Tout d'abord, ce que tu appelles "ergoter" c'est en réalité un effort pour ne pas sombrer dans des fourre-tout forcément approximatifs qui ne permettent pas les nuances indispensables. Quant aux distorsions que tu crois y déceler, ce n'est que pour la raison inverse qui te fais me les attribuer!
Concernant ma position réelle par rapport au capitalisme, elle est assez éloignée de ce que tu imagines. J'ai longtemps imaginé que le capitalisme était seulement une idéologie qui avait simplement réussi à s'imposer face à d'autres, mais ce n'est pas une vision suffisante, ni très exacte. Le côté idéologique représente plutôt une conséquence qu'une cause et le capitalisme a ceci d'unique qu'à partir de règles très simples il est capable de maximiser la dissipation de l'énergie. Le premier point, la simplicité, permet sa diffusion rapide, le second lui assure la capacité d'éliminer toutes les sociétés moins dissipatrices, donc le succès sélectif.
La plupart de ceux qui condamnent le capitalisme militent pour une "moralisation" ou une régulation du capitalisme, ce qui constitue une contradiction majeure. Parmi ces personnes, beaucoup s'offusquent du néolibéralisme et seraient favorables à un retour au libéralisme antérieur qui fut pourtant son berceau!
Sur la question de la participation à ce type de société, je ne trouve pas l'argument décisif, puisque ce n'est jamais un choix et que de plus, il s'agit d'un sophisme (tu quoque).
Le défaut qui justifie la condamnation de ce système (outre ceux bien connus), c'est qu'il représente le plus grand danger pour l'avenir, non seulement des humains, mais de tout ce qui vit sur Terre.

