La société capitaliste et productiviste a fondé tous ses outils et ses modèles économiques sur la seule croissance infinie de la richesse. Cette erreur fondamentale, point de départ de toutes les théories économiques de notre société est démontrée aujourd’hui par plusieurs faits indiscutables : d’une part une richesse infinie dans un monde fini est impossible, d’autre part, la sur-monétisation de nos échanges mène notre société vers des déséquilibres économiques et écologiques. En ce sens qu’il ne suffit pas de détenir un moyen d’échange pour décréter pouvoir échanger quelque chose qui n’existe pas.
Eclairés par les dérives d’une économie mondialisée et de moins en moins maîtrisable, notre nouvelle vision du monde exige de redéfinir les contours de nos moyens d’échanges. En ré-affirmant avant toute autre chose, que la monnaie, l’argent, est un moyen d’échange et non une fin en soi.
Il s’agit donc ici de penser et d’inventer un nouveau modèle économique qui intègrerait la finitude du monde et donc de nos ressources tout en favorisant l’équilibre et l’équité social ne notre société. Ce nouveau modèle économique fonde ses bases sur une limitation des richesses matérielles et de ce fait sur une quantité limitée du moyen d’ échange de ces biens matériels.
En effet, une fois actée la finitude du monde dans lequel s’inscrit notre système d’échange, il suffit, pour mieux définir ce nouveau modèle, d’une simple transposition dans tout autre système physique nous obligeant à penser en circuit fermé et non plus, comme c’est le cas aujourd’hui, dans une économie constamment en croissance.
Ce modèle économique induit, de ce fait, une redéfinition des contours des différentes sphères d’échanges. La co-existence au sein d’une même sphère d’échange de bien matériels finis et de valeurs immatérielles infinies comme les droits d’auteurs, les oeuvres d’art ou même la simple connaissance (création de richesses infinie) sont autant de déséquilibres économiques que de dérives écologiques possibles. En envisageant une séparation entre les échanges matériels et les échanges immatériels, le nouveau modèle économique permet une meilleure appréciation de la limitation de nos ressources et remet à sa place la valeur immatérielle qui, le plus souvent, pourra s’échanger gratuitement (Wikipédia, logiciel libre...). Ces valeurs immatérielles restant indispensable à notre évolution, la seule croissance encore possible pour nous etant celle qui ne nuit pas à notre environnement à savoir, la conscience, la connaissance.
Ce nouveau modèle économique affirme la limitation de la richesse individuelle et inscrit la richesse globale dans une limitation liée aux ressources matérielles. La limitation individuelle permettant une meilleure circulation et une meilleure répartition des richesses sans déséquilibre de valeur au sein de la richesse globale.
Enfin, ce modèle économique affirme qu’une société épanouie et entièrement apaisée base ses échanges sur le don plus que sur l’échange monétisé. Ainsi, il affirme que la quantité de monnaie est inversement proportionnelle à l’équilibre social et écologique de nos échanges. Sans prétendre à une société sans monnaie, il affirme, qu’à satisfaction équivalente, il est indispensable de faire décroître la quantité de monnaie au sein de nos échanges.
Bien sûr, ce nouveau modèle économique ne peut s’inscrire que dans une nouvelle définition du travail et de sa finalité au sein de notre société. Le travail, comme seule base de création de richesse reste incompatible avec la finitude de nos ressources. Si aujourd’hui, seul le travail nous donne le droit d’échanger il est aussi démontré que notre travail est aussi la source d’épuisement de nos ressources.
Ainsi, paradoxalement, si le REVENU DE BASE ne limite pas la richesse individuelle mais en défini plutot un seuil minimum inconditionnel, il pourrait cependant créer ce qu'il manque au sein du système d'échange actuel : le droit universel et inconditionnel à échanger. Inscrit dans ce nouveau modèle économique, il serait la clé pour sortir de l'association qui est faite entre le travail et le revenu. Une première étape vers un nouveau paradigme économique.
A suivre
Le revenu de base ou revenu universel: fonctionnement, débat
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
Par Médiapart: http://blogs.mediapart.fr/edition/reven ... ciation-en
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
Document de 8 pages en .pdf : le revenu de base par Initiative Citoyenne Européenne
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
En 1968, sous l'impulsion de Henri Huot, adjoint aux affaires sociales, la ville de Besançon a mis en place pour la première fois en France un "revenu social garanti, véritable ancêtre du Revenu Minimum d'Insertion. L'économiste Baptiste Mylondo citait en exemple cette expérience à Lyon le 25 janvier 2013 pour montrer que les flux migratoires sont faiblement corrélés aux systèmes de protection sociales en place localement.
http://www.youtube.com/watch?v=FwuFIDP8pKE
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
Et un article de l'express: http://www.lexpress.fr/actualite/le-rev ... 15454.html (après c'est fini pour ce soir)
Extrait:
Extrait:
Le revenu de base est une mesure libérale
Le revenu de base est libéral en ce qu'il permet de simplifier notre système de redistribution et de le rendre plus lisible et plus juste. Pris dans son ensemble, le système actuel de redistribution en France
• est extrêmement complexe, onéreux à gérer, et peu flexible,
• est assez faiblement progressif, et l'est principalement grâce au volet prestations, et, dans une moindre mesure, aux tranches supérieures de l'impôt sur le revenu,
• est inefficace, dans la mesure où il crée des taux marginaux extrêmement élevés, à la fois au sommet et à la base de la pyramide des revenus,
• est fortement biaisé à l'encontre des revenus du travail par rapport à ceux de l'épargne
En outre, le système actuel crée une "trappe à pauvreté " : en conditionnant certaines prestations à un seuil de revenu, on rend parfois le retour à l'activité irrationnel en terme de gains. Les individus ont alors intérêt à se détourner de l'activité, processus qui bloque ces personnes dans la pauvreté récurrente et l'inactivité. Le revenu de base élimine cet écueil, et chaque heure de travail supplémentaire génère vraiment un revenu supplémentaire.
Enfin, en réduisant l'incertitude sur les revenus futurs, le revenu de base joue comme un filet de sécurité favorisant la prise de risque individuelle, l'entreprenariat, et le lancement dans des projets potentiellement non-rentables à court terme.
Le revenu de base est une mesure humaniste
Un des arguments forts en faveur du revenu de base est qu'il remet l'humain au centre de la société. Il reconnait que la contribution d'un individu à la richesse nationale ne se mesure pas à son revenu ou à sa capacité à produire du PIB. Il restaure la place de l'économie au service de l'homme, et non plus l'inverse. Le revenu de base a pour but de garantir le respect et la dignité des citoyens, ainsi que de développer leur autonomie. Le revenu de base permet des parcours de vie choisis par l'individu et, éventuellement, en dehors de la sphère conventionnelle de l'emploi rémunéré. Il permet à ceux qui souhaitent travailler, soit parce qu'ils aiment leur travail, soit parce qu'ils souhaitent des revenus plus importants , de le faire. Mais il permet aussi à ceux qui préfèrent contribuer à la société autrement de le faire aussi, par le biais d'activités bénévoles, ou par le simple fait de s'occuper de leur famille, puisqu'une partie de leur revenu est déjà assurée.
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
Non c'était pas fini, encore une vidéo: http://vimeo.com/55672228
Un revenu garanti pour tous, la voilà la solution à toutes nos questions concernant le travail. Un salaire assuré pour chacun, sans condition, changerait en effet la donne sur le marché du travail.
Mais avant d'en arriver là, il reste bien du boulot. Notamment pour faire grandir l'idée que ce concept n'a rien d'utopique.
Et comment le financer ? Comment mettre d'accord les défenseurs d'un revenu de base qui pourrait aussi bien être une mesure d'ultra néolibéralisme ou d'extrême gauche suivant les modalités d'application ? Faut-il une allocation universelle inconditionnelle ou un salaire socialisé payé la Sécu ?
Autant de questions qui restent sans réponse.
Mais ce débat ne mérite-t-il pas d'être ouvert à davantage de citoyens ?
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
- Obamot
- Econologue expert

- Messages : 34317
- Inscription : 22/08/09, 22:38
- Localisation : regio genevesis
- x 7743
Bon puisque personne réagit, je sors mon grain de SEL ... (
)
Bernardd est fortement convaincu que le financement du "revenu universel" serait très facilement réalisable en supprimant (partiellement ou complètement) la régale de la création monétaire qui tombe dans la poche des banquiers, ce qui du coup les remettraient à leur juste place dans le bal de l'économie... Et donc les rendraient moins puissantes (le "too big to fail")
Puisque la quote part correspondrait à un peu plus de 1000€ par mois et par habitant (ce qui est déjà une bonne part dudit revenu)
C'est pour rebondir sur le texte que tu mets en citation ici:
https://www.econologie.com/forums/post249778.html#249778
...et qui suggère un lien entre la monnaie et ledit revenu. ;)
Bernardd est fortement convaincu que le financement du "revenu universel" serait très facilement réalisable en supprimant (partiellement ou complètement) la régale de la création monétaire qui tombe dans la poche des banquiers, ce qui du coup les remettraient à leur juste place dans le bal de l'économie... Et donc les rendraient moins puissantes (le "too big to fail")
Puisque la quote part correspondrait à un peu plus de 1000€ par mois et par habitant (ce qui est déjà une bonne part dudit revenu)
C'est pour rebondir sur le texte que tu mets en citation ici:
https://www.econologie.com/forums/post249778.html#249778
...et qui suggère un lien entre la monnaie et ledit revenu. ;)
0 x
>>>___ — "Le prix de la liberté est la vigilance éternelle"! [Thomas Jefferson] ___>>>______________________________
-
Christophe
- Modérateur

- Messages : 82093
- Inscription : 10/02/03, 14:06
- Localisation : Planète Serre
- x 12709
3 minutes d'explication par une élue locale Corinne Morel Darleux : https://www.youtube.com/watch?feature=p ... KUYuj_elGs
0 x
Faire une recherche - Aider - Tipeeez ! - Publier un article - Netiquette
-
Ahmed
- Econologue expert

- Messages : 13265
- Inscription : 25/02/08, 18:54
- Localisation : Bourgogne
- x 3942
A l'objection qui m'est faite que le revenu universel n'est guère différent, sur le fond, des différentes mesures de redistribution existantes (et qui sont menacées), je suis assez d'accord, cependant une généralisation aurait une ampleur et donc des conséquences bien plus importantes.
L'avant dernier texte cité par Christophe déclare:
On inverse allégrement les choses: le droit à l'échange universel et inconditionnel ne signifie rien dans le contexte actuel, il viendrait s'inscrire dans un processus qui le nie catégoriquement...
Il serait d'abord indispensable que l'économie puisse être au service des besoins des gens, (ce qui me semble contradictoire avec l'idée même d'économie!) car développer des initiatives qui se contentent de le postuler n'auraient aucune action d'entraînement.
Cette idée généreuse repose sur un gigantesque malentendu du rôle de l'argent, de la réalité de l'économie et enfin, de l'impasse structurelle dans laquelle nous sommes.
L'avant dernier texte cité par Christophe déclare:
... il pourrait (le revenu universel) cependant créer ce qu'il manque au sein du système d'échange actuel: le droit universel et inconditionnel à échanger.
On inverse allégrement les choses: le droit à l'échange universel et inconditionnel ne signifie rien dans le contexte actuel, il viendrait s'inscrire dans un processus qui le nie catégoriquement...
Il serait d'abord indispensable que l'économie puisse être au service des besoins des gens, (ce qui me semble contradictoire avec l'idée même d'économie!) car développer des initiatives qui se contentent de le postuler n'auraient aucune action d'entraînement.
Cette idée généreuse repose sur un gigantesque malentendu du rôle de l'argent, de la réalité de l'économie et enfin, de l'impasse structurelle dans laquelle nous sommes.
0 x
"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."
Christophe a écrit :3 minutes d'explication par une élue locale Corinne Morel Darleux : https://www.youtube.com/watch?feature=p ... KUYuj_elGs
Le lien renvoie cela:
Problème ou censure...????
0 x
La Raison c'est la folie du plus fort. La raison du moins fort c'est de la folie.
[Eugène Ionesco]
https://www.editions-harmattan.fr/catal ... ssee/69729
[Eugène Ionesco]
https://www.editions-harmattan.fr/catal ... ssee/69729
-
Ahmed
- Econologue expert

- Messages : 13265
- Inscription : 25/02/08, 18:54
- Localisation : Bourgogne
- x 3942
Un autre danger, qui découle de mes propos antérieurs, est que se focaliser sur une valeur nominale censée régler les problèmes basiques de l'existence est un leurre dangereux, car rien ne garantit que le montant alloué permettra d'y pourvoir.
Des droits positifs seraient bien préférables pour atteindre ce but: accès au logement, à la nourriture et aux soins de base: pour reprendre les termes du texte déjà cité, on pourrait le reformuler ainsi:
Ce serait affirmer la primauté de la personne sur celle du consommateur-échangiste.
Des droits positifs seraient bien préférables pour atteindre ce but: accès au logement, à la nourriture et aux soins de base: pour reprendre les termes du texte déjà cité, on pourrait le reformuler ainsi:
...les droits positifs pourraient cependant créer ce qu'il manque au sein du système d'échange actuel: le droit universel et inconditionnel à vivre.
Ce serait affirmer la primauté de la personne sur celle du consommateur-échangiste.
0 x
"Ne croyez surtout pas ce que je vous dis."
-
- Sujets similaires
- Réponses
- Vues
- Dernier message
-
- 1 Réponses
- 3643 Vues
-
Dernier message par Christophe
Consulter le dernier message
07/01/19, 15:09Un sujet posté dans le forum : Société et philosophie
-
- 0 Réponses
- 4156 Vues
-
Dernier message par Christophe
Consulter le dernier message
22/10/15, 10:55Un sujet posté dans le forum : Société et philosophie
Revenir vers « Société et philosophie »
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 8 invités
