Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
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Did67
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Re: Re:

Message non lupar Did67 » 01/10/17, 12:18

ChristianC a écrit :
1/- Comment faîtes-vous pour vos sillons ? (nous avons vu les couteaux à pain, la sillon'net etc. - quelles autres expériences d'outils pour les sillons ?)
2/- Quelle est votre situation actuelle pour la fourniture de foin ? (question récurrente)

Merci.


1) Je l'admets, ouvrir les sillons est chiant... Mais ne perdons pas de vu ce que nous gagnons : bêcher est chiant et très fatiguant pour le dos, piocher/biner n'est pas drôle... ET avoir un système vivant qui produit beaucoup sans engrais, sans pesticides est un luxe.

Mais, oui, cela a un "prix" ! Dérouler le foin et, pour les semis, ouvrir des sillons.

2) L'homme rêvant du paradis sur terre, 40 vierges nues - ah non, je m'égare... Essayons de voir comment s'en approcher (sans jamais espérer l'atteindre !) :

- je réduis les semis, à la faveur des plantations, pour tout ce qui est "plante de taille importante" - genre 50 cm de diamètre à maturité.

- tout ce qui est bulbes, qui ne sont pas graines, bien qu'on parle de "semences" (ce qui est juste d'un point de vue botanique), je repique directement à travers le foin, au plantoir : ail, échalotes, oignons... Les pommes de terre, je fais des trous à la main...

- ce qui est plants racines nus (type poireaux), j'ouvre un sillon à la main, grossièrement : il s'agit de bien les implanter dans le sol, bien "borner"... Si cela se referme tout de suite après, tant mieux !

- certaines plantes à semer, je sème sur sol nu ou quasi, après une récolte : type mâche. Je préfère alors "cuillir" la mâche au sein d'adventcies, dont je rappelle qu'elles ne sont pas mauvaises puisqu'elles nourrissent la vie du sol et que ce sont des "engrais verts" dont on ne s'est pas préoccupé.

- restent donc beaucoup moins de sillons à sillonner... Et là, je me rappelle "ce que j'ai gagné". Je fais quelques lignes un jour. Quelques autres le lendemain. Et en général, en 2 ou 3 jours, tout est en place (je parle pour une "série" de semis - semis du printemps, par ex).

3) Pour le foin, en effet, l'année a été marquée par une petite production. Donc en effet, selon les endroits, cela peut devenir difficile d'en trouver.

Pour ma part, j'ai la chance d'avoir mon voisin qui fauche des prairies qui ne sont plus exploitées. Je me ravitaille au prix habituel.

Sinon, comme dit par sicétaitsimple, songer à tous les "succédanés" possibles : mélange de tontes/feuilles mortes, mélange tontes/paille, voire feuilles mortes ou pailles ou broyat de bois, qui sont "trop pauvres en azote", avec un peu d'engrais azotés par-dessus. Les puristes : engrais "bio" (chers). Pour les autres, "ammonitrate chimique", beaucoup beaucoup moins chers (à l'unité d'azote)... Vu que cela passe par la "digestion" par les organismes du sol, moi, cela ne me choque pas. En apport sur paille, cela ne va pas se retrouver en "overdose" dans la solution du sol - c'est surtout cette overdose qui est nuisible... Et bien sûr, si possible, du vrai BRF est aussi une bonne solution (sauf là où vous envisagez de semer ; je reste persuadé que la décomposition de la lignine peut conduire, à certaines phases, à des effets antigerminatifs -cf les "mauvais composts" pas assez mûrs.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar olivier75 » 01/10/17, 12:27

Bonjour,

Comme si cetaitsimple, je cultive en planche.
En fait par rapport à Didier, ca ne change que pour les semis, qui sont plus large, et effectivement il y a un peu d'adventice. Ca n'est chez moi sans comparaison avec la pression sur un jardin motoculté. Le non travail du sol, sans couverture limite déjà vraiment les pousses spontanées d'annuelles, la couverture les éliminent et freine les vivaces.
De mes interrogations sur ce système, je relève que la rotation doit plutôt concerner le type de mise en culture, semis/plantation et que le bénéfice de l'agradation du foin autour de la ligne et le reste de l'année reste essentiel.
Olivier.
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Did67
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 01/10/17, 12:54

olivier75 a écrit :
Le non travail du sol, sans couverture limite déjà vraiment les pousses spontanées d'annuelles, la couverture les éliminent et freine les vivaces.



Absolument. Si on ne travaille plus la terre, les quelques milliers de graines en position de germer, dans les premiers cm, sont vite hors course...

Je suis très surpris de la propreté (relative, tout de même), de planches laissées à nu ! Au point que je suis obligé de sursemer des engrais verts là où je ne cultive pas... Et mes mâches sont assez propres.

Cela me fait changer la technique. Je suis moins obsédé par la couverture qu'au début...
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sicetaitsimple
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 01/10/17, 19:50

Did67 a écrit :
olivier75 a écrit :
Le non travail du sol, sans couverture limite déjà vraiment les pousses spontanées d'annuelles, la couverture les éliminent et freine les vivaces.



Absolument. Si on ne travaille plus la terre, les quelques milliers de graines en position de germer, dans les premiers cm, sont vite hors course...

Je suis très surpris de la propreté (relative, tout de même), de planches laissées à nu ! Au point que je suis obligé de sursemer des engrais verts là où je ne cultive pas... Et mes mâches sont assez propres.



C'est intéressant. Pour ma part je ne l'ai pas vraiment observé car si je laisse un bout de parcelle nue en y semant une plante à faible développement ( mâche par exemple) , c'est généralement rapidement envahi par du mouron.D'où ma tendance à utiliser des plants, mais faire des godets de mâche ça me gonfle a priori un peu. On verra ce que je récolte cet automne/hiver avant de conclure.
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Adrien (ex-nico239)
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Adrien (ex-nico239) » 02/10/17, 00:28

sicetaitsimple a écrit :si je dois semer j'écarte voire je libère complètement les espaces de leur couverture


Au début je libérais la parcelle comme toi mais c'était déjà du temps passé en plus et puis ramener le foin entre les petites pousses pfffff oh la la le boulot....

Sans compter que le but du foin dans notre cas c'est, en tout 1er lieu, d'agrader le sol en place.
Or je me suis rendu compte qu'en virant tout je dénudais un sol en pleine «mutation»...

J'ai donc opté pour écarter.
Au départ avec une petite griffe.

Mais là aussi même sur une ligne je trouvais que j'attaquais trop la partie la plus en décomposition que je voulais au contraire conserver...

une ligne
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Du coup dorénavant je le fais à la main, non pas en écartant.... mais en SOULEVANT avec précaution le foin du dessus pour laisser au fond ce si beau «noir» en formation (merci Didi :mrgreen: pour cette phénoculture salvatrice)....

le noir.....
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Sans compter qu'à la main nue on fait finalement du bien meilleur travail : c'est rapide, précis, cela permet de laisser en place la couche terminale si précieuse et puis il y a le plaisir du toucher... (mais bon ça c'est personnel Image )

Évidemment je parle d'une terre où... pour le moment... nul plantoir ne pénètre, où faire des trous dignes de ce nom à la main est encore du domaine du rêve, donc je pose les semences sur le «noir», 1 doigt de «terreau» de surface et basta.


sicetaitsimple a écrit :quelques tontes de gazon en saison,...


Au début j'avais mixé sans discernement tontes et foin ....

Mais ces jours ci justement en faisant mes sillons je me suis rendu compte que sous la tonte ben c'est pas du tout noir, ni en décomposition, ni en agradation, ni rien du tout....

Du coup j'en reviens de la tonte.

Mme vient de s'en servir pour.... recouvrir ses allées (photo à venir) dans le tunnel et je pense que je vais l'imiter pour mes passe pieds .... et pour le futur je me demande si je ne vais pas m'en passer totalement....

Les habitants sont toujours là.... bien actifs

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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar ChristianC » 02/10/17, 09:15

nico239 a écrit :

[...]
J'ai donc opté pour écarter.
Au départ avec une petite griffe.

[...]
Du coup dorénavant je le fais à la main, non pas en écartant.... mais en SOULEVANT avec précaution le foin du dessus pour laisser au fond ce si beau «noir» en formation (merci Didi :mrgreen: pour cette phénoculture salvatrice)....
[...]
Sans compter qu'à la main nue on fait finalement du bien meilleur travail : c'est rapide, précis, cela permet de laisser en place la couche terminale si précieuse et puis il y a le plaisir du toucher... (mais bon ça c'est personnel )

[...] donc je pose les semences sur le «noir», 1 doigt de «terreau» de surface et basta.



Merci à tous pour vos réponses.

C'est bien clair, le plus simple sera le mieux et/car le moins pénible et ira dans le sens du jardin du paresseux. Ma compagne avait eu l'intuition que je pouvais faire le sillon en écartant le foin ... mais je n'ai pas écouté son conseil (ma caboche revêche et un formatage macho plus difficile à éradiquer qu'une adventice !), parce que je voulais "faire bien" et copier. Encore une fois, comme tu nous le répètes Didier, "ne copiez pas mais expérimentez !", ce qui n'exclut pas de prendre avis motivé. Je retiens qu'il n'y a pas qu'une façon de faire un sillon et que tout dépend d'un tas de facteurs dont il faut tenir compte. Il est vrai que lorsque le foin se sera décomposé chez nous comme il l'est chez toi Nico (selon tes belles photos), ou chez toutes celles et ceux qui ont posté des photos et des vidéos (Didier), on sera déjà en 2018. On verra bien d'ici là, patience !

PS : le plaisir de toucher le sol, je comprends parfaitement.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 02/10/17, 10:38

sicetaitsimple a écrit :C'est intéressant. Pour ma part je ne l'ai pas vraiment observé car si je laisse un bout de parcelle nue en y semant une plante à faible développement ( mâche par exemple) , c'est généralement rapidement envahi par du mouron.D'où ma tendance à utiliser des plants, mais faire des godets de mâche ça me gonfle a priori un peu. On verra ce que je récolte cet automne/hiver avant de conclure.


Vérifie qu'il n'est pas plus simple de contrôler le mouron : il fait de grosses touffes, mais à partir d'un point central. Tu en arraches quelques-uns et tu verras que cela "s'éclaircit" rudement !

Les grosses touffes de mouron, c'est la légion d'honneur du jardinier paresseux, je le rappelle : la signature d'un sol qui va bien !!!
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 02/10/17, 10:46

nico239 a écrit :
Au début j'avais mixé sans discernement tontes et foin ....

Mais ces jours ci justement en faisant mes sillons je me suis rendu compte que sous la tonte ben c'est pas du tout noir, ni en décomposition, ni en agradation, ni rien du tout....

Du coup j'en reviens de la tonte.



Les tontes et le foin c'est aussi différent qu'un engrais et du foin...

Les tontes, ce sont des plantes jeunes, en pleine croissance, riches en azote. Une structure tendre. Des substances "solubles". Pas de cellulose, pas de lignine, pas de sucres lents...la plante n'a pas encore songé ni a former des "fleurs sur ses tiges tout là haut", ni même à stocker ses sucres rapides...

C'est donc une fermentation bactérienne rapide, qui se compare à la décomposition d'un engrais organique. Les bactéries "écrasent" les champignons, qui sont les principaux "fabricants" de substances humiques, à partir de cellulose et de lignine. Voilà pourquoi tu as du "noir" uniquement sous le foin.

Pas de vraie aggradation à attendre des tontes et de l'activité bactérienne débridée !

En revanche, cela peut être intéressant pour rééquilibre en azote de la paille trop pauvre, ou des feuilles mortes, trop pauvres aussi...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 02/10/17, 12:16

Did67 a écrit :
sicetaitsimple a écrit :C'est intéressant. Pour ma part je ne l'ai pas vraiment observé car si je laisse un bout de parcelle nue en y semant une plante à faible développement ( mâche par exemple) , c'est généralement rapidement envahi par du mouron.D'où ma tendance à utiliser des plants, mais faire des godets de mâche ça me gonfle a priori un peu. On verra ce que je récolte cet automne/hiver avant de conclure.


Vérifie qu'il n'est pas plus simple de contrôler le mouron : il fait de grosses touffes, mais à partir d'un point central. Tu en arraches quelques-uns et tu verras que cela "s'éclaircit" rudement !

Les grosses touffes de mouron, c'est la légion d'honneur du jardinier paresseux, je le rappelle : la signature d'un sol qui va bien !!!


Oui, c'est ce qu'on dit, ça me console un peu!

Le problème de "contrôler", c'est qu'il ne m'attend pas, cet animal! Il suffit que je "saute" un WE et c'est parti, il n'a effectivement pas un système raninaire très résistant mais celui-s'étale très rapidement superficiellement et la pauvre graine de mâche qui a à peine germée supporte mal l'arrachage de son voisin.

Bon, ce n'est pas un drame, il n' y quasiment que mâche et radis que je sème à la volée en terre nue, et les radis s'en sortent car ils poussent beaucoup plus vite.
Est-ce qu'un semis type "Soltner" sur couche de compost serait une solution? Bon, je n'ais pas de compost, ça commence mal...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 02/10/17, 13:10

sicetaitsimple a écrit :
Bon, ce n'est pas un drame, il n' y quasiment que mâche et radis que je sème à la volée en terre nue, et les radis s'en sortent car ils poussent beaucoup plus vite.



Ah non, j'ai oublié un essai d'une petite pépinère en sol nu d'oignons blancs semés il y a environ un mois. Les pauvres!
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