Message non lupar Did67 » 12/01/16, 09:55
C'est normal ! Keep cool !
La chlorophylle a une durée de vie de plusieurs semaines. Donc elle va disparaître progressivement. Les plantes vont jaunir, car d'autres pigments des feuilles, notamment des caroténoïdes (famille des carotènes) sont encore plus lents à disparaître. Il y a aussi des anthocyanes, rouges. Normalement, par température suffisante et en présence de lumière, la chlorophylle domine les autres, les feuilles sont vertes [sauf des espèces ornementales, sélectionnées pou et sauf les fleurs]. Que la température baisse, et la chlorophylle disparait lentement, les anthocyanes dominent : les feuilles rougeoient (en automne).
Si tu couvres, l'absence de lumière fera que la chlorophylle, devenue inutile, cessera d'être synthétisée... Les anthocyanes aussi... Les carotènes durent beaucoup plus longtemps : les feuilles jaunissent (c'est ce qu'on recherche quand on couvre les chicorées scaroles pour les blanchir, où les pissenlits, les asperges...).
Mais déjà là, les plantes, privées de lumière, ne "rechargent" plus leurs bactéries énergétiques ! C'est comme des panneaux photovoltaïques la nuit... Les plantes vivent sur les réserves !
J'ai mis les feuilles de mon essai "feuilles de noyer" vers la mi-octobre je crois. Et si je gratte, c'est toujours jaune ! J'y étais hier.
Nous travaillons au rythme de la nature (il faut donc penser en mode "6 mois"). Et non à celui de l'électronique.
Tu as raison aussi, que cette année, vu les températures douces, rien n'est vraiment comme prévu :
- je récolte encore tous les jours des salades (des feuilles de chêne, ans serre, sans tunnel, sans rien)...
- mes framboisiers rejettent, les cons !
- j'ai plein de fleurs partout (et pas seulement mon jasmin d'hiver, pour qui c'est normal !)
Du coup, le sol "travaille" encore. Et le foin, donc la décomposition est normalement "bloquée" par le froid en cette saison, se décompose en effet...
Hier, j'ai reçu un chargé de mission maraîchage. On a passé deux heures au jardin. En grattant pour observer les couches, on trouvait des vers en pagaille (normalement, en cette saison, ils sont en diapause, en profondeur - en vie ralentie, attendant des jours meilleurs).
Mais ! Car il y a un mais !!!
1) Cela ne doit pas te contrarier d'un pouce !
2) D'un coté, tu es en train de "gagner" une année d'activité de décomposition ; donc tu auras dès cette année un effet positif sur la fertilité de ton sol, que tu n'aurais pas eu autant en année normale ; n'oublie pas que ton foin, outre une couverture, est aussi un apport d'éléments fertilisants prélevés sur les bords de l'Indre, de par sa décomposition...
3) S'il se décompose trop vite pour jouer efficacement son rôle de "bâche noire", tu repasses simplement une couche ! Au prix où tu l'as et vu le travail, il n'y a là rien d'inquiétant !
Enfin, dans les "herbes" que tu veux détruire, il y a actuellement, je suppose, un mélange :
1) des annuelles (chénopodes, laiterons, séneçons, chardons, par ex)
2) des vivaces (plantains, renoncules, chiendent ? liseron ???)
3) des vivaces rampantes (les graminées - dites "herbes")
La couverture par le foin, en une année, est très efficace sur les annuelles (par manque de lumière, elles ne lèveront pas - sauf peut-être dans les sillons que tu devras ouvrir pour semer). En fait, il y a des milliers de graines d'annuelles, des millions sans doute, qui "dorment" dans le sol... Seules celles en surface, sous l'action de la lumière lèvent. Tant que tu remues la terre (motoculteur), tu auras des levées d'annuelles... Dès que tu cesses, en une année, l'horizon superficiel se "vide". Comme tu ne remues pas, les autres graines attendront d'être en surface : si tu cesses de travailler, elles peuvent attendre longtemps ! Donc les annuelles, c'est réglé en 1 an !!!!
La couverture sera efficace à 98 % sur les vivaces rampantes, qui n'auront pas une "organisation" pour percer.
Elle ne sera pas aussi efficace contre les vivaces "perçantes". Là, il te faudra, de temps en temps, arracher l'une ou l'autre. Mais dans un sol bien structuré, bien protégé, les racines viendront avec... Contrairement à avant... Et en 2 ou 3 ans, elles régresseront complètement... La première année, j'ai eu pas mal de repousses de plantain, par exemple. De renoncules bulbeuses aussi. Deux ans après, tout cela a disparu.
En revanche, s'installeront, à la marge (dans les sillons, sur les parties où le foin a "fondu" et que tu n'auras pas recouvert tout de suite) d'autres adventices. Qui ont le rythme de tes légumes dans le sang !
J'ai actuellement, des poussées impressionnantes de mourons [voir la photo de ma levée spontanée de mâche, plus haut]
Ce qui me ravit :
1) c'est un indicateur de richesse du sol ! Qui a déjà envie d'être pauvre ?
2) comme je l'ai déjà écrit, j'essaye d'évoluer vers un système plus complexe, comprenant des couvre-sols vivants en morte-saison [il faudra que je prenne le temps d'expliquer que les racines des plantes exsude, sous le sol, des substances organiques, qui nourrissent tout un film de bactéries utiles dans l’entourage de la racine - ce qu'on appelle la rhizosphère, qui font aussi la police à ce niveau ; avec le foin, et l'absence de plantes vivantes fin d'automne / hiver / début de printemps, je pense que ces pauvres bactéries, utiles, crèvent la dalle - ne jamais oublier que les bactéries vivent quelques jours ! ; j'essaye donc de voir comment, sans jamais travailler la terre, je peux jongler avec des couvre-sols non envahissants, sans perdre le contrôle ; c'est une recherche en cours]. Le mouron semble correspondre au cahier des charges !
3) le mouron est... comestible !!!
Donc, en bref : ne t'inquiète surtout pas. Sauf si pour toi, avoir un jardin propre (donc "désert", avec un sol "mort") est plus important que d'avoir de belles récoltes sans faire grand chose !
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Did67 le 12/01/16, 11:33, édité 1 fois.
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