VetusLignum a écrit :
Et est-ce que mettre de l’urine n’aurait pas comme risque d’habituer la plante aux apports externes et de perturber la mycorrhization ? Le feriez-vous aussi sur un plant de tomate qui tarde à démarrer ?
Je ne suis pas un fan de de Looze et toutes ces racontages autour de l'urine, "l'or" du potager.
Mais en début de saison, sols froids, minéralisation encore en panne, je fais un usage modéré de l'urine sur des tas de plants, puis selon l'aspect plus ou moins chétif, en fonction de la couleur des feuilles (compte-tenu des variétés !!!), je renforce après plantation (je ne me fatigue pas à diluer, etc, ayant constaté que les ânes ne se gênent pas à pisser dans un pré et que cela n'a jamais tué une herbe - ils ne pissent pas au même endroit ; même après une petite bière, je ne pisse pas autant !).
Je ne pense pas non plus que les plantes "s'habitue". Attribuer des réactions humaines à nos plantes, c'est presque à coup sûr se planter ! Elles réagissent, bien sûr. Et vont chercher les éléments là où ils se trouvent. L'urine étant un liquide, elle se répartit bine mieux que des apports solides : foin, compost, BRF. Naturellement. Donc non, je ne m'inquiète pas plus que ça !
Comme écrit par Gerbeaud, le principal ennui est la sel (chlorure de sodium). En extérieur, pas d'appréhension : le sodium est très mobile est sera "lessivé". Il finira dans la mer, réservoir ultime ! Je fais infiniment plus attention dans la serre ! [Et je précise aux fans de l'urine que diluer ne change en rien la quantité de sel apportée ; il l'est avec plus d'eau, c'est tout ; la quantité est celle excrétée, qui dépend de notre alimentation ; heureusement, les recommandations alimentaires vont dans le bon sens, le sel étant plus "dangereux" que bien des résidus de pesticides, mais comme on salle soi-même, on ne va pas aux manifs ! Pour manifester, il faut être contre quelqu'un...]
Et l’effet insidieux, que je ne cesse de voir sur Youtube, c'est des légumes trop "poussés", magnifiques comme ceux assaisonnés aux ammonitrates. Avec le même risque : une fragilisation, une croissance exubérante et développement de certains parasites (piqueurs-suceurs) et de certaines maladies. Je navigue donc à vue : couleur de mes légumes (comme cela réagit très vite, on sait très vite où on est en overdose et où cela manque ; c'est même enfantin pour qui regarde - autre chose que des vidéos endoctrinantes sur Yt).
Enfin, la mycorhization est surtout freinée par des teneurs du sol en P assimilables élevés (vers 150 ppm). Normalement, sauf à pisser comme un troupeau d'ânes et à boire beaucoup de bière (ah merde, c'est vrai que tu es en Irlande ; souvenir mémorables de pubs et du rush au moment de la cloche) ce risque peut être écarté.
Donc oui, j'ai pissé à côté de cucurbitacées qui ne décollaient pas. Ou de pieds de tomates restés en souffrance et plantés tardivement... Ou de choux de toute façon pas mycorhizés...