Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
Moutonjardinier
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Moutonjardinier » 07/11/16, 20:05

Bonsoir à tous,
sicetaitsimple a écrit :Au bout de 3 ou 4 ans, à partir d'une terre vivante (prairie), n'y a-t-il pas un risque "d'indigestion"?

Je me posais également cette même question sans pouvoir y répondre, pour quelle(s) raison(s) un "excès" de matière organique serait néfaste à terme pour le sol et ses habitants ? Existe-t-il une dose à ne pas dépasser, qui risquerait justement de mettre en état d'overdose les organismes vivants du sol ou sont-ils capables de se multiplier en conséquence pour "absorber" tout ce qui couvre le sol ?

Merci pour vos suggestions :wink:
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Ahmed » 07/11/16, 20:33

Je serais enclin à voir les choses ainsi: en agriculture conventionnelle, si la fertilisation minérale directement assimilable par les plantes (que ce soit des engrais à base de pétrole ou du lisier) est excessive ou disproportionnée, les plantes vont connaître des déséquilibres, ce qui génère des pathologies, mais, en phénoculture, les apports servent à nourrir les organismes du sol et les plantes font parties intégrante des mécanismes de régulation; ainsi, elles secrètent par leurs racines des composés sucrés pour déclencher le fonctionnement des bactéries qui, de ce fait, vont s'employer à minéraliser la matière organique. Or, la nature étant économe, il y a peu de raison de suspecter que la plante va "demander" plus que ce qui correspond à son besoin.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 07/11/16, 21:04

Je suis peut-être un peu basique, mais à mon avis des nitrates en excédents , qu'ils soient dans une surface cultivée répandus via des engrais chimiques où qu'ils soient produits via de la biomasse et une activité biologique intense qui va la dégrader(en excédent dans les deux cas par rapport aux besoins des plantes qui sont au-dessus) ) , ça restera des excédents qui vont être lixiviés vers les couches profondes du sol puis les nappes phréatiques. Aucune différence de ce point de vue, c'est dans les deux cas une pollution des nappes avec des nitrates.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar izentrop » 07/11/16, 22:40

Julienmos a écrit :merci Izentrop pour ta réponse, mais tu parles là de compostage ?
alors que dans la vidéo, il est je crois, question de broyage de couvert végétal (semé en interculture), pour servir ensuite de paillage...

et je me demandais si du gazon fraîchement coupé, en été par temps chaud, et épandu au potager, pouvait lui aussi subir le même sort, à savoir perdre très vite toute sa richesse en azote (par évaporation de l'ammoniac ou que sais-je :oops: :D )
Comme la matière organique est morte, ça suit le même processus que le compostage. Le couvert fraichement coupé produira surtout de l'azote en se décomposant. Sans carbone pour équilibrer, de l'ammoniac se volatilisera.
Sauf si le temps est sec, pas de dégradation et le C/N s'équilibrera, une fois sec.

UN gazon fraichement coupé devra être séché avant incorporation au couvert.

Pour un compost de surface par temps sec, seule la partie en contact avec le sol se décompose. donc beaucoup plus lentement qu'en composteur fermé. :mrgreen:
sicetaitsimple a écrit :Je suis peut-être un peu basique, mais à mon avis des nitrates en excédents , qu'ils soient dans une surface cultivée répandus via des engrais chimiques où qu'ils soient produits via de la biomasse et une activité biologique intense qui va la dégrader(en excédent dans les deux cas par rapport aux besoins des plantes qui sont au-dessus) ) , ça restera des excédents qui vont être lixiviés vers les couches profondes du sol puis les nappes phréatiques. Aucune différence de ce point de vue, c'est dans les deux cas une pollution des nappes avec des nitrates.
C'est peu probable dans un jardin avec couverture permanente.
Si tu arrives à contrôler le C/N, un humus stable qui se minéralise très peu se constitue.
Si tu penses avoir un excès de nitrate en fin d'année, des engrais verts vont les absorber et si il y a des arbres au bord de ton jardin, ce sont leur racines qui vont les pomper => agroforesterie.

Ces risques n'arrivent que pour une terre plutôt sableuse et peu profonde. En agriculture c'est dans les régions d'élevage que les problèmes sont importants comme en bretagne. Il faut de sacré doses épandues au mauvais moment sur une terre nue.

Une autre source qu'on sous-estime sont les eaux usées des agglomérations. Et oui, nos déjections jetées dans l'eau potable sont couteuses et difficiles à retraiter. Il en reste toujours de quoi provoquer l'eutrophisation http://www.cima.ualg.pt/piloto/UVED_Geo ... 2-1-6.html
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 08/11/16, 09:03

Julienmos a écrit :
mais est-ce encore le cas si ces tontes sont sèches (épandues en couche mince au soleil après fauchage, retournées une ou 2 fois, puis stockées) c'est à dire si elles ne sont plus fraîches et vertes ?

si je pose cette question, c'est suite au visionnage d'une vidéo de K S https://www.youtube.com/watch?v=qNsmdkSKFvw

regarder à partir de la 35eme minute. A un moment, il explique qu'un couvert végétal (riche en azote), s'il est broyé, perd son azote par émanation...



Je pense qu'il y a une part de "conjecture" (ce qu'on s’autorise à penser, à la connaissance de la "théorie")

Le problème est que le sol est un joyeux bordel (des dizaines de milliers d'espèces de bactéries, 1 milliard dans une cuillère à café de sol, par exemple... qui vivent comme elles peuvent en transformant un "produit A" en un "produit B" tout en récupérant l'énergie dont elles ont besoin - et elles essayent à peu près tout ce qu'il est possible et imaginable), avec des mécanismes possibles dans tous les sens...

Je pense que Konrad expose là des "convictions", non étayées par des expériences et des mesures...

Il parle là de l'urée [(NH²)CO, qui est transformé furtivement en gaz ammoniac NH3, gaz ammoniac qui est très avide d'eau et se dissout quasi-instantanément en ion ammonium NH4+]...

Son "qui s'échappe" à propos de NH3 est pour le moins osé, comme règle général : l’ammoniac sent très fort. Et sauf pissotières mal entretenues, sauf matière riche en azote qui "pourrit" dans une sorte de flaque d'eau (jus qui s'écoulent d'un ensilage), il est rare de sentir cela.

Ma conjecture ("ce que je pense") serait donc :

a) dans un sol humide, cet ammoniac NH3 devient des ions ammonium NH4+

b) il existe des mécanismes de pertes d'azote dont celui-ci dans des conditions où la transformation en NH4+ ne peut pas se faire, lorsqu'il y a des excès d'azote, dans un compost mal géré, etc... La "dénitrification" (NO3- devient NO puis N²) existe aussi en milieux non aérés...

c) Il y a un "joyeux bordel" dans le sol, donc cela existe puisque tout existe ; mais je ne pense pas du tout que dans un sol bien géré, meuble, cela soit un phénomène important, sinon, l'azote manquerait aux plantes et cela se verrait !

d) une bonne partie du cycle de l'azote ne passe pas par l'urée (qui est juste un déchet du métabolisme azoté chez les animaux - composant essentiel de notre urine, par ex). Tout ce que j'ai lu sur la décomposition des protéines pou des bases azotées (ADN,ARN) semble indiquer que les organismes en question (bactéries, champignons) excrètent directement l'ammonium (NH4+) [souvent, improprement appelé "ammoniaque" avec que dans la littérature !]. Dans la "soupe" du sol, il ne se forme pas le gaz NH3. Il est déjà sous forme NH4+ dans le cytoplasme (le "jus") des organismes en question...

Je pense donc que l'équation écrite par KS ne convient pas aux mécanismes de décomposition des matières organiques (et des substances azotées qu'elles contiennent) dans les sols. C'est plus juste pour les apports d'urée par les animaux (la vache qui pisse, le lisier qu'on épand en surface...).

Ce n'est que mon point d evue.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Julienmos » 08/11/16, 11:22

merci...

tout ceci est rassurant :D
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 08/11/16, 12:37

Ce que l'on observe dans la nature est plutôt rassurant. Si on observe avec attention !

Les actions et les raisonnements des hommes le sont parfois nettement moins !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 08/11/16, 17:56

Conférence dans l'Aisne

Je confirme ma présence dans l'Aisne, à Saint-Gobain, le 26 novembre à 17 h :


Cinéma l'Ermitage,
6 rue Simon,
02410 Saint-Gobain.
Date et heure de la conférence : samedi 26 novembre, 17h.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar sicetaitsimple » 08/11/16, 19:22

Bonsoir Izentrop,
tout d'abord , désolé, je n'ai pas encore compris comment on se servait du "quote" ( comme précisé, je suis un peu basique!).
Donc on va faire à l'ancienne, copier/coller....

Tu me dis: "C'est peu probable dans un jardin avec couverture permanente.
Si tu arrives à contrôler le C/N, un humus stable qui se minéralise très peu se constitue.
"

Je suis d'accord, mais plus il s'en constitue, plus au fil des années il va s'en minéraliser chaque année, ça dépend de tout un tas de choses notamment de la composition du sol, on parle souvent d'un ordre de grandeur de 2%/an de minéralisation sous nos latitudes pour un sol "moyen" (ni trop sableux, nitrop argileux).

Soyons bien clair, il ne s'agit pas de désigner Didier comme le responsable de la pollution (avérée) en nitrates des nappes de la plaine d'Alsace!

Mais d'avancer en débattant sur la question qu'il a lui-même soulevée: est-ce que dans la durée une pratique ( surtout pas parler de méthode!) comme la sienne ne doit pas évoluer vers des apports externes plus limités ou différents que ceux pratiqués dans les premières années?

Cordialement.
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yves35
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar yves35 » 08/11/16, 23:58

bonsoir,


sicetaitsimple a écrit :Bonsoir Izentrop,
tout d'abord , désolé, je n'ai pas encore compris comment on se servait du "quote" ( comme précisé, je suis un peu basique!).
Donc on va faire à l'ancienne, copier/coller....

Tu me dis: "C'est peu probable dans un jardin avec couverture permanente.
Si tu arrives à contrôler le C/N, un humus stable qui se minéralise très peu se constitue.
"

Je suis d'accord, mais plus il s'en constitue, plus au fil des années il va s'en minéraliser chaque année, ça dépend de tout un tas de choses notamment de la composition du sol, on parle souvent d'un ordre de grandeur de 2%/an de minéralisation sous nos latitudes pour un sol "moyen" (ni trop sableux, nitrop argileux).

Soyons bien clair, il ne s'agit pas de désigner Didier comme le responsable de la pollution (avérée) en nitrates des nappes de la plaine d'Alsace!

Mais d'avancer en débattant sur la question qu'il a lui-même soulevée: est-ce que dans la durée une pratique ( surtout pas parler de méthode!) comme la sienne ne doit pas évoluer vers des apports externes plus limités ou différents que ceux pratiqués dans les premières années?

Cordialement.


dans le coin supérieur droit , tu as un symbole qui ressemble à une double apostrophe. En amenant le curseur dessus ,tu peux lire "répondre en citant" . Tu cliques dessus et une blonde plantureuse vient t'ouvrir. Je te le dis car tu es un copain ,tu me dois 10 euros ,merci.

Pour le questionnement du dernier paragraphe , je pense qu'il faut en mettre toujours assez épais pour contrôler les mauvaises herbes . Sinon il y a la binette... Reste la fonction "protéger de la battance de la pluie" qui est précieuse pour les sols limoneux (qui vont durcir à la battance et des gens confondent avec des sols argileux car c'est devenu tout dur et il faut sortir la pioche) et la aussi il faut bien couvrir au moins 6 à 8 mois. Il y a juste 4,5,ou6 mois ? ou on doit pouvoir tolérer une moindre couverture avec le bénéfice sol+ chaud et l'inconvénient de sortir les outils pour désherber. Ne pas oublier la fonction "garder le sol humide " (économie d'arrosoirs)

Tout es affaire de compromis. Dans mon cas ,le deal avec mon épouse , c'est" tu n'auras pas à bécher ,ni à t'occuper des mauvaise herbes" . Donc j'essaie de couvrir tout le temps et copieusement.

Denis Pépin est venu fin septembre faire une "conférence appliquée" dans nos jardins (jardins partagés près de Rennes). Il a apporté un échantillon de sa terre de jardin . Elle est plus sombre que la notre et parcourue de racines de champignons . ça fait pas mal d'années qu'il paille avec tout ce qui est des "déchets" . Au départ sa terre était comme la notre (limoneuse comme tout le bassin de Rennes). Il ne semble pas qu'il y ait de limite en quantité de se qu'on peut apporter (raisonnablement bien sûr)

yves
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ignorés:obamot,janic,guygadebois... de l'air,de l'air . On est pas(encore) sur Qanon Ben ,si en fait


 


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