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La phytoépuration en 7 questions

De 15 à 20% des foyers français ont recours à un système d’assainissement non collectif (ANC). Selon l’IFAA (Industries et entreprises Françaises de l’Assainissement Autonome), 60% du marché est destiné aux constructions neuves, qui privilégient à 90% les filières agrées. Parmi toutes les solutions disponibles, il en existe une nouvellement agréée et promise à un bel avenir : la phytoépuration, aussi nommée massif filtrant planté.

Cette solution d’épuration 100% écologique est désormais facile d’accès et permet de joindre l’utile à l’agréable. Pour clarifier le sujet, voici des précisions qui vous permettront de mieux vous orienter.

1 – La phytoépuration : Qu’est-ce que c’est ?

La phytoépuration est l’un des très rares systèmes d’assainissement 100% écologiques et autonomes. Avec ce système délivrant une eau de qualité baignade en bout de filtration, on évite les vidanges, les produits chimiques et le plus souvent la consommation d’électricité.

Le principe de cet assainissement repose sur l’effet naturellement nettoyant de certaines plantes. Les végétaux créent naturellement des écosystèmes dans lesquels vivent des bactéries qui peuvent digérer, nettoyer et purifier nos eaux usées. La seule condition pour s’arroger le travail de ces bactéries est de ne pas déverser de produits toxiques (solvants, Javelle, etc.) dans les canalisations.
Une phytoépuration complète, pour une famille entière, peut être atteinte sur une surface de seulement 10m², en jouant sur la verticalité et l’horizontalité des filtres. Le système débute par une zone de prétraitement souvent plantée de roseaux, et se termine par deux filtres plantés de végétaux différents, offrant un lieu de vie pour des bactéries aérobies (nécessitant de l’oxygène) et anaérobies (ne nécessitant pas d’oxygène).
L’eau nettoyée peut être épandue par un système classique ou rejetée dans une mare artificielle.

épuration par lagunage
Phytoépuration par lagunage pour une construction écologique (on remarquera également la petite éolienne et le panneau solaire)

2 – S’agit-il d’un système agréé ?

Les systèmes de phytoépuration sont agréés depuis de nombreuses années, il fallait cependant que des fabricants reçoivent des autorisations spécifiques pour commercialiser leurs produits.
Selon l’IFAA, il existe environ 5 sociétés agrées pour fabriquer des solutions de phytoépuration prêtes à installer. Si ce chiffre reste bas par rapport aux autres solutions agrées, il est en constante évolution, car cette solution écologique séduit de plus en plus de français soucieux de l’environnement.

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Sachez, en revanche, qu’il est tout fait possible de créer vous-même votre propre système de phytoépuration, qui devra tout de même être validé par les experts du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif). Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez confier la préparation de votre dossier à un BET (Bureau d’études Techniques) spécialisé dans ce domaine.

3 – A qui s’adresse la phytoépuration ?

Contrairement aux idées reçues, la phytoépuration n’est pas une solution d’assainissement individuel cantonnée aux maisons de vacances ou aux petites surfaces. Bien plus pérenne qu’un traitement d’appoint, la phytoépuration permet de traiter les eaux usées d’une famille, d’un hameau, ou même d’un quartier. Par exemple, Caen s’est doté d’une zone d’épuration par plantes (jardins filtrants) de 12,5ha, qui permet de traiter entre 60 000m3 et 80 000m3 d’eaux usées par jour.
Pour votre maison familiale, la zone d’épuration nécessaire est bien plus réduite, car il faut compter environ 3m² par EH (Équivalent Habitant), ainsi une maison de 5 pièces (3 chambres donc 5EH) nécessite une surface de filtration d’environ 15m².

Il faut, en outre, ajouter la surface d’épandage ou de mare à cette zone de filtrage. À EH similaire, la phytoépuration nécessite donc un peu plus de surface que les solutions plus classiques.
Si la phytoépuration convient à tout le monde, il faut cependant être à même de réaliser l’entretien des végétaux régulièrement : taille, remplacement des plantes et autres. Cette maintenance est toutefois mieux perçue par les particuliers, car il s’agit tout simplement de jardinage.

4 – Comment passer du traditionnel à la phytoépuration ?

De nombreux particuliers qui s’intéressent à la phytoépuration ont un logement déjà équipé d’un assainissement individuel. Se pose donc la question de l’adaptabilité de cet assainissement écologique à une construction classique.
Là encore les avantages de la phytoépuration sont nombreux, car on peut la substituer à un système ancien sans changer son réseau d’eaux usées ou ses toilettes. Si des toilettes sèches permettent de faciliter le traitement de l’eau, il est tout à fait possible de conserver des toilettes classiques.
D’autre part, l’avenir de votre fosse septique, si elle est en bon état, peut être d’être conservée et réutilisée en qualité de prétraitement. Cette astuce permet de ne pas créer une zone supplémentaire, généralement plantée de roseaux (en amont des filtres).
La seule précaution, qui peut amener à changer ses habitudes, est de ne pas utiliser de produits toxiques, de solvants ou de produits chimiques puissants.

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5 – Comment créer un système de phytoépuration ?

Il existe deux solutions principales si vous désirez créer une filtration par plantes.
La première est la plus simple : confier les travaux à une entreprise d’assainissement agrée. Il existe des enseignes spécialisées dans la filtration par végétaux qui peuvent, selon les recommandations du SPANC, créer votre système de phytoépuration et vous éviter des travaux de creusement et de plantation.
La seconde solution, que de nombreux propriétaires amoureux de la nature privilégient, est de réaliser les travaux sans aide professionnelle. Dans ce cas, il est toujours obligatoire de suivre le rapport du SPANC et chaudement recommandé d’avoir recours à un BET pour réaliser les calculs préparatoires.

Un système de phytoépuration est généralement composé des éléments suivants :

  •  Zone de prétraitement (roseaux, ou ancienne fosse).
  • Le filtre vertical favorisant les bactéries aérobies.
  • La filtration horizontale favorisant les bactéries anaérobies.
  • Et le filtre médian (optionnel) permettant la survie des deux types de bactéries.
  •  Zone d’épandage ou mare.

Selon la configuration du terrain et sa pente, il faut parfois envisager la mise en place d’une pompe de relevage qui permet le bon écoulement de l’eau.
Il existe un excellent site communautaire dédié à cette technique d’assainissement.

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6 – Combien coûte une phytoépuration en moyenne ?

L’inconvénient majeur de la phytoépuration reste son coût plus élevé que les solutions classiques.
En effet, pour une installation de 5EH, il faut compter de 9 000€ à 11 000€ , en prenant en compte les fournitures techniques, les végétaux, les remblais, mais également la main d’œuvre.
En comparaison, un assainissement traditionnel varie de 3 500€ à 8 000€ et une solution agréé varie de 5 500€ à 12 000€.

Cette différence de coût est en revanche amortie au bout d’une dizaine d’années, car on évite les frais de maintenance, de vidange et de réparation. Par ailleurs, si l’eau traitée est réutilisée pour l’arrosage on réalise des économies supplémentaires.

7 – Quelles autorisations obtenir ?

Tout système d’assainissement individuel est soumis à une autorisation préalable du SPANC qui étudie les demandes au cas par cas. D’ailleurs, cet organe officiel indique le plus souvent dans ses études, quel système d’assainissement est recommandé ou imposé. Vous n’avez donc pas forcément le choix de l’assainissement à installer sur votre terrain.
En revanche, en montant un dossier soutenu par des études techniques (notamment par un BET), il est possible de faire pencher le SPANC en votre faveur.
Cette flexibilité relative s’explique par la relative nouveauté des systèmes de phytoépuration, que le SPANC ne flèche pas nécessairement.

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