C'est sans doute très juste pour le stock de minéraux de la roche mère... encore faut-il qu'ils puissent être solubilisés, mais mettons que la réalité en soit proche.

Par contre le CO2 pour moi n'est pas un facteur limitant sinon pourquoi certaines plantes, à taux de CO2 constant (il est quasi impossible de le réduire localement) végètent et pas d'autres sur une même parcelle ?
Ça ne peut s'expliquer que parce qu'il y a d'autres facteurs limitants donc.
Minéraux d'une part (il suffit qu'un élément métallique vital manque à l'appel et la plante ne peut plus synthétiser certains composés enzymatiques, donc arrête ou ralenti fortement sa croissance), et puis il y a en plus tous les facteurs externes (maladies, etc).
Pour le reste, ton exemple tient sans doute la route et je ne fais très certainement pas mieux que toi bien que je fasse attention à plein de choses comme n'acheter des appareils électroniques que d'occasion et uniquement lorsque le précédent ne fonctionne plus, bannir les smartphones, tablettes, téléviseur, voiture, etc etc. Et je dois encore être bien loin du compte malgré tout ça !!!
Finalement ce n'est pas tant la quantité de fioul nécessaire à la conception de X balles de foin qui compte mais combien de temps ça nous prendrait s'il fallait le faucher et l'amener à la main ? Une journée ? Plus ? La quantité d'énergie présente dans le pétrole est colossale mine de rien...
Si on devait remplacer cette source d'énergie au niveau planétaire par la seule force de nos bras et admettons, c'est vrai, de quelques animaux (qu'il faudrait nourrir donc "cultiver" des surfaces plus grandes), on en reviendrait à faire le calcul suivant (au risque de partir méchamment en vrille...) :
- quelle de surface (ha) sur Terre est-elle cultivable pour nos besoins (et ceux de nos compagnons à 4 pattes) énergétique alimentaires annuels ? 2 milliards d'ha ? grosso modo hein (sans doute moins)
- quelle valeur énergétique alimentaire peut produire 1ha en moyenne sur une année ? Ça j'en sais fichtre rien mais prenons juste une pomme-de-terre standard à 80 kcal aux 100 g => 800 kcal par kilo => 4184 [Joules/kcal]*800 [kcal/kg] = 3.35e6 [Joules/kg].
Admettons qu'on en fasse 40 tonnes à l'ha ça nous fait, pfiou, beaucoup... : 40 [t/ha]*1e3 [kg/t]*4184 [Joules/kcal]*800 [kcal/kg] ~= 1.34e11 [Joules/ha]
=> total des Joules qu'on peut produire à l'année avec uniquement des pommes-de-terre sur Terre : 2e9 [ha]*1.34e11 [Joules/ha] /1[an] ~= 2.67e20 [Joules/an]
à comparer avec : besoins énergétiques annuels (Joules) de 7.5 milliards d'humain (admettons qu'ils soient tous végétaliens et mangent que des pommes-de-terres pour optimiser au maximum) et mettons 1 quatre-pattes par 5 personnes, donc 1,5 milliards de quatre-pattes (je ne sais pas ce que ça consomme comme énergie quotidiennement un animal de trait, mais sans doute 5x plus que nous, donc on peut en comptabiliser autant en 'équivalent-énergie'). Et admettons qu'on travaille bien tous les jours : 3000 kcal / jour / personne en moyenne.
=> 7.5e9*2 [êtres] *3000 [kcal/jour/être] *4184 [Joules/kcal] *365 [jours/an] = 6.87e19 [Joules/an]
L'équation est-elle soluble et si oui quel niveau de vie moyen arriverait-on à atteindre dans le meilleur des cas ?
- oui elle semble l'être, en première approximation.
Le rapport est favorable et se situe aux environs de 4; on peut produire 4x plus d'énergie que ce qu'on a besoin pour faire fonctionner notre corps.
Mais 4x ce n'est pas énorme et ce serait bien ennuyeux de ne manger que des pommes-de-terre, donc la production serait moindre et on peut je pense vite tomber dans un rapport situé quelques part entre 1 et 2, guère plus.
Et avec ça, on ne fait ni voler des avions, ni rouler des voitures, ni ne chauffons quoique ce soit (au passage, merci le bois des forêts qui viendrait nous épauler pour ça durant l'hiver !!)
Le système semble être dans une sorte de presque-équilibre pour 20 milliards d'équivalents-personnes, à la louche (j'ai simplifié à l'extrême on est d'accord...). Et ça, c'est si tout va bien tout le temps.

Il y a deux choses qui me "dérangent", psychologiquement on va dire;
1) c'est de savoir que d'autres avant nous on su faire et que d'autres après nous saurons (je l'espère) faire "sans énergies fossiles", et qu'aujourd'hui on baigne dans un pseudo-confort (ce qui n'est pas gênant en soi, admettons-le, ce qui est ennuyeux c'est la suite...) tout en oubliant à vitesse grand V certains savoirs ancestraux mais ô combien vitaux pour le maintien de notre espèce -- au sens purement biologique -- sur cette planète. Savoirs qu'il nous faut absolument pouvoir remettre en avant pour les transmettre, au cas où les énergies fossiles auraient une fin.......... sait-on jamais.
Je reste de plus persuadé qu'il est possible de dégager du temps et de l'énergie pour autre chose que "s'approvisionner en énergie" dans un système où les énergies fossiles n'existeraient plus, laissant ainsi du temps pour la création artistique et les échanges sociaux (...). Mais cette énergie économisée, ce temps gagné sur le temps aux champs, ne peut se faire, à mon humble avis, que par une coopération et une organisation sociétale, une mise en commun, une optimisation des savoirs et des connaissances.
2) de constater que nous gaspillons à outrance et ne savons absolument pas boucler les cycles qu'on ouvre, ceux des éléments chimiques importants pour la vie en particulier. Tout ce qui "part à la mer" ne sera pas récupérable car trop dilué. Et faire remonter certains éléments chimiques des océans vers l'intérieur des continents n'est pas une mince affaire (...). Affaire que nous léguons à l'échelle globale avec une générosité inouïe, aux générations futures.
Là aussi, je reste persuadé qu'une meilleur connaissances des écosystèmes et de comment les flux de matières (grands cycles bio-géochimiques des éléments) fonctionnent (...), nous sera d'une aide précieuse pour d'une part arrêter des les détruire et ensuite les favoriser.