Fukushima 10 ans après la catastrophe

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Exnihiloest
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par Exnihiloest » 21/04/21, 18:49

Il faut faire la part des choses. La durée de (demi) vie du tritium, c'est 12,3 ans, et sa radioactivité, du β- donc des électrons, de faible énergie, arrêtés par l'eau ou les tissus biologiques après un parcours de seulement 6 µm. On est loin des cochonneries du rayonnement gamma et des neutrons.
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par GuyGadeboisLeRetour » 21/04/21, 19:03

Et ce qui reste dans les filtres, ils en font quoi ? Et l'autre moitié de vie ?
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enerc
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par enerc » 21/04/21, 19:16

Exnihiloest a écrit :Il faut faire la part des choses. La durée de (demi) vie du tritium, c'est 12,3 ans, et sa radioactivité, du β- donc des électrons, de faible énergie, arrêtés par l'eau ou les tissus biologiques après un parcours de seulement 6 µm. On est loin des cochonneries du rayonnement gamma et des neutrons.

Pour le coup je suis d'accord : d'ailleurs Wikipedia indique:
la période biologique (sensiblement égale à la période effective dans le cas du tritium) varie suivant la forme sous laquelle le tritium est fixé. Quelle que soit la forme de l’apport en tritium, la plus grande partie du tritium est réputée éliminée en 1 mois et la presque-totalité est éliminée en moins de 1 an. Sa période biologique est donc très inférieure à sa période radioactive ;

Donc il faut boire de l'eau contaminée et en grande dose (plusieurs litres par jour).
Le risque est peut être plus sur le plancton et les crustacés et éventuellement les poissons.

Si l'eau ne contient que du tritium, ça passe : par contre si il reste des micro particules de plutonium, alors la c'est totalement différent.
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Re: Fukushima, 10 ans plus tard: la radiation se dissipe plus vite que l'inquiétude




par Exnihiloest » 22/04/21, 16:57

Un article récent :

Fukushima, 10 ans plus tard: la radiation se dissipe plus vite que l'inquiétude

"Les réservoirs approchent de leur pleine capacité, et il y a des années que les autorités japonaises retardent le moment où cette eau devra être évacuée dans l'océan. Après une décennie, les niveaux de matières comme le tritium sont trop faibles pour être considérés une menace pour la vie marine, mais cela ne rassure pas pour autant les pêcheurs, ni les agriculteurs qui vivent à proximité de la côte."
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Re: Fukushima, 10 ans plus tard: la radiation se dissipe plus vite que l'inquiétude




par GuyGadeboisLeRetour » 22/04/21, 17:07

Exnihiloest a écrit :Un article récent

Tiens, un article de m... pro nucléaire.
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par Obamot » 22/04/21, 17:10

Il est recommandé aux poissons de diluer ça avec de l’eau avant d’y boire :twisted:
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par Exnihiloest » 22/04/21, 17:39

Obamot a écrit :Il est recommandé aux poissons de diluer ça avec de l’eau avant d’y boire :twisted:

Ce sera forcément le cas. Le tritium étant un gaz (de l'hydrogène), quand ils parlent d'en relacher, c'est de relacher de l'eau tritiée, je suppose. Et le risque dépend de la concentration de l'isotope 3H dans les molécules d'eau, lesquelles vont quand même se disperser largement du fait que les quantités restent infiniment faibles par rapport au volume des océans. On peut seulement espérer qu'ils auront l'intelligence de ne pas tout relâcher à haute dose et au même endroit.
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par Maximus Leo » 22/04/21, 20:20

enerc a écrit :Ils n'ont qu'à mettre cette eau radioactive dans un ancien puis de pétrole ou gaz - là ou on veut enfouir le CO2 par captage. Dans 123,2 ± 0,2 ans la radioactivité aura été divisée par 1024.

J'ai une idée : on transporte cette eau radioactive sur le site de stockage géologique de Bure, histoire de faire des tests pendant un siècle pour voir si le bouzin est bien étanche. Au bout d'un siècle on rend l'eau au Japon (elle ne sera pratiquement plus radioactive).
Au moins, si ça marche sur un siècle, on pourra y mettre nos poubelles radioactives pour quelques centaines de milliers d'années.
L'avantage, c'est que si ça fuit c'est plus facile de pomper de l'eau même radioactive que de ressortir des containers rouillés.

D'ici la on peut toujours utiliser le jardin du Sénat : ça peut servir de petit démonstrateur pédagogique - histoire que nos chers sénateurs généreusement payés par nos impôts puissent profiter en toute première d'un démonstrateur hautement technologique quand ils se goinfrent de petits fours avec nos sous.

A priori, l'idée n'est pas mauvaise, on pourrait utiliser les anciennes mines de charbon abandonnées pour y stocker l'eau tritiée sous sa concentration actuelle de 1 million de becquerels par litre. Ces mines ne seront plus jamais exploitées. Mais les roches vont mal réagir au contact de l'eau tritiée qui est très corrosive à cause du phénomène de radiolyse. Il y aura des dégagements de gaz. La moins mauvaise solution c'est le rejet en mer.

Le gvt japonais a fini par céder à l'AIEA qui fait pression depuis 7 ans sur le Japon pour que cette eau soit rejetée en mer. Pourquoi ? Parce que le Japon doit faire comme tous les autres pays : rejeter le tritium en mer.



La France déverse en mer des quantités phénoménales d'eau tritiée. C'est sans commune mesure avec ce qui est stocké à Fukushima.

Carte du tritium dans la Manche publiée par l'IRSN sur son site. On a > 5 becquerels dans les eaux devant Dieppe. Dans le port de la centrale de Fukushima Daiichi, le niveau de tritium est inférieur à 1,5 becquerel (seuil de mesure).

L'usine ORANO de La Hague déverse en moyenne 1000 térabecquerels PAR MOIS d'eau tritiée dans la Manche. C'est plus que l'eau stockée à Fukushima Daiichi depuis 10 ans (900 térabecquerels). C'est toujours plus facile de voir la paille dans l'oeil du voisin que la poutre qui est dans le sien... :lol:

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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par moinsdewatt » 21/08/21, 12:33

l 'AIEA surveillera les rejets d'eau tritié en mer.
Ces rejets vont s'étaler sur une très grande période, sans doute plus de 10 ans.

Agreement on IAEA monitoring of Fukushima water release
09 July 2021

The scope of technical assistance the International Atomic Energy Agency (IAEA) will provide in monitoring and reviewing the planned discharge of treated water stored at the Fukushima Daiichi nuclear power plant site has been agreed. The Terms of Reference defining the objective of the IAEA's assistance, how it will be implemented and its organisational arrangements were signed yesterday by the agency and the Japanese government.

Image
Tanks of treated water at the Fukushima Daiichi site (Image: Tepco)

The document was signed by IAEA Deputy Director General Lydie Evrard, who heads the agency's Department of Nuclear Safety and Security, and Ambassador Takeshi Hikihara, Japan's permanent representative to the international organisations in Vienna.

At the Fukushima Daiichi site, contaminated water is treated by the Advanced Liquid Processing System (ALPS), which removes most of the radioactive contamination, with the exception of tritium. This treated water is currently stored in tanks on-site. The total tank storage capacity amounts to about 1.37 million cubic metres and all the tanks are expected to be full around the summer of 2022.

In April, the Japanese government announced its formal decision that the treated water stored at the Fukushima Daiichi site will be discharged into the sea. The basic policy calls for the ALPS-treated water to be discharged "on the condition that full compliance with the laws and regulations is observed, and measures to minimise adverse impacts on reputation are thoroughly implemented".

After its announcement, the Japanese government requested assistance from the IAEA to review the country's plans and activities against international safety standards and also to support and be present during environmental monitoring operations there. The IAEA has said Japan's chosen disposal method is both technically feasible and in line with international practice.

"The signing of the Terms of Reference marks an important step as the document sets out the broad framework for how the IAEA will support Japan when it implements its plan to gradually release the treated water in a safe and transparent way," the IAEA said. "The agency's involvement before, during and after the water disposal will provide confidence - in Japan and beyond - that it takes place in line with the international safety standards which aim to protect people and the environment."

The IAEA said the signing of the document allows it to plan and implement a detailed programme of activities including review missions, in line with relevant IAEA safety standards and guidance. The first mission is expected to travel to Japan later this year.

Under the agreed terms, the IAEA will examine key safety elements of Japan's discharge plan, including: the radiological characterisation of the water to be discharged; safety related aspects of the water discharge process; the environmental monitoring associated with the discharge; the assessment of the radiological environmental impact related to ensuring the protection of people and environment; and, regulatory control including authorisation, inspection and review and assessment.

An IAEA Task Force will implement the assistance to Japan, which will include advice by a group of internationally recognised experts from Member States, including members from the region, under the authority of the IAEA Secretariat.

Japan intends to start releasing the treated water in about two years' time, and the entire operation could last for decades.

Tokyo Electric Power Company, operator of the Fukushima Daiichi plant, said it will "continue to move forward with suitable handling of ALPS-treated water based on the advice, etc. received during this review".

"The IAEA will play a vital role in monitoring and reviewing Japan's implementation of its plan," said IAEA Director General Rafael Mariano Grossi. "As the eyes of the international community, IAEA experts will be able to verify that the water discharge is conducted safely. This is of paramount importance to reassure people in Japan and elsewhere in the world, especially in neighbouring countries, that the water poses no threat to them."


https://www.world-nuclear-news.org/Arti ... a-water-re
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Re: Fukushima 10 ans après la catastrophe




par moinsdewatt » 21/08/21, 12:38

Suite du post au dessus.
L'eau tritiée sera rejetée en mer aprés dilution à 1500 Becquerels par litre.

IAEA safety assurance begins for Fukushima water release

20 August 2021

Details have been agreed of support that the International Atomic Energy Agency (IAEA) will give to Japan during the release of tritiated water from the Fukushima Daiichi site. IAEA's first official visit will be in September, ahead of the release of the water, which will be diluted to drinking-water quality.

Rafael Mariano Grossi, the IAEA director general, met with Hiroshi Kajiyama, the Japanese Minister of Economy, Trade and Industry yesterday. Kajiyama officially invited the IAEA to make its first visit in this area of cooperation, which Grossi said was "an important step in our preparations."

"Japan's invitation for the Agency to make its first visit on the ground at this early stage, especially during the ongoing pandemic, shows their willingness to conduct the entire operation in a safe and transparent manner," said Grossi.

At the Fukushima Daiichi site, contaminated water is treated by the Advanced Liquid Processing System (ALPS), which removes most of the radioactive contamination, with the exception of tritium. This treated water is currently stored in tanks on-site. The total tank storage capacity amounts to about 1.37 million cubic metres and all the tanks are expected to be full around the summer of 2022.

According to Japan's announced policy, the tritium will be diluted to 1500 becquerels per litre, which is one-fortieth of the concentration permitted under Japanese safety standards and one-seventh of the World Health Organisation's guideline for drinking water.

In fact, the total annual amount of tritium to be discharged will be below the operational target value for the Fukushima Daiichi plant before the accident, which was 22 trillion becquerels per year. Figures from the US Nuclear Regulatory Commission (NRC) show that this level is also typical of US nuclear power plants during normal operation. "Tritium is one of the least dangerous radionuclides because it emits very weak radiation and leaves the body relatively quickly," the NRC notes in a public document on routine radioactive releases.

Nevertheless, the high profile of the accident-struck Fukushima Daiichi site and the loss of trust surrounding its operation have made the release a highly contentious issue among local people and led to its politicisation abroad.

Grossi said: "These on-site meetings and activities will help build confidence that the discharge takes place in line with the international safety standards which aim to protect people and the environment.”

The first IAEA visit on the matter, now slated for September, will follow a scope of work agreed in July. At that time, the IAEA said that its "involvement before, during and after the water disposal will provide confidence - in Japan and beyond - that it takes place in line with the international safety standards which aim to protect people and the environment."

"As the eyes of the international community," said Grossi, "IAEA experts will be able to verify that the water discharge is conducted safely. This is of paramount importance to reassure people in Japan and elsewhere in the world, especially in neighbouring countries, that the water poses no threat to them."

The IAEA and Japan also agreed to cooperative work on human resources and the dissemination of information on nuclear energy.

https://www.world-nuclear-news.org/Arti ... ma-water-r

les 1.37 millions de m3 ca représente pour les 126 millions de Japonais une quantité de 11 litres par Japonais (avant dilution).
Soit un arrosoir bien rempli.
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