Mais un toit en flan?





Le scandale du Libor aura-t-il enfin raison de la crédibilité des banques?
Pendant des années, l'un des taux mondiaux de référence (Libor) a été manipulé délibérément par de grandes banques anglaises... dans leur seul et unique intérêt.
Le Libor (London Intebank Offered Rate, ou taux interbancaire) ne vous intéresse pas? Peut-être – mais sachez bien que lui s’intéresse à vous. Il y a certes bien peu de chance pour qu’un Américain moyen fasse une demande de prêt interbancaire à Londres; reste qu’une large gamme d’autres instruments financiers prend ce taux pour référence.
Les prêts à taux d’intérêts variables (prêts étudiant privés, crédits auto, emprunts-logement à taux ajustables, cartes de crédit, etc.) doivent être indexés sur un repère fondamental indiquant les coûts globaux des financements au sein du système financier. Il s’agit souvent du «taux de base» fixé aux Etats-Unis, mais le Libor fait lui aussi fréquemment figure de repère. Si – comme tendent à le prouver de plus en plus d’éléments –le Libor a été manipulé délibérément (et pendant plusieurs années) par certaines banques, alors des millions de personnes ont bel et bien fait l’acquisition de produits financiers (de tous types) à un taux d’intérêt inadéquat. Des personnes innocentes ont été injustement délestées de larges sommes d’argent, tandis que d’autres ont profité d’aubaines tout aussi importantes – et tout aussi injustes. La structure de base du système financier mondial s’avère une fois de plus totalement inadaptée à sa fonction.
(...)



Les déboires de Knight Capital, spécialiste du trading haute fréquence
LE MONDE | 07.08.2012
Knight Capital est sauvé. Le courtier américain, qui avait perdu 440 millions de dollars (355 millions d'euros) la semaine dernière à la suite d'un bug informatique, est parvenu à réunir 400 millions de dollars pour éviter la faillite, lundi 6 août. Six investisseurs, dont son concurrent Getco, détiendront à terme plus de 70 % de ce courtier "de gros" – il sert d'intermédiaire avec des intervenants plus petits.
L'ampleur et la rapidité de la mobilisation, intervenue durant le week-end, sont à la mesure de l'émoi suscité. En effet, le 1er août, Knight Capital a provoqué un mini-krach à la Bourse de NewYork : plus de 140 titres ont connu des mouvements anormaux. En cause : un "problème technique" lors de l'installation d'un nouveau logiciel de passage d'ordres.
"Il a fallu près d'une heure pour apprendre que le problème venait d'un algorithme de Knight Capital. Ce logiciel a envoyé des ordres par centaines et fait exploser les cours", raconte Gregori Volokhine, président du gérant Meeschaert aux Etats-Unis.
C'est que Knight est un poids lourd à Wall Street : il gère près de 15 % des actions traitées quotidiennement sur le marché américain. Soit quelque 20 milliards de dollars, huit fois le volume échangé sur le CAC 40 !
SUBMERGÉ
Le courtier est aussi un habitué du trading haute fréquence, qui consiste à passer des ordres de Bourse automatisés à des vitesses toujours plus rapides grâce à des programmes informatiques très sophistiqués. Trop, selon ses détracteurs, à qui l'incident du 1er août a donné du grain à moudre. "Le trading automatisé montre ses limites lorsqu'il devient incontrôlable", déplore Benoît Lallemand, de l'ONG Finance Watch, qui souligne qu'il a fallu une demi-heure au courtier pour arrêter sa machine.
Si les clients de Knight Capital n'ont pas été affectés, le courtier a vite été submergé par sa "paume", qui l'a lesté de plus de 4,5 milliards de dollars d'actions en quelques minutes. La banque Goldman Sachs a dû intervenir en urgence, le soir du 1er août. Elle a racheté les actions non désirées à prix cassé pour aider Knight à "passer la nuit", rapporte le Wall Street Journal. Le courtier a ainsi pu limiter sa perte à 440 millions de dollars. Ce dernier ne disposait que de 365 millions de dollars de trésorerie, d'où la recapitalisation du week-end.
L'affaire serait donc close ? Rien de moins sûr. "La technologie de Knight était très réputée, autant que le contrôle du risque de JPMorgan, souligne M.Volokhine. Il faudra du temps pour rétablir la confiance."
De nombreux clients ont, en effet, délaissé le courtier. NYSE-Euronext, l'opérateur de la Bourse de New York, a provisoirement retiré à Knight Capital son mandat de teneur de marché – qui lui permet d'acheter et de vendre des actions. Plusieurs analystes évoquent le risque de démantèlement du groupe au profit de ses concurrents, alors que l'action Knight a perdu plus de 70 % de sa valeur depuis la semaine dernière.

Obamot a écrit :Le chiffre intéressant, c'est que cette société brasse des échanges pour
100'000 milliards! Autant dire que les investisseurs réguliers qui passent par la bourse de New York, prennent le bouillon au moins une fois sur dix !
La bourse c'est Las Végas, on vous l'avait bien dit !

Scandales bancaires : Londres et New York à couteaux tirés
La mise en cause de la banque britannique Standard Chartered par les autorités américaines met Londres en émoi. En jeu: la compétition entre Wall Street et la City.
..........
Revenir vers « Economie et finance, durabilité, croissance, PIB, fiscalités écologiques »
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 21 invités