ndeloof a écrit :
Est-ce que vous avez pu faire des observations ou des essais qui pourrait confirmer cette hypothèse ? Si je m'en souviens au printemps je ferai un essai avec des choux sous mes tomates et d'autres isolés, pour voir ...
J'ai régulièrement des papillons qui passent, mais rarement des dégâts. Sans doute l'efficace travail de nettoyage des guêpes et frelons (européens).
Je ne pratique pas d'associations "systématiquement organisées", et dans ces circonstances, difficile de faire des observations fiables.
D'une façon générale, beaucoup de telles observations, si elles ne sont pas fausses, pèchent d'une part par excès d'optimisme et d'autre part par un manque absolu de mesures objectives / traitements statistiques. On est donc souvent dans la méthode Coué ou l'incantation !
Par exemple, en cherchant des résultats de vrais essais (j'appelle "vrai essai" un essai avec protocole, répétition, traitement statistique des données), j'ai trouvé ceci :
"Compagnonage: Le compagnonage, c'est-à-dire l'association de deux ou plusieurs cultures, est souvent employé à petite échelle pour prévenir les problèmes de ravageurs. Les plantes compagnes recommandées par les manuels de jardinage biologique pour repousser la piéride sont le romarin, le thym et la sauge. Le céleri, la cathaire, la menthe et l'absinthe sont aussi mentionnés. Yepsen (1984) rajoute l'oignon, l'ail, la tomate, la tanaisie, le chanvre et l'hysope. Malheureusement, dans le cas de la piéride, les recherches scientifiques indiquent que le compagnonage n'est pas utile et même déconseillable que ce soit avec des plantes aromatiques ou d'autres légumes.
légumes.
Plantes aromatiques: Comme les piérides sont attirées par l'odeur des crucifères, il est en théorie possible que la présence de plantes à fortes odeurs arrivent à masquer l'odeur des crucifères et donc à berner la piéride. En Virginie, Latheef et Irwin (1979) ont étudié l'effet de six plantes compagnes sur les lépidoptères s'attaquant aux crucifères. Aucune des plantes étudiées (tagètes, cresson, menthe poivrée, sauge, thym et hédéoma) n'a affecté positivement ou négativement les dommages dûs à la piéride. Toutes avaient tendance à compétititioner le chou-rosette, la tanaisie étant franchement allélopathique. Courter et Randell (1975) n'ont pas non plus observé de différences dans le nombre de larves de piérides lorsque des choux étaient complantés avec du thym ou de l'hysope. Les seuls résultats positifs (diminution significative du nombre de larves) de compagnonage avec des plantes aromatiques contre la piéride ont été rapportés par Koehler et al. (1983). Cela consistait à planter quatre plants d'anis pour un plant de chou (pas très pratique à moins de faire la culture de l'anis!).
Tomate: Il s'est fait beaucoup de recherche sur le compagnonage des Brassica et des tomates. Dès 1915, Vostrikov notait qu'une pratique générale dans une certaine région de la Russie consistant à intercaler des tomates et des choux permettait de diminuer les dommages de la piéride et de la fausse-teigne de façon importante. Par la suite, plusieurs études ont démontré que le compagnonage avec la tomate permettait de diminuer les populations de ravageurs des crucifères en général. En Nouvelle-Écosse, l'entomologiste Charles Fox d'Agriculture Canada cité par Bennett et Forsyth (1984) a obtenu 42% plus de dommages des ravageurs des crucifères dans une monoculture en comparaison avec une polyculture de deux rangs de choux pour trois rangs de tomates. En Inde, Srinivasan et Veeresh (1986) ont étudié l'effet de différentes façons de complanter les tomates et les choux sur les lépidoptères attaquant les choux. La façon qui réduisait le plus les dommages des lépidoptères consistait à complanter une rangée de choux et une rangée de tomates mais de transplanter les choux 30 jours après les tomates, ce qui affectait grandement les rendements de choux.
Malgré qu'il semble envisageable dans le cas des autres ravageurs des crucifères, le compagnonage avec la tomate ne réduit toutefois pas les populations de piérides. Il peut même avoir l'effet contraire à certains moments. Maguire (1984) a ainsi noté dans ses expériences un accroissement du nombre de larves sur des choux rosette complantés de plants de tomate cerise. Elle attribuait notamment ce phénomène à l'attirance des fleurs jaunes de la tomate alors qu'il n'y avait plus de crucifères sauvages (fleurs jaunes également) de disponibles pour les piérides.
On peut conclure qu'il n'y a pas d'intérêt à utiliser des plantes compagnes ou cultures intercalaires pour lutter contre la piéride. Dans certains cas, il peut toutefois être intéressant de tabler sur la diversité végétale pour contrôler d'autres ravageurs comme la mouche du chou. Il faut aussi noter que beaucoup des plantes mentionnées précédemment peuvent être d'excellents répulsifs (voir la section sur les répulsifs végétaux) qui décourageront la ponte de la piéride lorsque pulvérisés sur le feuillage des crucifères. "
Cela semble un peu plus sérieux, documenté et factuel.
dans : https://eap.mcgill.ca/agrobio/ab320-08.htm
[NB : ce qui est marrant, c'est qu'on trouve de tout sur internet, donc aussi les "bonnes réponses" ; pourquoi alors les gens tombent-ils généralement sur la mauvaise ? J'ai mon avis et je vais le partager : c'est qu'ils aimeraient tant que ce soit simple, tout noir ou tout blanc ; hélas, la réalité n'offre en général que des nuances de gris... On peut noter que la piéride a survécu alors qu'avant l'homme, les crucifères étaient forcément mélangées avec d'autres plantes... et pas cultivées en parcelles monospécifiques.]






