont des souvenirs de maths, cela veut dire que le renouvellement est constant ; le stock étant décroissant, on obtient un flux en décroissance géométrique]
En termes clairs : les vers de terre renouvellent toutes leurs molécules azotées en une quarantaine de jours [on parle là de leur corps, leurs muscles, etc... Pas le contenu du tube digestif, qui passe bien plus vite]
b) on retrouve cet N15 d'abord dans le sol
La courbe passe par un maximum vers les 6 jours.
Ce maxi représente environ 10 % de l'azote de départ [100 contre 1 000, dans les échelles du diaporama présenté]. Pour décroitre vers zéro ensuite. Donc il n'y reste pas.
c) et puis on le retrouve dans les racines et les parties aériennes des plantes
A ce niveau, on observe une croissance régulière, à peu près linéaire, sur environ 40 jours.
Conclusion :
Les vers de terre recyclent la matière azotée qui constitue leur corps en une quarantaine de jours.
L'azote excrété se trouve transitoirement dans le sol, où les plantes l'absorbent.
D'une part, les vers excrètent de l'ammoniac, directement absorbé par les plantes.
D'autre part,une partie se retrouve dans le mucus excrété par les plantes, qui est assimilé par les micro-organismes, puis, à la mort de ceux-ci [NB : ils vivent quelques heures !], par les plantes...
Cela se voit sur le graphique affiché vers 53'45, qui n'est pas d'interprétation facile : il faut "lire" les surfaces entre les courbes
- le "triangle" en bas à gauche ["L+E"] resprésente l'N15 dans les lombrics (constitution du lombric + contenu du tube digestif) : on voit que cela diminue de façon "géométrique" ; le lombric recycle son azote en 40 jours, comme dit ci-dessus
- l'aire entre la première courbe du bas et la suivante ["S+T"], c'est l'N15 dans le sol : cela augmente très vite, puis se stabilise, puis décroit pour devenir quasi-nul ; le sol n'est que le lieu de transit de l'azote excrété ! Une fois que les vers se sont vidés de l'N15, le sol se vide aussi...
- l'aire suivante ["Pr 2+3+4"] représente l'N15 dans certaines parties des racines : à ce niveau, le stock augmente puis se stabilise
[Je pense que c'est la partie de la racine qui n'est plus en croissance]
- l'aire suivante ["Pr1"] représente l'N15 dans une autre partie de la racine : le stock y croit sans cesse !
[je pense que c'est la partie de la racine en croissance]
- la dernière aire ["Pa"], représente la part de l'N15 retrouvée dans la partie aérienne des plantes : la quantité d' N15 y est en croissance continue [mais le stock y est moins important que dans la partie Pr1 des racines].
Cela est donc extrairement clair : l'azote des vers ets renouvelé assez rapidement, il passe temporairement dans le sol, puis est absorbé par les racines pour être "immobilisé" dans certaine sparties des racines et dans la partie aérienne des plantes. Les vers contribuent donc directement à l'alimentation azotée des plantes.
La curiosité de la perte d'azote, retrouvé dans les couches plus profondes, relaté par Bouché car sans doute cela a dû lui causer quelques soucis avant de trouver l'explication, est sans intérêt pour comprendre notre jardin. Je passe.
La question de la vitesse est éludée [passons sur les quelques formules, les dérivés, etc...].
Je pense avoir lu sur la dia que c'est 10,5 pour mille par jour. Soit, en arrondi, 1 % par jour. En clair, les vers renouvellent 1 % de leur azote par jour.
Mais la réponse peut aussi être devinée dans les données ci-dessus : en environ 20 jours, les 3/4 de l'azote N15 ont été remplacés par de l'N14. Mais petit à petit, l'N14 remplacera l'N15 dans ce flux. Donc le flux d'azote qui est "recyclé" par les vers ne diminue pas. C'est le stock d'N15 qui décroit [car, après, dans le sol, les vers mangent de l'N normal, donc de l'N14]
On voit donc que l'action des vers sur le cycle de l'azote est rapide.
Que retenir pour le jardinier paresseux :
- si on nourrit bien les vers (dans la pratique, avec de la matière organique fraiche, renfermant du N14, au lieu du son de M. Bouché)
- ceux-ci vont "assimiler" une partie de l'azote contenu dans cette biomasse
- mais la recycler à raison d'environ 1 % deleur stock par jour. [l'homme fait absolument pareil : nous mangeons des protéines et nous pissons de l'urée !]
- cet azote passera par le sol, mais se retrouvera, pour une forte proportion, dans les plantes (racines et parties aériennes).
Les vers sont donc un maillon important dans le cycle de l"azote dans le sol et dans l'alimentation azotée de la plante.
La quantification de ce cycle donne les quantités suivantes :
- l'azote ingéré par les vers représente 230 g/m²/an
- c'est, à 0,5 % près, aussi l'azote excrété par les vers
- les vers "assimilent" [en d'autres termes, "incorporent" dans leur biomasse] 58 g/m² /an, soit 16,5 % de ce qu'ils ont ingéré
- ils défèquent 83,5 % soit 176 g/m²/an, qui n'auront fait que transiter dans le ver [et y être transformés - cf l'action du gésier et des bactéries][color=green]
Il faut situer cela par rapport à une fertilisation chimique "moyenne", qui est de 250 kg/ha/an soit 25 g / m² / an
Nous sommes donc là dans un rapport de 1/10 : les vers, toujours dans une prairie moyenne, "manipulent" environ 10 fois d'azote que ce qu'un agriculteur apporte sous forme d'engrais dans un champs.
Je pense qu'il faut mettre cela en perspective :
- une culture moyenne exporte donc 10 t de biomasse, dont 8 t d'eau et 2 t de matière sèche par ha
- l'azote représente 2,5 % de cette matière séche, donc environ 50 kg / ha ; cela fait 5 g / m² / an
- un jardin est 2 à 3 fois plus intensif (plusieurs récoltes, biomasse récoltée parfois importante), donc, admettons 15 à 20 g d'azote exportés par m².
[en agronomie, on entend par exportation, ce qui est enlevé ou emporté et ne retourne pas ; c'est dans la partie de la plante "enlevée" du jardin]
Conclusion : les vers "manipulent", et mettent à la disposition des plantes, si on les alimente bien, environ 10 fois la quantité d'azote qu'exporte le jardinier et qu'il compense, en agriculture chimique, pas des apports d'engrais.
Voilà un élément de réponse simple - et il y en aur d'autres ! - à ceux qui se posent la question de savoir comment cela marche, mon jardin du paresseux. A ceux qui s'étonnent devant les photos. A ceux qui pensent que cela ne peut pas durer ! Tout faux, les faux sceptiques [juste pour le jeu de mot].
Voilà. Les données sur le carbone vont dans le même sens. A ce stade, on va dire que cela n'a pas un grand intérêt pour nous ici... Je passe.
Je vous laisse regarder le reste de la conférence, sans la résumer / commenter.
Je serais très heureux, à ce stade, que certains me disent, sans réserves et sans ménagements :
a) s'il ont lu : oui ou non
b) tout : oui ou non
c) s'ils ont compris
d) s'ils ont trouvé utile,
e) s'ils ont apprécié la mise en perspective, la mise en forme, les compléments...
En clair, maintenant que l'exercice est fini : me suis-je fatigué pour rien ou non ???
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J'ai lu tout ton résumé, j'avais écouté à peu près tout de l'exposé original mais j'avoue avoir décroché par moment;
Ton résumé/explications est très utile pour ma compréhension du sujet même si j'étais déjà convaincu du bien fondé de ton concept.
Une compréhension plus approfondie ne peut nuire, surtout si je veux convaincre d'autres personnes de mettre en application
Ton résumé/explications est très utile pour ma compréhension du sujet même si j'étais déjà convaincu du bien fondé de ton concept.
Une compréhension plus approfondie ne peut nuire, surtout si je veux convaincre d'autres personnes de mettre en application
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Tu fais bien de l'écrire comme cela.
Mon objectif primaire n'est pas de "convaincre". Il y a tellement de façon de "convaincre", dont l'endoctrinement. Daech, en première approximation convainc un certain nombre de jeunes des banlieus.
Par ailleurs, je ne cesse de le répéter, il n'y a pas un "recette". Chacun, en fonction du système dans lequel il se trouve, doit trouver la sienne.
Il faut donc donner les éléments qui permettent à chacun d'être en éveil, d'essayer, d'analyser, de comprendre et, comme résultat de tout cela, finir par être convaincu...
Il faut donner les éléments permettant à chacun de trouver sa solution...
Le risque, évidemment, c'est d'être incompréhensible. Et même d'être chiant !
Mon objectif primaire n'est pas de "convaincre". Il y a tellement de façon de "convaincre", dont l'endoctrinement. Daech, en première approximation convainc un certain nombre de jeunes des banlieus.
Par ailleurs, je ne cesse de le répéter, il n'y a pas un "recette". Chacun, en fonction du système dans lequel il se trouve, doit trouver la sienne.
Il faut donc donner les éléments qui permettent à chacun d'être en éveil, d'essayer, d'analyser, de comprendre et, comme résultat de tout cela, finir par être convaincu...
Il faut donner les éléments permettant à chacun de trouver sa solution...
Le risque, évidemment, c'est d'être incompréhensible. Et même d'être chiant !
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Ahmed
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Pour un paresseux, ce fut très courageux de ta part!:cheesy:
Le résumé est fidèle et clair; les commentaires, qui constituent la partie la plus difficile, me semblent tout-à-fait adéquats, pertinents et plus que cela: utiles.
Tout cela finit par s'organiser en un corpus substantiel et cohérent, à l'encontre de ta proclamation du début (pas de méthode, empirisme...),mais qui s'en plaindra?
Le résumé est fidèle et clair; les commentaires, qui constituent la partie la plus difficile, me semblent tout-à-fait adéquats, pertinents et plus que cela: utiles.
Tout cela finit par s'organiser en un corpus substantiel et cohérent, à l'encontre de ta proclamation du début (pas de méthode, empirisme...),mais qui s'en plaindra?
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"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."
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