Oh là, ne cédez pas à la panique! Les piqûres de guêpes ou d'abeilles ne sont mortelles qu'en cas [B[rare[/B] d'allergie et à partir d'une certaine dose de venin. Dans les autres cas, ce n'est qu'un avertissement un peu douloureux.
Ces insectes ne piquent que quand ils se sentent menacés. Les guêpes sont sociales et amicales mais leur instinct les poussent à risquer leur vie pour la colonie. Or, la viabilité de la colonie dépend de la nutrition abondante durant l'été puisque la majorité mourront durant l'automne et les survivant hiberneront jusqu'au printemps suivant. Tout se joue en été pour elles, les enjeux sont donc différents.
Ne les combattez surtout pas. Pareil, si vous nourrissez et chérissez votre chien, il vous aimera et vous protègera. Dans le cas contraire, si en plus vous le menacez, il vous craindra et vous bouffera peut-être la gorge! C'est une règle universelle.
Cela dit, en pratique, ce n'est pas toujours si simple mais s'allier à la nature a fait ses preuves tandis que le combat contre celle-ci s'est toujours avéré être un échec pour l'homme.
C'est exactement la philosophie de la permaculture.
Je vais être un peu long et je m'en excuse par avance mais la complexité d'un écosystème ne se résume pas en 2 lignes.
La cabane en bois de Christophe est le lieu idéal. Ensoleillée, elle est chaude, la cellulose pour le nid est sur place et en abondance. Sans compter qu'elle constitue aussi un abris pour les nids, loin des prédateurs.
Cependant, l'intrusion dans le domaine des petits constitue une agression pour les vespidés. Comme pour toutes les espèces d'ailleurs.
En automne, toute la colonie meurt sauf la pondeuse(pseudo-reine) et les mâles les plus résistants. Les survivants hibernent jusqu'au printemps, époque ou les mâles reconstruisent les nids, fécondent la femelle, nourrissent les larves, ... Bref, le cycle recommence.
Dans le cas de Christophe, je procèderais comme suit (si la topologie de sa propriété le permet):
1) Observer les aller et venues des guêpes. A savoir, ou s'approvisionnent-elles en nourriture en dehors de son assiette.
Si c'est le compost(il y a de fortes chances), il faudra leur arranger un endroit près de celui-ci ou elles pourront faire leurs nids en toute sécurité(ça va être difficile de faire mieux que la cabane car elles sont intelligentes).
Si leurs trajets sont plus complexes, c'est que les sources de nectar, sucre et viande sont plus éparses.
Il faut alors observer sur les différents parcours les endroits qui constituent une source de nourriture et reconstituer ces sources près du compost. Elles ne dépenseront pas d'énergie inutilement(elles sont éconologistes dans l'âme
2) Déplacer ou replanter les plantes dont on a observé qu'elles en aimait le nectar près du compost. Du bois mort en guise de source de cellulose pour les nids et enfin des nichoirs ou mieux, un tas de bois offrant un abri tranquille et chaud. Bref, recréer un espace de vie idéal pour les guêpes à cet endroit(au sud-est de préférence).
3) Entre le compost et la terrasse, l'idéal serait d'avoir des arbres fruitiers de toute sorte ainsi qu'une végétation propice au développement d'autres espèces. En bref, une barrière constituée de leurs prédateurs (mésanges, guêpiers, mille-pattes, araignées, ...). La concurrence pour le sucre des fruits contiendra la démographie des guêpes en offrant les plus aventureuses à leurs prédateurs(ça finira par se savoir dans la colonie). Ainsi va la vie.
4) Une fois les alentours du compost près à recevoir la colonie suivante, fin hiver, détruire les nids de la cabane. Attention, la pondeuse et 2 ou 3 mâles y dorment. Cela dit, fin de l'hiver, ses réserves sont épuisées et elle préfèrera écourter son hibernation afin de trouver un nouveau lieu plutôt que de défendre l'ancien. Ca diminue le risque de piqure.
5) A saison, planter de la citronnelle, des forthysias, .... , tout ce qui repousse les proies(moustiques et autres) et attire les prédateurs(quelques nichoirs peuvent aider), près de la cabane et la terrasse.
6) Observer le comportement des guêpes au printemps/été suivant afin de juger si l'invitation a été reçue et apporter les modifications éventuelles les saisons suivantes.
Pour conclure, rien n'est certain avec dame nature mais la vie suit une logique implacable que chaque espèce vivante tente de suivre à sa façon, il faut l'observer et la respecter. Bon nombre d'entre-nous(amis) ont été agréablement surpris de l'efficacité de cette symbiose. Si vos guêpes sont déjà repues lorsqu'elles s'invitent à votre table, elles sont beaucoup moins agressives et semblent plus vouloir vous saluer que vous voler. Je ne ris pas, j'en ai fait l'expérience et le changement de comportement est flagrant. Je suis devenu ami avec elles et inversement.
Voilà, j'espère que cela pourra aider Christophe à ripailler en toute quiétude.




