Le problème, chez certains agriculteurs, ils ont la tête plus dur que du béton!
Ils ont raison et d'office ce n'est pas de leur faute...
Heureusement, qu'il y a les autres, comme celui qui me vend le foin. Il s'est intéressé direct à mon projet.
Autre exemple, un couple d'agriculteurs a vu mes parents étendre du foin sur le potager et s'y sont intéressés. Depuis, ils font pareil et regardent les vidéos de Didier.
Ce sont ceux-là qui peuvent faire changer et améliorer le monde!
Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Il faut essayer par la démarche non agressive et le dialogue, malgré le fait que souvent face à un agriculteur convaincu par sa démarche on se heurte contre un mur. A côté de moi il y avait un champs de maïs, ça fait plus de quinze ans qu'il n'est plus exploité. Je me souviens du paysan sur son tracteur en train d'épandre du produit, il était entouré d'un nuage de produit, sans aucune protection. Il a fallu qu'il attrape une maladie neurologique pour qu'il réfléchisse.
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Rajqawee
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
stephgouv a écrit :Le problème, chez certains agriculteurs, ils ont la tête plus dur que du béton!
Ils ont raison et d'office ce n'est pas de leur faute...
Heureusement, qu'il y a les autres, comme celui qui me vend le foin. Il s'est intéressé direct à mon projet.
Autre exemple, un couple d'agriculteurs a vu mes parents étendre du foin sur le potager et s'y sont intéressés. Depuis, ils font pareil et regardent les vidéos de Didier.
Ce sont ceux-là qui peuvent faire changer et améliorer le monde!
Ah mais je n'ai pas dit que les chances de succès étaient spécialement grandes !
Je dis juste que ça ne coûte pas cher d'aller le voir et de lui dire "Bonjour, vous qui êtes agriculteur, est-ce que vous pourriez passer voir nos plants de tomates et de PDT aux potager ? Ils ont l'air d'aller mal, peut être que vous saurez ce que c'est".
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
C'est bien sûr comme ça qu'il faut commencer, d'autant plus que dans son message initial yool parlait d'un soupçon par rapport à l'agriculteur. Il faut déjà chercher le dialogue pour savoir si c'est vraiment ça.
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"N'entre qu'avec ton cœur, n'apporte rien du monde.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Nature facétieuse !
Récoltées hier dans mon potager (dans la serre), ces carottes... On m'avait pourtant dit qu'il fallait "soigneusement préparer le lit de semence !!!"
Récoltées hier dans mon potager (dans la serre), ces carottes... On m'avait pourtant dit qu'il fallait "soigneusement préparer le lit de semence !!!"
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Récolte de framboises hier - la pluie leur fait du bien. Framboise SANS engrais, SANS travail (autre que la taille), SANS pesticides, mais AVEC arômes ("une tuerie" !)...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Doris a écrit :Je me souviens du paysan sur son tracteur en train d'épandre du produit, il était entouré d'un nuage de produit, sans aucune protection. Il a fallu qu'il attrape une maladie neurologique pour qu'il réfléchisse.
comme quoi les pesticides sont bons pour le cerveau quelque part
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Did67 a écrit :Nature facétieuse !
Récoltées hier dans mon potager (dans la serre), ces carottes... On m'avait pourtant dit qu'il fallait "soigneusement préparer le lit de semence !!!"
DSC_0019.JPG
c'est parce que tu n'as pas bien bêché pas assez meuble en profondeur et que tu n'as pas enlevé tous les cailloux
tu aurais aussi pu ajouter un peu de sable dans ta terre, les carottes adorent les sols légers
vraiment Didier qu'est-ce que tu fous, tu oublis le B-A-BA, vas de suite commander un bon guide de jardinage et révise tes classiques
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
connaissiez-vous le bon, la brute et le truand ?
je vous mets ce petit article de Jean-Marc Toussaint, paru dernièrement dans mon journal régional:
Près de Nancy (54), les chercheurs explorent le monde des champignons
Le champignon mycorhizien, qui se ramifie dans le sol, est de loin le plus proéminent des êtres vivants. Son impact sur les plantes apparaît essentiel, à tel point qu'il pourrait jouer un rôle majeur dans la révolution verte agricole.
Imaginez. Vous marchez en forêt, le nez au vent, en foulant un épais tapis de feuilles et de mousses. Sous vos pas, le bois mort craque, se brise. Sans le savoir, vous êtes en train de marcher sur l’un des plus gros êtres vivants de la planète. Et pourtant, vous ne le voyez pas. Ce géant invisible, c’est un champignon forestier. On connaît tous ses organes reproducteurs, les carpophores, qui abondent à l’automne et qui agrémentent nos assiettes, tels les cèpes ou les girolles. Mais on sait peu que cette fructification est liée à un réseau de filaments microscopiques de 10 à 15 microns qui se ramifie dans le sol jusqu’à 20 cm de profondeur, en formant un tapis souterrain sur plusieurs kilomètres carrés.
Des relations symbiotiques d'une extrême complexité
Ce réseau, appelé mycélium, d’une densité à peine croyable, connecte les plantes, dialogue avec elles et les nourrit. Comment ? C’est ce que cherche à comprendre depuis près de quarante ans le microbiologiste Francis Martin, directeur de recherche à l’INRAE de Nancy-Champenoux (54), mais aussi d’un laboratoire à l’Université forestière de Pékin. Ses recherches ont permis de comprendre l’extrême complexité des relations symbiotiques entre les arbres et les champignons. « Dans un premier temps, le champignon établit le contact avec les racines de son arbre-hôte, puis il crée une sorte de manchon qui entoure la racine. Ensuite, il pénètre dans ses tissus en injectant des protéines qui lui permettent de prendre le contrôle de son système de défense immunitaire, trompant ainsi sa vigilance », explique Francis Martin.
Sans les champignons, les arbres auraient bien du mal à se nourrir
En séquençant le génome du laccaire bicolore, l’un des champignons symbiotiques du sapin de Douglas et du peuplier, lui et ses équipes ont permis de mettre en évidence une cinquantaine de ces protéines, indispensables à la mise en place de la symbiose. « On a réussi à décrypter le rôle de trois d’entre elles. Pour l’heure, les autres gardent leur mystère. Et quand on sait que chaque arbre fonctionne avec un cortège différent de plusieurs dizaines de champignons, générant à chaque fois des centaines d’interactions moléculaires, je pense que le sujet va occuper encore deux à trois générations de chercheurs », s’amuse Francis Martin, pionnier de la discipline. D’autant que de nombreuses questions se posent encore sur le rôle que jouent les champignons dans l’équilibre des écosystèmes. Sans eux, les arbres auraient bien du mal à se nourrir. « Les champignons augmentent la croissance des végétaux dans des proportions variant de 50 à 100 %, grâce notamment aux éléments minéraux qu’ils leur apportent », assure Francis Martin.
Un partage du repas, basé sur un échange donnant-gagnant
Car les champignons ne se contentent pas d’investir les racines de leurs hôtes pour y puiser des sucres simples, issus de la photosynthèse et indispensables à leur développement. Ils sont aussi l’estomac des arbres. Grâce à leurs millions de filaments microscopiques qui fouillent le sol, ce sont eux qui apportent aux plantes l’azote et le phosphore dont elles ont besoin. Ce partage du repas, basé sur un échange donnant-gagnant, s’opère en toute équité. C’est un pacte de vie.
« Des chercheurs américains ont en effet démontré que les champignons qui donnent le plus de phosphore et d’azote à l’arbre sont aussi ceux qui reçoivent le plus de sucres en retour », explique Francis Martin. Ce qui dénote une forme d’intelligence chez ces arbres qui se servent aussi des réseaux mycéliens pour échanger des nutriments entre eux, et peut être même avec d’autres plantes. « En laboratoire, il a été démontré qu’une partie des sucres produits par un sapin pouvait finalement être consommée par le bouleau voisin ! Dans quelle proportion ces échanges existent-ils dans le milieu naturel ? Il est très difficile de le mesurer. L’étude de ces échanges complexes, impliquant de multiples partenaires, n’en est qu’à ses débuts. En revanche, une chose est sûre, les champignons connectent bien les arbres entre eux », poursuit Francis Martin. Mieux, ils interagissent de concert pour la bonne marche de l’écosystème.
Seuls le chou, la moutarde, le colza, la betterave, le navet et les plantes aquatiques ne sont pas liés à des champignons symbiotiques
Pour bien comprendre ces phénomènes, il faut remonter à la nuit des temps, quand les premières plantes primitives dépourvues de racines ont commencé à sortir des eaux saumâtres pour coloniser les continents, il y a 450 millions d’années. Il est aujourd’hui établi que sans les champignons symbiotiques mycorhiziens, ce débarquement n’aurait pu se faire ! « Nous pensons que les champignons mycorhiziens sont d’anciens champignons décomposeurs qui ont muté et qui ont appris le langage moléculaire des végétaux pour communiquer et vivre en symbiose avec eux », indique Francis Martin. Aussi, cette symbiose mutualiste ne concerne pas que les arbres. Elle est une réalité pour 95 % des végétaux. Seul le chou, la moutarde, le colza, la betterave, le navet et les plantes aquatiques ne sont pas liés à des champignons symbiotiques.
Génétiquement plus proche des animaux que des végétaux
Acteur clé de la biodiversité, génétiquement plus proche des animaux que des végétaux, le royaume des champignons est le plus vaste des sept règnes du vivant, mais c’est aussi le moins connu. On estime qu’à peine 2 % des champignons sur terre ont été inventoriés. Pourtant, ils renferment quantité de molécules dont certaines sont déjà utilisées en médecine pour produire notamment des antibiotiques comme la pénicilline et les statines. Mais les champignons sont également des alliés précieux pour aider le secteur agricole à évoluer vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement (lire ci-contre). Mieux, il devrait permettre à l’agriculture de demain de produire plus, en polluant moins.
Un défi pour l'agriculture de demain
« Nos travaux sur la fraise, la framboise, la patate douce, conduisent aux mêmes conclusions : le rendement des plantes mycorhizées est supérieur à celles qui ne le sont pas. Et quelquefois, la différence est très nette. Pour l’artichaut par exemple, nos tests ont montré que dans des conditions de culture identiques, chaque plant inoculé produisait 30 % de plus que les plants non mycorhizés ! », explique le Mosellan Daniel Wipf, qui dirige une équipe de l’unité mixte de recherche rassemblant l’INRAE, le CNRS, Agrosup et l’université de Bourgogne. Mieux, les scientifiques se sont aperçus que les mycorhizes à arbuscule pouvaient impacter la qualité des fruits et des légumes. « On a retrouvé des taux d’antioxydants supérieurs dans les framboises, un rapport sucre/acide plus équilibré dans les fraises, et un taux de carotène plus élevé pour les patates douces », résume Daniel Wipf.
" Le recours aux champignons peut permettre de réduire assez nettement l’usage des engrais chimiques "
Dans les champs, comme dans les bois, « les champignons nourrissent la plante. Ils la protègent contre les éléments pathogènes et stimulent ses défenses. Ils boostent sa croissance et favorisent son accès à l’eau, au phosphore, à l’azote », énumère le chercheur. Aujourd’hui, on fertilise les champs pour nourrir directement la plante. Ce qui oblige à rendre les minéraux solubles, à utiliser du phosphore traité à l’acide sulfurique, qui est lessivé jusque dans les cours d’eau.
« Le recours aux champignons peut permettre de réduire assez nettement l’usage des engrais chimiques. C’est même conseillé de le faire. Car si la plante trouve beaucoup de phosphore dans le sol, elle ne fait plus appel aux champignons et la symbiose n’opère plus », estime Daniel Wipf, tout en rappelant que les champignons seuls ne permettent pas de tout régler. « Pour ne pas casser le réseau mycélien, il ne faut pas pratiquer des labours profonds et répétés. Et surtout, il ne faut jamais laisser le sol à nu. Sinon, les champignons meurent. Il est donc primordial de maintenir en permanence un couvert végétal avec des légumineuses de type féverole ou luzerne. On s’est également aperçu que les champignons produisaient de la glomaline, une sorte de super glu naturelle qui permet, en agglomérant les particules du sol, de réduire l’érosion. »
L’agriculture nord-américaine a un train d’avance
Pour l’heure, le marché est encore balbutiant. L’agriculture nord-américaine a un train d’avance, mais la mycorhize commence à faire son apparition en France. « Elle est en pleine expansion dans le secteur viticole, mais aussi en arboriculture. Ça commence aussi un peu dans les grandes cultures », souligne Daniel Wipf.
L’Ain a été l’un des premiers départements français à tester des semences enrobées de spores produites en Espagne. « On a commencé sur le soja, il a six ans. En moyenne, les rendements sont 10 % supérieurs. Pour le maïs, c’est moins net, ça varie entre 3 et 7 %. Les effets sont nettement plus importants sur les parcelles non irriguées, et on voit que la plante est en meilleure santé. Les semences coûtent 50 euros de plus à l’hectare, mais ça reste très rentable », précise Maxime Jolivet, qui exploite 650 ha à Ambronay (01). En Alsace, des essais ont également été menés en plein champ dans trois exploitations, toujours sur du maïs. Ce qui là encore a permis « de constater des hausses de rendement variant entre 9 et 2 % », souligne François Burckel, responsable technique chez Armbruster, une société basée à Colmar, spécialisée dans la collecte et le négoce de céréales.
Le bon, la brute et le truand
Dans le milieu naturel, il existe trois types de champignons : le bon, la brute et le truand.
Le bon, c’est le champignon symbiotique mycorhizien. Les deux principales formes de mycorhize sont les ectomycorhizes, associées aux arbres et les endomycorhizes à arbuscule qui colonisent la majorité des plantes terrestres. Ces champignons endomycorhizes sont les plus anciens. Ils sont apparus il y a 450 millions d’années. Contrairement à leurs cousins des bois, ils ne forment pas de fructification et ont impérativement besoin des plantes pour vivre.
Face à cette première famille, il y a la brute, c’est le champignon décomposeur, celui qui se nourrit des détritus végétaux.
Enfin, il y a le truand, c’est le champignon parasite. Celui-là tue ses hôtes en leur injectant des toxines pour ensuite les dévorer sur pied.
je vous mets ce petit article de Jean-Marc Toussaint, paru dernièrement dans mon journal régional:
Près de Nancy (54), les chercheurs explorent le monde des champignons
Le champignon mycorhizien, qui se ramifie dans le sol, est de loin le plus proéminent des êtres vivants. Son impact sur les plantes apparaît essentiel, à tel point qu'il pourrait jouer un rôle majeur dans la révolution verte agricole.
Imaginez. Vous marchez en forêt, le nez au vent, en foulant un épais tapis de feuilles et de mousses. Sous vos pas, le bois mort craque, se brise. Sans le savoir, vous êtes en train de marcher sur l’un des plus gros êtres vivants de la planète. Et pourtant, vous ne le voyez pas. Ce géant invisible, c’est un champignon forestier. On connaît tous ses organes reproducteurs, les carpophores, qui abondent à l’automne et qui agrémentent nos assiettes, tels les cèpes ou les girolles. Mais on sait peu que cette fructification est liée à un réseau de filaments microscopiques de 10 à 15 microns qui se ramifie dans le sol jusqu’à 20 cm de profondeur, en formant un tapis souterrain sur plusieurs kilomètres carrés.
Des relations symbiotiques d'une extrême complexité
Ce réseau, appelé mycélium, d’une densité à peine croyable, connecte les plantes, dialogue avec elles et les nourrit. Comment ? C’est ce que cherche à comprendre depuis près de quarante ans le microbiologiste Francis Martin, directeur de recherche à l’INRAE de Nancy-Champenoux (54), mais aussi d’un laboratoire à l’Université forestière de Pékin. Ses recherches ont permis de comprendre l’extrême complexité des relations symbiotiques entre les arbres et les champignons. « Dans un premier temps, le champignon établit le contact avec les racines de son arbre-hôte, puis il crée une sorte de manchon qui entoure la racine. Ensuite, il pénètre dans ses tissus en injectant des protéines qui lui permettent de prendre le contrôle de son système de défense immunitaire, trompant ainsi sa vigilance », explique Francis Martin.
Sans les champignons, les arbres auraient bien du mal à se nourrir
En séquençant le génome du laccaire bicolore, l’un des champignons symbiotiques du sapin de Douglas et du peuplier, lui et ses équipes ont permis de mettre en évidence une cinquantaine de ces protéines, indispensables à la mise en place de la symbiose. « On a réussi à décrypter le rôle de trois d’entre elles. Pour l’heure, les autres gardent leur mystère. Et quand on sait que chaque arbre fonctionne avec un cortège différent de plusieurs dizaines de champignons, générant à chaque fois des centaines d’interactions moléculaires, je pense que le sujet va occuper encore deux à trois générations de chercheurs », s’amuse Francis Martin, pionnier de la discipline. D’autant que de nombreuses questions se posent encore sur le rôle que jouent les champignons dans l’équilibre des écosystèmes. Sans eux, les arbres auraient bien du mal à se nourrir. « Les champignons augmentent la croissance des végétaux dans des proportions variant de 50 à 100 %, grâce notamment aux éléments minéraux qu’ils leur apportent », assure Francis Martin.
Un partage du repas, basé sur un échange donnant-gagnant
Car les champignons ne se contentent pas d’investir les racines de leurs hôtes pour y puiser des sucres simples, issus de la photosynthèse et indispensables à leur développement. Ils sont aussi l’estomac des arbres. Grâce à leurs millions de filaments microscopiques qui fouillent le sol, ce sont eux qui apportent aux plantes l’azote et le phosphore dont elles ont besoin. Ce partage du repas, basé sur un échange donnant-gagnant, s’opère en toute équité. C’est un pacte de vie.
« Des chercheurs américains ont en effet démontré que les champignons qui donnent le plus de phosphore et d’azote à l’arbre sont aussi ceux qui reçoivent le plus de sucres en retour », explique Francis Martin. Ce qui dénote une forme d’intelligence chez ces arbres qui se servent aussi des réseaux mycéliens pour échanger des nutriments entre eux, et peut être même avec d’autres plantes. « En laboratoire, il a été démontré qu’une partie des sucres produits par un sapin pouvait finalement être consommée par le bouleau voisin ! Dans quelle proportion ces échanges existent-ils dans le milieu naturel ? Il est très difficile de le mesurer. L’étude de ces échanges complexes, impliquant de multiples partenaires, n’en est qu’à ses débuts. En revanche, une chose est sûre, les champignons connectent bien les arbres entre eux », poursuit Francis Martin. Mieux, ils interagissent de concert pour la bonne marche de l’écosystème.
Seuls le chou, la moutarde, le colza, la betterave, le navet et les plantes aquatiques ne sont pas liés à des champignons symbiotiques
Pour bien comprendre ces phénomènes, il faut remonter à la nuit des temps, quand les premières plantes primitives dépourvues de racines ont commencé à sortir des eaux saumâtres pour coloniser les continents, il y a 450 millions d’années. Il est aujourd’hui établi que sans les champignons symbiotiques mycorhiziens, ce débarquement n’aurait pu se faire ! « Nous pensons que les champignons mycorhiziens sont d’anciens champignons décomposeurs qui ont muté et qui ont appris le langage moléculaire des végétaux pour communiquer et vivre en symbiose avec eux », indique Francis Martin. Aussi, cette symbiose mutualiste ne concerne pas que les arbres. Elle est une réalité pour 95 % des végétaux. Seul le chou, la moutarde, le colza, la betterave, le navet et les plantes aquatiques ne sont pas liés à des champignons symbiotiques.
Génétiquement plus proche des animaux que des végétaux
Acteur clé de la biodiversité, génétiquement plus proche des animaux que des végétaux, le royaume des champignons est le plus vaste des sept règnes du vivant, mais c’est aussi le moins connu. On estime qu’à peine 2 % des champignons sur terre ont été inventoriés. Pourtant, ils renferment quantité de molécules dont certaines sont déjà utilisées en médecine pour produire notamment des antibiotiques comme la pénicilline et les statines. Mais les champignons sont également des alliés précieux pour aider le secteur agricole à évoluer vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement (lire ci-contre). Mieux, il devrait permettre à l’agriculture de demain de produire plus, en polluant moins.
Un défi pour l'agriculture de demain
« Nos travaux sur la fraise, la framboise, la patate douce, conduisent aux mêmes conclusions : le rendement des plantes mycorhizées est supérieur à celles qui ne le sont pas. Et quelquefois, la différence est très nette. Pour l’artichaut par exemple, nos tests ont montré que dans des conditions de culture identiques, chaque plant inoculé produisait 30 % de plus que les plants non mycorhizés ! », explique le Mosellan Daniel Wipf, qui dirige une équipe de l’unité mixte de recherche rassemblant l’INRAE, le CNRS, Agrosup et l’université de Bourgogne. Mieux, les scientifiques se sont aperçus que les mycorhizes à arbuscule pouvaient impacter la qualité des fruits et des légumes. « On a retrouvé des taux d’antioxydants supérieurs dans les framboises, un rapport sucre/acide plus équilibré dans les fraises, et un taux de carotène plus élevé pour les patates douces », résume Daniel Wipf.
" Le recours aux champignons peut permettre de réduire assez nettement l’usage des engrais chimiques "
Dans les champs, comme dans les bois, « les champignons nourrissent la plante. Ils la protègent contre les éléments pathogènes et stimulent ses défenses. Ils boostent sa croissance et favorisent son accès à l’eau, au phosphore, à l’azote », énumère le chercheur. Aujourd’hui, on fertilise les champs pour nourrir directement la plante. Ce qui oblige à rendre les minéraux solubles, à utiliser du phosphore traité à l’acide sulfurique, qui est lessivé jusque dans les cours d’eau.
« Le recours aux champignons peut permettre de réduire assez nettement l’usage des engrais chimiques. C’est même conseillé de le faire. Car si la plante trouve beaucoup de phosphore dans le sol, elle ne fait plus appel aux champignons et la symbiose n’opère plus », estime Daniel Wipf, tout en rappelant que les champignons seuls ne permettent pas de tout régler. « Pour ne pas casser le réseau mycélien, il ne faut pas pratiquer des labours profonds et répétés. Et surtout, il ne faut jamais laisser le sol à nu. Sinon, les champignons meurent. Il est donc primordial de maintenir en permanence un couvert végétal avec des légumineuses de type féverole ou luzerne. On s’est également aperçu que les champignons produisaient de la glomaline, une sorte de super glu naturelle qui permet, en agglomérant les particules du sol, de réduire l’érosion. »
L’agriculture nord-américaine a un train d’avance
Pour l’heure, le marché est encore balbutiant. L’agriculture nord-américaine a un train d’avance, mais la mycorhize commence à faire son apparition en France. « Elle est en pleine expansion dans le secteur viticole, mais aussi en arboriculture. Ça commence aussi un peu dans les grandes cultures », souligne Daniel Wipf.
L’Ain a été l’un des premiers départements français à tester des semences enrobées de spores produites en Espagne. « On a commencé sur le soja, il a six ans. En moyenne, les rendements sont 10 % supérieurs. Pour le maïs, c’est moins net, ça varie entre 3 et 7 %. Les effets sont nettement plus importants sur les parcelles non irriguées, et on voit que la plante est en meilleure santé. Les semences coûtent 50 euros de plus à l’hectare, mais ça reste très rentable », précise Maxime Jolivet, qui exploite 650 ha à Ambronay (01). En Alsace, des essais ont également été menés en plein champ dans trois exploitations, toujours sur du maïs. Ce qui là encore a permis « de constater des hausses de rendement variant entre 9 et 2 % », souligne François Burckel, responsable technique chez Armbruster, une société basée à Colmar, spécialisée dans la collecte et le négoce de céréales.
Le bon, la brute et le truand
Dans le milieu naturel, il existe trois types de champignons : le bon, la brute et le truand.
Le bon, c’est le champignon symbiotique mycorhizien. Les deux principales formes de mycorhize sont les ectomycorhizes, associées aux arbres et les endomycorhizes à arbuscule qui colonisent la majorité des plantes terrestres. Ces champignons endomycorhizes sont les plus anciens. Ils sont apparus il y a 450 millions d’années. Contrairement à leurs cousins des bois, ils ne forment pas de fructification et ont impérativement besoin des plantes pour vivre.
Face à cette première famille, il y a la brute, c’est le champignon décomposeur, celui qui se nourrit des détritus végétaux.
Enfin, il y a le truand, c’est le champignon parasite. Celui-là tue ses hôtes en leur injectant des toxines pour ensuite les dévorer sur pied.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue
Lu sur le site internet du journal Le Monde...
[Dans le voisinage, on a eu une connaissance morte ce printemps pour avoir confondu ail des ours et colchiques]
Mort après avoir consommé une plante toxique de son jardin
C’est l’histoire d’un Nantais de 63 ans, sans antécédents médicaux, qui cueille avec sa femme ce qu’ils pensent être des tubercules de radis dans son jardin. Les racines sont nettoyées et cuisinées pour le diner qui débute à 21h10.
Alors que la femme, surprise par le goût amer de la plante, n’a avalé que quelques bouchées du plat, l’homme en consomme une plus grande quantité. Vingt minutes plus tard, la femme est prise de nausées puis de vomissements. Le mari appelle alors le SAMU. Juste après avoir raccroché, il présente à son tour des symptômes, en l’occurrence neurologiques. Il est 21h30 quand il est pris de convulsions généralisées (grand mal épileptique).
À l’arrivée de l’ambulance, l’homme a déjà fait deux arrêts cardiaques à 24 minutes d’intervalle. L’activité cardiaque reprend spontanément mais à un rythme de 10 battements par minute du fait d’un blocage de la conduction électrique entre oreillettes et ventricules (bloc auriculo-ventriculaire du 3ème degré). Le patient est intubé et ventilé. Après un massage cardiaque externe, on lui administre de l’isoprénaline pour augmenter la force contractile du muscle cardiaque. Sur le plan neurologique, le patient présente des crises convulsives incontrôlables malgré l’administration par voie intraveineuse de médicaments antiépileptiques (clonazépam, midazolam, thiopental).
Le patient est transféré d’urgence à l’Hôpital Laennec – CHU de Nantes pour bénéficier d’une assistance cardio-respiratoire et de la mise en place dans le cœur d’une sonde destinée à stimuler la contraction des ventricules. Ce dispositif ne sera finalement pas implanté à son arrivée dans le service de soins intensifs car l’activité cardiaque est entre temps revenue à la normale avec un rythme de 60 battements par minute.
Œnanthe safranée
Le centre anti-poisons d’Angers, auquel des photographies de la plante consommée ont très vite été envoyées, confirme qu’il s’agit d’œnanthe safranée (Oenantha crocata). Cette plante herbacée vivace appartient à la famille des Apiacées, autrefois appelées Ombelliféracées en raison de leurs inflorescences typiques en ombrelle.
En France, trois apiacées peuvent provoquer de sévères intoxications : la ciguë vireuse (Cicuta virosa), la grande ciguë (Conium maculatum, qui aurait été utilisée par Socrate pour se suicider) et l’œnanthe safranée. Cette dernière est très répandue dans les lieux humides de l’ouest de la France. Dans certaines régions, on la désigne sous les noms de « pansacre », « pempiz ». En Grande-Bretagne, où on la considère comme l’une des plantes les plus toxiques, on l’appelle hemlock water dropwort (ciguë en goutte d’eau).
L’œnanthe possède de grandes racines renflées souterraines qui exsudent un suc jaune qui rappelle la couleur du safran. Toute la plante est toxique, mais les racines le sont beaucoup plus que les tiges et les feuilles. De couleur vert clair, les feuilles ressemblent à celles du persil, les plus vieilles à celles du céleri. Quant aux tubercules souterrains (également appelés « navets du diable », ils peuvent être confondus avec un navet ou la racine d’une carotte sauvage.
Absence d’antidote
L’œnanthe safranée renferme de l’œnanthotoxine, un composé qui exerce rapidement son action toxique.* La dose létale est comprise entre 10 et 20 milligrammes contenus dans 20 grammes de racine. La concentration d’œnanthotoxine dans la plante est maximale en hiver et au printemps.
L’intoxication par l’œnanthe safranée provoque des symptômes neurologiques (troubles de la vigilance, violents maux de tête, troubles de la sensibilité ou paresthésies), des signes digestifs (nausées, vomissements), des trémulations et des convulsions. Les crises convulsives surviennent une demi-heure à une heure après l’ingestion. L’arrêt des convulsions est l’objectif premier du traitement. En l’absence d’antidote, les thérapeutiques sont purement symptomatiques.
En 2007, des pédiatres d’Alès (Gard) et des toxicologues du centre antipoison de Marseille ont rapporté un cas d’intoxication par une apiacée sauvage chez un enfant de 11 ans qui avait ingéré la racine d’une plante poussant près d’un cours d’eau, persuadé d’avoir reconnu des carottes sauvages. Après avoir présenté des troubles neurologiques et digestifs, l’évolution avait été favorable.
La plupart du temps involontaire, l’ingestion d’œnanthe safranée peut parfois résulter d’un acte suicidaire ou intentionnel. Un cas d’homicide volontaire a été rapporté en 1936. Âgée de 22 ans, l’empoisonneuse avait été condamnée aux travaux forcés pour avoir tué son mari qui avait ingéré des décoctions de racines.
Crises convulsives incontrôlables
Mais revenons au cas du sexagénaire nantais transféré à l’hôpital par le SAMU. À son admission, le patient convulse toujours, l’état de mal épileptique étant réfractaire aux traitements.
L’état clinique se dégrade alors très rapidement. L’évolution est marquée par la survenue d’une insuffisance circulatoire aiguë altérant les fonctions du foie et des reins. Il se produit également une coagulation intravasculaire disséminée, des caillots obstruant de nombreux petits vaisseaux sanguins, ce qui réduit le flux sanguin vers les organes. S’ajoute à cela un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Malgré les nombreuses thérapeutiques administrées, le patient décède le lendemain matin. Le décès de cet homme avait été mentionné dans la presse quotidienne régionale en mars 2019.
Sa femme a heureusement eu plus de chance. Son état clinique s’est amélioré après 24 heures de traitements symptomatiques.
Gare à la confusion entre plantes comestibles et toxiques
Cette observation clinique a été publiée le 27 mai 2020 dans The Journal of Emergency Medicine. Elle souligne à quel point la confusion entre plantes comestibles et toxiques peut être dangereuse.
Dix cas d’ingestion involontaire d’œnanthe safranée ont été rapportés en France entre 2012 et 2018, selon le bulletin des vigilances de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).
Face au risque de confusion entre plantes comestibles et toxiques, l’Anses et les Centres antipoison adressent une mise en garde : « Les descriptifs et/ou photographies de livres, de pages internet, sont parfois utiles mais ne peuvent permettre à eux seuls d’identifier une plante avec certitude. Au moindre doute, il ne faut pas consommer les plantes ramassées et demander conseil à un spécialiste en horticulture ou en botanique. Il est également recommandé de photographier les plantes ramassées pour permettre leur identification en cas d’intoxication ».
[Dans le voisinage, on a eu une connaissance morte ce printemps pour avoir confondu ail des ours et colchiques]
Mort après avoir consommé une plante toxique de son jardin
C’est l’histoire d’un Nantais de 63 ans, sans antécédents médicaux, qui cueille avec sa femme ce qu’ils pensent être des tubercules de radis dans son jardin. Les racines sont nettoyées et cuisinées pour le diner qui débute à 21h10.
Alors que la femme, surprise par le goût amer de la plante, n’a avalé que quelques bouchées du plat, l’homme en consomme une plus grande quantité. Vingt minutes plus tard, la femme est prise de nausées puis de vomissements. Le mari appelle alors le SAMU. Juste après avoir raccroché, il présente à son tour des symptômes, en l’occurrence neurologiques. Il est 21h30 quand il est pris de convulsions généralisées (grand mal épileptique).
À l’arrivée de l’ambulance, l’homme a déjà fait deux arrêts cardiaques à 24 minutes d’intervalle. L’activité cardiaque reprend spontanément mais à un rythme de 10 battements par minute du fait d’un blocage de la conduction électrique entre oreillettes et ventricules (bloc auriculo-ventriculaire du 3ème degré). Le patient est intubé et ventilé. Après un massage cardiaque externe, on lui administre de l’isoprénaline pour augmenter la force contractile du muscle cardiaque. Sur le plan neurologique, le patient présente des crises convulsives incontrôlables malgré l’administration par voie intraveineuse de médicaments antiépileptiques (clonazépam, midazolam, thiopental).
Le patient est transféré d’urgence à l’Hôpital Laennec – CHU de Nantes pour bénéficier d’une assistance cardio-respiratoire et de la mise en place dans le cœur d’une sonde destinée à stimuler la contraction des ventricules. Ce dispositif ne sera finalement pas implanté à son arrivée dans le service de soins intensifs car l’activité cardiaque est entre temps revenue à la normale avec un rythme de 60 battements par minute.
Œnanthe safranée
Le centre anti-poisons d’Angers, auquel des photographies de la plante consommée ont très vite été envoyées, confirme qu’il s’agit d’œnanthe safranée (Oenantha crocata). Cette plante herbacée vivace appartient à la famille des Apiacées, autrefois appelées Ombelliféracées en raison de leurs inflorescences typiques en ombrelle.
En France, trois apiacées peuvent provoquer de sévères intoxications : la ciguë vireuse (Cicuta virosa), la grande ciguë (Conium maculatum, qui aurait été utilisée par Socrate pour se suicider) et l’œnanthe safranée. Cette dernière est très répandue dans les lieux humides de l’ouest de la France. Dans certaines régions, on la désigne sous les noms de « pansacre », « pempiz ». En Grande-Bretagne, où on la considère comme l’une des plantes les plus toxiques, on l’appelle hemlock water dropwort (ciguë en goutte d’eau).
L’œnanthe possède de grandes racines renflées souterraines qui exsudent un suc jaune qui rappelle la couleur du safran. Toute la plante est toxique, mais les racines le sont beaucoup plus que les tiges et les feuilles. De couleur vert clair, les feuilles ressemblent à celles du persil, les plus vieilles à celles du céleri. Quant aux tubercules souterrains (également appelés « navets du diable », ils peuvent être confondus avec un navet ou la racine d’une carotte sauvage.
Absence d’antidote
L’œnanthe safranée renferme de l’œnanthotoxine, un composé qui exerce rapidement son action toxique.* La dose létale est comprise entre 10 et 20 milligrammes contenus dans 20 grammes de racine. La concentration d’œnanthotoxine dans la plante est maximale en hiver et au printemps.
L’intoxication par l’œnanthe safranée provoque des symptômes neurologiques (troubles de la vigilance, violents maux de tête, troubles de la sensibilité ou paresthésies), des signes digestifs (nausées, vomissements), des trémulations et des convulsions. Les crises convulsives surviennent une demi-heure à une heure après l’ingestion. L’arrêt des convulsions est l’objectif premier du traitement. En l’absence d’antidote, les thérapeutiques sont purement symptomatiques.
En 2007, des pédiatres d’Alès (Gard) et des toxicologues du centre antipoison de Marseille ont rapporté un cas d’intoxication par une apiacée sauvage chez un enfant de 11 ans qui avait ingéré la racine d’une plante poussant près d’un cours d’eau, persuadé d’avoir reconnu des carottes sauvages. Après avoir présenté des troubles neurologiques et digestifs, l’évolution avait été favorable.
La plupart du temps involontaire, l’ingestion d’œnanthe safranée peut parfois résulter d’un acte suicidaire ou intentionnel. Un cas d’homicide volontaire a été rapporté en 1936. Âgée de 22 ans, l’empoisonneuse avait été condamnée aux travaux forcés pour avoir tué son mari qui avait ingéré des décoctions de racines.
Crises convulsives incontrôlables
Mais revenons au cas du sexagénaire nantais transféré à l’hôpital par le SAMU. À son admission, le patient convulse toujours, l’état de mal épileptique étant réfractaire aux traitements.
L’état clinique se dégrade alors très rapidement. L’évolution est marquée par la survenue d’une insuffisance circulatoire aiguë altérant les fonctions du foie et des reins. Il se produit également une coagulation intravasculaire disséminée, des caillots obstruant de nombreux petits vaisseaux sanguins, ce qui réduit le flux sanguin vers les organes. S’ajoute à cela un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Malgré les nombreuses thérapeutiques administrées, le patient décède le lendemain matin. Le décès de cet homme avait été mentionné dans la presse quotidienne régionale en mars 2019.
Sa femme a heureusement eu plus de chance. Son état clinique s’est amélioré après 24 heures de traitements symptomatiques.
Gare à la confusion entre plantes comestibles et toxiques
Cette observation clinique a été publiée le 27 mai 2020 dans The Journal of Emergency Medicine. Elle souligne à quel point la confusion entre plantes comestibles et toxiques peut être dangereuse.
Dix cas d’ingestion involontaire d’œnanthe safranée ont été rapportés en France entre 2012 et 2018, selon le bulletin des vigilances de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).
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