nico239 a écrit : euh je repose ma question d'il y a 4 pages....
Les sciures des coupes de chêne utiles ou futiles au potager???
On a dérapé dans les pissenlit. Ici, si tu ne te bats pas, les questions passent dans l'oubli...
1) Comme toute sciure (issue de bois mort - duramen), il s'agit d'un matériau très pauvre en azote et ne minéraux ; l'arbre, habitué à pousser ne milieu pauvre, ne gaspille rien ; sa "structure", il la fait avec des matériaux qui ne lui coutent pas chers, la "fibre de carbone", en l’occurrence la lignine, qu'il fabrique par photosynthèse à partir du CO² de l'air... C'est donc surtout de... l'énergie !!!
Voilà en tout cas pour les fadas qui vont chercher du bois, voire de la terre en forêt !
2) C'est donc un matériau qui va générer un effet dépressif assez fort, avec son rapport C/N très élevé (jusqu'à 300 ; je rappelle qu'une substance équilibrée a un C/N d'environ 20).
C'est aussi un matériau qui va "ralentir" le système. Seuls les champignons le décomposent.
3) MAIS c'est un matériau qui va générer, sur le moyen / long terme, un maximum de substances humiques ! Donc avoir un effet structurant maximum.
4) S'agissant de chêne, se rajoute le fait que le duramen est chargé en tanins, qui sont des stabilisants : on tanne les peaux des bêtes pour qu'elles se conservent. Il est donc évident que cela "bloque" les bactéries !
J'ai essayé chez moi : cela disparait assez vite ; les tanins sont lessivés et sans doute assez vite, décomposés dans le sol...
Il faut donc juste savoir que cela va un peu "bloquer", puis cela se débloque...
5) Une utilisation "sioux", pour
qui a de la place, c'est de "préparer", "aggrader" sur le long terme une ou des plates-bandes.
Ne pas craindre l'effet dépressif mais au contraire, "l'exploiter". Il faut savoir que la fixation symbiotique de l'azote de l'air par les bactéries associées aux légumineuses est pilotée par un "feed-back" (une rétro-action) négative : plus la plante trouve de l'azote, et moins ses bactéries ne fixent l'azote de l'air (la plante, qui n'est plus dans le besoin, "refuse" de les nourrir pour rien !).
Donc tu vas avoir là une planche souffrant gravement de "faim d'azote". Tu y sèmes des trèfles. Affamé en azote, le trèfle va nourrir ses rhizobiums, qui vont fixer un max d'azote atmosphérique. Cela peut aller jusqu'à 200 unités d'azote / ha (une fertilisation chimique "normale" !).
Et l'année d'après, tu cultives... dans un sol riche et aggradé !
La vie n'est-elle pas belle quand on fait dans le taoisme ????
6) Si tu veux cultiver la même année, il te faut corriger ce grave défaut, donc apporter des substances riches en azote : tontes de gazon (en plusieurs fois ; là, il te faudra avoir la main lourde, car c'est surtout de la flotte (rapport 1 / 10 = 10 kg de tontes pour 1 kg de sciure - ordre de grandeur), sans aller à la fermentation ; donc main lourde en apports successifs...
Les déchets ménagers aussi. Sauf que c'est "très peu de choses", une fois la flotte enlever. Il faut dealer avec les éboueurs pour qu'ils te bennent quelques camions !
Ou, plus radicalement, des engrais azotés...