Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
Ahmed
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Ahmed » 12/05/17, 07:49

Bien entendu, l'agriculture industrielle assure l'approvisionnement d'une grande partie de la population mondiale, mais une part non négligeable de celle-ci fonctionne avec d'autres pratiques.
Sicetaitsimple, tu écris:
Donc, si c'était simple, ça se saurait et on aurait depuis longtemps des systèmes agricoles respectueux de l'environnement et capables de nourrir le monde entier.

Cette proposition serait vraie si la question se réduisait à un problème technique, ce qui n'est pas le cas.
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paysan.bio
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar paysan.bio » 12/05/17, 08:22

sicetaitsimple a écrit :
paysan.bio a écrit :
sicetaitsimple a écrit :
Quel rapport avec ce problème supposé d'asphyxie racinaire?


le complexe argilo-humique est le facteur décompactant des sols, il réduit l'effet lissage étanche de la croute superficielle.
la plupart des formules chimiques ont un effet compactant du sol.
les labours profonds diluent le pourcentage humique des sols ,en plus,ils créent des semelles de labours.
le poids des tracteurs compacte les sols
les traitement chimiques tuent la faune et la flore microbiennes des sols notamment le 1er cm qui est si important pour la fertilité.
beaucoup de varièté anciennes avaient des systèmes racinaires plus développés que les variétés récentes et participaient ainsi au décompactage.
le choix agronomique d'une monoculture comme le mais irrigué qui est fortement primé appauvrit certaines strates du sol et le déséquilibre.


Tout ce que tu dis est exact. So what?

Qu'on le veuille ou non, ce n'est pas l'agriculture de paysan-bio qui nourrit ( pas suffisamment dans certains coins) aujourd'hui environ 7,5 milliards d'habitants du monde. C'est l'agriculture mécanisée, chimique, industrielle, tu la qualifies comme tu veux...Et sur les 7,5 milliards en question, une grande partie leur problème c'est d'abord de bouffer. Une petite partie c'est de bouffer plus "bio".

Tu peux faire tes petites pyramides de terreau de chiendent comme je fais d'autres trucs qui m’intéressent, c'est juste un luxe de bien-portant....

L'agriculture "biologique", en la qualifiant d'un adjectif un peu englobant même s'il recouvre des aspects très variés, souffre juste de rendements insuffisants pour nourrir la terre entière, c'est juste un fait....Du moins c'est le cas aujourd'hui.

Alors on peut s’intéresser, partager, progresser sur un blog comme celui-ci en tant qu'amateurs auto-producteurs , mais faut surtout pas partir sur des théories "d'asphyxies racinaires" supposées de systèmes qui quoiqu'on en disent produisent en quantité au moins deux fois plus qu'un système "bio", quand on parle de "vraie nourriture" que sont les céréales.

Bon d'accord mon discours peut paraître négatif, mais faut juste pas rêver, d'ailleurs mon pseudo c'est "sicetaitsimple".

Donc, si c'était simple, ça se saurait et on aurait depuis longtemps des systèmes agricoles respectueux de l'environnement et capables de nourrir le monde entier. Ce n'est pas le cas, il y a donc du chemin à parcourir, mais peut-être qu'à notre tout petit niveau nous pouvons faire avancer un tout petit peu le processus. Faut juste rester très modeste......


la phrase" si c'était si simple, tout le monde le ferait", je l'entend plusieurs fois par jour dans mon métier actuel de constructeur de maisons en paille.
je l'ai entendue des milliers de fois quand j'étais paysan.

je ne suis pas d'accord pour dire que le modèle industriel nourrira le monde entier.
je ne suis pas d'accord pour dire qu'il est la solution des gens qui ont faim.
quand on ne leur impose pas le chimique, les OGM ET LE lAND GRABBING les africains développent des modèles comme celui de SONGAI.

pour la question des rendements,en framboises,en bio,j'avais 8 fois le rendement des conventionnels.

Gilbert,de fraternités ouvrière a planté 1800 arbres sur 2000 M2.il cultive sur 3 étages.

l'étude du bec héllouin a prouvé que le modèle de permaculture est viable même si je pense que pour l'instant beaucoup des techniques qu'ils utilisent sont perfectibles.

c'est sûr que si les études économiques du bio se basent sur ce qu'on a vu sur la vidéo du bâcheur,ça ne risque pas de se développer.

pour la modestie, je n'ai pas essayé de me mettre en avant, j'ai répondu à une question sur la date de plantation de tomates.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 08:57

Sans reprendre tout le débat : l'agriculture conventionnelle est déjà morte, mais on ne le sait pas.

Le système a permis des rendements certes très importants et remarquablement stables, par la "maîtrise" des facteurs extérieurs eau / fertilité / parasites (et parfois températures : serres). Je ne fais pas partie de ceux qui "décrient" ce système, en tout cas pas sa productivité. Et encore moins les agriculteurs, qui sont les premières victimes (mais ne la savent pas toujours).

Il l'a fait au prix d'une perte d'environ la moitié du stock de substances humiques des terres labourées (en France, en 50 ans). Cela n'a l'air de rien, mais on a vidé le "livret bleu" laissé par nos aïeux. Et même si on multipliait les apports de matière organique fraiche (qu'on n'a pas !) par 4, il faudrait 50 ans pour remonter la pente ! Rien de glorieux, à être de tels héritiers !

Il l'a fait au prix de dérives sur les écosystèmes, qu'on ne retrouvera pas "propres" de sitôt.

Au prix sans doute de la santé (temporairement, en raison de la faim des pénuries, et des progrès énormes de la médecine - je suis bien placé ! - l'espérance de vie augmente ; je suis convaincu - ce qui n'est pas une preuve ! - que l'espérance de vie des générations nourries dès le berceau aux produits avec des résidus, va diminuer).

Surtout et avant tout, elle l'a fait en substituant aux cycles naturels, les énergies fossiles et les engrais d'origine minière, dont les stocks commencent à s'amenuiser. Et c'est pour cela que sous cette forme, je dis que le système est déjà mort. Ce n'est qu'une question de temps pour qu'il se décompose. Que demain les prix des énergies triplent et on pourrait voir surgir des pénuries. Des conflits d'une violence inimaginable. Pour l'instant, le Titanic vogue... Que demain les mines de potasse de Biélorussie ou du Canada (de mémoire), se vident comme les mines alsaciennes, que les mines de phosphate de Mauritanie s'épuisent, et le système s'écroule.

C'est comme ces familles bourgeoises du 18ème, avec leurs grands châteaux. Ils ne savaient pas qu'elles étaient déjà en faillite et menaient encore grand train !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 09:05

Ahmed a écrit :Cette proposition serait vraie si la question se réduisait à un problème technique, ce qui n'est pas le cas.


En effet.

Mais rien que "techniquement", comme j'ai essayé de le faire, il y a déjà lieu de douter : bilan énergétique catastrophique de cette forme d'agriculture, coté "minier", "externalités négatives" (pour ne pas dire pollution et résidus)...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 10:31

paysan.bio a écrit :l'asphyxie racinaire est un problème majeur dans presque toutes les techniques de culture.


Hasard : avant-hier, j'ai fait des photos d'un pied de tomate asphyxié (sans doute ???) dans ma serre... Je vais poster cela prochainement.

Je suis d'accord : l'asphyxie est liée à la compactification de la terre. Et au manque de galeries de vers. Il ne suffit pas qu'il y ait de l'air. Il faut que cet air circule et se renouvelle progressivement.

Dans ma serre, j'ai tenté, sachant que tout avait été piétiné lors du montage de la structure. Impossible de circuler sur les planches (à deux, c'était un peu limite pour monter ce type de structure, donc on déployait toutes nos forces et on avait la tête en l'air... peu importe où on marchait).

Et une variété de tomates, outre le froid, a souffert : une fois le froid passé, je me suis résolu à déterrer un pied pour constater que les racines à la surface de la motte étaient... pourries. Le pied refaisait des racines adventives (celles qui poussent sur les tiges)...

Cependant, j'ai msi ???? Car à coté, d'autres variétés, mises au même endroit, au même moment, d'origine comparable (supermarché, non bio) ne souffrent pas ainsi. Les 6 pieds de la première variété sont toutes en piteux état. Les 6 de la seconde variété, sans être resplendissants, sont OK.

Donc au moins la sensibilité de la variété joue. Peut-être aussi le terreau, les traitements avant la vente, etc... ???

Il reste que l'asphyxie et le tassement du sol sont une peste, pour une raison simple : tous les "bons" processus du sol sont aérobies. Et l'anaérobiose ne donne que des mauvaises choses : asphyxie (les cellules des racines respirent), fermentations, réductions chimiques... Pour cette raison, normalement, au printemps, sur sols humides, je circule sur planches pour ne pas détruire le "fruit" de l'aggradation.

Je suis aussi d'accord sur le fait que cultiver sous le foin, "classiquement" comme je le fais, ne peut que conduire à des retards et/ou des difficultés en raison du sol froid.

A titre d'info : j'ai mesuré 15° C en sol nu hors serre, et 18° sous petite couche de foin (laitues) dans la serre il y a 3 jours... Je voulais encore mesurer ailleurs, mais des fois, il faut quand même que je travaille un peu !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 10:34

paysan.bio a écrit :
pas seulement à cause de la phytotoxicité.
surtout à cause de la température de la terre trop basse.
je n'ai plus le retard à l'allumage que vous avez pu constater en phénoculture.
si ce retard se ratrape par rapport aux cultures conventionnelles, ce n'est pas le cas dans cette configuration.
j'avais la première courgette ronde en fleur hier en extérieur.
puis ça me permet d'avoir des légumes rapidement et de faire plusieurs rotations dans la saison.
pour les légumes feuilles, ça me permet de devancer les limaces. plus le plant grandit vite, moins les attaques de limaces ont des conséquences graves


Tout à fait d'accord.

Même s'il faut resituer dans le climat de la Drôme.

[j'ai aussi ma première petite courgette... dans la serre !]
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 10:39

paysan.bio a écrit :
le complexe argilo-humique est le facteur décompactant des sols, il réduit l'effet lissage étanche de la croute superficielle.



Je pense qu'il faut élargir ce bon vieux et sacré "complexe argilo-humique".

Les substances humiques sont un des colloïdes du sol, mais pas le seul. Les glomalines des champignons jouent également un grand rôle s'agissant de structuration, stabilité structurale des sols, et d'aggradation. Et les glus des bactéries (bien connues dans les biofilms - je potasse, quand j'ai le temps, la question des biofilms en médecine, il y a quelques "analogies" là qui m'intéressent...). Et même les baves des limaces, les fécès de pas mal de "grouilleurs" / décomposeurs primaires (dont les turricules des vers de terre)...

En jardinant avec les organismes vivants, on a en vérité toute une palette de mécanismes, immédiats (glus bactériennes), moyen terme (glomalines - durée de vie d'une dizaine d'années), long terme (substances humiques - durée de vie en centaines d'années)...

Je pense qu'il faut aujourd'hui avoir une vision plus globale des colloïdes dans le sol (NB : les colloïdes font aussi leur chemin en médecine - cf argent colloïdal).
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 10:46

Julienmos a écrit :
je voudrais tout de même demander son avis à Did, rapport à mon post sur le moment "opportun" pour repiquer les plants de tomate... (les gelées nocturnes n'étant maintenant plus à craindre, normalement).

Comme c'est le première année que j'expérimente la phénoculture, j'ai pas l'expérience...

as-tu déja repiqué tes tomates (en dehors de la serre) ? je crois savoir que d'hab, tu te fies surtout à ton "instinct" pour décider du moment de la plantation.

J' hésite à le faire dès les prochains jours, à cause du sol encore un peu froid sous le foin (risque pour les plants ?) peut-être est-il préférable de retarder cette plantation de 8 ou 15 jours (donc vers la fin mai) ?

bref, pour généraliser, avec le foin qui ralentit le réchauffement su sol, c'est toujours la même incertitude:

-soit on sème ou plante aux époques "habituelles" comme les jardiniers conventionnels, mais alors la question est: y aura t- il seulement une plus grande lenteur de croissance, ou bien est-ce qu'on risque de compromettre la levée des semis ou la fragilisation voire le dépérissement des plants repiqués ?

-soit on attend 15 jours de plus pour planter / semer ?

il me semble que toi, tu ne traînes pas, puisque tu as l'air déja bien avancé dans ton potager du paresseux ?

pour les courgettes, poivrons, potimarrons j'attends le mois de juin.


1) Il n'y a pas que moi ici... Mais je comprends : nous avons des climats voisins.

2) Comme tu le dis : difficile de dire quelque chose sur ce que sera la météo !!! Donc je joue au loto et je ne mets pas tous les oeufs dans le même panier...

3) Concrètement, je n'ai pas encore planté les tomates dehors car : a) tunnel pas prêt [je suis sur un chantier dans la maison] et comme il est difficile de ne pas piétiner... b) j'en ai dans la serre-tunnel fermée, je ne suis pas pressé...

Sinon, j'aurais mis là (hier)...

Je n'ai, dans le passé, jamais constaté de "dégâts" (au sens de plants crevés). Uniquement du "retard à l'allumage"...

4) En revanche, on vient de planter les choux (qui "végétaient" un peu dans les godets - terreau acheté pauvre ; j'aurais aimé qu'ils soient plus costauds pour limiter les dégâts des limaces), des potimarrons (achetés). J'ai repiqué il y a quelques jours déjà tout ce que j'avais de "salades" en terrines, les oignons (pas les poireaux, un peu rachitiques, mais cela ne saurait tarder).

5) Nous avons semé un peu de tout : carottes, basilic, fenouil, condiments...

6) P....! La place commence à manquer !!!
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 12/05/17, 10:55

Julienmos a écrit :
je crois que K Schreiber, dans les vidéos que j'ai regardées, dit plutôt l'inverse, à savoir que seule une agriculture sans travail du sol, avec sol vivant, toujours couvert, sans engrais ni pesticides etc... sera à même de nourrir la planète, et que l'agriculture conventionnelle n'a pas de passé ni d'avenir.
Evidemment, ça risque de durer encore un peu avant d'en sortir...


Je crois qu'il est inutile d'essayer de se convaincre les uns les autres via des "experts"... Il en est comme des hommes politiques : chacun d'entre eux affiche ses convictions (souvent étayés par des observations, des diagnostics, des raisonnements)... Mais le cerveau humain est incapable de saisir toutes les complexités des systèmes vivants (ou, s'agissant de la politique, des sociétés humaines).

Donc pour nous, simples jardiniers, il en est comme des électeurs : on choisit l'expert en fonction des convictions... Celui qui fait "résonance". Pour un contradicteur, cela ne veut pas dire grand chose.

Sans avoir lu, j'ai développé (enfin développé, non : résumé en 3 mots - je vous prie de croire que ma pensée est un peu plus complexe que ce que je peux clavarder vite fait en buvant mon café !) pourquoi je crois que le "système" (il faut toujours regarder quelque chose comme un système complexe : qu'est-ce qui rentre, qu'est-ce qui sort, comment ça marche ??? Sinon, reste plus qu'à convoquer les bons dieux et les croyances) le système "agriculture conventionnel" est déjà mort mais il ne s'est pas encore décomposé. Même s'il nous nourrit encore à 95 % (eh oui, le "bio" est à la mode, on n'entend que ça, mais 95 % de notre nourriture est... conventionnelle. Je parle pour la France et 2015).
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Stef72 » 12/05/17, 13:14

ça m'intéresserai bien d'avoir des précisions sur la technique de paysanbio pour planter sur le foin avec une couche de terreau de 2 cm :
quelle épaisseur de foin en dessous (max) à ton avis ? tu fais ça avec les tomates, courgettes uniquement ou ça marche aussi avec haricots nains par exemple ? Si jamais tu avais des photos ça serait top pour bien visualiser... mais c'est peut être trop demandé !
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