Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
izentrop
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar izentrop » 03/12/16, 15:35

Did67 a écrit :Une fois que la légumineuse aura été récoltée (les haricots, ou la luzerne fauchée) etc, les "résidus" dont le système racinaire et les nodosités va bien se décomposer dans le sol. Et donc, indirectement et à ce stade, enrichir le sol ! D'où le fait que les légumineuses étaient ^placées avant les céréales, exigeantes et essentielles, du temps où l’agriculture ne marchait pas aux engrais.
Désolé de répondre encore par citation, je ne suis pas assez calé pour répondre par moi-même.
D'ailleurs beaucoup de ces découvertes sont récentes, car on ne s'y intéressait pas avant ...
Il est communément admis que les légumineuses libèrent de l’azote dans le sol par leurs racines et donc que le simple fait d’avoir des trèfles par exemple réduira la nécessité d’apporter des engrais ; ceci est une idée fausse. Il existe en effet une libération de certains composés azotés solubles à partir des racines et des nodules de légumineuses, mais dans une quantité négligeable. Les principales voies de transfert de l’azote dans le sol sont par l’action de pâturage ainsi que par la décomposition de la végétation (piétinement…). La plus grande partie de l’azote est entreposé dans les parties aériennes de la plante, le restant est stocké dans la couronne, les racines et les nodosités. Les estimations montrent qu’environ 75-80% de l’azote est retenu dans les parties aériennes de la plante. Lorsque la légumineuse est consommée par les animaux, 80 à 90% de l’azote contenu dans les parties aériennes des légumineuses passe à travers l’animal et est excrétée dans l’urine et les fèces. L’un des problèmes qui peut limiter la valorisation de l’azote à ce stade est la distribution des matières fécales et des urines, avec un pâturage qui n’est pas sous pression animale et non géré la plupart des déjections animales sont concentrées autour de la source d’eau et les zones d’ombrage. La distribution des excréments est améliorée par la mise en place d’un parcellaire cohérent ainsi que la gestion des pâturages, et de l’eau dans chaque parcelle. Il faut respecter la capacité de charge de l’exploitation.

La valorisation de l’azote est soumise à d’autres conditions. Il est capital d’avoir un sol sain et vivant permettant à la vie du sol de prospérer, car ces étapes ne sont que le début du cycle de transformation et de transfert de l’azote. http://agriculture-de-conservation.com/ ... te-et.html
Il me semble avoir retenu que KS discute autour de l'azote parce que c'est le facteur limitant dans un sol vivant et que le reste suis à peu près en proportion ??
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sicetaitsimple
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 03/12/16, 15:44

Did67 a écrit :
C'était juste pour dire à sicétaitsimple que l'azote ne m'est pas connu comme facteur de précocité.
Que c'était plutôt le phosphore.



Bon, à partir d'aujourd'hui, la carcasse de poulet finit dans le poèle et épandage des cendres le lendemain!

Plus sérieusement, j'avais crû comprendre que la disponibilité en phosphore n'était généralement pas un gros problème dans nos sols(en France pour simplifier)?

Saison 1, c'etait l'azote, saison 2 le phosphore?
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 03/12/16, 15:55

Pan sur le bec (de KS)

N'aimant pas les conjectures, je regarde toujours, quand j'ai le temps, ce que disent les recherches. Je fouille donc plutôt du coté des publications scientifiques ou des thèses que des sites de vulgarisation genre Wikipédia et surtout des sites grands publics type "jardinage bio", spécialistes des affirmations sans fondements et royaumes des croyances.

Et bingo : https://www6.inra.fr/ciag/content/downl ... Voisin.pdf

Je vous invite à parcourir ce document scientifique.

Vous y trouverez, entre autre, confirmation de ce que j’ai développé je ne sais plus où, le "feed-back" négatif qu'exerce la fertilisation azotée sur la fixation symbiotique. La courbe de régression est donnée. Dès lors qu'on fertilise, les plantes ne gaspillent pas la biomasse carbonée (l'énergie) pour nourrir leurs partenaires... Elles prennent l'azote qu'on leur apporte et laissent tomber leurs partenaires, qui deviennent alors des parasites - un des termes de l'échange étant tombé !

Et surtout page 9 du document pdf (dans la fenêtre en haut ; page 147 de la revue en pas de page) : développement de la question de la rhizodéposition et de la part de l'azote capté qui se trouve dans le compartiment sol !

Chez le pois, c'est 30 % de l'azote absorbé qui se retrouve donc sous terre ; dont environ 10 % dans la biomasse racinaire et 90 % dans les rhizodépôts.

Donc à la louche, 27 % de l'azote fixé se retrouve directement... dans le sol et les organismes du sol !

Alors "jamais" a été un peu vite dit. Comme il me semblait.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 03/12/16, 16:07

izentrop a écrit :Il me semble avoir retenu que KS discute autour de l'azote parce que c'est le facteur limitant dans un sol vivant et que le reste suis à peu près en proportion ??


J'ai retenu à peu près la même chose que toi, la grosse différence étant que l'azote présent de toutes façons il "se barre" en grande partie chaque hiver ( cf. le document que j'ai mis en lien un peu plus haut sur les résidus azotés dans la Manche ) et qu'il faut donc repartir de très peu au début de chaque saison, alors que phosphore et potassium sont quand même plus stables (en quantité), le problème étant plutôt dans leur cas leur capacité à être sous une forme chimique assimilable.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 03/12/16, 16:07

sicetaitsimple a écrit :
Bon, à partir d'aujourd'hui, la carcasse de poulet finit dans le poèle et épandage des cendres le lendemain!

Plus sérieusement, j'avais crû comprendre que la disponibilité en phosphore n'était généralement pas un gros problème dans nos sols(en France pour simplifier)?

Saison 1, c'etait l'azote, saison 2 le phosphore?


Ah ???

Ce que j'avais cru comprendre de mon coté, c'est que le "stock" était important. Mais qu'on continuait de fertiliser avec des phosphates solubles, en agriculture conventionnelle je parle toujours, parce que ce P était "bloqué", insoluble", "rétrogradé" (c'est-à-dire reparti se planquer entre les feuillets des argiles notamment, ou en combinaison avec l'aluminium dans des sols acides).

Il s'agit de souvenir.

Faut encore que je fasse des recherches ? Je reviendrai avec des éléments tangibles - pas mes souvenirs de vieux con [avec moi, j'ai le droit d'être grossier !] !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 03/12/16, 16:15

J'ai déjà ça :

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Un sol agricole contient entre une et trois tonnes (t) de phosphore par hectare (ha) sur les premiers 20 centimètres de profondeur (Frossard et autres, 2004). Cette quantité excède de beaucoup les besoins annuels des cultures, qui sont de l’ordre de quelques dizaines de kilogrammes (kg) par hectare (Frossard et autres, 2004). Toutefois, ce n’est pas tout le phosphore présent dans le sol qui
est disponible aux plantes.
Selon les connaissances actuelles, il est considéré que la très grande majorité du phosphore prélevé par les végétaux supérieurs est sous forme de Pi, surtout H2PO4- et dans une moindre mesure HPO42-, provenant de la solution du sol par voie racinaire (Frossard et autres, 2004).
Les Pi en solution sont directement assimilables par les plantes et ils constituent le phosphore biodisponible (Beaudin et autres, 2008a). Toutefois, la majorité des Pi est adsorbée sur des particules de sol, généralement associée à des cations, à des oxydes ou des hydroxydes de fer (Fe) et d’aluminium (Al) et est graduellement libérée dans la solution du sol où elle sera prélevée par les racines des plantes (Beaudin et autres, 2008b).
Ainsi pour qu’un Pi soit prélevé par une plante, il doit quitter la particule de sol à laquelle il est associé, être transféré dans la solution du sol, migrer ensuite par diffusion entre les particules de sol, sur une distance de quelques millimètres, pour être finalement absorbé par une racine non lignifiée ou un hyphe mycorhizien et ensuite être transporté dans la plante (Frossard et autres, 2004). Une fois dans la plante, le Pi pourra participer à l’élaboration du rendement (Frossard et autres, 2004).
Les sols contiennent également du phosphore organique (Po).
Le phosphore sous forme organique est défini comme étant les formes de phosphore liées directement à un squelette carboné et les formes minérales de phosphore présentes à l’intérieur de structures biologiques vivantes ou mortes (Frossard et autres, 2004). Le Po n’est pas disponible aux racines des plantes (Frossard et autres, 2004).
Les formes organiques du phosphore doivent d’abord être hydrolysées par des enzymes de la famille des phosphatases. Ces enzymes sont produites par les racines, les bactéries ou les champignons mycorhiziens. Le Po hydrolysé par ces enzymes libère du Pi qui peut, ensuite, être assimilé par les plantes (Richardson et autres, 2001).
L’identification des formes de Po est un exercice très délicat compte tenu de la complexité du sol (Frossard et autres, 2004).
Il est estimé que la moitié du phosphore organique des sols est encore non identifiée (Frossard et autres, 2004). Cette méconnaissance des formes de Po dans les sols représente un des plus gros obstacles à une compréhension complète du cycle de phosphore dans les écosystèmes terrestres (Frossard et autres, 2004).
Plusieurs facteurs contrôlant l’immobilisation de Pi en Po et la minéralisation de Po en Pi dans le sol sont situés au niveau de l’horizon. Il s’agit de la végétation, de la biomasse microbienne, de la faune du sol ainsi que les propriétés du sol. Le type de sol, le climat et les pratiques agricoles sont des facteurs qui influencent de manière générale l’immobilisation et la minéralisation du phosphore
(Frossard et autres, 2004).
Toutefois, l’apport naturel de phosphore biodisponible demeure insuffisant pour répondre aux besoins des cultures dans les systèmes de production agricole moderne (Beaudin et autres, 2008a).
L’apport de fertilisants phosphatés organiques ou inorganiques est nécessaire afin que les besoins en phosphore des cultures soient comblés (Beaudin et autres, 2008a).
Les plantes cultivées servent en partie à alimenter le bétail.
Les animaux utilisent une partie du phosphore provenant de leurs aliments
dans leur métabolisme pour croître et en rejettent une partie dans leurs déjections. Ces
déjections animales sont ensuite utilisées comme fertilisants des cultures. Une partie du phosphore prélevé par les plantes retourne donc au sol...


Extrait de (et mis en forme) : https://www.usherbrooke.ca/environnemen ... 09-21_.pdf
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 03/12/16, 16:39

Voir aussi page 32 du powerpoint suivant : https://www.agrireseau.net/agricultureb ... 202011.pdf

Ou ce document : http://www.agro-systemes.com/fichiers-p ... resume.pdf

Je crois que mes souvenirs n'étaient pas trop foireux.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 03/12/16, 16:42

Did67 a écrit :
Ah ???

Ce que j'avais cru comprendre de mon coté, c'est que le "stock" était important. Mais qu'on continuait de fertiliser avec des phosphates solubles, en agriculture conventionnelle je parle toujours, parce que ce P était "bloqué", insoluble", "rétrogradé" (c'est-à-dire reparti se planquer entre les feuillets des argiles notamment, ou en combinaison avec l'aluminium dans des sols acides).

Il s'agit de souvenir.

Faut encore que je fasse des recherches ? Je reviendrai avec des éléments tangibles - pas mes souvenirs de vieux con [avec moi, j'ai le droit d'être grossier !] !


Encore un problème lié au fait qu'on pense à des systèmes différents en écrivant!

Je parlais de jardinage/maraichage, pas de grande culture. Il semble d'après ce que j'ai lu ( je dis bien il semble, je n'ai pas de preuve) que les apports nécessaires sous forme de MO diverse et variée pour maintenir la fertilité soit suffisants pour maintenir le phosphore qui ne serait pas un facteur limitant.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 03/12/16, 16:47

sicetaitsimple a écrit : alors que phosphore et potassium sont quand même plus stables (en quantité), le problème étant plutôt dans leur cas leur capacité à être sous une forme chimique assimilable.


Eh oh, pas mauvais le mec, si on lit l'extrait publié par Didier un peu en dessous!
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 03/12/16, 17:01

Did67 a écrit :Et bingo : https://www6.inra.fr/ciag/content/downl ... Voisin.pdf

Je vous invite à parcourir ce document scientifique.

Vous y trouverez, entre autre, confirmation de ce que j’ai développé je ne sais plus où, le "feed-back" négatif qu'exerce la fertilisation azotée sur la fixation symbiotique. La courbe de régression est donnée. Dès lors qu'on fertilise, les plantes ne gaspillent pas la biomasse carbonée (l'énergie) pour nourrir leurs partenaires... Elles prennent l'azote qu'on leur apporte et laissent tomber leurs partenaires, qui deviennent alors des parasites - un des termes de l'échange étant tombé !



Passionnant! Notamment la corrélation.

Et à l'inverse, quand j'arrache ( oups, c'est juste par curiosité!) mes petits pois ou mes haricots, j'observe vraiment beaucoup de ces nodosités. Ca veut peut-être dire que mon sol ( pas seulement à ce niveau là) manque globalement d'azote?

Qu'en penses tu?
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