Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités

Livres, émissions de télévision, films, revues ou musiques à partager, conseiller, faire découvrir...Réagissez à l'actualité touchant de près ou de loin à l'éconologie, l'environnement, l'énergie, la société, la consommation (nouvelles lois ou normes)...
Avatar de l’utilisateur
gegyx
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 6980
Inscription : 21/01/05, 11:59
x 2905

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par gegyx » 31/03/24, 14:02

Le refus d'israël de laisser entrer carrément les aides humanitaires est la signature de son implication de son génocide sur la population.
Le fait qu'ils dégagent ailleurs egypte, ou un quelconque pays africain, est la signature d'un génocide ethnique.

Si l'égypte ouvre "temporairement" ses frontières aux populations, cela fait le jeu des génocidaires, car les populations n'y rentreront plus.(de nombreux exemples jusque là...)
Fraternellement, avec des têtes de cochons, l'Egypte ne pourrait que s'attaquer directement à israël...
1 x
Christophe
Modérateur
Modérateur
Messages : 79315
Inscription : 10/02/03, 14:06
Localisation : Planète Serre
x 11040

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par Christophe » 31/03/24, 16:48

Euh si y a plus de population, le génocide me parait compliqué... :shock:
Par contre un territoire "vidé des humains" sera d'office plus facile à annexer...puisque c'est visiblement le plan prévu...

Donc oui accueillir ouvertement les gazaouis ferait les affaires d'Israël et lui faciliterait la tâche...mais ne pas les accueillir c'est en tuer une bonne partie par les armes ou par la famine à venir...c'est quelque part paradoxal comme choix : "Si on aide nos frères, on aide nos ennemis jurés..."

Donc on préfère ne pas aider ? Pov humanité... :shock:

Petit rappel : https://www.saezlive.net/songs/lyrics/2 ... au-liberte

Que se lèvent tous ceux qui ont le même dieu sur terre
Puisque le dieu des dieux oui c’est d’aimer son frère
2 x
Avatar de l’utilisateur
Remundo
Modérateur
Modérateur
Messages : 16119
Inscription : 15/10/07, 16:05
Localisation : Clermont Ferrand
x 5240

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par Remundo » 31/03/24, 17:28

Satanyahou veut faire place nette, peu importe la méthode... tués par les bombes, affamés ou assoiffés, refoulés ailleurs, tout fonctionne.

Et là nos humanistes bienpensants n'y trouvent rien à redire tant ils sont investis à répandre leurs fulgurances en Ukraine.
1 x
Image
Christophe
Modérateur
Modérateur
Messages : 79315
Inscription : 10/02/03, 14:06
Localisation : Planète Serre
x 11040

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par Christophe » 31/03/24, 17:30

Remundo a écrit :Et là nos humanistes bienpensants n'y trouvent rien à redire tant ils sont investis à répandre leurs fulgurances en Ukraine.


Tu penses à quel Bernard-Henri là ? :lol: :mrgreen:
1 x
Avatar de l’utilisateur
gegyx
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 6980
Inscription : 21/01/05, 11:59
x 2905

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par gegyx » 31/03/24, 19:52

Déplacement des populations sous la violence ==> génocide ethnique
1 x
Avatar de l’utilisateur
Remundo
Modérateur
Modérateur
Messages : 16119
Inscription : 15/10/07, 16:05
Localisation : Clermont Ferrand
x 5240

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par Remundo » 31/03/24, 22:52

déplacement, et aussi massacre.
0 x
Image
Avatar de l’utilisateur
GuyGadeboisLeRetour
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 14926
Inscription : 10/12/20, 20:52
Localisation : 04
x 4343

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par GuyGadeboisLeRetour » 02/04/24, 20:06

Netanyahu/Marionnette de Virenque aux Guignols de l'info: "à l'insu de mon plein gré"...
Sept employés d'une ONG humanitaire ont été tués lundi 1er avril dans la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reconnu que son armée était à l'origine d'une frappe "non-intentionnelle" ayant causé la mort de ces humanitaires.
https://www.bfmtv.com/politique/gouvern ... 20620.html
1 x
Avatar de l’utilisateur
Remundo
Modérateur
Modérateur
Messages : 16119
Inscription : 15/10/07, 16:05
Localisation : Clermont Ferrand
x 5240

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par Remundo » 02/04/24, 22:21

et là Macron ne moufte pas. :roll:
0 x
Image
Avatar de l’utilisateur
GuyGadeboisLeRetour
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 14926
Inscription : 10/12/20, 20:52
Localisation : 04
x 4343

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par GuyGadeboisLeRetour » 04/04/24, 19:10

Absolument indigne, terrifiant et monstrueux

Entretien. “À Gaza, l’IA Lavender a désigné 37 000 cibles humaines”

Les médias “+972” et “Local Call” avaient publié à la fin de l’année dernière une enquête sur l’IA Habsora (Gospel, en anglais) utilisée par Tsahal dans sa guerre contre le Hamas. Le 3 avril, ils ont révélé l’emploi d’une autre IA à des fins militaires. Entretien avec Meron Rapoport, rédacteur en chef du site israélien “Local Call”.


Courrier International : le 3 avril, une enquête conjointe de “+972 Magazine” et de “Local Call” a révélé que, dans sa guerre à Gaza, l’armée israélienne utilise un système d’intelligence artificielle baptisé “Lavender” – “lavande” en français. À quoi sert-il ?

Meron Rapoport :
L’existence de Lavender est antérieure à cette guerre, mais jusque-là ça avait été un simple outil, de second plan. Pour cette guerre, il a été perfectionné pour traquer et tuer des dizaines de milliers de membres du Hamas, de tout rang, parfois même sans lien direct avec la branche militaire de l’organisation – certains faisaient partie du gouvernement civil de Gaza.

Au départ, [les Israéliens] ont commencé par une sorte de test : ils ont collecté des informations sur quelques centaines de combattants avérés du Hamas, et à partir de leurs données, ils ont demandé à la machine d’identifier des Palestiniens présentant des données semblables, qui sont alors devenus des cibles potentielles d’assassinat.

Ce sont ainsi 37 000 personnes qui ont été désignées comme cibles à Gaza, et selon les sources de renseignement qu’a rencontrées Yuval Avraham [qui signe l’enquête], la partie vérification humaine, qui doit s’assurer que la personne visée est bien la bonne, a été réduite au minimum, pas plus de vingt secondes dans certains cas, si bien que les soldats chargés de cette vérification avaient le sentiment de simplement devoir entériner le choix de la machine.

Parmi ces cibles figurent des militants de second plan, pas seulement des chefs. Par ailleurs, l’armée sait que le taux de fiabilité du système est de 90 % au mieux, et donc que 10 % des cibles d’assassinat sont des innocents, n’ont mené aucune activité militaire, voire n’ont rien à voir avec le Hamas ou le Djihad islamique.

Nous [aux médias Local Call et +972] avons une autre analyse : au lieu de viser des cibles légitimes, l’armée a frappé tous ceux que la machine trouvait, chez eux, à leur domicile, faisant au moins, pour le moindre combattant du Hamas, 15 ou 20 victimes collatérales innocentes. Ce qui signifie que non seulement elle n’atteint pas son objectif militaire, mais en plus elle a causé cette atroce crise humanitaire que vit aujourd’hui Gaza.

Sur la base de quelles données ces cibles sont-elles identifiées ?

Nous ne le savons pas précisément, bien sûr. Mais dans un ouvrage publié en 2021, l’actuel chef de l’unité 8200, une unité de renseignement [en fait, l’auteur a signé de ses initiales – Y. S. – et +972 révèle qu’il s’agit du patron de l’unité 8200], avance que ces données peuvent inclure des messages WhatsApp, le lieu d’habitation de la personne, bien sûr ses fréquentations, ses liens éventuels avec d’autres combattants ou membres d’organisations militaires.

En novembre 2023, “+972” et “Local Call” publiaient une enquête sur un autre système d’intelligence artificielle, Habsora - “évangile” en français. Quelle différence y a-t-il entre Lavender et Habsora ? Comment vos enquêtes ont-elles été accueillies ?

La principale différence, c’est que Habsora ne vise que des cibles matérielles alors que Lavender s’attaque à des êtres humains.

Le premier article sur Habsora a été publié en novembre. Et malheureusement il n’a pas vraiment suscité de débat en Israël. Nous ignorons s’il a été lu par des dirigeants, mais c’est probable parce qu’il a été cité dans les délibérations de la Cour internationale de justice, à La Haye, à la suite de la requête déposée par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de génocide.
Lire aussi : Gaza. “Une usine de tueries de masse” : une enquête sur les dérives de l’armée israélienne

Il a également été repris dans le dernier compte rendu de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. J’imagine donc que les dirigeants israéliens ne sont pas vraiment ravis que ce genre d’information apparaisse dans ces dossiers.

En quoi l’utilisation de l’IA rend-elle cette guerre à Gaza différente des précédentes campagnes ?


Par le nombre de cibles, évidemment. Déjà en 2021 après [la précédente campagne de Gaza], l’armée avait dit que c’était la première guerre où l’IA avait joué un rôle majeur. Elle s’en vantait même. L’IA a peut-être même été utilisée avant mais en 2021, c’est une certitude. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que le nombre de 37 000 [cibles] est bien plus élevé. Et par conséquent, de plus en plus de civils sont touchés et non plus uniquement des membres du Hamas.

En Israël, plusieurs enquêtes ont montré des failles dans l’appareil sécuritaire israélien ayant conduit aux massacres du 7 octobre. Diriez-vous qu’Israël a placé trop de confiance dans l’intelligence artificielle ?

C’est certain. Dans une autre enquête, Ben Caspit [journaliste politique au journal Maariv], qui est loin d’être un journaliste de gauche, cite des sources au sein du renseignement qui déplorent que tout repose désormais sur l’IA, ce qui empêche les agents de mener un vrai travail de renseignement : un travail classique d’enquête et d’écoute qui consiste à essayer de comprendre ce qui se passe dans l’autre camp.
Lire aussi : Vu du Liban. L’attaque du Hamas montre la surprenante fragilité d’Israël

Donc oui, je pense que c’est là l’échec incontestable du 7 octobre. Même si l’unité 8200 est une énorme organisation avec des moyens colossaux, ils n’ont pas su détecter l’imminence d’une attaque menée par une organisation plutôt primitive, qui n’est pas équipée d’outils informatiques très sophistiqués et qui opère avec des moyens de communication très basiques. C’est vraiment un échec monumental. Et un coup dur pour la réputation des services israéliens.

Propos recueillis par Courrier international
https://www.courrierinternational.com/a ... gazine-972
0 x
Avatar de l’utilisateur
GuyGadeboisLeRetour
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 14926
Inscription : 10/12/20, 20:52
Localisation : 04
x 4343

Re: Le conflit israëlo-palestinien : Histoire lointaine, récente et Actualités




par GuyGadeboisLeRetour » 04/04/24, 19:16

Opinion. Les frappes “de précision” de Tsahal à Gaza ont tout d’un “génocide assisté par l’IA”

Pour cet universitaire spécialiste du Moyen-Orient à l’université Hamad ben Khalifa, au Qatar, les évacuations organisées par l’armée israélienne servent à cacher le carnage en cours dans le sud de Gaza et à alimenter un récit propagandiste. Il dénonce le recours à une technologie dite “de précision” mais utilisée “pour détruire et tuer en masse”.


Le samedi 2 décembre, le porte-parole arabophone de Tsahal, Avichay Adraee, a posté un plan de Gaza sur Internet. On y voyait le territoire quadrillé et des zones numérotées que les habitants palestiniens étaient appelés à évacuer pour se réfugier à Rafah. Des tracts ont également été largués au-dessus de Gaza : ils contenaient un code QR menant à cette carte sur le site de l’armée israélienne.

Au même moment, des avions de combat israéliens bombardaient le sud de la bande de Gaza – périmètre encore récemment désigné “zone de sécurité” –, faisant plusieurs centaines de morts en seulement vingt-quatre heures.

Selon plusieurs médias, l’intensification par l’armée israélienne de ce qu’elle appelle des frappes aériennes “de précision” s’appuie sur un outil d’intelligence artificielle (IA) capable de générer des “cibles”.

Les cartes, les tracts, les tweets, les technologies militaires “de précision”, tout cela sert à accréditer l’idée que “l’armée [israélienne] la plus morale” veille à épargner les civils de Gaza. Et relève d’un discours de propagande dont l’objectif est de dissimuler ce qui se passe réellement sur place, à savoir un génocide assisté par l’intelligence artificielle.

Depuis deux mois que dure cette guerre brutale, l’État hébreu ne cesse de publier des cartes d’“évacuation” et des alertes sur les réseaux sociaux, appelant les Palestiniens à se réfugier dans certaines zones.

En constante augmentation, le nombre de victimes – plus de 16 000 morts et plusieurs milliers de disparus, probablement morts également – tend pourtant à démontrer qu’Israël ne se soucie nullement de la sécurité des civils palestiniens.
Des messages destinés à l’opinion publique occidentale

Ce qui inquiète le gouvernement israélien, ce sont les condamnations de plus en plus nombreuses de la communauté internationale face à ce que des spécialistes du droit qualifient de génocide ; et les pressions croissantes de Washington.

Il y a quelques jours, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a prévenu Benyamin Nétanyahou : la Maison-Blanche lui laisse quelques semaines, et non plusieurs mois, pour achever ses opérations à Gaza. Le président américain est parfaitement conscient du mécontentement que provoque, sur le plan intérieur, sa gestion de ce conflit et qu’il pourrait bien lui coûter sa réélection l’année prochaine.
Les “blocs d’évacuation” établis par l’armée israélienne.

Image

Les “messages d’évacuation” de l’armée israélienne sont moins destinés aux Palestiniens de Gaza qu’aux opinions publiques occidentales qui s’inquiètent du bilan des victimes civiles. Le fait que la plupart de ces messages soient postés sur des réseaux sociaux en est d’ailleurs la preuve. L’armée israélienne a, non seulement, déconnecté le réseau électrique de Gaza, mais aussi visé les (fragiles) infrastructures de télécommunication de l’enclave. La plupart des habitants de la bande de Gaza n’ont donc plus accès à Internet.

Les codes QR largués ce week-end sur Gaza ne sont d’aucune utilité pour des gens qui ne peuvent ni charger leur téléphone ni se connecter à Internet.


L’inaccessible carte des évacuations

Depuis la reprise de ses opérations après une semaine de trêve, l’armée israélienne a mis en place un dispositif d’alerte à destination des habitants dans la bande de Gaza dans le but affiché de minimiser le plus possible les pertes civiles.

Il permet d’avertir – par tract, SMS ou Internet – les personnes résidant dans une zone donnée de l’enclave palestinienne de l’imminence d’une opération, afin qu’elles puissent évacuer les lieux. Ces “blocs d’évacuation”, Tsahal les a dessinés sur une carte, consultable sur son site, divisant le territoire de Gaza en 623 zones numérotées.

Mais, comme l’explique Al-Jazeera, recevoir ces alertes et consulter cette carte constitue un “véritable défi” pour les Gazaouis, compte tenu de la faiblesse des connexions Internet et du manque d’électricité.
Courrier International



Depuis la reprise de ses opérations après une semaine de trêve, l’armée israélienne a mis en place un dispositif d’alerte à destination des habitants dans la bande de Gaza dans le but affiché de minimiser le plus possible les pertes civiles.

Il permet d’avertir – par tract, SMS ou Internet – les personnes résidant dans une zone donnée de l’enclave palestinienne de l’imminence d’une opération, afin qu’elles puissent évacuer les lieux. Ces “blocs d’évacuation”, Tsahal les a dessinés sur une carte, consultable sur son site, divisant le territoire de Gaza en 623 zones numérotées.

Mais, comme l’explique Al-Jazeera, recevoir ces alertes et consulter cette carte constitue un “véritable défi” pour les Gazaouis, compte tenu de la faiblesse des connexions Internet et du manque d’électricité. Courrier International

Les cartes diffusées par les responsables israéliens présentaient également des différences qui n’ont fait qu’ajouter au chaos. Certaines zones ciblées par l’armée, signalées en orange, ne correspondaient pas à celles que les populations étaient appelées à évacuer.

Finalement, ces cartes ont surtout accru “la peur, la panique et la confusion”, résume Melanie Ward, responsable de l’association Medical Aid for Palestinians, dans un tweet.

Ces cartes au quadrillage millimétré sont faites pour donner l’impression que Tsahal agit avec précision et modération, mais les ordres d’évacuation qui les accompagnent démontrent tout le contraire.
Des déplacements massifs maquillés en mesure de précaution

La bande de Gaza est un territoire de 360 km2 où vivent près de 2,3 millions d’habitants. Les 620 blocs délimités sur les cartes israéliennes font en moyenne 0,58 km2 et abritent près de 3 700 personnes. Demander l’évacuation de dizaines de ces zones revient à demander à des dizaines de milliers de personnes de quitter leur foyer. Pas vraiment une manœuvre “de précision”. Plutôt des déplacements de masse maquillés en mesure de précaution.

Outre les codes QR et les cartes en ligne censés démontrer à ses alliés qu’elle fait preuve de circonspection, l’armée israélienne se vante d’employer des technologies militaires “de précision”. Parmi lesquelles un système d’IA appelé “Habsora”, capable de définir automatiquement des cibles beaucoup plus rapidement que selon les méthodes conventionnelles.

Lors de précédentes campagnes de bombardement, Tsahal sélectionnait manuellement 50 objectifs par jour ; le nouveau système lui en propose 100 désormais.

Selon une source citée par le magazine +972, ce dispositif fait de l’armée israélienne “une usine de tueries de masse” privilégiant “la quantité par rapport à la qualité”.
Lire aussi : Gaza. “Une usine de tueries de masse” : une enquête sur les dérives de l’armée israélienne

L’armée israélienne a défini différents seuils de victimes civiles, allant de 5 à plusieurs centaines. Ainsi, un ordre accompagné de la consigne “dommage collatéral 5” signifie que pour éliminer une cible les soldats israéliens sont autorisés à tuer 5 civils.
La destruction systématique des Gazaouis ou l’exil

Sachant que, pour le gouvernement, les 30 000 membres du Hamas vivant dans la bande de Gaza constituent des cibles légitimes, son objectif d’“éradiquer” le mouvement pourrait justifier un nombre de victimes civiles phénoménal. En se fondant sur le seuil le plus faible de “5 victimes collatérales”, le bilan humain le plus faible pourrait être de 150 000 morts civils.

Naturellement, les chefs du Hamas éliminés étant inévitablement remplacés par d’autres, des centaines d’autres Palestiniens pourraient être massacrés à mesure que l’IA génère de nouvelles cibles. La victoire militaire contre le Hamas étant impossible, la seule conséquence logique de cette approche sera la destruction systématique ou l’exil de la totalité des habitants de Gaza.
Lire aussi : Israël-Hamas. “Nous souhaitons mourir” : le cri de désespoir des habitants du sud de Gaza

L’autre caractéristique inquiétante de l’IA est qu’elle reproduit les biais et les erreurs contenus dans les données sur lesquelles elle a été entraînée. L’histoire montre que les campagnes de bombardement d’Israël font peu de cas des victimes civiles. On peut donc se demander dans quelle mesure cette IA militaire secrète a appris à associer toute personne palestinienne à un “terroriste du Hamas” en imitant le comportement passé des soldats israéliens. Cela pourrait expliquer pourquoi cet outil est capable de générer tant de nouvelles cibles à bombarder.

Il est particulièrement cynique de voir le gouvernement israélien mettre en avant sa supériorité morale, sa technologie de pointe et ses frappes de précision pour se défendre de possibles crimes de guerre et d’attaques contre les populations civiles.
Un génocide assisté par intelligence artificielle

Cette façon d’insister sur la haute technologie militaire d’Israël permet également aux États-Unis de justifier leur soutien à l’État hébreu. Pourtant, plus les Américains et les Israéliens soulignent les capacités technologiques de Tsahal, plus leur discours risque de se retourner contre eux sur le plan du droit. Le professeur de droit Michael Schmitt rappelle ceci :

“Plus une armée possède de technologies de précision, plus la mort de civils ou la destruction d’infrastructures civiles devient inacceptable.”

Autrement dit, plus une armée est sophistiquée, plus elle a l’obligation d’épargner les civils et de démontrer qu’elle ne les vise pas. Plus les gouvernements américain et israélien se vanteront de cette supériorité technologique, plus les opinions publiques s’interrogeront sur le nombre élevé de victimes civiles à Gaza.
Lire aussi : Bande de Gaza. L’offensive contre Khan Younès, le dernier round ?

La seule réponse à cette question est que Tsahal possède des armes de précision mais les dirige aussi bien contre les terroristes que contre les civils. Au lieu d’être garante de précision et de précaution, cette technologie est utilisée pour détruire et tuer en masse. Autrement dit, ce qui se passe à Gaza est un génocide assisté par intelligence artificielle.

Marc Owen Jones
https://www.courrierinternational.com/a ... e-par-l-ia
2 x

 


  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message

Revenir vers « Medias et actualités: émissions TV, reportages, livres, actualités... »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 172 invités