Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
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Did67
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 21:29

J'ai un témoignage, avec photos, de Manfred Wenz, cet agriculteur allemand qui cultive depuis une trentaine d'années sans aucun travail du sol : les producteurs autrichiens de pdt "bio", qui travaillent le sol, buttent, etc... "paillent" avec du foin après buttage pour lutter contres les doryphores. Une de ses photos montre un champs paillé, indemne, et à coté, un champs non recouvert, bien attaqué...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 21:31

paysan.bio a écrit :à propos de déséquilibre,
j'ai trouvé 1 doryphore adulte dans mes patates alors que les jardins de mes voisins sont envahis.


Peut-être un "explorateur", un Indiana Jones... Nul sait s'il serait resté ? S'il aurait pondu là ???
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Julienmos
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 09/06/17, 21:32

Tout était trop beau, des légumes en pleine santé, peu ou pas de limaces et… patatras !

violent orage de grêle cet après-midi (en mon absence), au retour je trouve ma cave à demi inondée, le petit tunnel à tomates moitié arraché, une grosse branche d’un vieux mirabellier du voisin abattue sur la clôture…

et je vous dis pas les dégâts dans le potager : tiges ou feuilles des tomates, des pommes de terre, cassés, idem les feuilles des oignons, feuillages des légumes plaqués au sol par le vent, légumes feuilles complètement lacérés (choux notamment), les poivrons eux carrément déplumés (défeuillés).

Je ne doute pas que certains plants vont repartir, mais pas mal d’autres sont fichus… les tiges des tomates portent d’importants stigmates (impacts des grêlons), porte ouverte au mildiou ?

A l’instant où j’écris, il y a encore de gros paquets de grêlons pas fondus un peu partout.
Orage ô désespoir… :lol:
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 21:40

olivier75 a écrit :As tu commencé sur un jardin que tu avais complètement abandonné ou sur un bout que tu avais réussi à continuer?
On est tous d'accord, je pense, sur la facilité de transformer une prairie, quid avec un potager classique, qui plus est avec des voisins "traditionnels". ???
Olivier.


Oui, j'ai d'abord recommencé sur mon "vieux" potager, plus ou moins en état, que j'avais du mal, physiquement, à "entretenir", au sens bêcher / piocher... Puis les extensions se sont faites par vagues annuelles successives sur prairie...

Mais je suis depuis 40 ans méfiant du sulfate de cuivre. Donc je n'en ai pas utilisé. Je n'utilisais pas d'engrais solubles non plus. Donc ce n'était pas un sol "matraqué", même si je dérangeais gravement les organismes vivants du sol par le travail... Pas de motoculteur (avant mon infarctus, j'avais envisagé d’en acheter un !!!!)

Je pense qu'il y a toute une graduation dans le matraquage, en fonction de l combinaison (ou de l'addition des fcateurs suivants) :

- fraises de motoculteur
- bêchage / piochage
- traitements bouillies bordelaise
- engrais minéraux solubles, notamment azotés
- autres pesticides (insecticides à spectre large - éventuellement "bios")...

Toiut cela peut se cumuler et s'accumuler (cuivre), conduire à des dégâts aux différents aspects de la vie du sol : vers, bactéries, champignons...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 21:54

olivier75 a écrit :Tu ne sème pas direct des légumes racines quand même?
Olivier.


Pour ma part, j'ai toujours semé directement les navets, les betteraves rouges... A ùma façon : juste dans des sillons, sans rapporter de terreau ou compost ou terre de taupinière... Et depuis deux ans, alors que je m'auto-censurais de façon stupide, les carottes... Cette année, le fond de sillon était "gadoue", alors j'ai recouvert de terreau. J'ai fait des rutabagas (je ne suis pas fan, c'était pour attirer les campagnols, mais ils s'en fichent, ils préfèrent mon persil !).
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 21:56

Julienmos a écrit :A l’instant où j’écris, il y a encore de gros paquets de grêlons pas fondus un peu partout.
Orage ô désespoir… :lol:


Seule consolation : si tu avais fait un boulot de fou, bêché, pioché, ameubli la terre, retourné, désherbé, etc... ce serait pareil !!!!
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 09/06/17, 22:14

Did67 a écrit :
2) Oui, selon les légumes, une nette différence jusqu'à quasiment pas de différence. Je ferai le point. Relance-moi si j'oublie. Je comprends un peu mieux le mécanisme et "ajuste" mes conseils. En gros, peu d'activité biologique en sortie d'hiver du fait d'un sol froid ; le compost apporté est alors pré-digéré et apporte plus vite, plus facilement l'azote dont les légumes gourmands ont besoin...

C'est donc un élément qui peut limiter un peu le "retard à l'allumage"... En attendant que le sol digère le pain, on nourrit les légumes avec de la Blédine !


Toute "erreur" fait avancer le schmilblic, si on réfléchit au pourquoi du comment !!!!

J'ai écrit à plusieurs reprises qu'un sol vivant est un système tellement complexe qu'on a un peu de mal à le "modéliser" dans sa tête.

J'ai, à juste titre je pense, réfléchi à la question de la "nourriture" énergétique des organismes vivants du sol, ce qui m'a amené à penser qu'il fallait mettre la biomasse fraiche sur toute la surface du jardin.

Mais en effet, mis en novembre, alors que les organismes sont en léthargie, le foin ne vas pas véritablement se décomposer avant maintenant...

J'ai réfléchi au rapport C/N, éviter l'effet dépressif par "emprunt" de l'azote...

J'ai calculé les apports du foin, par rapport à la tonne apportée, et vu que c'était autant, voire plus que fumier ou compost.

Et j'ai fait une erreur monumentale : ne pas penser à la vitesse des cycles. Il est évident qu'un terreau bien décomposé, un compost mûr tel celui qu'on a mis à Wintzenheim, est pré-digéré, donc très vite disponible. Alors que le foin a encore toute une cascade de réactions de décomposition devant lui. Celles que le compost à subit en tas. Donc mes apports sont là, mais "sous clefs" !!!

On a là une illustration géniale du fait qu'un avantage est aussi, en même temps, un défaut ! Le foin nourrit bien les organismes. Parce qu'ils doivent le décomposer. Ils mettront donc du temps. Ceci est positif : bien nourris, ils produisent des glus, ils "turbomixent", ils se multiplient, ils aggradent. Et le même phénomène est un énorme défaut : les bactéries qui vont faire la transformation ultime en nitrates, donc la phase finale de la décomposition, attendent que toute la cascade de réactions préalables soit finie !!! Sur un compost m^rus, cela démarre tout de suite par la fin !!! Mais beaucoup moins d'aggradation !!!

Donc il faut du compromis. Chose promise et con promis ?

Donc je gagne le fait de bien nourrir mes organismes du sol durant la belle saison,. Donc une "belle" aggradation des sols.

Mais je perds la "force de réaction rapide"...

Bref, donc, il va falloir jouer un peu plus finement !!!

Pour certains légumes, pour lesquels la rapidité est clef (mes premières salades, quelques choux primeurs, etc...) : sacrifier un peu d'énergie pour apporter une matière pré-digérée...

Pour d'autres, se désintoxiquer de l'idée qu'il faut que cela aille vite, que cela soit "gros", etc... Notamment popur toues les légumes de conservation, je vais continuer. Je m'en fiche d'avoir 15 jours ou 3 semaines de retard. Cela poussera plus longtemps en automne. Poireaux, choux, pdt, etc...

Enfin, sur d'autres légumes, moins gourmands en azote, la différence n'est pas visible : légumineuses, aillacées... Je ne changerai pas.

Je vous mets en toute transparence le compte-rendu que m'avait envoyé Guillaume, l'ingénieur horticole avec qui je travaille là-bas :

En attendant, je te donne les infos concernant les plantations et semis (en pièce jointe).
Le bloc 1, planté ensemble donne de plus ou moins bons résultats.
Les petits pois qui ont réussi à lever et passer entre les lèvres des limaces sont en fleur, mais peu développés.
Les épinards sont montés maintenant, nettement plus développés sur la zone où du compost a été déposé avant le foin.
Les salades sont enfin en train de se développer, je pense qu'il a fallu le temps au système racinaire de se mettre en place. Elles sont plus développées sur la zone où il y a eu du compost.
Pas de différence notable visuellement entre zone avec et zone sans compost en ce qui concerne les oignons et échalotes.
Les choux plantés en avril se sont en partie fait bouffer par les limaces, certains stagnent, d'autres poussent tranquillement. La zone compost accueille les plus beaux.
Tomates et courges plantées mi-mai sont bien installées.
Les semis d'aujourd'hui (carottes, betteraves, navets, haricot nain) ont été recouverts de terreau pour faciliter le démarrage car sans ça le semis était compliqué (humide et compact en dessous, difficile à décompacter et à bien affiner avec un outil à main...).
L'ensemble a été arrosé hier et pour certaines cultures encore ce matin pour faire face à la sécheresse générale et aux chaleurs. Mais il faut y aller au goulot plant par plant car sinon, tout pousse : les principales adventices sont : chiendent et liseron en tête, puis chardons, tanaisie. Aucune annuelle ne traverse la double ou triple couche de foin posée sur les blocs.


On a mis le foin mi-décembre. C'était du foin en vrac, fauché juste à coté. On n'en a pas mis assez. Par ailleurs, à Wintzenheim, tout près du vignoble, il y a un sol caillouteux extrêmement desséchant.

J'essaierai de récupérer des analyses de sol de la zone (il n'y en a pas eu de spécifiques sur notre démo).

J'ai discuté avec Guillaume sur place aujourd'hui : il ne devrait pas y avoir de problème pour conduire l'essai au bout. Et le reconduire l'année prochaine (c'est juste astreignant pour moi, à environ 100 km de chez moi !).
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Ahmed
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Ahmed » 09/06/17, 22:27

Oui, il y a bien une stratégie globale, puis quelques tactiques spécifiques par rapport à des objectifs particuliers... Il convient donc de jouer finement sur ces différentes possibilités, sans vision monolithique.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 09/06/17, 23:07

Did67 a écrit :
Julienmos a écrit :A l’instant où j’écris, il y a encore de gros paquets de grêlons pas fondus un peu partout.
Orage ô désespoir… :lol:


Seule consolation : si tu avais fait un boulot de fou, bêché, pioché, ameubli la terre, retourné, désherbé, etc... ce serait pareil !!!!


certes, mais le foin aura quand même été un peu de boulot aussi, vu que je l'avais amassé moi même (pas de rouleau acheté).

La question que je me pose surtout, c'est si les nombreuses "blessures" sur les tiges des tomates peuvent "cicatriser" ?

sinon, peut-être acheter d'autres plants, il est pas trop tard déjà j'espère ?
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olivier75
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar olivier75 » 09/06/17, 23:23

Didier,
Avec paysan bio on parlait de semi directement sur herbe tondue avec du terreau sur les graines, mais sans l'avoir étouffée avant.

Merci à tous pour vos réponses, je pense en fait à un terrain qui est plus que matraqué, c'est le surplus d'un ami, qui le passe au motoculteur ou au vibro plusieurs fois par ans, depuis qu'il s'est calmé avec le désherbant, pour qu'il soit propre et garder de bonnes relations avec ses voisins.
Louper (ou même ne pas très bien réussir) une mise en phenoculture là serait une très mauvaise idée.

Olivier.
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