Histoire de poirier...
J'ai beaucoup aimé cet édito du site Gerbeaud, site que, bien que plus classique, j'ai toujours plaisir à lire :
http://www.gerbeaud.com/nl/print.php
Je partage aussi son point de vue sur les cendres (il me semble qu'on en avait parlé ici, de façon plus détaillé ? Pour arriver à des conclusions voisines...) :
http://www.gerbeaud.com/reponses-expert ... ource=site
Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Ben moi...Toujours pas fait la moindre plantattion....J'ai eut la flemme d'aller acheter des plants samedi....Et ce n'est peut etre pas si mal...Car ce matin bonne gelée blanche...
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Venge avec ta réussite. puni avec ton absence. Tue avec ton silence . Gagne avec ta joie de vivre
Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Je parlais des "bulbes" - oignon, aulx, échalottes ! Et uniquement de ça. Cela ne craint rien.
Mes plants (autoproduits cette année, car cela finit par coûter une fortune !) sont dans des "chassis", que je viens juste de finir (recyclage de vitres de récupération). A mon habitude, posés sur la prairie fraichement tondue. Des tontes de gazon dedans, pour que ça chauffe un peu. Et les vitres, dans leurs cadres de bois, dessus... C'est quand même du travail, mais j'espère que cela va durer un peu...
Mes plants (autoproduits cette année, car cela finit par coûter une fortune !) sont dans des "chassis", que je viens juste de finir (recyclage de vitres de récupération). A mon habitude, posés sur la prairie fraichement tondue. Des tontes de gazon dedans, pour que ça chauffe un peu. Et les vitres, dans leurs cadres de bois, dessus... C'est quand même du travail, mais j'espère que cela va durer un peu...
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Promenade en forêt et... méditation sur le BRF !
Le BRF a bénéficié d'un engouement considérable en matière de "jardinage naturel". Alors un rapide point, promis depuis longtemps !
a) Qu'est-ce ?
BRF : Bois Raméal Fragmenté.
L'adjectif "raméal" n'est guère utilisé chez nous, mais les canadiens, les "inventeurs" du BRF, ont de notre langue un usage parfois exquis. Raméal vient donc de rameaux.
Il s'agit de rameaux (on cite en général le diamètre de 7 cm comme maxi), broyés en "plaquettes".
A ne pas confondre avec la "plaquette forestière", destinée à la combustion dans des chaudières à plaquettes. Extérieurement, cela se ressemble comme deux gouttes d'eau.
b) Quelle différence ?
Elle est fondamentale !
Le "jeune bois" (aubier) des rameaux est encore assez poreux, et assez "vivant". Pas trop "lignifié" (fait de bois encore assez tendre ; les rameaux restent flexibles).
A l'automne, les arbres y stockent la "subtance utile" qui était dans les feuilles, avant que celles-ci ne tombent à l'automne. C'est une stratégie d'économie et de "recyclage" de la matière, de l'énergie...
C'est ce stockage, ce "tampon", qui explique ce que chacun peut observer ces jours-ci : la vitesse phénoménale à laquelle les arbres se couvrent de leurs feuilles au printemps. En une dizaine / quinzaine de jours, l'affaire est bouclée. Hier, rien. Demain, une masse considérable de feuilles.
Imaginez le temps qu'il faudra à votre jardin pour produire la même quantité de salade ou de mâche !
En réfléchissant un peu, sans beaucoup se torturer les méninges, il devient évident que toute cette "biomasse" n'a pas été "produite" en si peu de temps. D'autant plus que l'arbre n'avait pas ses "capteurs" solaires, que sont justement les feuilles. Comment aurait-il fait ?
Si vous observez une graine qui germe, elle va produire deux petites feuilles dites "cotylédonaires", généralement assez fines - et différentes des feuilles définitives du légume en question (beaucoup plus simples). Elles étaient déjà présentes, minuscules, soigneusement repliées, dans le germe. Puis, après la germination, à partir de l'énergie captée par ces deux petites feuilles, après quelques journées, vont se former les deux premières feuilles définitives. Qui vont mettre du temps pour croître, car ces capteurs primaires sont bien petits. Et petit à petit, le phénomène s'accélère.
On voit donc que la dynamique est complètement différente dans les arbres : toute la masse de feuilles définities sortent en même temps. Elles sont juste un peu pâles. Il faudra un peu de temps pour que toute la chlorophylle, qui avait disparue à l'automne, soit synthétisée.
D'où vient l'énergie nécessaire à ce processus massif et "explosif" ? Elle vient des substances stockées dans la partie vivante du bois.
Le BRF tire ses effets de cette énergie. D'où sa formidable "richesse".
c) Tout cela peut s'observer, en une petite ballade du dimanche en forêt :
On voit bien, sur ce tas de buches de chêne coupées cet hiver, la partie extérieure ("aubier"), plus claire, plus tendre, et la partie intérieure ("duramen"), plus sombre, faite de bois plus dur (une lignine plus complexe, plus fortement synthétisée), riche en tanins.
En y regardant de plus près, on voit que les champignons attaquent dans cette partie extérieure, plus claire, moins riche en tanins (qui sont un "conservateur" naturel).
C'est encore plus net ici.
On le voit bien aussi sur ce vieux tronc abandonné depuis longtemps (ce qu'on appelle un "fut").
La situation est bien différente sur les rameaux :
On voit, sur ce rameau de hêtre, que le champignons attaque l'ensemble du "bois tendre" - bois raméal, donc. Il n'y a pas encore de bois plus dur, qui résiste.
C'est encore plus net ici.
Conclusions :
Ne pas confondre "BRF" et "plaquette forestière" ! L'un est une "éponge" remplie de matières organiques. L'autre, un combustible "ligneux" (fait de bois).
Le BRF sera rapidement attaqué par les champignons, et l'énergie et les matières organiques vont rapidement enrichir le sol.
Le processus est comparable à la décomposition de végétaux "bruns". En environ 3 ans, une couche de 15 cm de BRF disparait complètement.
Du fait de la présence de ces matières organiques stockées, le BRF n'aura pas le même effet "dépressif" que peut avoir le bois ou la paille. De même qu'il renferme l'essentiel des matières qu'il faut pour "fabriquer" des feuilles, il renferme de quoi bien nourrir les organismes vivants du sol et le sol lui-même, avant de bien nourrir les légumes une fois décomposé.
Cependant, il est moins riche et se décompose plus difficilement que le foin.
Riche en lignine (constituant du bois), le BRF va aussi contribuer à produire de l'humus stable, qui va "structurer" le sol. Ce que ne font pas - ou très peu - les "déchets" plus faciles à décomposer : compost, paille, foin... Dès quelques mois après l'épandage, les terres enrichies de BRF montreront des "veinures" noirâtres, signe de cet humus stable.
En attendant, il protège efficacement le sol contre la dégradation, comme tout autre matériau couvrant ("paillage").
Il nourrit les champignons, qui sont de remarquables "mobilisateurs" de minéraux. Minéraux libérés pour les légumes après la mort des champignons, voire de leur vivant dans le cas d'une symbiose de type "mycorhize".
Utilisé en couches épaisses, couvrantes, sans mélanger à la terre, il faut juste se méfier d'une chose : la décomposition par les champignons peut, à certains stades, conduire à un blocage de la germination (probablement, par production d'anti-germinatifs ; observation personnelle ; phénomène peu documenté - mais j'ai tout de même trouvé une étude sur l'effet anti-germinatif des composts pas assez murs).
Le BRF installera une "ambiance forestière" dans le jardin. Ceci est un sujet de controverse. Comme toujours après un engouement sans nuances, le balancier tend à revenir dans l'autre sens.
Pour ma part, je fais partie de ceux ne pensent pas que ce soit une bonne chose de façon générale et systématique que de vouloir mettre en place, dans son jardin, un sol de type forestier. Il y a là encore, à mon avis, un effet de mode irréfléchi, surfait !
Mais cela convient particulièrement bien à des arbustes, ou à certaines plantes d'origine forestière (fraises)...
Je pense aussi qu'un cycle de BRF (1 épandage tous les 6 ou 10 ans) dans le jardin va stimuler les champignons, très utiles. Mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin, aller vers un sol plus "acide", plus "champignons, et "éliminer" les bactéries, très utiles elles aussi. Ccontrairement à certains, je ne pense pas que le graal du jardinier soit une "forêt", fusse-t-elle nourricière ; beaucoup de légumes n'ont pas d'origine forestière - pourquoi seraient-ils "bien" dans ces conditions ? Mais c'est là un point de vue. Trop déséquilibrer un sol ne peut, à mon avis, être une bonne chose. Un sol forestier est adapté aux arbres, qui ont une physiologie particulière, adaptée [enfin, c'est l'inverse : les arbres se sont adaptés aux sols forestiers !]. Ils fonctionnent par exemple à l'azote ammoniacal, alors que la pluspart des légumes carburent aux nitrates.
Il résulte de ce qui précède, que le BRF s'utilise idéalement entre la chute des feuilles à l'automne et le débourrage au printemps. Tant que les matières organiques stockées sont encore dans les rameaux et n'ont pas été mobilisées pour fabriquer les feuilles !
Enfin, se méfier des "BRF" issus des chantiers forestiers ou de bord de route. Généralement, avec de gros broyeurs et des moteurs puissants, tout y passe : le "vieux bois" (duramen), qui se décompose mal comme les branches et l'aubier (vrai BRF). Le "produit" obtenu est un mélange de "vrai BRF" et de "plaquette forestière". En proportion variable. Il est appelé un peu abusivement "BRF" (pour profiter de l'engouement pour ce "produit" ?).
Le BRF a bénéficié d'un engouement considérable en matière de "jardinage naturel". Alors un rapide point, promis depuis longtemps !
a) Qu'est-ce ?
BRF : Bois Raméal Fragmenté.
L'adjectif "raméal" n'est guère utilisé chez nous, mais les canadiens, les "inventeurs" du BRF, ont de notre langue un usage parfois exquis. Raméal vient donc de rameaux.
Il s'agit de rameaux (on cite en général le diamètre de 7 cm comme maxi), broyés en "plaquettes".
A ne pas confondre avec la "plaquette forestière", destinée à la combustion dans des chaudières à plaquettes. Extérieurement, cela se ressemble comme deux gouttes d'eau.
b) Quelle différence ?
Elle est fondamentale !
Le "jeune bois" (aubier) des rameaux est encore assez poreux, et assez "vivant". Pas trop "lignifié" (fait de bois encore assez tendre ; les rameaux restent flexibles).
A l'automne, les arbres y stockent la "subtance utile" qui était dans les feuilles, avant que celles-ci ne tombent à l'automne. C'est une stratégie d'économie et de "recyclage" de la matière, de l'énergie...
C'est ce stockage, ce "tampon", qui explique ce que chacun peut observer ces jours-ci : la vitesse phénoménale à laquelle les arbres se couvrent de leurs feuilles au printemps. En une dizaine / quinzaine de jours, l'affaire est bouclée. Hier, rien. Demain, une masse considérable de feuilles.
Imaginez le temps qu'il faudra à votre jardin pour produire la même quantité de salade ou de mâche !
En réfléchissant un peu, sans beaucoup se torturer les méninges, il devient évident que toute cette "biomasse" n'a pas été "produite" en si peu de temps. D'autant plus que l'arbre n'avait pas ses "capteurs" solaires, que sont justement les feuilles. Comment aurait-il fait ?
Si vous observez une graine qui germe, elle va produire deux petites feuilles dites "cotylédonaires", généralement assez fines - et différentes des feuilles définitives du légume en question (beaucoup plus simples). Elles étaient déjà présentes, minuscules, soigneusement repliées, dans le germe. Puis, après la germination, à partir de l'énergie captée par ces deux petites feuilles, après quelques journées, vont se former les deux premières feuilles définitives. Qui vont mettre du temps pour croître, car ces capteurs primaires sont bien petits. Et petit à petit, le phénomène s'accélère.
On voit donc que la dynamique est complètement différente dans les arbres : toute la masse de feuilles définities sortent en même temps. Elles sont juste un peu pâles. Il faudra un peu de temps pour que toute la chlorophylle, qui avait disparue à l'automne, soit synthétisée.
D'où vient l'énergie nécessaire à ce processus massif et "explosif" ? Elle vient des substances stockées dans la partie vivante du bois.
Le BRF tire ses effets de cette énergie. D'où sa formidable "richesse".
c) Tout cela peut s'observer, en une petite ballade du dimanche en forêt :
On voit bien, sur ce tas de buches de chêne coupées cet hiver, la partie extérieure ("aubier"), plus claire, plus tendre, et la partie intérieure ("duramen"), plus sombre, faite de bois plus dur (une lignine plus complexe, plus fortement synthétisée), riche en tanins.
En y regardant de plus près, on voit que les champignons attaquent dans cette partie extérieure, plus claire, moins riche en tanins (qui sont un "conservateur" naturel).
C'est encore plus net ici.
On le voit bien aussi sur ce vieux tronc abandonné depuis longtemps (ce qu'on appelle un "fut").
La situation est bien différente sur les rameaux :
On voit, sur ce rameau de hêtre, que le champignons attaque l'ensemble du "bois tendre" - bois raméal, donc. Il n'y a pas encore de bois plus dur, qui résiste.
C'est encore plus net ici.
Conclusions :
Ne pas confondre "BRF" et "plaquette forestière" ! L'un est une "éponge" remplie de matières organiques. L'autre, un combustible "ligneux" (fait de bois).
Le BRF sera rapidement attaqué par les champignons, et l'énergie et les matières organiques vont rapidement enrichir le sol.
Le processus est comparable à la décomposition de végétaux "bruns". En environ 3 ans, une couche de 15 cm de BRF disparait complètement.
Du fait de la présence de ces matières organiques stockées, le BRF n'aura pas le même effet "dépressif" que peut avoir le bois ou la paille. De même qu'il renferme l'essentiel des matières qu'il faut pour "fabriquer" des feuilles, il renferme de quoi bien nourrir les organismes vivants du sol et le sol lui-même, avant de bien nourrir les légumes une fois décomposé.
Cependant, il est moins riche et se décompose plus difficilement que le foin.
Riche en lignine (constituant du bois), le BRF va aussi contribuer à produire de l'humus stable, qui va "structurer" le sol. Ce que ne font pas - ou très peu - les "déchets" plus faciles à décomposer : compost, paille, foin... Dès quelques mois après l'épandage, les terres enrichies de BRF montreront des "veinures" noirâtres, signe de cet humus stable.
En attendant, il protège efficacement le sol contre la dégradation, comme tout autre matériau couvrant ("paillage").
Il nourrit les champignons, qui sont de remarquables "mobilisateurs" de minéraux. Minéraux libérés pour les légumes après la mort des champignons, voire de leur vivant dans le cas d'une symbiose de type "mycorhize".
Utilisé en couches épaisses, couvrantes, sans mélanger à la terre, il faut juste se méfier d'une chose : la décomposition par les champignons peut, à certains stades, conduire à un blocage de la germination (probablement, par production d'anti-germinatifs ; observation personnelle ; phénomène peu documenté - mais j'ai tout de même trouvé une étude sur l'effet anti-germinatif des composts pas assez murs).
Le BRF installera une "ambiance forestière" dans le jardin. Ceci est un sujet de controverse. Comme toujours après un engouement sans nuances, le balancier tend à revenir dans l'autre sens.
Pour ma part, je fais partie de ceux ne pensent pas que ce soit une bonne chose de façon générale et systématique que de vouloir mettre en place, dans son jardin, un sol de type forestier. Il y a là encore, à mon avis, un effet de mode irréfléchi, surfait !
Mais cela convient particulièrement bien à des arbustes, ou à certaines plantes d'origine forestière (fraises)...
Je pense aussi qu'un cycle de BRF (1 épandage tous les 6 ou 10 ans) dans le jardin va stimuler les champignons, très utiles. Mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin, aller vers un sol plus "acide", plus "champignons, et "éliminer" les bactéries, très utiles elles aussi. Ccontrairement à certains, je ne pense pas que le graal du jardinier soit une "forêt", fusse-t-elle nourricière ; beaucoup de légumes n'ont pas d'origine forestière - pourquoi seraient-ils "bien" dans ces conditions ? Mais c'est là un point de vue. Trop déséquilibrer un sol ne peut, à mon avis, être une bonne chose. Un sol forestier est adapté aux arbres, qui ont une physiologie particulière, adaptée [enfin, c'est l'inverse : les arbres se sont adaptés aux sols forestiers !]. Ils fonctionnent par exemple à l'azote ammoniacal, alors que la pluspart des légumes carburent aux nitrates.
Il résulte de ce qui précède, que le BRF s'utilise idéalement entre la chute des feuilles à l'automne et le débourrage au printemps. Tant que les matières organiques stockées sont encore dans les rameaux et n'ont pas été mobilisées pour fabriquer les feuilles !
Enfin, se méfier des "BRF" issus des chantiers forestiers ou de bord de route. Généralement, avec de gros broyeurs et des moteurs puissants, tout y passe : le "vieux bois" (duramen), qui se décompose mal comme les branches et l'aubier (vrai BRF). Le "produit" obtenu est un mélange de "vrai BRF" et de "plaquette forestière". En proportion variable. Il est appelé un peu abusivement "BRF" (pour profiter de l'engouement pour ce "produit" ?).
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Petit complément.
Lors d'un voyage dans le sud-ouest, j'avais photographié cette souche de résineux (un pin je pense) au bord du Lac de Vassivière (limite Creuse-Corrèze).
On voit là encore que, même si le duramen est nettement moins marqué chez les résineux (pas de tanins), il y a là aussi une préférence des champignons pour le bois tendre formé en dernier.
Je reste un peu indécis quant à la question de "l'acidification" que provoquerait les résineux.
Si dans une forêt de résineux la question ne souffre d'aucune controverse, je ne suis pas du tout certain qu'il en serait de même d'apports de BRF de résineux dans un sol jardiné de façon vivante et équilibré.
Je n'ai pas les moyens de vérifier, mais, sauf sol naturellement acide, où je ne jouerais peut-être pas avec le feu, je n'hésiterais pas à mettre du BRF de résineux (sauf thuya et autres espèces naturellement "indigestes"). Je pense que les mécanismes naturels d'un sol vivant saurait "jongler" avec ça. J'ai déjà utilisé de la sciure.
Sur plantes acidophiles (myrtillier par ex), y aller sans réserve !
Mais ce n'est qu'une conviction. Ou une "intuition". Pas de preuves scientifiques tangibles en ma possession.
Lors d'un voyage dans le sud-ouest, j'avais photographié cette souche de résineux (un pin je pense) au bord du Lac de Vassivière (limite Creuse-Corrèze).
On voit là encore que, même si le duramen est nettement moins marqué chez les résineux (pas de tanins), il y a là aussi une préférence des champignons pour le bois tendre formé en dernier.
Je reste un peu indécis quant à la question de "l'acidification" que provoquerait les résineux.
Si dans une forêt de résineux la question ne souffre d'aucune controverse, je ne suis pas du tout certain qu'il en serait de même d'apports de BRF de résineux dans un sol jardiné de façon vivante et équilibré.
Je n'ai pas les moyens de vérifier, mais, sauf sol naturellement acide, où je ne jouerais peut-être pas avec le feu, je n'hésiterais pas à mettre du BRF de résineux (sauf thuya et autres espèces naturellement "indigestes"). Je pense que les mécanismes naturels d'un sol vivant saurait "jongler" avec ça. J'ai déjà utilisé de la sciure.
Sur plantes acidophiles (myrtillier par ex), y aller sans réserve !
Mais ce n'est qu'une conviction. Ou une "intuition". Pas de preuves scientifiques tangibles en ma possession.
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Ahmed
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Il convient de préciser que l'aubier n'est pas "plus vivant" que le duramen, c'est en réalité la partie vivante, par opposition d'avec le duramen qui est du bois mort, chargé en tanins fortement polymérisés (et donc difficile à "détricoté"), ce qui le protège de la dégradation. Ceci explique la survie non problématique d'arbres creux qui ne conservent que la partie vivante...
Chez le résineux, la démarcation entre ces deux parties sont souvent pas ou peu marquée, mais la disposition est exactement semblable à celle observée chez les feuillus.
La question de l'acidification des sols des peuplements résineux dépend des essences résineuses: l'épicéa est considéré comme acidifiant, le douglas ne présente pas le même inconvénient; des peuplements feuillus, comme le hêtre sont acidifiants... donc il est inopportun de généraliser. Quant à l'effet du BRF de résineux, cela ne recoupe pas nécessairement les observations précédentes et il faut l'utiliser avec prudence, soit en choisissant de l'épandre au pied d'arbres ou d'arbustes, soit en ne tolérant qu'une faible proportion de résineux, dans un mélange à usage plus générique.
Chez le résineux, la démarcation entre ces deux parties sont souvent pas ou peu marquée, mais la disposition est exactement semblable à celle observée chez les feuillus.
La question de l'acidification des sols des peuplements résineux dépend des essences résineuses: l'épicéa est considéré comme acidifiant, le douglas ne présente pas le même inconvénient; des peuplements feuillus, comme le hêtre sont acidifiants... donc il est inopportun de généraliser. Quant à l'effet du BRF de résineux, cela ne recoupe pas nécessairement les observations précédentes et il faut l'utiliser avec prudence, soit en choisissant de l'épandre au pied d'arbres ou d'arbustes, soit en ne tolérant qu'une faible proportion de résineux, dans un mélange à usage plus générique.
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"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."
Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Oui. J'ai "improvisé" un peu vite hier, sous le coup de mes observations qui m'ont un peu "scotché" - je ne pensais pas que cela pouvait "se lire" aussi facilement dans quelques tas de bois le long du chemin où je promènais un chien que j'ai en pension...
A l'avenir, je vais préciser cela un peu mieux.
En effet, l'aubier est à la fois constitué de cellules mortes et vivants. Avec des paroies lignifiées (donc des dépôts de lignine, qui est la substance du bois). Des pores entre cellules permettent la circulation dans ces fibres, qui forment alors des "vaisseaux". Là, pas de discussion.
L'aubier est plus tendre, plus poreux, moins lignifié. C'est le siège privilégié de la circulation de la sève brute.
C'est aussi là que se stocke l'essentiel des subtances organiques stockées à l'automne pour le printemps. C'est dans ce sens qu'il participe à la vie de l'arbre (c'est ce que j'avais en tête en disant "vivant" ; pas que les cellules vivent).
Un extrait de : http://www.onf.fr/gestion_durable/somma ... index.html
On distingue le bois d'aubier en périphérie sous l'écorce, composé à la fois de cellules vivantes qui stockent les réserves, et de cellules mortes qui assurent la conduction de la sève. Aubier vient du mot latin alba, qui signifie aube ou clair.
Le duramen est en effet, beaucoup plus polymérisé, plus "chargé" [un peu "formica" on pourrait dire], et, chez certaines espèces (chataigners, chênes...), chargés en tanins.
En ce qui concerne l'acidification, je n'ai pas d'éléments de preuve à ce stade, mais j'aurais tendance à ne pas prendre pour argent comptant ce qui est communément admis au sujet de l'acidification induite par le BRF de résineux, à partir de ce qui se passe dans les sols de forêts résineuses (ou certaines forêts de résineux). J'ai l'intuition que les phénomènes naturels complexes d'un sol vivant de potager (ce n'est pas un sol de forêt, qui est naturellement à "ambiance acide", à dominance fongique, etc...), gèrent cela et "tamponnent" le sol. Je pense qu'il y a un peu de "pensée unique".
Il est clair qu'il faut tenir compte du sol de départ : on évitera, de toute évidence, dans des sols déjà naturellement acides. Où on pourra mieux valoriser les cendres (à petites doses).
Comme dit : c'est une intuition, une conviction, une "idée" ou une opinion que j'émets - mais je n'ai aucune preuve ! Je partage donc juste un sentiment !
Je ne peux malheureusement tout essayer et n'ai pas les moyens de suivre scientifiquement mon sol (analyses). Et je crains qu'on ne me laissera sans doute pas le temps nécessaire à des observations fiables - on est là sur des cycles qui se comptent en dizaines d'années !
A l'avenir, je vais préciser cela un peu mieux.
En effet, l'aubier est à la fois constitué de cellules mortes et vivants. Avec des paroies lignifiées (donc des dépôts de lignine, qui est la substance du bois). Des pores entre cellules permettent la circulation dans ces fibres, qui forment alors des "vaisseaux". Là, pas de discussion.
L'aubier est plus tendre, plus poreux, moins lignifié. C'est le siège privilégié de la circulation de la sève brute.
C'est aussi là que se stocke l'essentiel des subtances organiques stockées à l'automne pour le printemps. C'est dans ce sens qu'il participe à la vie de l'arbre (c'est ce que j'avais en tête en disant "vivant" ; pas que les cellules vivent).
Un extrait de : http://www.onf.fr/gestion_durable/somma ... index.html
On distingue le bois d'aubier en périphérie sous l'écorce, composé à la fois de cellules vivantes qui stockent les réserves, et de cellules mortes qui assurent la conduction de la sève. Aubier vient du mot latin alba, qui signifie aube ou clair.
Le duramen est en effet, beaucoup plus polymérisé, plus "chargé" [un peu "formica" on pourrait dire], et, chez certaines espèces (chataigners, chênes...), chargés en tanins.
En ce qui concerne l'acidification, je n'ai pas d'éléments de preuve à ce stade, mais j'aurais tendance à ne pas prendre pour argent comptant ce qui est communément admis au sujet de l'acidification induite par le BRF de résineux, à partir de ce qui se passe dans les sols de forêts résineuses (ou certaines forêts de résineux). J'ai l'intuition que les phénomènes naturels complexes d'un sol vivant de potager (ce n'est pas un sol de forêt, qui est naturellement à "ambiance acide", à dominance fongique, etc...), gèrent cela et "tamponnent" le sol. Je pense qu'il y a un peu de "pensée unique".
Il est clair qu'il faut tenir compte du sol de départ : on évitera, de toute évidence, dans des sols déjà naturellement acides. Où on pourra mieux valoriser les cendres (à petites doses).
Comme dit : c'est une intuition, une conviction, une "idée" ou une opinion que j'émets - mais je n'ai aucune preuve ! Je partage donc juste un sentiment !
Je ne peux malheureusement tout essayer et n'ai pas les moyens de suivre scientifiquement mon sol (analyses). Et je crains qu'on ne me laissera sans doute pas le temps nécessaire à des observations fiables - on est là sur des cycles qui se comptent en dizaines d'années !
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Ahmed a écrit :Quant à l'effet du BRF de résineux....il faut l'utiliser avec prudence, soit en choisissant de l'épandre au pied d'arbres ou d'arbustes, soit en ne tolérant qu'une faible proportion de résineux, dans un mélange à usage plus générique.
Oui, bien sûr.
Face à ce qui n'est qu'une conviction non étayée de ma part, la plus élémentaire prudence est recommandée, c'est-à-dire :
a) utiliser du BRF résineux qui risque d'acidifier pour les plantes qui préfèrent ce type de sol : notamment les arbustes (fruits rouge)
b) ou utiliser en mélange dans un BRF équilibré, en effet.
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Associations végétales
A ceux qui en sont encore au stade de réflexion et/ou de "planification" de leur jardin, je recommande de se pencher un peu sur les associations de légumes.
J'avais, dans un premier élan, un peu trop négligé ce point. Et donc je n'ai pas pratiqué.
Il y a pourtant 36 bonnes raisons de bien associer différentes espèces :
- elles n'exploitent pas nécessairement le même espace aérien : par exemple, certaines sont "dressées", d'autres s'étalent
- de la même façon, elles n'exploitent pas l'espace souterrain de la même manière, au même endroit, et n'y recherchent pas la même chose au même moment (elles n'ont pas les mêmes "besoins")...
- l'une peut constituer une barrière protectrice pour l'autre : un parasite spécifique (qui ne s'attaque qu'à une des deux espèces) passera moins facilement d'un plant à un autre si une autre espèce, qu'il n'apprécie pas, se trouve entre les deux...
- dans certains cas, les effets répulsifs de telle plante va amplifier ce phénomène de barrière naturelle (en particulier, si on intercalle des espèces dont les essences sont répulsives)
- on découvre peu à peu que les plantes se passent des messages par des gaz ; le cas d'un acacia attaqué par des antilopes et qui "transmet" un signal chimique aux autres arbres, qui deviennent plus amers, moins attractifs a été étudié en Afrique du Sud depuis une vingtaine d'années ; il semble que ce phénomène soit bien plus général qu'on ne l'imaginait au départ...
- on découvre aussi que si certaines plantes luttent, par des substances chimiques émises par les racines, contre d'autres espèces, ce qui est assez connu, il semble qu'il peut y avoir des synergies positives !
[j'avais déjà raconté plus haut que les tomates murissent non pas à cause du soleil comme presque tout le monde le croit, mais à cause d'un gaz très simple, l'éthylène].
Donc je pense en effet qu'il faut se pencher sur cette question. Bien exploitées, on peut y gagner avec les associations.
J'ai commencé cette année, tout en conservant la culture en "lignes" (pour des raisons déjà évoquées : simplicité de l'organisation du jardin ; possibilité d'irrigation goutte-à-goutte différenciée selon les besoins de chaque espèce...). Cela contrarie certains de mes lecteurs (adeptes de la permaculture).
On peut voir ci-dessous des aulx plantés entre les rangs de fraisiers (car les fraisiers "aiment" les aulx !). On est là dans un cas typique où l'appareil aérien n'occupe pas du tout le même espace. On peut aussi penser que les ails enfin aulx ont des besoins spécifiques (soufre, par ex), que n'ont pas les fraises (plus gourmands en potassium)...
Ce matin, j'ai planté échalottes ou oignons avec un intervalle de 50 cm, ce qui me permettra de glisser un rang de laitues ou de carottes entre deux rangs dès que le sol sera plus chaud et qu'on ne risque plus le gel (chez nous, on l'a frisé ce matin)...
Un livre me parait recommandable sur ce sujet : "Le poireau préfère les fraises" de Hans Wagner, édition Terre Vivante / série "L'écologie pratique". Je me base dessus, car il faut bien entendu, des années et des années d'observation avant de savoir "qui aime qui", ou "qui ne supporte pas qui" ! Il recommande les associations que je viens de citer.
A ceux qui en sont encore au stade de réflexion et/ou de "planification" de leur jardin, je recommande de se pencher un peu sur les associations de légumes.
J'avais, dans un premier élan, un peu trop négligé ce point. Et donc je n'ai pas pratiqué.
Il y a pourtant 36 bonnes raisons de bien associer différentes espèces :
- elles n'exploitent pas nécessairement le même espace aérien : par exemple, certaines sont "dressées", d'autres s'étalent
- de la même façon, elles n'exploitent pas l'espace souterrain de la même manière, au même endroit, et n'y recherchent pas la même chose au même moment (elles n'ont pas les mêmes "besoins")...
- l'une peut constituer une barrière protectrice pour l'autre : un parasite spécifique (qui ne s'attaque qu'à une des deux espèces) passera moins facilement d'un plant à un autre si une autre espèce, qu'il n'apprécie pas, se trouve entre les deux...
- dans certains cas, les effets répulsifs de telle plante va amplifier ce phénomène de barrière naturelle (en particulier, si on intercalle des espèces dont les essences sont répulsives)
- on découvre peu à peu que les plantes se passent des messages par des gaz ; le cas d'un acacia attaqué par des antilopes et qui "transmet" un signal chimique aux autres arbres, qui deviennent plus amers, moins attractifs a été étudié en Afrique du Sud depuis une vingtaine d'années ; il semble que ce phénomène soit bien plus général qu'on ne l'imaginait au départ...
- on découvre aussi que si certaines plantes luttent, par des substances chimiques émises par les racines, contre d'autres espèces, ce qui est assez connu, il semble qu'il peut y avoir des synergies positives !
[j'avais déjà raconté plus haut que les tomates murissent non pas à cause du soleil comme presque tout le monde le croit, mais à cause d'un gaz très simple, l'éthylène].
Donc je pense en effet qu'il faut se pencher sur cette question. Bien exploitées, on peut y gagner avec les associations.
J'ai commencé cette année, tout en conservant la culture en "lignes" (pour des raisons déjà évoquées : simplicité de l'organisation du jardin ; possibilité d'irrigation goutte-à-goutte différenciée selon les besoins de chaque espèce...). Cela contrarie certains de mes lecteurs (adeptes de la permaculture).
On peut voir ci-dessous des aulx plantés entre les rangs de fraisiers (car les fraisiers "aiment" les aulx !). On est là dans un cas typique où l'appareil aérien n'occupe pas du tout le même espace. On peut aussi penser que les ails enfin aulx ont des besoins spécifiques (soufre, par ex), que n'ont pas les fraises (plus gourmands en potassium)...
Ce matin, j'ai planté échalottes ou oignons avec un intervalle de 50 cm, ce qui me permettra de glisser un rang de laitues ou de carottes entre deux rangs dès que le sol sera plus chaud et qu'on ne risque plus le gel (chez nous, on l'a frisé ce matin)...
Un livre me parait recommandable sur ce sujet : "Le poireau préfère les fraises" de Hans Wagner, édition Terre Vivante / série "L'écologie pratique". Je me base dessus, car il faut bien entendu, des années et des années d'observation avant de savoir "qui aime qui", ou "qui ne supporte pas qui" ! Il recommande les associations que je viens de citer.
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?
Heureusement, il y a le compteur de "vues" qui m'indique que vous êtes un certain nombre à me lire. C'est une motivation pour continuer. J'ai encore beaucoup d'observations en "réserve" - mais faut aussi que je travaille !
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