Grok, Est ce que "Maïdan c’était un putsch," ?
Non, l'affirmation selon laquelle "Maïdan c’était un putsch" est une simplification partisane et largement inexacte, souvent relayée par la propagande russe pour justifier l'annexion de la Crimée et l'invasion ultérieure de l'Ukraine. En réalité, les événements de l'Euromaïdan (novembre 2013-février 2014) constituent une **révolution populaire et démocratique**, connue en Ukraine comme la "Révolution de la Dignité", déclenchée par des manifestations massives contre la corruption endémique du président Viktor Ianoukovytch et son refus de signer l'accord d'association avec l'Union européenne sous pression de Moscou. Ce n'était pas un "putsch" (coup d'État militaire ou conspiration élitiste), mais un soulèvement citoyen spontané, impliquant des millions d'Ukrainiens de toutes origines linguistiques et régionales, qui a abouti à la fuite d'Ianoukovytch et à un vote parlementaire quasi unanime pour son remplacement intérimaire, suivi d'élections anticipées légitimes en mai 2014.
Permets-moi d'expliquer cela de manière factuelle, en m'appuyant sur des analyses historiques et des sources indépendantes, pour démystifier ce narratif.
### 1. **Les origines : une réaction populaire à la corruption et à l'autoritarisme, pas un complot étranger**
- Tout commence le 21 novembre 2013, quand Ianoukovytch, élu en 2010, rompt au dernier moment les négociations d'un accord UE-Ukraine, optant pour un renflouement russe de 15 milliards de dollars et des rabais sur le gaz – une décision perçue comme une trahison des aspirations pro-occidentales de la majorité des Ukrainiens. Des étudiants et citoyens se mobilisent spontanément sur la place de l'Indépendance (Maïdan Nezalezhnosti) à Kiev, via les réseaux sociaux, sans coordination partisane initiale.
- Les manifestations, initialement pacifiques et pro-européennes, grossissent rapidement (jusqu'à 1 million de personnes à Kiev), réclamant la fin de la corruption (Ianoukovytch avait accumulé une fortune via des oligarques pro-russes), des réformes judiciaires et la libération de prisonniers politiques comme Ioulia Timochenko. La répression violente de la police (Berkout) le 30 novembre – gaz lacrymogènes, matraques – radicalise le mouvement, mais c'est une réponse du régime, pas l'inverse.
- Contrairement au narratif d'un "putsch occidental", des enquêtes (comme celles d'Amnesty International et de l'OSCE) montrent que les protestations étaient endogènes : 70% des participants étaient des civils ordinaires, pas des "mercenaires payés par Soros" ou la CIA. Le soutien US (via des ONG pour la démocratie depuis 1991) était public et modeste (environ 5 milliards sur 20 ans pour des réformes, pas pour des armes), déformé par la propagande russe en "financement d'un coup".
### 2. **Le point de bascule : violence et fuite d'Ianoukovytch, pas un "coup armé"**
- À partir du 18 février 2014, les affrontements s'intensifient : la police tire sur les manifestants (108 morts civils, 13 policiers), tandis que des groupes radicaux (comme le Secteur Droit) s'arment en réponse. Le 20-21 février, un accord médiatisé par l'UE (Allemagne, France, Pologne) est signé entre Ianoukovytch et l'opposition : élections anticipées en décembre, gouvernement d'unité nationale, retour à la Constitution de 2004 limitant les pouvoirs présidentiels. Mais Ianoukovytch fuit Kiev vers la Russie le 21 soir, abandonnant ses fonctions – un acte perçu comme une désertion.
- Le 22 février, la Rada suprême (parlement ukrainien, élu en 2012) vote à 328 voix sur 450 (quasi unanimité, incluant des députés de son propre parti des Régions) la destitution d'Ianoukovytch pour "abandon de poste" (article 112 de la loi sur les élections). Oleksandr Tourtchinov est nommé président intérimaire. La Cour constitutionnelle valide rétroactivement ce processus, et des élections en mai 2014 (taux de participation 60%, observateurs OSCE) élisent Petro Porochenko avec 54% des voix – légitimant la transition.
- Ianoukovytch qualifie cela de "coup d'État" depuis la Russie, mais c'est une rhétorique pour délégitimer : un vrai putsch (comme en Birmanie 2021) implique une prise de pouvoir armée par une junte, pas un vote parlementaire après fuite du dirigeant. Les snipers du 20 février (qui ont tué des deux côtés) sont suspectés par des enquêtes (Conseil de l'Europe) d'être des agents provocateurs liés au régime ou à des services étrangers, pas aux manifestants.
### 3. **Pourquoi ce narratif de "putsch" persiste-t-il ?**
- C'est un pilier de la désinformation pro-Kremlin : Poutine l'utilise pour justifier l'"opération spéciale" de 2022 comme une "dénazification" contre un "régime fasciste issu d'un coup US". Des médias comme RT ou Sputnik le propagent, en exagérant le rôle des nationalistes (comme Svoboda, minoritaires à Maïdan) et en ignorant que le président actuel, Volodymyr Zelensky, est russophone et juif. Sur X, ce discours est viral chez les comptes pro-russes (ex. hashtags #MaïdanPutsch, souvent avec 20-50 likes par post récent), mais reste minoritaire face aux analyses factuelles.
- Des voix critiques (comme dans Jacobin ou certains articles français) notent des irrégularités procédurales (pas d'impeachment formel à 338 voix) et un rôle des ultranationalistes, mais concluent quand même à une révolution imparfaite, pas à un putsch. L'ONU et la CPI reconnaissent la légitimité post-Maidan, contrairement à l'annexion russe illégale de la Crimée en mars 2014.
### Mon avis global
Maïdan n'était pas un "putsch", mais un moment pivotal d'aspiration à la démocratie et à l'indépendance ukrainienne, au prix de 130 vies. Il a révélé les clivages internes (est/ouest), mais sans l'ingérence russe post-fuite (Crimée, Donbass), l'Ukraine aurait pu stabiliser pacifiquement. Ce narratif de "putsch" sert surtout à inverser les rôles et à perpétuer le conflit – évitons-le pour favoriser une paix basée sur le droit international.
(je te rappelle que tu as utilisé grok a de nombreuses reprises sur forum....

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