Le revenu de base ou revenu universel: fonctionnement, débat

Débats philosophiques et de sociétés.
Ahmed
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Message non lupar Ahmed » 07/07/13, 09:33

Ça a été longtemps le rêve des radicaux-socialistes de la troisième république...
Aujourd’hui, le statut d'auto-entrepreneur est prisé des gouvernements qui y voient un moyen bon marché de réduire (un peu) le chômage qui leur empoisonne la vie...

Cette formule permet en effet de supprimer l'antagonisme patron-ouvrier en faisant de chacun l'exploiteur de soi-même! :lol:
Autrement dit, cet antagonisme se perpétue sous une forme voilée et ingérable!
L'avantage que j'y voie, est que cela permettra peut-être de sortir du schéma manichéen du "méchant patron" qui profite de "la résignation ouvrière" pour mettre en lumière le caractère oppressif de la seule économie, qui dicte au premier sa "méchanceté" et aux seconds leur "résignation".
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Philippe Schutt
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Message non lupar Philippe Schutt » 07/07/13, 11:22

Et l'effet secondaire, dans un monde où l'offre de travail est de loin supérieur la la demande sera de faire baisser considérablement et rapidement la valeur dudit travail, entrainant une forte déflation qu'il faudrait alors répercuter sur le RU ou la masquer par l'inflation. Dans les 2 cas, un appauvrissement massif qui remettra les matières premières à leur juste valeur.
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Obamot
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Message non lupar Obamot » 07/07/13, 12:33

Là il y a un hic...!

Indépendamment de nos concepts socio-économico-psychologiques humains. La concurrence existe bel et bien dans la nature (n'en déplaise aux précurseurs de l'idéal socialisme et à quelques autres) et très probablement le «besoin de contrainte» aussi (ne serait-ce que eu égard vieillissement et au renouvellement des générations...).

Cette asynchronicité est d'ailleurs l'un des points faibles du RU, et qui pose réellement le problème de l'équitté! C'est pas le moindre de ses paradoxes! De part la nature humaine, il est fort à craindre en effet, que l'on transforme les chômeurs en rentiers plutôt qu'en «chefs d'entreprises». D'ailleurs — à titre d'exemple — pour ces derniers, combien en auraient la capacité au vu du grand nombre de tous ceux qui seraient plutôt enclins à faire la grasse matinée, voire qui n'en auraient pas la capacité... Et alors? On introduirait ainsi le «droit à l'erreur» alors que le chef d'entreprise, lui, tendrait (entendez est/serait contraint) à aller vers le «zéro défaut»? Où serait le «juge de paix» entre les deux situations...?

Bref, tout le problème du RU réside dans sa mise en application, qui devrait prendre plusieurs génération avant que ne change les mentalités, alors même que l'on serait tenté d'exiger un changement rapide, que les ouvriers switchent d'un coup, d'un seul: du mode [contraint] vers le mode [responsabilisé] par le simple effet de la baguette magique! Changer de mentalité et encore, mais pour aller vers quoi au juste...?

Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien tenter.
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Message non lupar Ahmed » 07/07/13, 13:30

La valeur du travail incluse dans chaque produit baisse constamment et depuis longtemps. Une forte déflation aura des effets également sur le cours des matières premières.
Pour que ces dernières se valorisent, il faudrait que se poursuive le schéma antérieur (raréfaction dans un contexte demandeur) ou bien, ce qui semblerait plus probable, que l'on s'oriente nettement vers une économie de rente (oligarchie monopolisant les ressources).

@ Obamot: il est effectivement aussi absurde de vouloir diminuer les inégalités sociales que la destruction de la nature, tant que l'on reste dans un système qui ne fonctionne qu'à ces deux conditions.
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Message non lupar Philippe Schutt » 07/07/13, 18:22

Dans un contexte d'augmentation de la population mondiale et du niveau de vie des régions défavorisées, la rareté des matières premières est inéluctable indépendamment du RU. L'oligarchie dont tu parles risque tout simplement d'être composée des pays producteurs, comme le montrent les tensions sur le gaz russe et les terres rares chinoises. Ainsi nous risquons fort de subir les 2 ...

Hélas, le tous patrons reste une vue de l'esprit, la possession de l'outil de travail étant hors de portée de la plupart.
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Message non lupar Obamot » 07/07/13, 20:55

Ah quand même !

En définitive, mon petit doigt me dit que nous allons droit dans le mur.

Puisque la situation actuelle plombe toute initiative de réforme du système: quelques pourcents de dérive des variables d'ajustement et c'est la crise mondiale pour longtemps!

Ainsi on voit bien qu'à lui seul, le RU ne suffirait point. Et que finalement c'est une rustine sur la baudruche entrain de se dégonfler, pour éviter et tenter circonscrire l'agitation sociale naissante dans l'œuf. Le "pain et les jeux" de la Rome antique serait de retour?

Quand on voit à quel immobilisme se sont réduites les "audaces" d'un "socialiste" tel que Pascal Lamy à la tête de l'OMC (bilan de fin de règne). Le peu d'intérêt pour le vote vert aux élections. Il y a de quoi être inquiet pour l'avenir.

Pour nous sortir du pétrin, va falloir changer les canons de l'économie (et donc de l'autonomie). Mais par quoi? La taxe sur le carbonne ayant échoué, le monde étant à la recherche d'une nouvelle devise de référence: je propose d'introduire progressivement une «monnaie verte», et qui permettrait des échanges respectueux de l'environnement (reste à en définir le cahier des charges par un nouvel organisme à créer? Et qui prendrait en compte le VRAI coût du renouvellement des matières premières dans le cycle naturel). Tout le reste serait à considérer comme de l'argent "sale". Et là on pourrait enfin laisser le consommateur choisir entre marchandises à obsolescence programmée ou produit durable. Entre aller dans le mur ou *sauver la planète, il me semble que le choix serait vite fait.


* je dis ça de façon présomptueuse, car la planète n'a pas besoin de l'homme pour la sauver!
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Message non lupar Ahmed » 07/07/13, 21:25

Si, comme tu le proposes, Obamot, le poids des externalités payées par la collectivité était répercuté directement sur le produit, nul doute que le prix final serait hors de portée du consommateur moyen et que le choix serait vite fait...
La coexistence de produits "vertueux" et de produits classiques ne peut que profiter majoritairement à ces derniers.

Ce n'est pas une simple astuce technique qui pourra changer profondément la donne.
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Message non lupar Philippe Schutt » 07/07/13, 23:18

Comme souvent cette pilule de RU regroupe de nombreux principes actifs? que l'on voudrait nous faire avaler d'un même mouvement de glotte. En particulier, l'éviction des banquiers et une limitation des inégalités voire une redistribution plus importante.
il est important de faire la part des choses et ne pas se laisser embarquer dans des délires dogmatiques, et pour cela avancer pas à pas.
Ainsi:
- remplacer toutes les aides et allocations par un Revenu Universel Unique de valeur globalement similaire est de prime abord tout à fait louable de par la simplification qu'on peut en espérer (à condition de rester dans la simplicité).
- En augmenter le montant pour que ce soit véritablement un revenu vivable pose la question du financement. Je ne suis pas convaincu qu'évincer les banques soit la solution pour 2 raisons: pour survivre, les états devront court-circuiter les banques pour leur financement ce qui fera déjà un lourd manque à gagner; les banques font une sélection dans l'octroi des prêts (création monétaire), limitant ainsi les investissement en pure perte, donc optimisent dans une certaine mesure l'effet de la distribution monétaire.
-limiter des inégalités et redistribuer des richesses: niveler n'a jamais apporté de richesse, ni à l'état ni aux démunis, bien au contraire. Manifestement le français moyen reste englué dans une vision socialiste utopique qui a peut-être bonne allure dans les débats ou sur le papier, mais qui a démontré ne pas être en adéquation avec les aspirations de la masse, à savoir consommer un max et se payer un max de bon temps tant que c'est possible.
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Message non lupar Ahmed » 08/07/13, 18:57

Les délires dogmatiques, nous sommes depuis longtemps en plein dedans et nous en voyons de plus en plus clairement les impasses et l'impossibilité manifeste pour tous de "consommer un max et se payer un max de bon temps".
Pour autant, n'importe quel élucubration ne suffira pas à sortir du bourbier.
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Message non lupar Christophe » 17/07/13, 21:06

Arte s'en mêle: http://future.arte.tv/fr/sujet/le-reven ... r-meilleur

Götz Werner et Michel Husson donnent une définition du revenu de base.

Götz Werner est le fondateur de l'entreprise allemande dm (Drogerie Markt). Michel Husson travaille à l'IRES (Institut de recherches économiques et sociales) et est considéré comme un militant altermondialiste.


Götz Werner et Michel Husson expliquent comment on peut financer le revenu de base et quels sont les enjeux derrière ce financement.

Götz Werner souligne la nécessité de l'inconditionnalité du revenu afin de permettre à chacun de s'épanouir comme il le souhaite. Michel Husson défend quant à lui le principe de la gratuité.

L'idée d'un revenu de base semble bien loin des préoccupations politiques actuelles. Serait-il facile à mettre en place ?
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