Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
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Did67
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 05/04/16, 11:17

max55thir a écrit :
1) je ne m'emmerderai plus à planter dans du terreau dans la serre! tout en pot prêt à être repiqué

2) j'aimerais bien leur faire prendre le bon air mais en semaine, je pars à 6h30 du matin et j'ai peur qu'elle prenne froid !!



Je viens seulement de préparer mes plants : semis directs en godets, dans mon salon [la paresse engendre... la paresse ; j'ai zappé le temps qui passe].

Et 4 à 5 jours après, j'ai déjà des levées. Parfois, 100 % !

Plusieurs variétés de tomates (dont mes propres graines, "préparées" selon la "méthode du paresseux" - en faire le moins possible - , sans tous les chichis que j'ai lus sur internet - fermentation et autres ; j'ai fait comme suit : je coupe mes tomates, met la pulpe avec graines sur un sopalin et mange les tomates ; je laisse sécher ; quelques jours plus tard, je mouille pour décoller les graines et les séparer du papier qui est détruit lors du lavage ; je fais sécher ; j'emballe dans du papier replié/agrafé et étiqueté ; séjour dans la cave durant l'hiver - une dizaine de degrés ; et c'est tout].

[PS : j'ai vu dans une "foire bio" avec échanges de graines un jardinier amateur qui tenait tout un discours sur comment s'y prendre ; d'après lui, sans fermentation, cela ne marche pas ; attention au sopalin, "toxique", attention : il faut vernaliser tant et tant de jours au congélateur, etc etc... Je trouve toujours drôle cette façon d'éxagérer, comme si "se faire chier" était un gage de succès. En tout cas, cela "attire" les gens ! Et comme je suis un emmerdeur, j'ai tendance à faire le contraire si je vois que dans la nature, cela se passe comme cela !]

Les concombres, certaines espèces de choux aussi ont déjà levé à 100 % (les choux ont été semés le 1er avril)...

J'ai donc vite mis dans la chambre du haut, ayant un grand Velux (lumière intense venant du haut, pour éviter l'étiolement - l'allongement démesuré en "spaghetti") et que les plants se couchent (en allant en direction de la fenêtre). Dans quelques jours, je les sors, pour les endurcir (selon la météo), avec la possibilité de les rentrer la nuit s'il gèle.

Alors tes durées données plus haut m'interpellent :

a) J'ai la "chance" d'avoir un chauffage au sol ; donc mes cagettes, dans lesquelles je range mes godets carrés, je les ai posées au sol ; le chauffage, pour maintenir environ 20° dans la pièce, met la dalle à 23 ou 25°... Donc cela réchauffe la terre et explique en partie ces levées rapides. Abaissement nocturne - pas de chauffage (cela est favorable à la croissance de la pluspart des plantes, qui aiment ce cycle de température quotidien : c'est ce qui se passe dans la nature !).

b) Néanmoins, je me suis interrogé quant à ta façon de faire :

1) Je n'enterre que très superficiellement mes graines ; environ 1 cm ; c'est moins que la hauteur de l'ongle du doigt ! Dans la nature, les graines tombent en surface et germent... S'inspirer de la nature. Ne pas allez contre ses mécanismes. Les racines vont descendre, ne t'inquiète pas !

2) J'ai sommairement arrosé le terreau (douchette sur l'évier), sans que cela ne s'écoule, une seule fois jusque là : il faut de l'oxygène. L'eau d'un terreau légèrement humide (façon éponge pressée) suffit ! Si on en met plus, il manque l'air (oxygène) dans le sol. Là, après 4 ou 5 jours, le terreau commence à se décoller du pot, se rétracter. Je laisse encore un jour ou deux, pour un bon enracinnement (le terreau est plus humide en profondeur, je veux que les racines aillent "chercher" cette eau et se développent).
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 05/04/16, 11:30

J'ai oublié : attention aux terreaux utilisés.

J'utilise du "terreau de semis" (bas de gamme, acheté chez un hard-discounter, mais "de semis").

Les terreaux ordinaires bas de gamme peuvent ne pas être assez mûrs. A un certain stade de décomposition, les organismes qui transforment les matières organiques (les champignons en l'occurence) secrètent des "anti-germinatifs". Donc, des fois, dans ces terreaux "pas assez mûrs", la germination est bloquée ou difficile ou irrégulière. Pour rempoter, transplanter, etc, cela ne "joue pas". Pour les semis, si !

[Toujours se souvenir que les champignons sont des "usines chimiques" de premier ordre. Non seulement elles fabriquent les enzymes qui leur permettent de "craquer" la lignine, mais se souvenir que les pre:miers antibiotiques (penicilline) ou encore un des plus importants immuno-dépresseur qui a permis la généralisation des greffes d'organes, la cyclosporine, sont les produits de champignons... Je ne parle pas de toutes les subtances qui nous laissent rêveur - psychotropes - ou sur le carreau - toxines.]
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar max55thir » 05/04/16, 14:05

- alors j'utilise également du terreau spécial semis et rempote avec du terreau normal! donc j'utilise la bonne méthode
- Je ne savais pas où mettre les semis (madame gueule car elle sont sur la table de la salle à manger!!) mais j'avais oublié que j'avais un grenier avec ......un velux !! pk ne pas y avoir pensé avant!! lol
- Faut que je rachète du terreau de semis et j'en referai un peu!! si ça marche, c'est toujours gratifiant d'avoir cultivé la plante de A à Z et puis ça peut faire économiser quelques dizaines d'euros
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 05/04/16, 15:34

Cela peut faire économiser bien plus : un sachet de semences contient généralement de quoi faire des plants pendant une demi-douzaine d'années (je mets deux ou trois graines par sécurité dans chaque godets ; pour les petites graines - choux, par ex - avec une pince à épiler ; ensuite, très vite, je coupe les plants les plus chétifs avec la pointe d'une paire de ciseaux pour ne garder que le plus robuste).

Chez moi, madame n'a pas le choix, elle m'a choisi avec mes plantes : une petite centaine de "plantes vertes" plus ou mieux curieuses (des bonzaïs, des "caudex", etc) à hiverner dans le salon et une pièce d'amis (entièrement "végétalisée") et donc maintenant les plants en plus...

Mais je travaille assidûment à constuire des "couches" (cadre en bois recouvert de vitres). C'est en cours, pour décongestionner un peu. Le rêve, si je veux encore assez longtemps, ce serait une serre...
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Ahmed » 06/04/16, 22:13

Je viens de regarder sous mon paillis de feuilles de noyer: la terre est bien grumeleuse, avec une population de vers appréciable. J'ai retiré le paillage pour nettoyer une partie colonisée par le chiendent: c'est discret pour le moment, mais ce type d'adventice se rie des paillages. Ceci fait, j'ai commencer à planter un premier rayon d'oignons rouges; je l'ai ensuite paillé avec des tontes de gazon qui avaient un peu traîné, donc assez compactes; je pense réutiliser les feuilles un peu plus loin, en mélange*, sur des légumes moins délicats, comme des patates...
Je pense que les vers seront sensibles à ma délicate attention... 8)

N.B.:Si je fais un peu à rebrousse-poil, c'est que je suis en période de transition et je ne prétends donc nullement proposer une "méthode", simplement relater une expérience particulière.
*BRF, broyat de miscanthus et de roseaux, tontes de gazon.
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 07/04/16, 11:17

J'ai fait plein d'observations intéressantes. Il faut que je photographie et que je vous rende compte.

Pour ma part, les feuilles de noyer sont encore "assez intactes", mais effectivement, en dessous cela vit, la terre est bonne et c'est assez propre.

Par rapport à ce que tu dis :

a) oui, le chiendent, comme quelques autres vivaces, ne se laissent pas impressionner par une couche de foin ; j'ai quelqu'un qui m'a signalé des chardons (beaucoup plus faciles à arracher ; une fois le sol portégé et meuble, si on ire délicatement, la racine vient et même cette vivace y passe) ; idem pour les orties - dont le rhizome est superficiel ; en tirant délicatement, au printemps, on arrive à retirer une bonne partie des rhizomes ; en deux ans, on réduit considérablement le problème ; à noter : l'ortie est très riche, un excellent extracteur de minéraux, une fois fanée, elle ne pique plus, c'est donc une xcellent paillage ; il est donc sage d'en "cultiver" un coin, pour les soupes, pour les préparations (purins) et pour pailler.

Les plus chiants sont bien chiendents et liserons.

b) Tes feuilles mortes sont très riches en C et pauvres en N (rapport C/N élevé). Les nervures sont même lignifiées. Donc je les associerai, pour ma mart, à des tontes de gazon, pour rétablir un bon rapport C/N. Je ne mettrai pas de "produits" à rapport C/N élevé (pailles, sciures, BRF)...

Mais tu peux, en effet, privilégier un "jardin paresseux à rytme lent", avec un accent mis plus sur l'humification... Une fois l'équilibre atteint, la concurrence entre plantes et "mulch" jouera de moins en moins. C'est surtout au début qu'il y a le fameux "effet dépressif" (pas tant que ça ; je dirai plutôt, un "effet positif" sur la fertilité moins rapide...).
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 07/04/16, 11:22

Ahmed a écrit :
... avec une population de vers appréciable.


Ayant lu (ou entendu) Bouché, je pense qu'il convient d'être plus attentifs aux turricules des anéciques qu'au "grouillement" des épigés.

J'ai remarqué une autre façon que la couleur de le sdistinguer : les épigés, dès que tu remues ou touches le "paillage", ils se barrent très vite. C'est une adapatation à la prédation, aux oiseaux et aux poules qui "grattent". Les anéciques ou endogés, quand tu remontes un "gros pataud", ils bougent à peine !

Donc les vers qui grouillent, ce sont probablement des "épigés". C'est bien : la dégradation est en cours ; ils "travaillent" la biomasse... Phase 1 lancée.

Les turricules qui abondent, ce sont des anéciques. C'est mieux. Phase 2 en cours = tunneliers au travail !
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Ahmed » 07/04/16, 12:59

Oui, mes anéciques sont encore un peu anémiques et c'est pourquoi je compte leur administrer un bon fortifiant à base de tontes de gazon, dans toute la mesure de mes disponibilités; j'utiliserai les autres mulchs comme complément, par en-dessus, pour boucher les trous.
Le chiendent n'est guère plus difficile à extirper que l'ortie, puisque son enracinement est également traçant, mais il faut veiller à enlever le maximum de ses nombreuses et fines ramifications...
En ce qui concerne l'ortie, une autre raison d'en conserver, c'est qu'elle est nécessaire à nombre d'insectes; j'ai vu pas mal de coccinelles dessus, récemment.
Le liseron ne peut être détruit complétement, il faut l'admettre plutôt que de s'énerver futilement... 8) C'est de plus un extracteur puissant qui possède la capacité d'aller puiser les minéraux très loin, souvent jusqu'à la roche mère.
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 07/04/16, 15:30

Je trouve les racines du chiendent un peu plus fragiles. L'ortie, c'est vraiment de la "ficelle". Je n'ai qu'un petit spot, que je ménage.

Je n'ai pas de chiendent. Si j'en avais, comme j'ai aussi de la place, ma réplique de paresseux serait la suivante : je laisse tomber le coin de jardin infesté que je transforme en prairie en semant de la luzerne ; et je tonds à rotation très rapide. La luzerne sera bien plus rapide que le chiendent et finira bien par l'épuiser... Et je commence une nouvelle parcelle de jardin ailleurs, dans ma bonne vieille prairie, pleine d'anéciques, pauvre en vivace (sauf pissenlits, plantains, rumex ; tous faciles à éliminer en arrachant une fois que le sol s'est ameubli).

Je n'ai réalisé que cet hiver la "chance" que j'ai eu d'installer mon jardin sur une prairie naturelle, jamais traitée, jamais travaillée. Les résultats spectaculaires sont surement liés à ça. Dès la 1ère année, on a des résultats surprenants. Les anéciques ne sont plus qu'à engraisser : je vois bien exploser la taille des turricules (diamètre, dimension).

Autre chose est de ranimer un jardin "abimé". Là, je pense qu'il faut calculer en demi-douzaine d'années... Horizontalement, les anéciques se déplacent lentement. Bouché parle de 2 à 2,5 m par an (de mémoire ; je pense que c'est lui ; sinon, c'est un chiffre que j'ai lu ailleurs). Sans compter qu'il faut éventuellement attendre que les résidus de pesticides (tu connais mon couplet sur le cuivre de la "bouillie bordelaise", qui est un poison pour le sol et qui se fixe dans le sol et n'en bouge plus !) disparaissent...
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Re: Jardiner plus que bio en semis direct sans fatigue ?

Message non lupar Did67 » 07/04/16, 15:40

Ahmed a écrit :
En ce qui concerne l'ortie, une autre raison d'en conserver, c'est qu'elle est nécessaire à nombre d'insectes; j'ai vu pas mal de coccinelles dessus, récemment.

Le liseron ne peut être détruit complétement, il faut l'admettre plutôt que de s'énerver futilement... 8) C'est de plus un extracteur puissant qui possède la capacité d'aller puiser les minéraux très loin, souvent jusqu'à la roche mère.


Je n'ai jamais fait attention pour les orties. Ce qu'il y a de sûr, c'est que les escargots, par ex, se régalent de cette biomasse très riche en azote, en minéraux... Jeune, j'allais toujours les ramasser dans les massifs d'orties après une pluie chaude. J'étais sûr d'en trouver.

Le liseron, j'avais deux ou trois "plaques", dans la vieille partie du jardin. Je l'ai eu complètement en 2 à 3 ans comme suit : bien marquer les endroits ; à chaque passage, arracher la petite repousse ; au fur et à mesure où le sol s'ameublit, arracher de plus en plus profond ; bien refermer le mulch par-dessus... Et surveiller. Donc chaque fois, le liseron "investit" pour construire son appareil de surface (tiges, feuilles), à partir de ses réserves. Et comme j'arrache, il n'a jamais de "retour sur investissement". Le rhizome ne se recharge pas. Les repousses sont de plus en plus maigres. Il finit par s'épuiser. Et disparaître.

Depuis, on m'a donné le tuyau suivant : mettre une boite de conserve à l'envers sur le "spot" après avoir arraché ; comme ça si on "oublie" quelques jours, la repousse "tourne en rond" dans la boite, toujours sur les réserves du rhizome, toujours sans recharger... Je pense qu'avec des grosses boites, genre collectivités, cela devrait être éfficace. Car si le liseron recouvre une large surface, en fait, cela part de quelques "spots" seulement. D'où cela trace dans tous les sens...
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