rafale a écrit :Je viens de lire en diagonal la discussion, et tiens à m'excuser auprès de Did67 pour mon impulsivité sur un simple commentaire, tu avais explicité en grande partie mes différentes interventions.
J’accepte volontiers tes excuses, qui me semblent très sincères.
Comme je viens de l'écrire, tes expérimentations m'intéressent.
Je veux juste attirer ton attention sur un point que tu ne sembles pas bien cerner :
- dans ta façon de faire, tu "travailles" avec le stock d'éléments nutritifs en place dans le sol ; c'est bien un jardinage "cyclique", si tu ramènes tous les "déchets organiques"... Mais tu n'enrichis pas ton espace. Les buttes permettent, au prix de beaucoup de travail, de "concentrer" la fertilité existante sur une partie de la surface du jardin. Mais ceci est un leurre ! C'est comme si lors d'un repas un peu maigre, tu mets toutes les assiettes d'un coté de la table (ceux de ce coté auront assez, mais de l'autre coté, ils n'auront rien) !
- en apportant du foin depuis une prairie naturelle, je rajoute tous les éléments nutritifs qu'il renferme, que le foin a prélevé dans la prairie, à ceux existants déjà dans le jardin : la fertilité augmente, et sur toute la surface ! Cela change pas mal la donne.
Donc pour résumer :
a) avec ma façon de faire, le jardin s'enrichit, sur toute sa surface, tout en ayant des êtres vivants (vers, bactéries, champignons, etc...) bien nourris qui travaillent pour moi, partout...
b) avec ta façon, tout est OK question "vie du sol", qui "turbine" mais tu restes avec ton stock d'éléments nutritifs de départ ; dans un sol carencé en soufre, tu resteras avec ta carence de soufre car rien ni personne ne pourra "créer" du soufre, pas même les êtres vivants du sol... [A l'exception de l'azote bien sûr, que le trèfle va injecter à partir de la fixation symbiotique de l'azote de l'air ; mais l'azote n'est pas tout !]...[Et à l'exception d'éventuels apports de "composts", de terreau, dont l'origine est en dehors du jardin ; mais un vrai compost, c'est aussi beaucoup de travail, et des pertes d'énergie pour les êtres du sol comme nous en avons discuté quelques pages plus haut)
Donc dans un sol pauvre, tu resteras à gérer la pauvreté. Quitte à concentrer la maigre richesse sur les buttes au détriment du reste... Avec des nuances selon les éléments (le phosphore par exemple se "planque", mais les mycorhizes arrivent à le mobiliser...). Mieux que si tu n'activais pas les cycles naturels. Mais moins bien que si tu apportais du foin !
D'où le différence dans la fertilité de nos sols, qui, chez moi, s'accroit de façon spectaculaire. Ce qui me permet d'envisager de passer dans un système où la biomasse est produite et recyclée sur place. Dans un sol très riche, la concurrence restera limitée et les "emprunts" insignifiants... D'où le fait que ce que tu fais m'intéresse... J'entrevois d'ici deux ou trois ans, d'avoir un jardin presque trop riche !