Agriculture: problèmes et pollutions, nouvelles techniques et solutionsLe Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

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Did67
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 10/09/19, 18:21

Paresse est une notion flexible, qui dépend de l'état physique de chacun.

Faucher peut être un succédanée à une salle de gym !

Mais c'est pour cela que je ne fais pas du foin un dogme : juste, dans mon cas, la solution la plus facile ! Couvrir avec une matière organique non décomposée et nutritive, équilibrée, c'est ça la clef. Les modalités doivent dépendre de chacun et du "diagnostic" qu'il fait sur les ressources locales...
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar JardinierAmateur » 10/09/19, 22:00

EN parlant de tomates et de sélections, j'ai une question.
Mettons que je veuille selectionner (et non apprendre à) des tomates qui résistent mieux au mildiou. Je vais donc recolter des tomates sur mon plant qui a le mieux tenu face aux attaques. Mais si je recolte et que le pied est atteind, est ce deja trop tard ? Ou tant que le fruit n'est pas atteint, c'est encore bon ? Bref ma question, quel est le meilleur moment pour recolter un fruit et en tirer des graines, et notamment des tomates face au mildiou.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar Did67 » 10/09/19, 23:06

Heureusement, en général, les maladies ne se transmettent pas par les graines. Dans le fruit d'un plant atteint, les graines seront saines.

En général, en cette saison, tous les pieds sont plus ou moins atteints. On ne pourrait jamais récolter ses propres graines !

[Il existe cependant quelques maladies qui se transmettent sur, et plus rarement, dans les graines]
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar être chafoin » 11/09/19, 00:56

Un petit mot sur la dernière vidéo en guise de discussion.

:arrow: Je me demande si la chaleur est aussi problématique pour la floraison. Plusieurs personnes m'ont présenté la chose d'une façon identique à la tienne (peu de fruits à cause de la chaleur) mais ici (contrairement à l'année dernière) j'ai observé une floraison plus ou moins continue de mes tomates, malgré les canicules et autres vagues de chaleur.
20190910_191804.jpg

Peux-tu préciser le phénomène biologique (qui aurait un effet, dis-tu, similaire au gel) ?

:arrow: Je comprends mieux maintenant l'importance de la station météo au potager. Il est vrai que la situation, comme tu l'as indiquée, est peut-être particulièrement dramatique pour les potagers du nord mais je relativiserais un peu la présentation des cartes que tu incrustes (de MétéoFrance je crois) car, en ce qui concerne la situation hydrique, je serais dans une zone blanche ou bleue... Et pourtant le cumul des pluies depuis le début de l'année (à une station météo proche), déficit auquel je me suis intéressé suite au visionnage de ta vidéo, montre un déficit par rapport à la normale de quasiment 50%. Mais je ne me souviens plus très bien peut-être ta carte ne concernait pas les pluies ou il ne s'agissait pas de la même période... En fait il y a de nombreuses cartes (pluies, sécheresse des sols superficiels,...) et sur différentes périodes et ce n'est pas simple de s'y retrouver. De plus il y a un phénomène de lissage sûrement dans ces cartes, et chaque petite zone peut toujours être en contradiction avec les données moyennes d'une zone plus grande qui l'englobe. D'où l'importance de la mini station...

:arrow: Au niveau des maladies, ici finalement et après observation plus attentive les tomates n'ont pas beaucoup de mildiou, voire pas. J'ai bien des feuilles qui se jaunissent voire se déssèchent par zones de cultures (tous les plans ne sont pas atteints) mais il s'agit en fait du champignon de l'alternariose.
20190910_175715[1].jpg
à priori signe d'alternariose (ici évolution moyenne, ailleurs la défoliation est bien plus avancée)
L'aspect de la tâche (comme une cible) semble caractéristique.
Elles ont une forme plus ou moins arrondie, parfois angulaire lorsqu'elles sont délimitées par les nervures. Leur diamètre est souvent de l'ordre du centimètre, et peut atteindre plusieurs centimètres lorsque les conditions climatiques sont particulièrement favorables et/ou quand les taches confluent. Ces dernières ont la caractéristique de présenter de discrets motifs concentriques leur conférant l'aspect d'une cible.
http://ephytia.inra.fr/fr/C/5202/Tomate-Principaux-symptomes
Cela a l'air d'être du costaud ("Alternaria tomatophila peut se conserver durant plusieurs années à la surface des graines de tomate, dans le sol et sur les débris végétaux") même si c'est pour l'instant moins impactant que tes problèmes de mildiou !
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar nico239 » 11/09/19, 01:21

Did67 a écrit :C'est un des aspects... Une fissure qui suinte, etc... J’ai vu ça même en Afrique, en climat aride. Une touffe verte "exploitant" un tel suintement au bas d'un massif...

Un autre aspect, plus théorique, est que si une variété-population est développée dans tel "terroir", la vendre en dehors de ce terroir est une négation de ce qui justifie cette approche. Indépendamment de PP? j'ai déjà à plusieurs reprises, souligné l'incohérence à justifier les variétés anciennes adaptées à tel terroir (le "haricot de Soisson", pour citer un exemple) et de systématiquement les utiliser ailleurs, dans des conditions bien différentes.

Sans pour autant rejeter l'idée que des emprunts peuvent être intéressants - n'oublions pas que la grande majorité de nos légumes sont empruntés ! Mais que souvent, on les a adaptés - ex, le haricot de Soisson (le haricot étant exotique).



Oui à son propos j'ai souvent relevé que tant qu'on n'a pas une coupe de son sol (et je pense qu'on ne l'aura jamais) il est difficile d'aller plus avant.

Eh oui ce qui vaut pour un terroir ne vaut pas toujours pour tous les autres....

Je ne pense pas que la semence magique existe.

Ce qui nous ramène à son coeur de métier producteur de semences et pas de tomates d'ailleurs.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar nico239 » 11/09/19, 01:24

VetusLignum a écrit :
Did67 a écrit :Un autre aspect, plus théorique, est que si une variété-population est développée dans tel "terroir", la vendre en dehors de ce terroir est une négation de ce qui justifie cette approche. Indépendamment de PP? j'ai déjà à plusieurs reprises, souligné l'incohérence à justifier les variétés anciennes adaptées à tel terroir (le "haricot de Soisson", pour citer un exemple) et de systématiquement les utiliser ailleurs, dans des conditions bien différentes.

Sans pour autant rejeter l'idée que des emprunts peuvent être intéressants - n'oublions pas que la grande majorité de nos légumes sont empruntés ! Mais que souvent, on les a adaptés - ex, le haricot de Soisson (le haricot étant exotique).


Oui, mais à supposer qu’on veuille reprendre des processus d’adaptation à son propre "terroir", comme cela se faisait par le passé, alors il faut bien un point de départ.
Un bon point de départ, c’est une certaine richesse génétique, la capacité à se mycorhizer en faisant partie.
Dans ce cas, je pense que les graines de PP sont de bonnes candidates.
Même si idéalement, il faudrait utiliser plusieurs sources.

Et puis, comme on l’a déjà dit, la notion de "terroir" est piégeuse.
Il faudrait plutôt parler d’adaptation à son propre système, les méthodes culturales faisant partie de l’équation.
Par exemple, si on veut de la mycorhization, alors il vaut mieux ne pas travailler le sol.


Perso je ne prendrais pas les graines de PP ou de tartempion.

Je prendrais les graines de TES plus beaux plants et de TES tomates préférées au niveau de TON goût et je ressèmerais cela chaque année en prenant à chaque fois les plus beaux ..... etc etc.

Et pour le point 0 des graines de ton coin ou des tomates produites dans ton coin dans des conditions qui te conviennent à toi, même achetées au marché : doit bien en avoir tout de même.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar nico239 » 11/09/19, 01:27

Did67 a écrit :J'ai reçu ce matin, ce mail qui m'a saisi !

Je publie après avoir anonymé (noms, lieux)...

Bonjour Didier,

j'ai lu avec attention et plaisir votre livre. J'y ai trouvé les explications de ce que j'observe dans mon jardin depuis des années... et que je promeus dans quelques associations par ici en xxxxxxx. Mon expérience de jardinier est simple. Educateur technique, jardinage "4 branches" (ça sent le vieux tout ça !) nous avions en IME 1ha de potager où passaient toutes les feuilles et gazons que nous produisions. Il y a 30 ans, un ado s'est trompé (déficience mentale!) il a paillé nos petits choux fraichement plantés avec un gros tas d'herbes sèches préparé pour nos lapins. J'ai trouvé à la récolte une différence avantageuse à plusieurs aspects : persistance de la couverture, production remarquable et régulière, reprise du terrain facilitée du fait de la structure et de l'absence des "mauvaises" herbes que "l'on" commençait à dire pas si mauvaises. En cherchant de la doc (sans Google) je suis tombé sur le premier livre de Ruth Stout qu'un ami m'a traduit. Elle se servait du foin depuis le milieu des années 40 ! Et nous sommes passés au foin. Nous avons consacré 5000 m² aux curcurbitacées (plus de 300 variétés cultivées au fil des années), avec paillage de gazon, foin, broyages de taille, donc plus jamais de travail du sol, en déplaçant nos lignes de mise en place des plantes suivant notre humeur de l'année. Aujourd'hui retraité je partage amplement cette expérience qui, je le confirme, supprime compost, fumier et tous apports extérieurs. Je recycle toutes les productions de gazon et feuilles de mes voisins inconscients de leur fortune, bloquant cérébralement à l'idée de transformer une pelouse monoculturée en jardin d’Éden... mais mangeant bio. J'ai poussé mon idée de l'autonomie jusqu'à enseigner l'art du fauchage... ce qui nous donne le foin et nous fait bien voir de nos concitoyens puisque nous nettoyons fossés, talus et autres recoins délaissés dans notre verte campagne. Nous semons quelques pieds de ricin et d'euphorbe et n'avons jamais vus les campagnols s'installer. Est ce qu'ils ne s'installeraient pas plus facilement suite à une période de sécheresse ? Ils sont très présents dans les prairies naturelles autour du village mais buses et hérons guettent et mangent!

Je viens de regarder sur mon ordi, Ruth Stout est très présente sur Youtube et le net en général. Je la croyais inconnue, n'ayant jamais croisé personne qui la connaissait. J'ai par contre bien connue Emilia Hazelip xxxxx et dont je connaissais les excès de paille. Avec xxxxxxx de xxxxxxxxxx nous nous chamaillons amicalement depuis des années, lui tout paille, moi tout foin plus les restes.

Très heureux d'avoir enfin lu ce que je préférais faire au jardin, je souhaite que, dans un prochain livre, vous osiez cligner sur le fauchage, pour son côté plaisir par excellence, avec ses odeurs, son collectif, et ce grand plaisir d'engranger ou de mettre en meule.

Cordialement. xxxxxxxxxx



Ah ben celui-là il faut aller lui rendre une petite visite... :!: :!: :!:

Il ne serait pas dans le sud est par hasard :?: :P
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar nico239 » 11/09/19, 01:37

VetusLignum a écrit :Pour moi, cela veut dire qu'il faut se réserver des zones expérimentales, et donc, avoir la place pour le faire.


Yaisse surtout quand on pense au nombre d'essais que nous avons devant nous et qui est minuscule.... et qui va de 40 à .... 10 Image et le double ou le triple au grand max si on en fait plusieurs par saison.

Désolé de vous casser le moral Image mais en terme de recherche c'est peanuts, ridicule quand on pense aux centaines, voire milliers, de bocaux des instituts de recherche.

Chaque saison on va tester des trucs mais cela va nous conduire bien vite vers nos amis les vers de terre sans, au final, avoir pu tester une très grande quantité de choses...

1 test par saison à rectifier la suivante... à ce rythme là les années défilent à toute vitesse Image

Hâtons nous donc lentement tout en sachant qu'à l'échelle de l'évolution des plantes on n'a guère de chance de découvrir la pierre philosophale.

À la vôtre et à celle de ceux qui nous regardent Image

Image
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar nico239 » 11/09/19, 02:00

J'ai trouvé cela en fouinant sur le net.

Ce n'est pas toi qui en parlait une fois Didier de Jean Pain?

Tu comprendras tout c'est en allemand :mrgreen:







Bon ça c'est son schmilblick pour l'eau chaude (faut que je vérifie comment fonctionnait le thermo siphon du 19ème, j'avais publié une vidéo de Julien de Pauw je ne sais plus où, mais c'était peut-être au bois) qui, si l'on regarde d'autres vidéos, semble consommer une sacrée quantité d'eau (700 litres d’eau par m3 de broyat), nécessaire à arroser le cône pour qu'il chauffe, (serait-ce une banale couche chaude conique?) avant de produire un peu d'eau chaude... à moins que j'ai mal compris et ce que soit (très) pérenne.




Bon ceci dit c'est surtout l'un des premiers utilisateurs de «l'époque moderne» (c'est à dire après les années 30 et le début de l'hégémonie de la mécanisation) du paillis qu'on utilisait déjà un (et même plusieurs) siècle avant lui mais qu'on avait sans doute oublié d'exhumer à son époque dans les années 70 quand l'accès à ce genre d'infos ne pouvait se faire qu'à travers les bibiothèques et encore celles qui possédaient les bons ouvrages dont seule une poignée de spécialistes connaissait l'existence d'ailleurs.

Sauf que là il le fabrique jusqu'au compost en utilisant les broussailles du coin ce qui devait effectivement paraître révolutionnaire dans les seventies.


Bizarrement son bouquin est accessible en ligne via wikipedia... (domaine public?)
Il me semble que dans l'aventure Jean Pain on peut aussi tirer le chapeau à Henri Stehle de l'INRA, preuve que l'institut n'était pas toujours borné. :mrgreen:

http://massivart.free.fr/Jardin/Les.Met ... ain-GP.pdf

les méthodes jean pain.jpg
les méthodes jean pain.jpg (255.24 Kio) Consulté 117 fois



Et ce qui est drôle c'est qu'on reboucle par moments sur la discussion sur le «sans arrosage» (ou peu) des cultures mais arrosage continu du tas de compost : curieux paradoxe qui ne semblait pas perturber l'auteur. :shock:


La lecture de ce petit ouvrage n'en demeure pas moins totalement passionnante.
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Re: Le Potager du Paresseux : Jardiner plus que Bio sans fatigue

Message non lupar jardama » 11/09/19, 08:43

Il y a trois ans, j'ai acheté quelques graines de tomates à P. Proot. J'en ai fait d'autres avec celles qui ont poussées. Elles sont autant de mildiou que les autres et ce depuis le début.
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