Je n'ai pas lu l'ouvrage en question et je m'abstiendrais donc de porter un jugement détaillé à son sujet. Cependant, si l'idée centrale est que les banques sont responsables des crises et qu'une refondation de ces institutions suffirait pour y porter remède, je ne peux que remarquer que cela va si bien dans le sens que chacun souhaite entendre que ce sera certainement très vendeur!
Pourtant, les banques ne sont qu'un des aspects du fonctionnement de l'économie et si elles ont sans doute pris une importance croissante (ce dont je suis parfaitement conscient), c'est plutôt du fait de la défaillance progressive de la si mal nommée "économie réelle". À cause de celle-ci, les artifices financiers se sont multipliés, non pour détruire l'industrie, mais pour assurer la survie du système (ceci n'est en aucune façon un jugement de valeur, mais un constat) et repousser quelques temps sa chute. Ceci à tel point que l'on a pu parler de "capitalisme inversé", c'est à dire que l'injection d'argent dans l'industrie réelle ne produit plus la valeur permettant le remboursement ultérieur*; seule l'industrie financière, par des mécanismes d’auto alimentation parvient provisoirement à continuer l'accumulation de la valeur abstraite.
* Un détail le montre bien: les industries sont amenées à exercer des contraintes de plus en plus grandes à l'encontre de leurs employés. Ainsi, en Chine, des ouvriers nord-coréens, corvéables à merci et bien moins cher que ne le sont désormais les ouvriers chinois, restaurent la rentabilité des entreprises qui les emploient. Nul doute que si la prospérité vantée par le modèle avait quelque substance, ces conditions de travail s'amélioreraient continument...


