Coucou tout le monde !
Je viens ENFIN de finir les 719 pages du fil principal (je l'ai enfin euuuuu gnaaaaaa !

) et pour me venger

j'ai décidé de vous pondre un énorme pavé moi aussi: bien fait ! ya pas de raison non mais !
En plus vous me devez bien ça vu les graves troubles mentaux que la lecture de ce fil ont fini par provoquer chez moi. Entre autre un TOC fort gênant pour mon entourage qui me pousse à crier « C’est pas du foin (ou BRF ou feuilles mortes ou autre matière organique abandonnée à son triste sort, rayer la mention inutile!) la, sur le bord de la route !? Ils en font rien ?? quel gachi ! faut que je revienne fissa le ramasser », suite à quoi je passe 15 minutes à essayer de convaincre ma fille qu'elle n’a pas vraiment besoin de siège arrière dans sa voiture et que non le foin ça gratte pas tant que ça... (pas folle je vais quand même pas salir MA voiture non plus

)
Je demande donc réparation pour ce grave préjudice, un des nombreux effet secondaire trop longtemps restés sous silence de la phénoculture !

Mais bon je suis sympa je vais quand même débuter un autre fil intitulé « mon jardin de méga-paresseuse dans le 63 ! » pour y mettre le gros du blabla et les photos et ne pas complètement pourrir le fil principal

Ici je vais essayer de résumer (pas gagné mais bon !

), les détails et suivis de culture seront donc la bas !
Mais revenons à mon jardin de méga-paresseuse dans le 63 !
En juin 2016 j'ai investi un petit terrain en friche de 750 m2 situé à environ 400 m de chez moi. Ce terrain sans eau ni électricité était resté à l'abandon depuis plus de 25 ans (mis à part la présence sporadique de quelques moutons) et je l’ai récupéré envahi de ronces, orties, sureaux, aillante, etc : en gros machette obligatoire pour se rendre jusqu'au fond et lettres insistantes de la mairie pour qu'on défriche vu que le terrain est situé en centre bourg juste à côté de cette dernière !
En juillet 2016 nous avons donc passé la débroussailleuse partout, coupé les arbres les plus gênants, débroussaillé les ronces et empilé le tout en 2 énormes tas, Au courant de l’automne nous avons vidé le fenil de l'ancienne ferme (notre maison d’habitation) qui contenait essentiellement du très vieux foin agrémenté d’un peu de vieille paille, bouts de branches, poussières de bois, poussière d'enduis à la chaux et autres trucs non identifiés. J’ai tout étalé en fond de parcelle en couche épaisse par dessus l’ancien roncier (emplacement du futur potager 2017) dans l'espoir de limiter la repousse jusqu'à ce que j'ai le temps de m'en occuper.
En Mai 2017 l'herbe et les orties faisaient plus d'1 m de haut sur le devant de la parcelle (non mulchée). Par contre sur l'arrière, à l'emplacement de l'ancien roncier mulché, pas une herbe et sous le mulch une magnifique terre noire étonnamment meuble. Donc visiblement le mulch épais posé à l'automne dernier a été une excellente solution pour mettre les ronces et la prairie à l’arret sans grand effort. J’ai fauché la prairie sur le devant de la parcelle et rajouté le foin récupéré (quasiment sec sur pied) directement par dessus l’ancien mulch en débordant un peu pour couvrir environ 50 m2. il y en a eu suffisamment pour faire un bon lit douillet de 20-25 cm sur toute la surface mais qui forcément devait être beaucoup moins tassé que si le foin venait d'une meule. J’ai complété la couche en cours d’été avec des fauches de bords de fossé et du vieux foin que j’ai encore en stock.
Le constat d'entrée dans les lieux est donc le suivant: c'est une friche non travaillée depuis de nombreuses années, la terre y est déjà vivante, argilo-limoneuse, assez riche en matière organique et fertile (on est sur le terroir des terres noires a blé de la limagne auvergnate). Il n'y a ni eau ni électricité sur le terrain. il y a 2 voisins directs: à droite une vielle dame qui tient un petit potager sol nu à l'ancienne, qu'elle traite à grand renfort de roundup et autre granulés anti limace toxique. A gauche un monsieur qui a un énorme jardin ornemental en contrebas de mon terrain: visiblement 50 cm de bonne terre végétale fertile on été excavés de son côté pour ne laisser qu’une terre pauvre et tassée sur laquelle il cultive une immense pelouse en monoculture qu’il passe son temps a tondre et à traiter dès que le moindre pissenlit apparait.
Mon futur potager est situé dans la partie arrière de mon terrain qui est un peu moins enclavées par les batiments autour donc plus ensoleillée. Il forme un triangle à peu près isocèle d'environ 50 m2 mesurant 12 m de côté avec la pointe dirigée au sud. Cette configuration m'a poussé à opter pour une implantation nord-sud des rangs (si on peut appeler ça des rangs vu le bordel qui y règne !

) qui me semble mieux occuper l'espace et être plus logique niveau ensoleillement que dans l'autre sens. Du coup je dispose de 4 très longs rangs d’environ 12 m (dont 2 accolés au centre) desservis par 2 longues allées enherbées. La voisine, elle, a opté pour l'inverse : de nombreux petits rangs orienté est-ouest. Je ne sais qui a raison - ni même si quelqu'un a raison - de toutes façons je me laisse toute latitude de changer d'avis dans le futur !
les objectifs de MON Potager de la méga-Paresseuse sont donc les suivants: "produire à partir d'une friche des légumes au goût faramineux, plus que bio, sans engrais, sans pesticides, sans se fatiguer, sans y passer des plombes et sans eau ni électricité ! "... rien que ça ! Dans mon cas l’agradation et la restauration de la vie du sol ne sont pas au programme car mon sol de départ est magnifique, le défi est d’arriver à ne rien saccager et de maintenir ce bel héritage tout en exploitant au mieux la parcelle. Et j’ai choisi pour se faire de le cultiver en phenoculture parceque les processus naturels de base me semblent globalement respectés tout en prenant en considération ma fainéantise surdéveloppée !
Je ne détaille pas ici le déroulé des cultures 2017: je mettrais tout ça dans le fil dédié à mon potager si j’ai le courage ! Pour résumer il y a eu de belles réussites (tomates, courgettes), des ratés (semis de haricots à refaire en godets) et des cuisants echecs (zero carottes cette année)! Mais je débute ma vie de potagère et donc il faudra faire des erreurs pour ne pas les refaire !

Ceci dit je peux deja faire un petit bilan en reprenant MES objectifs que je rappelle :
1) produire à partir d'une friche : fait! Les ronces et les orties ont été totalement mises sous silence avec un travail très minime... voir inexistant à part une fauche et une couche de foin! La plupart des souches sont restées sous le mulch tout l’été, j’ai simplement arraché les quelques pousses maigrelettes qui ont tenté une sortie...
2. des légumes au goût faramineux: fait! au niveau du goût on crève le plafond, les saveurs sont explosives et je trouve que tous les légumes sont particulièrement sucrés. C'est très net sur les concombres, courgettes, haricots verts, leur goût a été une révélation ! Les tomates anciennes sont succulentes, franchement on se régale!

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Récolte du 13 Août. Je ramassais a peu pres ça en tomates tous les 3J. J’ai eu un peu de mal à suivre niveau sauce et tomates séchées a un moment !
3. plus que bio, sans engrais, sans pesticides: fait! mais bon j'ai jamais produit autrement. Par contre j'ai déjà produit en quantité ridicule... La, la production a été au delà de toutes mes espérances côté tomates (début de production le 10 juillet) et courgettes, très satisfaisante pour le reste (sauf certains choux qui se sont fait allègrement bouffer tout l’été mais qui peuvent peut être encore se rattraper?). Bon le climat très sec cette année et le très bon sol "neuf" n'y sont sûrement pas pour rien. l'objectif sera d'arriver à maintenir tout ça sur la durée. Niveau maladies, pas grand chose... encore pas eu de mildiou sur les tomates (un plant de "Poolish Egg" a eu un truc bizarre débuté fort tot en saison, mais un de ses frères m'a fait la meme chose en pot à la maison donc rien à voir avec le mode de culture d'après moi - des feuilles du bas qui ont cramé sur d'autres variétés à partir de début Août, mais pas de lesions sur les tiges ni sur les fruits et feuilles du haut qui restent saines donc pour moi pas de mildiou et ça continue à produire actuellement. Oidium très discret sur les courgettes qui continuent à produire également. peut être un peu de mildiou sur les pdt rates ? ou pas: elle ont peut être aussi trépassé du non arrosage... Beaucoup de bestioles sur les brassicassées qui ont eu droit à des altises, des aleurodes et des pierides ! j’ai eu le flemme de faire plus qu’un traitement à base de décoction savon noir / poivre (qui avait pourtant bien marché), je laisse les choux aux bestioles si ça leur fait plaisir ya des trucs meilleurs à manger autour

globalement RAS sur le reste!
4. sans se fatiguer, sans y passer des plombes: Fait ! même pas arraché les orties ni les ronces, elles sont encore sous le foin mais dormantes pour le moment. Le plus pénible a été de faire les trous pour planter les légumes dans le sol un peu béton à certains endroits en juillet. Mais franchement j'ai déjà fait bien pire ! et à partir de début août ma fainéantise m'a poussé a tester une méthode dérivée de celle de Paysan-bio soit: faire un trou dans les 15-20 cm de foin, poser la motte issue du godet sur le sol, combler l'espace entre la mote et le foin avec un peu de terre gratée sur une partie non cultivée de la parcelle, remettre le foin autour de la plante, éventuellement arroser par dessus le foin si besoin est (soit quasi jamais vu que la motte était humide au départ) et basta! donc même plus de creusage et franchement ça a l'air de marcher aussi bien qu'en creusant ! 1 point de plus pour la paresse !
5. et sans eau ni électricité ! : fait ! oui j'y croyais pas trop mais à part les salades et peut être certains plants de pomme de terre posés sous foin qui ont souffert, les poireaux qui ont stagné jusqu’à l’arrivée des pluies, tout le reste a très bien poussé sans AUCUN arrosage autre que parfois à la plantation. Et pourtant il a fait vraiment très sec chez moi cet été, vraiment chaud... ma réserve d'eau de pluie de 300L même pas connectée (juste posée sous la gouttière du voisin qui déborde un peu en cas de forte pluie) n'est même jamais tombé a sec, vu que j'avais la flemme de faire les aller retour avec les arrosoirs... ho fallait deja se coltiner les paniers pleins de tomates, courgettes, patates et j'en passe a rapporter à pied a la maison il aurait pas non plus fallut arroser sous ce cagnard nan ??? on a dit PARESSEUX ! sinon ya tromperie sur la marchandise, rembourseeeeeez !!!
6. Vous pondre un gros pavé : Fait ! j’avais dit que je résumerais, une chance !

Merci à tous ceux qui font vivre ce fil, à ceux qui ont eu le courage de me lire et au plaisir de vous lire encore... j’ai passé un très bon été en votre compagnie que ce soit au potager, en cuisine ou sur le forum !
