Biobombe a écrit :
C'est une explication pertinente qu'il faut que je retienne dorénavant absolument. Tout devient à présent nettement plus évident.
Enfin une réponse qui ne m'a jamais été donnée par des pros de la culture/production potagères et florales qui sont pourtant passés par l'enseignement professionnel. Didier, on apprend pas cela dans les écoles qui enseignent l'agriculture ?.
La bonne réponse est : "ça dépend !"
Il est évident qu'il y a une "gradation constante" entre la "recette" ("pour que ça marche, tu fais comme ça !") et les "connaissances scientifiques", en passant, en gros du niveau CAP ("ouvrier d'exécution" = ne réfléchit, exécute proprement une tâche qu'on lui assigne et rend compte) au niveau "ingénieur" ("invente, recherche, met au point...") en passant en gros, par les Bac Pro (qui dirigent une équipe, organisent, adaptent...).
Là où cela se complique :
a) Quand tu écoutes les gens, presque tout diplômé va se dire" ingénieur agricole" ou "ingénieur en agriculture"... Parfois, c'est vrai. Parfois, c'est un "Brevet d'Etudes Professionnel Agricole" (un CAP amélioré). J'ai irrité et paru arrogant quand parfois, après avoir dit que j'étais "ingénieur agronome", je précisais (parce que je dois avouer que cette usurpation larvée de titres m'irrite ! J'en ai vraiment chier pour obtenir le mien !) "sorti d'une des grandes écoles agronomiques françaises" (là, on est moins nombreux !)
b) Avec l'expérience, beaucoup acquièrent beaucoup de connaissances pratiques. Cela ne suffit pas toujours pour changer de "logiciel" ! En général même, cela est insuffisant (même s'il y a des autodidactes qui pris de passion, lisent énormément et finissent largement au niveau "ingénieur" !). Hélas, en général ,on se perfectionne sans mieux comprendre pour autant !
b-bis) Et si les élèves retenaient ce qu'on leur enseigne, les profs seraient des gens rayonnants de bonheur. Généralement, ils se contentent du minimum syndical pour obtenir leur diplôme ! Un enseignant, au niveau CAP ou Bac Pro, va probablement "citer", ou "évoquer" le mécanismes de la vernalisation. Sitôt dit, sitôt oublié...
c) Tout cela donne ce "fatras de recettes" qui encombrent les guides (littérature consanguine où on répète les mêmes choses, copiées les uns sur les autres), saturent le net... En gros, c'est assez simple : tu t'interroges comment faire un bon pain. Les uns vont te donner des recettes avec des quantités, des caractéristiques de farines (il te jureront que celle du petit moulin à côté de chez eux va mieux), des durées, des températures... Ce sont des "CAP". Dont certains peuvent être "meilleur ouvrier de France" ! Et il y a ceux qui vont au fond des choses : levures, actions enzymatiques, chimie du gluten, qu'est-ce qui se passe à quelle température, action du sel, pourquoi une pincée de sucre éventuellement, quelle différence avec un levain... Ils parleront microbiologie, mécanismes de la fermentation, enzymes, élasticité du gluten, variétés de blé... Et tu pourras faire ta recette...
d) A noter : des recettes, c'est ce que réclame le quidam !!! Surtout ne pas réfléchir. Rester dans la médiocrité mais ne pas prendre de risque en faisant comme tout le monde. Tu n'as qu'à regarder les commentaires 1 ou 2 étoiles que reçoivent mes livres sur Amazon !!! C'est bien sûr, leur droit. Pour moi, qui espère "tirer vers le haut", c'est toujours assez décevant.