Message non lupar Ahmed » 08/09/26, 23:21
Je n'ai évidemment pas une définition originale de l'extrême-droite, c'est le genre de régime qui prospère lorsque des problèmes, réels ou perçus comme tels, ne semblent plus adressables par des politiques jusque là relativement consensuelles. Donc, des divisions accrues au sein de l'opinion face à des difficultés d'origines complexes et mal comprises de l'ensemble de la classe politique, ainsi que du corps social (comme le rôle global de la déplétion énergétique, par exemple). Ceci déconsidère le personnel politique en place et offre un boulevard à ceux qui proposent des solutions simples et rapides à défaut d'être adéquates à la résolution de ces maux.
La politique qui en résulte nécessairement est une contrainte progressive qui s'efforce de plier un réel forcément rétif à ces analyses sommaires et des décisions qui en découlent. Ne reste plus qu'à contraindre les citoyens à adhérer à cette vision et à stigmatiser les moins convaincus, puisque c'est la seule option possible face à l'inefficacité des mesures: s'efforcer de changer la perception du réel...
Attention! Je ne prétends pas que quelque formation politique que ce soit détienne la ou les solutions, mais que le logiciel de l'extrême-droite ne peut conduire qu'à une dérive autoritaire où les richesses déclinantes seront confisquées par les nouveaux "sauveurs du Peuple". Il n'y a qu'à se rappeler la situation qui a suivi la déliquescence de L'URSS et le capitalisme d'effondrement qui a suivi.
Si l'on veut (et ce n'est pas sûr que l'on veuille!), il est possible de traduire ça de façon plus générale en s'appuyant sur le concept de bifurcation: l'ensemble des forces politiques représentent diverses options décisionnelles et se comportent beaucoup plus de façon complémentaires que conflictuelles, contrairement aux apparences. Face à l'échec d'une stratégie, le groupe qui présente une autre option prend la place du précédent. C'est un phénomène adaptatif par essence, mais qui ne garantie aucunement un résultat positif: c'est juste un comportement sélectionné par l'évolution, car lorsque l'environnement change, l'ancien modèle devient obsolète et, parfois, un nouveau peut s'avérer efficace.
Ce qu'il faut garder en tête, c'est que le processus de l'évolution est strictement insensible au contenu de ce qui est essayé (ce qui correspond à l'idée que, certes les hommes décident, mais sans comprendre le sens, ni les conséquences de leurs actes) et que la plupart du temps, on observe un échec.
Elle suit en cela à peu près la devise des Shadocks: "À force d'échouer, on finit par réussir". Ce n'est donc pas une méthode performante, mais statistiquement et au prix de beaucoup, beaucoup de casse, ça finit parfois par payer. Reste à savoir si, en pratique, nous accepterions de supporter la casse...
L'option à privilégier consisterait à diminuer l'influence du hasard qui est le propre de l'évolution aveugle en écartant les options qui ont produit des effets indésirables par le passé: c'est pour s'immuniser contre ce réflexe salutaire que, par exemple, le RN s'efforce de faire oublier ses fondements historiques et se taille une virginité nouvelle pourtant assez douteuses si l'on songe à certains personnages qui continuent à œuvrer en arrière-plan.
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"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."