Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 15:15

Mixieer56 a écrit :Bonjour, paresseux et novice en la matière, je vais tenter de récupérer des graines des légumes issus de semences Kokopelli.
Pour les tomates, salades ou courgettes pas de problème, en revanche les fèves, pois, haricots vert ?? Dois-je faire sécher les gousses ou les grains sans les gousses ? Et à quel stade : début, milieu ou fin de saison ?
Merci


1) La production de ses propres graines n'est pas une exclusivité "Kokopelli" : vous pouvez multilier toutes les graines des variétés dites "variétés stables" issues de sélection dite "sélection classique" (ce qui exclut essentiellement les variétés hybrides dits HF1 issues d'une hybridation).

En cas de doute, le catalogue officiel des semences du GNIS vous permet de trouver les quelques 45 000 variétés inscrites (une variété vendue dans le commerce est obligatoirement inscrite) et la fiche indique si c'est une "sélection classique" (vous pouvez multiplier) ou un "hybride" (vous ne pouvez pas.

Précision : vous pouvez toujours !!!! Mais à la génération suivante, dans l'un des cas, vous avez de fortes chances de retrouvez des plantes qui ressemblent à leurs parents, dans le second cas, non... Mais j'ai cette année une récolte tout à fait étonnante de radis issus de semences hybrides montées en graines. Des longs, des très longs, des tordus, des rien du tout...

Par ailleurs, pour les variétés allogames (fécondation croisée), cette condition n'est pas suffisante. Encore faut-il alors limiter ou supprimer la fécondation croisée : isolement d'une seule variété de la ^même espèce, ensachage de la fleur retenue comme femelle + fécondation manuelle contrôlée.

2) Dans tous les cas, laisser les "fruits" (ainsi nomme-t-on en botanique le "produit" issu de l'évolution de l'ovaire - donc une gousse est, en botanique, un fruit !) murir pour que les graines sont bien "remplies" des réserves dont elles auront besoin.

3) Certaines graines peuvent être la cible de parasites, qui viennent les "vider" (bruches et autres curculionidés). On peut alors les mettre au frigo, ce qui fige ces intrus... sans avoir a traiter.
2 x

Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 15:27

Moindreffor a écrit :si j'ai bien compris, Didier conseille de laisser les racines en terre car se sont des légumineuses et qu'elles capturent l'azote de l'air pour le stocker au niveau de leurs racines sous une forme consommable par les légumes qui suivront


Soyons précis, mes frères, mes sœurs...

1) Je recommande de ne pas arracher les plantes tant qu'on n'a pas besoin de la place et de ne récolter que ce qui est utile. Donc couper la pomme d'un choux, ou d'une salade, au-dessus des premières feuilles plus ou moins sales, plus ou moins rongées...Qui restent sur place. La plante reste "vivante" et fonctionnelle. Ainsi, le légume continue de vivre, de faire de la photosynthèse et surtout, de nourrir sous terre tous les organismes qui se sont associés à lui dans la rhizosphère.

2) Ensuite, pour les légumineuses, se rajoute à cela la fixation symbiotique de l'azote atmosphérique. Qu'on a aussi intérêt à "tirer" le plus en longueur...

Contrairement à ce qui est souvent écrit, les légumineuses ne nourrissent pas directement les plantes avec qui elles cohabitent. La fixation symbiotique nécessite beaucoup d'énergie et les légumineuses "perdent" une part non négligeable des produits de la photosynthèse (glucides) à "entretenir" les rhizobiums - les bactéries fixatrices qu'elles hébergent et nourrissent dans les nodosités des racines (jusqu'à un tiers, au moins, de mémoire). Donc elles ne fixent déjà pas assez d'azote pour elles ! Le maxi est je crois 80 % pour le pois. Souvent, ce n'est que 30 ou 40 %... Et puis dès qu'on fertilise, la fixation dégringole : pas question de gaspiller des glucides pour nourrir ces bactéries si les légumineuses trouvent de l'azote gratos qu'on leur apporte...

Les supposés bénéfices réciproques entre maïs et haricots dans la "milpa", tels que décrit, doivent être rangés au rang des légendes et croyances. Mais l'église est pleine à craquer !!!!

Mais en revanche, oui, via les résidus de culture de légumineuses, la culture suivante profite de cet apport. Les racines restent plus ou moins sur place. Les tiges/feuilles, c'est toi qui décide où tu veux mettre cette ressource... Là, où tu envisages de mettre l'année prochaine une culture gourmande en azote !
2 x

Moindreffor
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 5830
Inscription : 27/05/17, 22:20
Localisation : limite entre le Nord et l'Aisne
x 958

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Moindreffor » 22/06/17, 15:49

Did67 a écrit :
Moindreffor a écrit :si j'ai bien compris, Didier conseille de laisser les racines en terre car se sont des légumineuses et qu'elles capturent l'azote de l'air pour le stocker au niveau de leurs racines sous une forme consommable par les légumes qui suivront


Soyons précis, mes frères, mes sœurs...

1) Je recommande de ne pas arracher les plantes tant qu'on n'a pas besoin de la place et de ne récolter que ce qui est utile. Donc couper la pomme d'un choux, ou d'une salade, au-dessus des premières feuilles plus ou moins sales, plus ou moins rongées...Qui restent sur place. La plante reste "vivante" et fonctionnelle. Ainsi, le légume continue de vivre, de faire de la photosynthèse et surtout, de nourrir sous terre tous les organismes qui se sont associés à lui dans la rhizosphère.

2) Ensuite, pour les légumineuses, se rajoute à cela la fixation symbiotique de l'azote atmosphérique. Qu'on a aussi intérêt à "tirer" le plus en longueur...

Contrairement à ce qui est souvent écrit, les légumineuses ne nourrissent pas directement les plantes avec qui elles cohabitent. La fixation symbiotique nécessite beaucoup d'énergie et les légumineuses "perdent" une part non négligeable des produits de la photosynthèse (glucides) à "entretenir" les rhizobiums - les bactéries fixatrices qu'elles hébergent et nourrissent dans les nodosités des racines (jusqu'à un tiers, au moins, de mémoire). Donc elles ne fixent déjà pas assez d'azote pour elles ! Le maxi est je crois 80 % pour le pois. Souvent, ce n'est que 30 ou 40 %... Et puis dès qu'on fertilise, la fixation dégringole : pas question de gaspiller des glucides pour nourrir ces bactéries si les légumineuses trouvent de l'azote gratos qu'on leur apporte...

Les supposés bénéfices réciproques entre maïs et haricots dans la "milpa", tels que décrit, doivent être rangés au rang des légendes et croyances. Mais l'église est pleine à craquer !!!!

Mais en revanche, oui, via les résidus de culture de légumineuses, la culture suivante profite de cet apport. Les racines restent plus ou moins sur place. Les tiges/feuilles, c'est toi qui décide où tu veux mettre cette ressource... Là, où tu envisages de mettre l'année prochaine une culture gourmande en azote !


c'est ce que je voulais dire mais en hyper synthétique, j'en suis à la page 199 du fil, et je regarde ainsi les vidéos au fur et à mesure et effectivement dans celle que je regarde actuellement tu parles des repousses de choux

entre suivre depuis le début et suivre à partir de la page 500, ça fait du boulot tout de même, en tout cas toi pour un paresseux tu en a abattu du travail pédagogique et didactique sur ton retour au jardin, car en fait je reviens au jardin car toi avec tes connaissances tu y es revenu et tu as eu la grande gentillesse de nous en faire part

il est vrai que je comprends tes explications biologiques, chimiques, etc.. mais le plus important est tout de même mon retour au jardin

j'hésitais encore (pas fait cette année) mais là c'est bon, en septembre je commence ma formation d'apiculteur et tu en sera en partie responsable... (il faut toujours un coupable dans les bonnes histoires :| )
1 x
"Ceux qui ont les plus grandes oreilles ne sont pas ceux qui entendent le mieux"
(de Moi)

Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 16:09

Je te recommande alors une excellente revue : "Fruits et Abeilles", qui est essentiellement "locale" (Alsace-Lorraine), mais qui s'exporte aussi dans d'autres régions et même à l'étranger...

[Depuis quelques mois, j'y tiens une rubrique sur le "Potager du Paresseux", qui acquiert ainsi une notoriété locale grandissante]
1 x

Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 16:12

Moindreffor a écrit :
il est vrai que je comprends tes explications biologiques, chimiques, etc...



Ah put......punaise, purée donc, cela fait plaisir !

Je me décarcasse à rendre "compréhensible" des choses qui sont parfois complexes... Avec bien sûr l'objectif d'encourager à produire ses légumes "plus que bio" en masse. Pas juste "comprendre" !
1 x


Avatar de l’utilisateur
Julienmos
Grand Econologue
Grand Econologue
Messages : 1265
Inscription : 02/07/16, 22:18
Localisation : l'eau reine
x 260

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 22/06/17, 16:35

et comme toujours je viens vous soumettre un problème de la plus haute importance :lol:

limaces et limaçons ne détestent point nos salades plus que bio de chez bio.

quand je ramasse une limace, j'ai de la bave sur les doigts, même avec du savon ça s'enlève pas facilement.

mais quand je lave des feuilles de salade pour les consommer, j'ai jamais l'impression qu'il y a de cette bave dessus, il faut croire que ça "n'adhère" pas aux végétaux ?
1 x

Adrien (ex-nico239)
Econologue expert
Econologue expert
Messages : 9845
Inscription : 31/05/17, 15:43
Localisation : 04
x 2154

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Adrien (ex-nico239) » 22/06/17, 16:45

Ahmed a écrit :Pour compléter la réponse de Did sur le dernier facteur qui était "le type de pluie", il est clair qu'une pluie intense et courte, à grosses gouttes, sera plus efficace que la même quantité d'une pluie fine sur un laps de temps plus long (sauf déluge, évidemment, auquel cas c'est forcément efficace dans tous les cas de figure :lol: ); de même, il est préférable d'arroser avec un débit important et une pression faible, plutôt que l'inverse: l'eau passe ainsi directement à travers le foin et se répartit ensuite dans le sol.


Impec impec merci pour toutes les réponses...

Je pense que je vais m'équiper d'un petit mesureur pour étudier cela d'un peu plus près... et notamment le rapport mm/arrosage/épaisseur de paille/type de pluie/durée :shock: pas sorti de l'auberge... :cheesy:
0 x

Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 17:01

Julienmos a écrit :
quand je ramasse une limace, j'ai de la bave sur les doigts, même avec du savon ça s'enlève pas facilement.

mais quand je lave des feuilles de salade pour les consommer, j'ai jamais l'impression qu'il y a de cette bave dessus, il faut croire que ça "n'adhère" pas aux végétaux ?


1) Je mets des gants utilisés par les aides-ménagères (bon, cela pollue un peu)

2) Sinon, j'ai une toute petite brosse. Tu brosses les doigts "gluants", cela part très bien.

3) C'est vrai que je ne me suis jamais posé la question de la "bave de limace" sur mes salades... Là, ta question, enfin remarque, est excellente ! Pas de réponse ! Y en-t-il ? N'y en a-t-il pas ? N'adhère-t-elle pas ???? That is the question !!!!
1 x

Avatar de l’utilisateur
Mixieer56
Bon éconologue!
Bon éconologue!
Messages : 402
Inscription : 10/10/16, 09:00
Localisation : Ambon 56
x 94
Contact :

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Mixieer56 » 22/06/17, 17:27

Did67 a écrit :
Mixieer56 a écrit :Bonjour, paresseux et novice en la matière, je vais tenter de récupérer des graines des légumes issus de semences Kokopelli.
Pour les tomates, salades ou courgettes pas de problème, en revanche les fèves, pois, haricots vert ?? Dois-je faire sécher les gousses ou les grains sans les gousses ? Et à quel stade : début, milieu ou fin de saison ?
Merci


1) La production de ses propres graines n'est pas une exclusivité "Kokopelli" : vous pouvez multilier toutes les graines des variétés dites "variétés stables" issues de sélection dite "sélection classique" (ce qui exclut essentiellement les variétés hybrides dits HF1 issues d'une hybridation).

En cas de doute, le catalogue officiel des semences du GNIS vous permet de trouver les quelques 45 000 variétés inscrites (une variété vendue dans le commerce est obligatoirement inscrite) et la fiche indique si c'est une "sélection classique" (vous pouvez multiplier) ou un "hybride" (vous ne pouvez pas.

Précision : vous pouvez toujours !!!! Mais à la génération suivante, dans l'un des cas, vous avez de fortes chances de retrouvez des plantes qui ressemblent à leurs parents, dans le second cas, non... Mais j'ai cette année une récolte tout à fait étonnante de radis issus de semences hybrides montées en graines. Des longs, des très longs, des tordus, des rien du tout...

Par ailleurs, pour les variétés allogames (fécondation croisée), cette condition n'est pas suffisante. Encore faut-il alors limiter ou supprimer la fécondation croisée : isolement d'une seule variété de la ^même espèce, ensachage de la fleur retenue comme femelle + fécondation manuelle contrôlée.

2) Dans tous les cas, laisser les "fruits" (ainsi nomme-t-on en botanique le "produit" issu de l'évolution de l'ovaire - donc une gousse est, en botanique, un fruit !) murir pour que les graines sont bien "remplies" des réserves dont elles auront besoin.

3) Certaines graines peuvent être la cible de parasites, qui viennent les "vider" (bruches et autres curculionidés). On peut alors les mettre au frigo, ce qui fige ces intrus... sans avoir a traiter.


Merci Didier pour ces compléments d'information, je vais donc vérifier les graines avant de les récupérer.
Quant à la revue dont tu parles elle me paraît très utile pour approfondir mes connaissances de débutant...
0 x
" Mets le désordre dans ton jardin et de l'ordre dans tes idées !" Didier Helmstetter

Avatar de l’utilisateur
Did67
Modérateur
Modérateur
Messages : 20362
Inscription : 20/01/08, 16:34
Localisation : Alsace
x 8695

Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 22/06/17, 17:38

Dans ta situation, si j'ai bien compris, tu es à l'écart ?

Donc c'est très simple :

a) Si c'est une variété stable ("sélection conventionnelle"), peu importe la marque, Kokopelli, Gondrian, Botanic, Vilmorin (et tant d'autres) : tu continues au point b).

Si c'est un hybride, tu laisses tomber (ou tu te payes une "aventure" comme moi avec les radis : il y aura des plantes, qui ressembleront parfois, et parfois pas du tout, aux parents ! Ne pas confondre avec toutes les histoires de gênes "terminator" etc, et les OGM - interdits en France).

b) La plante est "autogame" : haricots, petits-pois, etc... : tu peux produire sans autre problème.

La plante est allogame : alors il faut aller au point c.

c) Tu ne cultives qu'une variété (ou tes variétés sont suffisamment décalées pour que la floraison de l'une est terminée quand commence celle de l'autre) : tu peux multiplier (car la fécondation se croisera, mais nécessairement entre plants de la même variété, donc génétiquement, tout se passe comme si l'espèce était autogame !).

Tu cultives plusieurs variétés qui fleurissent ensemble (courges par ex) : là, tu dois choisir une fleur, que tu prendra comme femelle ; tu l'isoles dans un sachet avant qu'elle ne s'ouvre ; tu la féconde à la main (un pinceau) avec le pollen pris sur une fleur de la même variété et tu refermes tout de suite : tu prendras les graines du fruit issu de cette seule fleur.

Voilà, c'est pas plus compliqué !
2 x


 


  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message

Revenir vers « Agriculture: problèmes et pollutions, nouvelles techniques et solutions »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 10 invités