Message non lupar plasmanu » 14/02/26, 19:40
A-vocat privé de noix: tu parles de fruits...
Je peux comprendre que tu ai passé le bac avant 1989 et pendant tes études secondaires il n'y ai pas eu de cours d'histoire. Tu sais peut-être qu'en 1989 il y a eu la chute du mur de berlin et ensuite celui du rideau de fer qui correspond à l'effondrement de l'URSS.
Et qu'avant ça il y en a qui on lit Soljenitsyne ( ce vilain menteur anti bolchevique).
Tu parles de problème mental: je sais où te soigner.
DeepSeek: émergence des services psychiatrique en urss
L'émergence des services psychiatriques en URSS est une histoire paradoxale, faite d'innovations médicales précoces et d'une dérive répressive systématique. Le système s'est construit sur l'héritage d'une psychiatrie russe du XIXe siècle déjà impliquée dans le contrôle social, pour évoluer vers un outil de neutralisation des opposants politiques, en particulier à partir des années 1960.
Voici les grandes étapes de cette évolution :
Les racines pré-révolutionnaires et l'après-1917
· Un héritage asilaire et répressif : Bien avant la révolution, la psychiatrie russe avait une fonction de contrôle social. Le premier asile important, celui de Kazan, ouvre dès 1869. Dès les événements de 1905, ces institutions accueillent déjà des prisonniers politiques, ce qui attristait les psychiatres rêvant d'une discipline purement médicale.
· L'espoir des réformateurs (années 1920) : Après la révolution de 1917, certains psychiatres se rallient aux bolcheviks, y voyant l'opportunité de développer leur discipline. Le nouveau système de santé centralisé leur accorde une liberté d'action inédite. Ils développent alors une psychiatrie novatrice, dite "extra-hospitalière", articulée autour de dispensaires, qui suscite l'intérêt de leurs homologues étrangers. L'apogée de cette approche novatrice est l'ouverture à Moscou en 1933 du premier hôpital psychiatrique de jour au monde par le Dr Mikhaïl Dzhagarov. Cependant, dès le début des années 1930, cette priorité est abandonnée faute de moyens, au profit d'une politique centrée sur les hôpitaux.
Le tournant pavlovien et la pénurie (années 1930-1950)
Avec l'installation de la dictature stalinienne, la psychiatrie, comme tous les champs scientifiques, perd sa pluralité. Le paradigme obligatoire devient la physiologie pavlovienne. Pour les psychiatres, il s'agit de traduire ces principes en pratique, mais cela reste un discours de légitimation plus qu'une refonte des soins, entravés par une pénurie chronique de personnel, de matériel et de médicaments.
L'instrumentalisation politique systématique (des années 1960 à la perestroïka)
C'est à partir de cette période que la "psychiatrie punitive" devient un rouage essentiel de la répression, un système que certains auteurs qualifient de mise en place d'une "politique du psychisme" .
· Le contexte : Après le dégel de Khrouchtchev et la multiplication des contestations, le pouvoir cherche de nouveaux moyens pour faire taire l'opposition sans passer par des procès publics, sources de mauvaise publicité.
· La doctrine : En 1959, Khrouchtchev déclare dans la Pravda qu'un "crime est une déviation par rapport à des valeurs reconnues, généralement provoquée par un désordre mental", posant ainsi les bases idéologiques de la psychiatrisation de la dissidence.
· Le cadre légal : En 1961, des instructions du ministère de la Santé légitiment l'hospitalisation d'urgence extrajudiciaire des "malades mentaux représentant un danger public". Les articles 70 et 190-1 du code pénal répriment ensuite la propagande anti-soviétique et la diffusion de "fausses informations" .
· Le diagnostic-clé : Pour justifier ces internements, les psychiatres de l'Institut Serbsky (le centre de psychiatrie légale de Moscou) utilisent un diagnostic spécifique : la "schizophrénie torpide" (ou lentement progressive). Cette entité, théorisée en URSS, décrivait une forme discrète de la maladie, dont les "symptômes" pouvaient inclure l'"entêtement à défendre ses opinions" ou une "lutte contre l'injustice sociale".
· L'extension du réseau : Le système répressif s'appuie sur un réseau carcéral psychiatrique en pleine expansion. Des "hôpitaux psychiatriques spéciaux", gérés par le ministère de l'Intérieur (MVD), sont créés ou agrandis. On en compte 8 en 1970 et 11 au milieu des années 1980, dont ceux de Kazan, Leningrad, Dnipropetrovsk ou Sytchevka.
Période Nombre d'établissements Nombre de lits
1935 102 ~33 700
1955 200 ~116 000
1974 N/A ~390 000
Source : Wikipedia (données issues de l'article sur la psychiatrie punitive)
Le scandale international et l'exclusion
À partir des années 1970, des dissidents comme Vladimir Boukovski parviennent à faire sortir des archives prouvant ces abus. Des psychiatres soviétiques dissidents, comme Anatoly Koryagin, dénoncent ces pratiques dans la presse médicale occidentale. Le scandale est tel qu'en 1983, lors de son congrès à Vienne, l'Association mondiale de psychiatrie (WPA) exclut la société soviétique de psychiatrie. Elle ne sera réadmise, sous conditions, qu'en 1989 .
L'"émergence" des services psychiatriques en URSS est donc celle d'une institution médicale pionnière à certains égards, mais dont le développement a été irrémédiablement perverti par sa mise au service d'un projet politique répressif, transformant l'hôpital en une extension de la prison pour des centaines de dissidents.
Si vous souhaitez approfondir un aspect en particulier, comme le rôle précis de l'Institut Serbsky, le parcours d'un dissident interné, ou les concepts psychiatriques comme la "schizophrénie torpide", n'hésitez pas à me le demander.
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"Ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal" 3 petits singes Mizaru