Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Les catastrophes humanitaires (dont les guerres et conflits liés aux ressources), naturelles, du climat et industrielles (sauf accident nucléaire ou pétrolier qui sont dans le forum énergies fossiles et nucléaire). Pollution de la mer et des océans.
Avatar de l’utilisateur
Remundo
Modérateur
Modérateur
Messages : 19763
Inscription : 15/10/07, 16:05
Localisation : Clermont Ferrand
x 7825

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Remundo » 18/07/25, 18:03

quitte à se suicider, autant le faire seul et assez proprement, et pas en équipe de 260 avec un Boeing plein de kérozène qui s'écrase sur une ville... :roll:

On oscille entre la folie humaine et une grave panne technique, les deux inexpliquées, dans cette affaire.

Peut-être que le kéro a été coupé "électroniquement" et que les pilotes ont tenté de manoeuvrer les fuel cutoff pour tenter de le rétablir. Mais ce n'est qu'une hypothèse.

Je crois qu'on ne saura jamais.
1 x
Le Mouvement Naturellement Energique !

Avatar de l’utilisateur
Obamot
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 34317
Inscription : 22/08/09, 22:38
Localisation : regio genevesis
x 7743

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Obamot » 18/07/25, 18:19

J'en sais rien et non on n'en saura jamais rien vu comme c'est parti — avec une affirmation péremptoire qui aurait fuité vraisemblablement APRÈS publication du pseudo "Rapport intermédiaire" — ce qui n'est vraiment pas sérieux. Pour l'affirmer (si on remonte le fil) il faudrait savoir si en cas de surchauffe de la chip, les vannes se mettent en "position de défaut": FERMÉES (ou pas) ce serait ce que suggère l'expert comme tu le dis Remundo.

il y aurait un indice qui plaiderait pour ce que dit Macro cependant, ce serait l'écart de 1 seconde de latence entre la fermeture d'un bloc de 3 vannes/pompes, puis une seconde après fermeture des 3 autres vannes/pompes. Là faudrait être le concepteur du circuit pour dire de quoi est-ce la signature(?) la lattence peut s'expliquer avec la RAT, pour ne pas tirer trop de jus en même temps sur la turbine.? Je m'explique, la chip bugue et le kérosène s'arrête d'alimenter les moteurs, la RAT sort, entre temps les pilotes s'en apperçoivent et valident cette stupéfaction entre eux, et procèdent immédiatement au redémarrage, ce qui impose de passer de "SWITCH ON" à "CUT-OFF" — et dans ce cas oui, en effet, ils passent VOLONTAIREMENT sur "CUT-OFF" mais parce que "c'est la procédure" — puis la chip ferait sa résurrection de fonctionnement 12 secondes après... autorisant alors un redémarrage des moteurs mais trop tard. Sauf que voilà, faute de certains éléments d'informations omis, on ne peut pas ni invalider cette théorie VS valider l'autre (ou vice-versa) hélas.
1 x

Avatar de l’utilisateur
Remundo
Modérateur
Modérateur
Messages : 19763
Inscription : 15/10/07, 16:05
Localisation : Clermont Ferrand
x 7825

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Remundo » 18/07/25, 19:02

oui pour parler trivialement, ils ont pu essayer de branler en urgence ces "fuel cutoff" dans l'espoir de rétablir la puissance.

L'enregistrement de leur conversation va dans ce sens. Mais on ne peut pas confirmer.

Personnellement le suicide ne me convainc guère. Si j'avais à parier, je mettrais une option sur la panne d'origine électronique ayant créé un imbroglio impossible à rétablir dans la phase critique du décollage.

Un tel suicide relève d'une psychopathie très lourde. Certaines personnes sont suicidaires, mais bien rares sont celles prêtes à emmener des centaines d'innocents avec elles. On a connu le cas de la German Wing. Il serait intéressant d'auditer les proches du pilote le plus âgé, suspecté d'être suicidaire après le décès de sa mère, afin d'évaluer s'il pouvait pousser le vice à un tel niveau de folie.
1 x
Le Mouvement Naturellement Energique !

Avatar de l’utilisateur
Obamot
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 34317
Inscription : 22/08/09, 22:38
Localisation : regio genevesis
x 7743

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Obamot » 19/07/25, 13:48

Tu vas peut-être encore bondir comme moi, mais en admettant la cause “psy” — et contrairement à ce qu’une bonne partie de la presse mainstream a laissé croire (et que je croyais aussi) — le décès de la mère du commandant de bord n’est PAS “un élément déclencheur récent”, car si l’on en croit la source initiale (The Telegraph), elle est décédée… en… 2022:

[…] Le capitaine Sumeet Sabharwal, qui avait 56 ans, était à quelques mois de la retraite, mais avait envisagé de quitter la compagnie aérienne pour s'occuper de son père âgé après le décès de sa mère en 2022, peut révéler The Telegraph. […]
Donc pour moi cette théorie ne tient pas (sauf nouvelles omissions) il avait eu un passage à vide après ça… oui et alors(?) ce qui peut se comprendre, ça arrive à tout le monde — il avait pris un congé pour surmonter sa dépression, bien, bien, au contraire c’est un comportement RESPONSABLE en tant que pilote, de prendre un congé — mais surtout, ce ne peut raisonnablement pas en être la cause! Car “juridiquement parlant” il n’y a pas de lien DIRECT de cause à effet. En d’autres termes, on ne peut pas établir de lien de causalité direct entre son chagrin inhérent à la disparition de sa mère 3 ans au paravant et le crash…

La courbe de l'oubli
La courbe théorique de l'oubli, projetée par Hermann Ebbinghaus, décrit la diminution rapide de la rétention de la mémoire au fil du temps.

IMG_6993.jpeg
IMG_6993.jpeg (191.93 Kio) Consulté 1484 fois
IMG_6992.jpeg
IMG_6992.jpeg (199.87 Kio) Consulté 1484 fois
Pour couper court aux rumeurs sur sa “santé mentale” (je ne tranche évidemment pas, hein)

[…] Un expert de premier plan en sécurité aérienne en Inde, le capitaine Mohan Ranganathan, a déclaré au Telegraph :
— «Il a dû être médicalement autorisé par les médecins de la compagnie [Air India]. Ils doivent avoir donné le certificat d'autorisation» […]
Le pilote, qui avait plus de 15 000 heures de vol à son actif, et avait passé pour la dernière fois un examen médical de “Classe I” le 5 septembre de l'année dernière. Bon ok, il a eu un épisode dépressif, mais les pilotes dans leur formation sont aguerris au stress — et lui n’était pas “resté dans le passé” puisqu’il avait déménagé à Mubai pour s’occuper de son pėre — bien que comme le dit Macro ils ont une vie compliquée. What else? J’attends le rapport final et si possible pouvoir écouter la bande son (s’engeulent-ils[?] estimaient-ils que c’était “l’avion” in fine qui avait coupé le kérosène ou pas [?]), marre de ces tergiversations où ces omissions et/ou “non-réponses” s’accumulent sans que tous les autres cas de figures ne soient clairement exclus et documentés en bonne et due forme, ce qui manque cruellement). ça me fait penser à de l’amateurisme. Ce ne devrait pas être des personnes dans la prévention et extérieures au dossier (et même des experts) qui devraient pointer ces lacunes!

Car ce qui m’interpelle le plus, c’est qu’ils ne sont pas “très curieux” sur les causes techniques éventuelles… C’est le moins qu’on puisse dire! Motus là-dessus malgré l’avis de l’expert! (En général c’est un cas typique de reverse-engeenering qui devrait s’oppérer dans l’intérêt même du constructeur, non?) Est-ce normal un tel imbroglio en 2025?
1 x

Macro
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 7899
Inscription : 04/12/08, 14:34
x 2692

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Macro » 19/07/25, 15:23

Ce qui se passe actuellement : une compagnie d'experts en aéronautique est en train de faire une enquete des plus serieuses sur les causes de ce crash ... Ils donnent quelques informations pour calmer les rapaces de la presse. Presse qui ne se contente pas de ces rares informations donc font monter une mayonnaise de tout et de rien ...Mayonnaise qui vient engraisser le gloubi boulga de toute sorte de complots, ragots , suppositions, supputation des experts de la desinformation en reseaux ...

Voilà ou l'on en est ... Laissons les experts (les vrais) faire leur boulot et rendre leurs conclusions...
2 x
Venge avec ta réussite. puni avec ton absence. Tue avec ton silence . Gagne avec ta joie de vivre


Avatar de l’utilisateur
Obamot
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 34317
Inscription : 22/08/09, 22:38
Localisation : regio genevesis
x 7743

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Obamot » 19/07/25, 17:44

C’est beau d’avoir confiance, je dis quand même “on verra bien”…
Pour le moment ce que tu dis est vrai, mais en lâchant plusieurs fois certaines rumeurs, c’est eux-mêmes qui l’ont plombée.
0 x

Macro
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 7899
Inscription : 04/12/08, 14:34
x 2692

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Macro » 20/07/25, 07:34

Je preferes de loin avoir confiance dans l'expert qui a les plans, les normes de construction, le carnet d'entretien du zinc,le decodage des enregisteurs de vol entre les mains et qui sait ce quel tel 1 ou tel 0 signifie et qui va nous sortir ses conclusions a tete reposée dans 2 ans ; que ceux de l'expert de plateau de télé qui nous les sort 2 heures aprés le crash ... Les vraisemblances de la presse ..Ne sont que semblances ... Le vrai vient aprés quand la presse est passée a autre chose ...

Et de part ma formation technique et mon experience professionnelle , j'ai bien plus confiance dans un interrupteur a verrouillage que dans le bon gars qui le manipule ...

A mes début quand j'arrivais en urgence a mon taff pour une panne ... Je regardais les 1 et les 0 sur les supervisions ... ca me prennait du temps sans grand résultat .Maintennat je retraces l'historique des actions des opérateurs ... Ca va(beaucoup) plus vite ...
2 x
Venge avec ta réussite. puni avec ton absence. Tue avec ton silence . Gagne avec ta joie de vivre

Avatar de l’utilisateur
Obamot
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 34317
Inscription : 22/08/09, 22:38
Localisation : regio genevesis
x 7743

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Obamot » 20/07/25, 12:10

Pas mieux
0 x

Macro
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 7899
Inscription : 04/12/08, 14:34
x 2692

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Macro » 21/07/25, 09:11

Retour d'exprerience d'hier quelques heures aprés vous avoir posté mon dernier message...

Week-end chargé sur la compagnie Air Macromaville ... Dimanche matin un nombre de passager plus nombreux qu'a l'habitude profite des lieux , quatre jeunes femmes abusent de la sale de bain des invités a l'etage , le commandant de bord (plus communement appeléé Mamita) est la manoeuvre pour le decollage du repas dominical avec son flux tendu de gamelles a nettoyer de surfaces récurer ... Quand le premier incident se produit : la temperature du fluide de nettoyage rincage commence a perdre de l'altitude, appel est fait au Macro mecano qui plonge tout de suite en soutes activer un systeme correctif d'urgence en enclanchant la marche forcée du systeme de prise d'altitude de la temperature du fluide de nettoyage , opération couronnée de sucssés le generateur calorifique se met en chauffe , son retour d'etat allumé s'illumine , l'operation de reprise d'altitude de la temperature demande un peut d'inertie mais l'operation de decollage etant terminée, il nous reste deux bonnes heures avant l'atterissage et tout devrait bien se passer ... Le repas se passe sans souci particulier nous voici en approche de la piste de Kafésièsta , vient donc le moment fatidique de l'atterrissage de la vaisselle sur la piste de nettoyage quand tout a coup... C'est le drame .... L'altitude de la temperature du fluide de lavage rincage n'a pas monté comme prévu ...Elle a meme considérablement chuté mayday mayday , le macromecano redescend en soute tout semble normal le voyant de marche est bien allumé, une baffe technique sur les relais ne chage rien a leur etat, tout fonctionne , le generateur calorifique emet bien son bruit rassurant de thermoplongeur qui shuinte dans le liquide .... Mais quel drame est donc en train de se produire dans le cockpit ... Le macro mecano remonte dans le cockpit en urgence le commandant Mamita a augmenté le pourcentage d'agent moussant pour compenser l'abscence de chaleur, le fluide rincant provennant des chutes d'eau atmospherique n'a pas le meme pouvoir rincant que celui provenant des couches profondes de la terre , le copilote Minimacro 1 jeune stagiaire de 27 ans (dont 23 passés a oeuvrer dans ce cockpit) est en panique et parle de se jeter par la fenetre ... Nous allons nous cracher dans un bain de mousse .... A ce moment prcis le macromecano outrepasse ses droits et s'inserre entre le commandant Mamita et son colaveur et là il s'appercoit que le levier de commande de puissance thermostatique du fluide lavant est en rotation complete vers la droite :shock: d'un geste héroique il prend le levier et le deporte vers la gauche et par miracle la temperature du fluide de lavage remonte instantanément , reduction immédiate d'injection d'agent moussant , augmentation de l'efficacité du rincage aterissage de la cuisine en douceur ....

Je vous jure sur la tete de mes deux momes que cette anecdote est veridique et c'est déroulée chez moi hier midi (j'ai un peut romancé pour le fun)

Comment ma femme a elle put se gourrer dans le sens de rotation du mitigeur de sa cuisine ??? Ca fait 20 ans que je l'ai installée cette cuisine :shock: :shock: :shock:

J'ai bien une petite idée :
-un "stress" du a la peur de manquer d'eau chaude avant midi
-l'arrivé il y a une semaine d'un nouveau genre de robinet (pas dans la cuisine mais dans la salle de bains) un melangeur thermosatique qui a peut etre perturbé ses automatismes ...

En tous cas , ils étaient deux a connaitre parfaitement les lieux et les equipements , des equipements connus et faciles a utiliser (mon fils est parti depuis quelques années et a chez lui un robinet thermostatique dans la cuisine )

Toujours est il que nous nous sommes retrouvés avec deux personnes devant un evier incapables d'avoir de l'eau chaude pendant plusieurs minutes a cause d'un seul levier de mitigeur vous vous rendez compte il a deux axes de rotation :mrgreen: ... Imaginez si en plus il avait eu des verouillages :cheesy: :cheesy: :cheesy:

Dans mon cas ca prete a sourire ... Au commandes d'un avion ... C'est la mort au bout de la piste :|
1 x
Venge avec ta réussite. puni avec ton absence. Tue avec ton silence . Gagne avec ta joie de vivre

Avatar de l’utilisateur
Flytox
Modérateur
Modérateur
Messages : 14293
Inscription : 13/02/07, 22:38
Localisation : Bayonne
x 1068

Re: Crash Air India (B-787 Dreamliner)

Message non lupar Flytox » 06/08/25, 17:50

Pour un sujet similaire avec le 737 max:

https://droit.developpez.com/actu/37414 ... u-737-MAX/


De la faille logicielle au sabotage institutionnel : comment l'administration Trump a accordé à Boeing une absolution controversée après les tragédies du 737 MAX
Le 29 juillet 2025 à 15:43, par Stéphane le calme991 commentaires

Les familles des victimes attendaient un procès. Elles ont eu droit à un compromis. En juillet 2025, le Département de la Justice des États-Unis (DOJ), sous l'administration Trump, a décidé d'abandonner les poursuites pénales contre Boeing pour son rôle dans les deux crashs meurtriers du 737 MAX, qui ont causé la mort de 346 personnes. En échange, Boeing paiera des amendes supplémentaires et s’engage à améliorer ses pratiques de sécurité. Une solution à l’amiable qui provoque l’indignation : comment une entreprise responsable de centaines de morts peut-elle éviter un procès ?

Contexte

Le 18 juillet, un juge fédéral du Texas a fixé la date de ce qui sera probablement l'audience finale dans l'affaire United States v. The Boeing Company. Après cinq ans de procédure, le résultat final ne peut être qualifié que de victoire pour Boeing — et de revers définitif pour ceux qui espéraient que l'entreprise serait tenue responsable d'une décennie de violations des règles de sécurité.

L'année dernière, les perspectives de Boeing semblaient bien plus sombres. En 2021, le ministère de la Justice a accusé l'entreprise de complot en vue de frauder le gouvernement au sujet du logiciel MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) équipant le 737 MAX, qui a été impliqué dans la mort de 346 personnes lors des crashs des vols Lion Air 610 et Ethiopian Airlines 302.

Retour sur les crashs du 737 MAX : mensonges, défaillances et pertes humaines

Entre octobre 2018 et mars 2019, deux avions Boeing 737 MAX (l’un de Lion Air, l’autre d’Ethiopian Airlines) se sont écrasés peu après leur décollage, faisant au total 346 morts. Rapidement, l’enquête révéla une vérité glaçante : les pilotes luttaient contre un logiciel automatisé de stabilisation, le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System), dont l’existence avait été dissimulée.

Boeing avait choisi de ne pas mentionner le MCAS dans les manuels de vol pour éviter des coûts de formation supplémentaires, et avait volontairement trompé la FAA (Federal Aviation Administration) dans les processus de certification. Des ingénieurs internes, des lanceurs d’alerte et des rapports du Congrès ont confirmé que la course au profit avait primé sur la sécurité.

« Lorsque les gens commenceront à aller en prison, c'est là que vous verrez un changement »

Les proches des victimes des crashs d'Indonésie et d'Éthiopie ont réclamé un procès pénal qui pourrait mettre en lumière ce que savaient les employés de Boeing pour tromper la FAA. Ils souhaitaient également que le ministère de la justice poursuive les hauts responsables de Boeing, et pas seulement l'entreprise. Pour mémoire, dans le cadre d'un procès, le pénal va servir à sanctionner l'auteur d'un accident par exemple (la prison peut être une sanction), et le civil va permettre d'indemniser une victime.

« Boeing a payé des amendes à de nombreuses reprises, mais cela ne semble rien changer », a déclaré Ike Riffel, de Redding, en Californie, dont les fils Melvin et Bennett sont morts dans l'accident de l'avion d'Ethiopian Airlines. « Lorsque les gens commenceront à aller en prison, c'est là que vous verrez un changement ».


L’accord de 2021 : déjà une clémence

En janvier 2021, sous l’administration Biden, Boeing avait signé un “Deferred Prosecution Agreement” (DPA) : une forme d’accord de poursuite différée, qui évitait à l’entreprise un procès en échange d’une amende de 2,5 milliards de dollars, d’une reconnaissance partielle de responsabilité, et d’un engagement à coopérer avec les autorités. Aucun dirigeant n’a été inculpé.

Mais cet accord fut très critiqué : les familles des victimes, comme Nadia Milleron (mère d’une victime du vol d’Ethiopian Airlines), ont dénoncé un pacte d’impunité, signé sans leur consultation. Un juge fédéral a fini par rejeter ce DPA en décembre 2024, jugeant qu’il violait les droits des familles en vertu du Crime Victims’ Rights Act.

Un procès semblait alors inévitable. Jusqu’à ce que Trump revienne.

Un accord loin de trouver un écho favorable auprès des familles

Après des années de manœuvres juridiques, la société a accepté de plaider coupable à l'accusation de complot en juillet 2024 afin d'éviter un procès pénal. Selon les termes de l'accord de plaidoyer, Boeing verserait près de 2,5 milliards de dollars aux compagnies aériennes, aux familles des victimes de l'accident et au gouvernement, et accepterait trois ans de surveillance par un consultant indépendant en matière de sécurité. Cet accord a été rejeté par un juge fédéral en décembre, et la date du procès a été fixée à juin 2025.

L'accord a été trouvé plusieurs mois après que les procureurs américains ont déclaré que le géant de l'aérospatiale avait violé celui de 2021 qui le protégeait des poursuites judiciaires pendant trois ans. L'accord de 2021 devait expirer deux jours après l'explosion d'un panneau de porte sur un 737 Max 9 presque neuf, exploité par Alaska Airlines, le 5 janvier 2024. Bien qu'il n'y ait pas eu de blessés graves, l'accident a créé une nouvelle crise de sécurité pour Boeing. Un rapport préliminaire du National Transportation Safety Board a révélé que les boulons clés qui maintiennent le panneau de porte en place n'étaient pas fixés à l'avion.

L'offre de plaidoyer a forcé Boeing à décider entre un plaidoyer de culpabilité et les conditions qui y sont attachées, ou un procès, juste au moment où l'entreprise cherchait à prendre un tournant dans ses crises de fabrication et de sécurité, à choisir un nouveau PDG et à acquérir son fabricant de fuselage, Spirit AeroSystems. « Nous pouvons confirmer que nous sommes parvenus à un accord de principe sur les termes d'une résolution avec le ministère de la Justice, sous réserve de la mémorisation et de l'approbation des termes spécifiques », a déclaré Boeing à l'époque dans un communiqué après le dépôt du dossier au tribunal.

Si elle était reconnue coupable, Boeing ne pourrait pas simplement payer pour se sortir d'affaire. En tant qu'entreprise coupable d'un délit pénal, elle devrait accepter de manière permanente une surveillance accrue de la part du gouvernement sur tous les aspects de ses activités, ce qui marquerait un retour à un modèle réglementaire que le Congrès avait abrogé en 2005, après d'importantes pressions exercées par les industries aéronautique et de la défense. Selon un groupe de réflexion juridique, l'affaire United States v. Boeing avait le potentiel d'être l'un des jugements les plus importants en matière de conformité des entreprises depuis des décennies.

Mais Donald Trump est revenu à la Maison Blanche.

Bon nombre des alliés politiques les plus fidèles de Trump ont bénéficié des changements politiques importants mis en place par la nouvelle administration : l'industrie des cryptomonnaies, les pollueurs industriels et Elon Musk, pour n'en citer que quelques-uns. Boeing a également dépensé des sommes considérables pour nouer des relations avec Trump. L'entreprise a fait don d'un million de dollars à son fonds d'investiture, et son PDG a accompagné Trump lors de son récent voyage au Qatar.

Sa récompense est arrivée en mai dernier, lorsque le chef de la division criminelle du ministère de la Justice, Matthew Galeotti, a annoncé un changement de stratégie en matière d'application de la loi. Galeotti a ordonné à sa division de ne plus poursuivre « les mesures excessives et incontrôlées visant les entreprises et les cols blancs [qui] pèsent sur les entreprises américaines et nuisent aux intérêts des États-Unis ». Il souhaitait plutôt qu'elle se concentre sur un ensemble plus restreint de crimes, notamment le terrorisme, la fraude douanière, le trafic de drogue et les « organisations chinoises de blanchiment d'argent ».

« Toutes les fautes professionnelles des entreprises ne justifient pas des poursuites pénales fédérales », indiquait la note de service. « Il est essentiel pour la prospérité américaine de reconnaître que [...] les entreprises qui sont prêtes à tirer les leçons de leurs erreurs. »

Deux semaines plus tard, le ministère américain de la Justice a accepté d'abandonner complètement les poursuites contre Boeing. Au lieu de plaider coupable, Boeing serait désormais simplement redevable d'une amende réduite d'environ 1,2 milliard de dollars : 235 millions de dollars de nouvelles amendes, plus 445 millions de dollars versés à un fonds destiné aux familles des victimes du crash du 737 MAX. Il devra également investir 455 millions de dollars pour améliorer ses « programmes de conformité et de sécurité », dont une partie servira à rémunérer un « consultant indépendant en matière de conformité » pendant deux ans. Il a ainsi évité une accusation criminelle et, plus important encore, il a été autorisé à continuer à auto-auditer ses propres produits.

Le ministère de la Justice a justifié ce changement en expliquant qu'il attendait des entreprises qu'elles soient « disposées à tirer les leçons de [leurs] erreurs ». Or, Boeing ne semble pas posséder cette capacité.

Des erreurs informatiques allant au-delà du MCAS, une stratégie d'externalisation à la ramasse, Boeing multiplie les erreurs

L'entreprise commet de nombreuses erreurs. Son 737 MAX a été victime d'erreurs informatiques qui vont bien au-delà du MCAS. Sa stratégie d'externalisation de la production à des fournisseurs tiers est à l'origine d'erreurs de fabrication et de retards depuis près d'une décennie. Son manque d'investissement dans le contrôle qualité dans ses usines a entraîné la livraison de nouveaux avions présentant divers défauts graves : écarts excessifs dans les fuselages, débris métalliques à proximité de faisceaux de câbles critiques ou à l'intérieur des réservoirs de carburant, et bouchons de porte installés sans boulons de sécurité. Ce dernier problème a conduit à la décompression explosive du vol 1282 d'Alaska Airlines en janvier 2024, un incident qui est devenu viral grâce à la vidéo spectaculaire prise par un passager depuis l'intérieur de la cabine.

Mais Boeing ne semble pas capable de tirer les leçons de ses erreurs. Selon le ministère américain de la Justice, Boeing était au courant de tout cela et n'a toujours pas « conçu, mis en œuvre et appliqué un programme de conformité et d'éthique ». Bien que la société ait nommé deux nouveaux PDG au cours des six dernières années, qui ont tous deux promis de mettre de l'ordre dans ses affaires, la culture fondamentale de Boeing reste inchangée, ce qui est la cause profonde de tous ses problèmes techniques.


Sources : United States v. The Boeing Company, Clifford Law Office, annonce de changement de stratégie de Matthew Galeotti en matière d'application de la loi, DOJ
2 x
La Raison c'est la folie du plus fort. La raison du moins fort c'est de la folie.
[Eugène Ionesco]

https://www.editions-harmattan.fr/catal ... ssee/69729


 


  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message

Revenir vers « Catastrophes humanitaires, naturelles, climatiques et industrielles »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 5 invités