sicetaitsimple a écrit :
Ah bon? L'azote, sauf si on répand excessivement bien entendu, il devient très peu présent sous forme disponible à la fin de l'hiver,parce qu'il été largement lessivé par les pluies, surtout en jardinage ou on n'explore que 2 ou 3 dizaines de cm de sol..
Qu'il soit "présent" potentiellement, oui, mais qu'il soit assimilable, question....sauf bien entendu vers Juin-Juillet, mais là il y a un à deux mois de perdus.
As-tu des études à l'appui de tes dires?
L'azote est présent dans le sol sous différentes formes :
- nitrique (ion nitrate ; NO3-) ; c'est lui qui est "très lessivable", car non retenu ; ce n'est pas un cation et il est très soluble
- ammoniacale (ion ammonium ; NH4+) : cette forme est beaucoup moins lessivable, car c'est un cation et peut donc être considérée comme étant retenue par le "complexe argilo-humique", comme K+ par ex
Voir par ex bas de première page et début de deuxième page ici : http://www.afes.fr/afes/sds/SDS_26_3_p169_DELLAL.PDF
Ou ici, sous le titre adéquat : http://www.azote.info/nutrition-et-azot ... e-sol.html
Ou ici : http://www.vignevin-sudouest.com/public ... es-sol.pdf
- organique : comme constituant à la fois des matières organiques vivante du sol (tous les organismes vivants du sol renferme de l'azote et le libèrent lors de leur décomposition après la mort, ou lors de leur excrétion pour les organismes supérieurs - vers de terre) et des matières organiques mortes (débris, couverture végétale, substances humiques) ; elles sont plus ou moins riches, selon le fameux rapport C/N...
Donc il y a deux points de vue extrêmes (et comme toujours, tous les intermédiaires possibles) :
- les tenants d'une "agriculture chimique", à base de solutions nutritives du sol alimentées par des engrais solubles ; les analyses vont alors fort logiquement montré une pauvreté en azote nitrique en sortie d'hiver ; ces agriculteurs vont donc se dépêcher de compenser par une mise sous perfusion rapide de leurs plantes... A noter quand même que progressivement, ils ont appris à fractionner les apports, à tenir compte des reliquats (même s'ils sont faibles)...
- à l'autre extrême, les tenants d'une "agriculture naturelle", qui considèrent que l'azote existe dans le sol ; qu'une vie du sol active va le mobiliser via la minéralisation d'une partie des matières organiques dont l'azote sera assez vite transformé en ion ammonium et via la nitrification de l'ion ammonium en ion nitrate ; ils considèrent que la croissance des végétaux et de leurs racines, de leurs mycorhizes étant un phénomène biologique, va aller de paire avec cette mobilisation de l'azote ; se rajoute qu'il y a la fixation de l'azote atmosphérique, par les bactéries libres (azotobacter) et les bactéries symbiotiques des légumineuses (rhizobium) - qui ne fonctionne bien que s'il y a de l'énergie (sous forme de molécules hydrocarbonées - dans les couvertures organiques) et pas d'engrais car sinon, il y a un "feed-back" négatif qui va bloquer ce processus).
Je fais partie des seconds. Mais j'admets qu'en sortie d'hiver, je peux avoir des légumes un peu palots, signe d'un manque temporaire d'azote sous forme nitrique... Vite compensée : mes vidéos montre que dès le réchauffement du sol et son ressuyage, j'ai tendance à craindre l'overdose (voir mes céleris et leur couleur ou mes choux ou mes salades ou mes carottes). J'admets que dans la nature, tout n'est pas toujours parfait, et qu'il peut y avoir des décalages, comme ce printemps, où cela a été, en raison de la saturation en eau de mon sol, assez laborieux !
J'observe, chez les permaculteurs, souvent, des légumes pâles, voire rachitiques (maïs, etc...). Mais là, c'est leur méthode qui n'est pas toujours bonne : enterrer les matières organiques, excès de lignine ou de cellulose (paille), peu ou pas d'attention portée à la nature des biomasses utilisées, destruction pour commencer de la vie du sol (creuser, construire des buttes)...
On a déjà évoqué le fait que l'azote n'est pas connu comme étant un facteur de précocité, bien au contraire. Même si pour les légumes dont seule la biomasse nous intéresse (par les fruits / fleurs / racines), tels les salades, les épinards, plus de biomasse peut être assimilé à de la précocité et donc amener à nuancer ce propos.
Voir par ex : http://www.yara.fr/fertilisation/cultur ... des-choux/
Mais je n'ai pas trouvé de document faisant état d'une relation (positive ou négative) entre l'azote et la précocité. Des tonnes d'étude reviennent toujours au même : azote et rendement !
Je doute qu'il n'y ait moyen de "perdre 2 mois" ! Je laisse la porte ouverte à 2 semaines, mais n'en suis même pas convaincu ! Mais ce n'est que mon opinion.



