Bonjour,
Je suis électrotechnicien mais je n'ai aucune expérience concrète en éolien. Quelques remarques en vrac.
Ce qui m'inquiète, c'est de vouloir construire une éolienne pour assurer l'autonomie les jours de tempête. Il existe peu de modèles capables de fonctionner par vent violent ou rafales.
Vu la puissance de la "bête" le recours aux lourdes batteries risque de "plomber" ta facture.
Il me paraît plus économique d'oublier la version "luxe" batteries/onduleur/revente à EDF, et s'orienter vers une utilisation directe de la génératrice sur le réseau de ta ferme, en réalisant une simple régulation de fréquence par différentiel mécanique : la vitesse de rotation de l'alternateur doit rester constante.
La fréquence du réseau EDF est extrêmement précise, toutes les centrales connectées au réseau se comportent en effet comme un immense volant d'inertie, qui garantit le 50Hz à 0,01% près au minimum. J'ai entendu dire qu'EDF contrôle le nombre de périodes secteur par 24h pour l'ajuster à exactement
3600 (s) x 24 (h) x 50 (Hz) = 4 320 000.
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Par contre si tu es déconnecté du réseau, l'onduleur devient inutile :
- la plupart des moteurs électriques supportent sans broncher des variations de fréquence de 5%, pour peu qu'elle soient progressives et sans à coups.
- les appareils électroniques utilisent un redresseur et sont concus indifféremment pour 50/60 Hz.
En revanche, la tension doit rester stable à 3% pour un éclairage correct. Mais la régulation de tension est incorporée de série à ta génératrice... Pas de frais supplémentaires.
Pour limiter l'influence des sautes de vent :
- à la hausse : ta génératrice possède des "amortisseurs de Leblanc" qui freinent la machine par courant de Foucault si elle subit unn à coup de couple et tend à accélérer brusquement. L'accélération ne peut être que progressive...
- à la baisse : là, il faut prévoir un très gros volant d'inertie, pour emmagasiner de l'énergie durant quelques secondes. Enfin si le vent est trop irrégulier, le recours aux batteries peut être indispensable, mais seulement sur une partie névralgique de l'installation ?
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Il me vient aussi en mémoire une technique utilisée par EDF pour réguler son trafic : le turbinage.
a) Aux heures creuses, les centrales nucléaires servent à alimenter des pompes refoulant de l'eau dans des réservoirs d'altitude,
b) Aux heures de pointe, cette eau redescend dans des turbines, alimentant des alternateurs durant quelques minutes par heures seulement.
Cette technique digne des Shadoks, fait faire de grosses économies à EDF, en la dispensant de faire tourner à vide des centrales thermiques juste "au cas où".
Pour celui qui dispose de 2 réservoirs d'eau de grande capacité, dont l'un est situé à une altitude suffisante, c'est une technique de régulation de fréquence qui me semble plus fiable et moins coûteuse que le couple batteries/onduleur :
- L'éolienne entraîne une rustique pompe, qui refoule l'eau dans le réservoir. Peu importe sa vitesse ou son débit...
- le réservoir alimente une turbine hydraulique à vitesse constante.
Pas de risque de survitesse, il suffit de fermer la vanne.
En l'absence de vent, le bassin continue à se vider, il se remplira à la prochaine bourrasque...
Et s'il est plein, on débraye l'éolienne ou on ferme l'arrivée d'eau de la pompe, ce qui revient au même.
Quelqu'un a peut-être déjà proposé ça, le forum devient si touffu que je n'arrive pas à tout lire...