Toujours à propos de l'hydroxychloroquine les médecins de Tahiti avaient déposé un recours pour pouvoir la prescrire.
Ils ont gagné leur recours et peuvent donc prescrire de l'hydroxychloroquine en médecine de ville.
Un débat peut-être un peu moins dépassionné qu'au Maroc mais la prescription et l'administration du traitement ne semble pas poser le moindre soucis....
Le Pays réautorise la prescription de Plaquénil, mais sans croire à ses bénéfices anti-covidLe conseil des ministres a décidé mardi de rétablir la liberté des médecins de ville de prescrire du Plaquenil. Pourquoi ? En métropole, ce médicament est toujours réservé au cadre hospitalier. En Polynésie, si le gouvernement estime que son efficacité est sujette à caution dans le traitement de la covid-19, pourquoi en tirer une conclusion inverse ?
Là n’est pas le problème, explique Caroline Grépin, conseillère technique au ministère de la Santé. La première raison de l’arrêté limitatif du mois d’avril était la rupture de stock, qui menaçait le traitement au long cours de patients atteints par exemple de lupus ou de polyarthrite rhumatoïde, indications incluses dans l’autorisation de mise sur le marché du Plaquenil.
Au-delà de cette question purement pratique, Caroline Grépin rappelle que la liberté de prescrire du médecin reste la règle, et l’interdiction l’exception. Mais ne faut pas voir dans cette nouvelle disposition une approbation du Pays des utilisations non conventionnelles du Plaquénil.
« S’il n’y avait pas eu cette rupture, on n’aurait peut-être jamais pris cet arrêté, conclut Caroline Grépin. Rappelons que la difficulté d’approvisionnement avait été l’argument principal du tribunal administratif pour rejeter les deux recours déposés par des médecins libéraux. « Ce qui n’empêche pas que je ne trouve pas logique de prescrire le médicament dans le cadre du covid. »
Un médecin pro-chloroquine témoignePartisan de la première heure de l’hydroxychloroquine, le Dr Jean-Paul Théron sort de sa réserve après le rétablissement de la liberté de prescrire de l’hydroxychloroquine hors de l’hôpital (qui n’en utilise pas). Il affirme avoir appliqué le traitement préconisé par le Pr Raoult à environ 140 patients depuis le mois de mars, sans qu’aucun n’ait dû être hospitalisé. Et préconise une plus grande implication des médecins de ville dans le traitement à domicile.
Le Dr Jean-Paul Théron faisait partie des médecins qui avaient déposé un recours contre l’arrêté interdisant aux médecins de ville de prescrire de l’hydroxychloroquine en traitement de la covid-19. Mardi, le conseil des ministres a de nouveau rendu cette prescription possible, « sous la responsabilité pleine et entière du médecin ». « Naturellement, à titre personnel, c’est une satisfaction, dit le Dr Théron, mais qui est une satisfaction mitigée parce que (…) quand je vois s’égrener maintenant les chapelets de personnes décédées…. Je dirais que cette satisfaction, ce n’est pas de la joie. Je suis simplement satisfait que les médecins aient recouvré la liberté de prescrire.
Plus de 140 patients soignés à l’hydroxychloroquine depuis mars
Jean-Paul Théron est malgré tout sûr de lui, et n’est pas convaincu de la toxicité cardiaque du Plaquénil évoquée par ses détracteurs, dit-il. « Je le prescris depuis 35 ans. Je n’ai jamais vu d’incident sous Plaquénil. Pour quelle raison, alors que des patients qui sont à vie sous Plaquénil et qui sont en plus des gens fragiles, n’en font pas, et brutalement, parce que le Lancet a publié une étude foireuse, on devrait tous culpabiliser et passer notre temps, pendant les 10 jours de traitement, à faire des électrocardiogrammes ? J’en ai fait quelques-uns, à des gens qui ont des troubles du rythme connus, je n’ai pas eu une seule contre-indication à la prescription de Plaquenil jusqu’à ce jour. »
En dépit de l’interdiction, depuis mars dernier le Dr Théron a soigné plus de 140 patients au Plaquénil en association avec d’autres médicaments. Aucun de ses patients n’a dû être hospitalisé par la suite, assure-t-il. Le traitement précoce se fait sur « plusieurs périodes : certains médicaments sont donnés sur une journée, certains médicaments sont donnés sur 10 jours – c’est le Plaquénil, c’est ce qui est préconisé en Asie et à l’IHU de Marseille – et certains médicaments comme l’antibiotique azithromycine pour 6 jours. Après, il y a des compléments, comme des vitamines, du zinc. »