izentrop a écrit :Commentaire d'Axel Khanhttps://www.facebook.com/axel.kahn2/posts/1951471681650202CIRQUE
Il y a bien longtemps que je ne suis pas allé au cirque. Et ce qu'on nous en montre à l'heure actuelle ne me donne pas du tout envie d'y retourner.
Les auditions devant la commission d'enquête sur la gestion de la Covid s'apparentent à du cirque, les ITV à grand spectacle de Didier Raoult et Christian Perronne dans les médias en sont, je ne commente pas et ne commenterai pas. Puisque le conseil de l'ordre des médecins persiste à enfouir sa tête dans le sable, je ne peux qu'être soulagé de la convocation de Christian Perronne devant le comité d'éthique de l'Assistance des Hôpitaux de Paris : il a quand même été partout affirmant que ses collègues étaient des vendus et des assassins responsables, voire coupables, de la mort de 25.000 personne. Pas rien.
Pour Didier Raoult, comme pour son collègue Perronne, la ligne de défense est imparable. Presque seul au monde parmi les professionnels travaillant la question de la Covid-19 et de son traitement, il soutient l’efficacité d’une bithérapie hydroxy-chloroquine – azithromycine (HCQ, AZI), plus ou moins une pincée de zinc. Cependant, DR dénonce la totalité des autres médecins et infectiologues, les sociétés savantes françaises et internationales d’infectiologie qui le critiquent, d’être disqualifiés par des liens d’intérêt avec des sociétés pharmaceutiques que le traitement qu’il préconise dérangerait. Commode.
Et bien soit, mon collègue Raoult me convainc et je décide de ne me faire une idée qu’à partir de ses propres publications. Celles-ci sont toutes publiées en quelques jours dans des journaux qu’il contrôle (voir photo), mais bon, puisque toutes les autres sont pourries, va pour les revues raoultiennes. Sa dernière publication vient de paraître (https://www.sciencedirect.com/science/a ... 3920302817) Elle avait fait l’objet d’un preprint.
L’équipe de l’IHU a proposé de pratiquer des tests PCR à toutes les personnes qui le souhaitent. Les queues de candidats s’allongent devant l’IHU. Environ 102.000 tests sont pratiqués chez 66.000 personnes, 6.836 sont positifs, 3.737 sont traités, 3.044 (81,7%) par HVQ et AZI pour au moins trois jours, 683 (18,3%) par AZI, HCQ seuls ou pour moins de trois jours. « The patients’ mean age was 45 (sd 17) years, 45% were male, and the case fatality rate was 0.9% » chez les sujets traités. Dixit l’article. Les maldisants protesteront en remarquant que le « groupe témoin » de 683 personnes a quand même été traité par HCQ ou AZI, que si le traitement a dû être interrompu c’est que ces personnes n’allaient pas bien, et qu’il n’est pas étonnant que globalement l’évolution soit un peu moins bonne que dans le groupe de 3.044 personnes. Mais bon, ils sont maldisants.
Suivons DR. Il nous annonce un « case fatality rate » chez ces 3,044 sujets traités de 0, 9%. Or les tests PCR ne sont pas pratiqués sur des personnes ayant des symptômes mais de façon systématique sur les marseillais qui le demandent. Le « case fatality rate’ » de DR est par conséquent un « infection fatality rate », le taux de mortalité des sujets infectés, pas des cas de COVID-19 avérés. Or la moyenne de l’infection fatality rate dans le monde est de 0,64%. Puisque selon lui, seules ses publications sont honnêtes, faisons confiance à DR : il nous apprend que l’association HCQ + AZI ne fait pas mieux que l’absence de traitement antiviral. Mais suggère au moins que, dans les limites de la signification statistique, il ne fait pas pire…
On arrête le cirque ?
L'"infection fatality rate" est une statistique estimée, fondée elle-même sur l'estimation du taux d'asymptomatiques, et de leur contagiosité.
Cela fait beaucoup d'inconnues, pour à l'arrivée, des taux très variables selon les études ; environ 3% pour celle ci-dessous :
https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-nc ... arios.html
A l'IHU, le taux d'asymptomatiques était de 9%, on est donc largement en dessous de ce qui est utilisé dans les calculs de l'"infection fatality rate". Et si ce taux est de 3% avec 50% d'asymptomatiques, on peut voir que le taux de 0.5% du Dr Raoult est bon. Il aurait probablement été bien meilleur s'il avait prescrit du zinc et des anticoagulants dès le début.
Dans l'étude de l'IHU, des p-values très significatives apparaissent, mais on pourrait être tenté de les critiquer du fait que les malades ont été alloués à leur groupe sur la base de leurs caractéristiques (des caractéristiques qui peuvent influer sur l'issue), et non au hasard.
Des ajustements (Models were adjusted for the combined comorbidity index and the severity of the disease (NEWS-2 score)) ont été effectués, mais du fait que les calculs n’ont pas été détaillés, ceux qui ne connaissent pas les méthodes d’ajustement pourront critiquer les résultats sans qu’il soit aisé de les réfuter .
