Société et philosophieArmand Tardella système d'échanges local

Débats philosophiques et de sociétés.
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Armand Tardella système d'échanges local

Message non lupar Flytox » 13/03/14, 21:53

http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/de ... 13116.html

Armand Tardella a monté, en 1995, un système d'échanges local avec une centaine de personnes. Il cherche aujourd'hui à créer le même type de structure avec 100.000 adhérents.
Hubert Besson

Si Armand Tardella n'existait pas, il faudrait l'inventer. Installé à Merry-la-Vallée, un bourg situé entre Toucy et Aillant-sur-Tholon, ce fils d'immigré italien est un physicien de haut vol, diplômé de l'École Normale Supérieure. Il a dirigé un laboratoire de recherches jusqu'en 1988 avant de créer une entreprise de conseils, destinée à la maîtrise des risques technologiques.
De la recherche pour rendre
les gens heureux

Employé par EDF puis Thomson, il a toujours pensé « faire de la recherche pour rendre les gens heureux ».

« Je croyais que les progrès technologiques allaient améliorer l'existence des individus, se souvient-il. J'ai compris au bout d'un certain temps que ce n'était pas si simple. Et qu'il valait mieux essayer de régler les problèmes humains et non ceux liés à la technologie. » Le scientifique se lance alors dans la lecture de l'oeuvre de Keynes, un économiste britannique de renommée mondiale, qui avait théorisé la notion de relance par la consommation.

Armand Tardella conclut que cette relance avait fonctionné dans un système fermé, c'est-à-dire dans une économie nationale, et qu'il fallait tenter d'aller plus loin. Une problématique de physicien sur laquelle Armand Tardella décide de se pencher.
Des adhérents
en région parisienne

Et Eurêka, il trouve ! Il suffit de créer une monnaie locale, interne au groupe qui l'adopte, qui évite le troc et assouplit les échanges. La monnaie devient un échange de dettes et de créances. Ce système alternatif est lancé en 1995 à Saint-Quentin-les-Yvelines, là où habite Armand Tardella. Si un cours d'anglais vaut 50, une douzaine d'oeufs se paye 20 et un repas au resto 120. C'est une association qui tient les comptes et peut relancer l'économie locale à partir du moment où elle taxe le capital. Elle compte une centaine d'adhérents.

« L'un des objectifs consistait à rétablir la primauté du politique sur l'économique », explique Armand Tardella. À l'époque, une quinzaine de SEL (système d'échanges local) ont vu le jour. Celui fondé par Armand Tardella fonctionne toujours.

Aujourd'hui, le physicien veut passer à la vitesse supérieure, en créant une société qui aurait 100.000 adhérents, ce qui existe aujourd'hui en Suisse. Mais pour ce faire, il faut préparer un business plan, dont le coût avoisinerait 300.000 ? n

Pratique. Armand Tardella. Tel : 06.81.16.69.86.

Blog : http :\\ATconseil.over.blog.com
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Ahmed
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Message non lupar Ahmed » 14/03/14, 22:15

Le SEL estime éviter la tare principale de l'économie en ne permettant pas la capitalisation et prétend réaliser la "vraie" fonction d'échange de l'économie en mobilisant des compétences rejetées ou ignorées par le marché classique.
De ce fait, elle se situe parallèlement à la monnaie classique et reste une tentative réformiste qui ne conteste ni la marchandise, ni l'abstraction de la valeur.

Malgré quelques aspects positifs, tel que, par ex., la revalorisation de compétences individuelles, l'ensemble du dispositif va dans le sens d'un approfondissement de l'influence de la marchandisation de nos vies en recyclant des énergies latentes*, en mordant sur des pratiques existantes de dons, s'éloignant ainsi d'une souhaitable autonomisation qui passe par la gratuité, l'échange de services ou de biens par le don.
Parfois, le SEL peut cependant y conduire indirectement, parce qu'il sert de média dans le rapport social, mais dans ce cas le côté positif s'exprime à l'extérieur de ce système.

*C'est une sorte d'économie "interstitielle" qui remplit les pores de l'économie habituelle, sans s'y substituer.
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Message non lupar Flytox » 14/03/14, 22:53

A la lecture de cet article (celui cité plus haut), une évidence.... , ça c'est pour Ahmed ! Sûr qu'il va nous faire une de ces superbes analyses dont il a le secret.:P

Ahmed a écrit :*C'est une sorte d'économie "interstitielle" qui remplit les pores de l'économie habituelle, sans s'y substituer.


Tu lui vois un minimum d'avenir à cette économie "interstitielle" ? Cela semble quand même "mieux" / préférable que de rester dans l'état de l'économie actuelle (sans avenir) .
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Message non lupar Ahmed » 15/03/14, 09:17

Tu lui vois un minimum d'avenir à cette économie "interstitielle" ?

Tout dépend du point de vue que l'on adopte.
Il est certain, si l'on se place dans le cadre d'une analyse conventionnelle, que la déprise des secteurs les moins rentables laisse une place grandissante à une économie marginale tierce servant à "boucher les trous": en gros, une piétaille qui se dévoue pour assurer un minimum de cohérence sociale, dans une nébuleuse "solidaire" et "sociale".

D'un point de vue opposé, il serait souhaitable, en lieu et place de cette subsidiarité misérabiliste qui sert de béquille au système, que s'instaurent de nouvelles pratiques visant à concilier le lien social tout en répondant à des nécessités pratiques immédiates.

La difficulté étant d'éviter toute ambiguïté sur la finalité recherchée, afin d'éviter de retomber dans la trappe des soins palliatifs aux conséquences du capitalisme et de faire apparaître clairement le désir d'œuvrer dans une direction radicalement différente, hors l'économie, donc.
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Message non lupar Flytox » 16/03/14, 22:00

Le blog de Tardella avec quelques articles intéressants....

http://www.over-blog.com/profil/blogueur-3434025.html
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Message non lupar Ahmed » 16/03/14, 22:56

La monnaie fondante tente de restaurer une économie "réelle" en remédiant à ce qui apparaît à Tardella comme des dérives spéculatives conduisant à une économie "fictive".
Ce point de vue n'est pas nouveau et traduit une méprise profonde sur les mécanismes en cause.
L'économie "fictive" n'est en aucun cas une dégénérescence de la bonne vieille économie si vertueuse, ou du moins telle que l'on se l'imagine, c'est au contraire une tentative de surmonter la crise de l'économie traditionnelle se heurtant à ses contradictions: l'économie financière* permet au système de ne pas s'écrouler, ou du moins retarde son collapsus...
Tardella, en bon physicien n'aborde l'économie qu'en terme de flux; il souhaite accélérer les échanges sans s'interroger sur le contenu, la finalité; il n'interroge pas les catégories du travail, de la valeur et le mode de rapports sociaux qu'elles induisent.

En mauvais physicien, il ne se pose pas plus la question de la compatibilité entre l'activité humaine et la destruction des conditions qui rendent la vie possible.
Dit autrement, il souhaite augmenter la dissipation thermodynamique dans des proportions les plus grandes possibles, alors que nous trouvons déjà devant une impasse, quelques soient les dénégations des prétendus "responsables"!

*J'emploie à dessein ce terme inadéquat, car pléonastique, pour singer les a priori habituels: en réalité, l'économie est forcément financière, par définition.
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Message non lupar Ahmed » 17/03/14, 20:37

Il est dommage qu'A. Tardella ne se manifeste pas sur le forum, ce serait intéressant de débattre de ses propositions.

Il est assez facile de concocter de purs mécanismes qui réguleraient l'économie, à l'instar de sa tentative (i. e. sans remettre en cause les concepts de base).

Par ex., il suffit d'instaurer un barème de prix progressif pour aussitôt relancer l'activité des petites entreprises et désintégrer les multinationales! 8)
Bien sûr, ce n'est que sur le papier qu'une telle chose revêt quelqu'intérêt théorique.

La classique équation, AMA' serait fortement compromise, bien qu'on ne voit pas comment elle pourrait évoluer en AMA, puisque cette dernière est absurde...
Impossible également de revenir au schéma pré-capitaliste MAM, puisque du fait de l'extrême division du travail, presque personne ne produit ce qu'il consomme et ne consomme ce qu'il produit...

Par ailleurs, le système actuel fonctionne en diminuant constamment la valeur unitaire de la marchandise et en accroissant le gain total sur une masse de production toujours plus grande.
Déjà menacé par ses propres limites, tout le système imploserait immédiatement...

AMA'=argent-marchandise-argent+plus-value
AMA= argent-marchandise-argent (même quantité d'argent qu'au début).
MAM=marchandise-argent-marchandise.
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