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Agriculture: problèmes et pollutions, nouvelles techniques et solutionsLa mort des abeilles met la planète en danger

Agriculture et sols. Pollution, contrôles, dépollution des sols, humus et nouvelles techniques agricoles.
Ahmed
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Ahmed » 28/09/18, 21:49

L'antagonisme entre David et Goliath ne relève pas d'une "nature humaine" qui serait bien difficile à définir (si tant est qu'elle existe!), mais du constat que d'un déséquilibre des rapports de force naît une situation conflictuelle, dans la mesure où peut ainsi s'établir une volonté de domination. Ce n'est plus vrai en ce qui concerne le glyphosate, mais ça l'a été, dans le cadre d'une stratégie délibérée de monopoliser les semences vivrières et donc l'autonomie alimentaire sur une large échelle.
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar être chafoin » 29/09/18, 00:07

Moindreffor a écrit :on est d'accord, mais pourquoi n'arrivent-ils pas à prouver une bonne fois pour toutes qu'il est nocif, c'est pour moi un mystère
Dans cette étude les scientifiques le prouvent ou font une avancée pour le prouver. Après, tu peux contester cette enquête, comme tu as le droit de contester toute analyse scientifique mais il faut pour cela lire l'article, apporter des arguments en fonction des éléments apportés, connaître le fonctionnement des écosystèmes étudiés...
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar être chafoin » 29/09/18, 02:07

Il y a des raisons socio-scientifiques à l'incapacité à démontrer la nocivité d'un produit : la" myoperxpertise" dont parle Marcel Bouché fait que les chercheurs sont tellement spécialisés qu'ils ne peuvent comprendre les interactions multiples physiques, chimiques, biologiques, climatiques... qui agissent souvent à double sens (avec des effets rétroactifs ambivalents, de défense par exemple) dans les écosystèmes, généralement ils n'ont pas la formation adaptée à leur connaissance et "fonctionnement". Ici, il ne s'agit même pas seulement de la molécule glyphosate, mais de tous les produits phyto contenant cette molécule, avec leurs différents adjuvants. Et quels sont les effets croisés de ces substances entre elles et avec les organismes vivants (plantes, animaux, micro-organismes...) mais aussi les éléments non vivants comme les sols, l'air, les éléments climatiques...Et quels sont les effets induits dans la suite des chaînes alimentaires...

Pour autant, au passage, si c'est complexe, cela n'entraine pas, au niveau scientifique, qu'on puisse tout en dire, et tout ce que l'on en dit ne se vaut pas. On pourrait également tout à fait avoir une recherche scientifique fondée, rationnelle, basée sur les écosystèmes. Encore faudrait-il qu'elle soit basée sur des enquêtes de terrain et non sur des travaux exclusivement de laboratoire comme c'est le cas actuellement !

Par ailleurs, la plupart des recherches scientifiques sont désormais orientées vers une application qui pourrait être profitable un jour, en lien avec des intérêts privés. J'ai rencontré un jour un chercheur, en montagne, qui m'a raconté qu'il était sur le point de renoncer à son domaine de recherche (dans l'écologie) car son laboratoire lui mettait trop de pression pour infléchir ses résultats, son analyse. A l'heure des mesures d'austérité et d'économie dans le service public, on voit qu'il est de plus en plus difficile pour notre organisation de la formation et de la recherche de se démarquer de ces structures de pensée, qui sont aussi des opportunités de débouchés et des finances. Comment réorienter ces efforts vers une recherche du bien commun ?

En début d'année, des agriculteurs du Lot et Garonne exhortaient notre ex-ministre de l'écologie , sur des affiches : "Hulot : de l'eau et du glypho !". Comment mettre en place des recherches sérieuses de type holistique, alors que tout conspire (dans le sens de respirer ensemble, pas dans le sens d'une conspiration de quelques criminels) vers un développement de l'épandage "facile" pour une production "moderne", c'est à dire de type massive, de mauvaise qualité, sur des sols quasi-morts...

Terminons ce tableau noir, en rappelant tout de même qu'il existe de nombreuses études scientifiques (différenciées) qui ont décrit les effets négatifs des herbicides contenant du glypho sur le sol, les plantes, les animaux, la santé.
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Moindreffor » 29/09/18, 09:34

je pense qu'on s'agite dans le mauvais sens
le glyphosate est l'arbre qui cache la forêt, tant qu'on parle de lui on ne parle pas des vrais problèmes
ce n'est pas de l'eau et du glypho qu'il faut donner aux agriculteurs, c'est le droit de vendre leurs productions à un prix qui leur permette de vivre et non plus de faire une course folle aux investissements et à la productivité pour survivre

et là on ne se bat pas contre Mosento mais contre notre politique agricole, mon cousin ne se dit plus agriculteur mais chasseur de primes
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Moindreffor » 29/09/18, 09:45

Ahmed a écrit :L'antagonisme entre David et Goliath ne relève pas d'une "nature humaine" qui serait bien difficile à définir (si tant est qu'elle existe!), mais du constat que d'un déséquilibre des rapports de force naît une situation conflictuelle, dans la mesure où peut ainsi s'établir une volonté de domination. Ce n'est plus vrai en ce qui concerne le glyphosate, mais ça l'a été, dans le cadre d'une stratégie délibérée de monopoliser les semences vivrières et donc l'autonomie alimentaire sur une large échelle.


ce que je voulais dire c'est qu'on aime bien s'attaquer à plus grand que soit, simplement parce qu'on n'accepte pas la réussite d'autrui vis à vis de sa non réussite personnelle, (je ne parle pas d'échec)

après si on y va par là, tout produit peut avoir des effets nocifs, boire trop d'eau est nocif pour la santé, pire boire de l'eau pure l'est encore plus

personnellement je n'aime pas les combats contre telle ou telle chose ou idée, je préfère développer autre chose et laisser le choix...

un chercheur doit vivre, et donc il cherche avant tout des financements, comme un avocat cherche des clients, ils tombent les uns et les autres parfois dans la simplicité... après chacun voit le mal par rapport au camp qu'il se choisit
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Ahmed » 29/09/18, 10:21

J'ai bien compris ce que tu voulais dire, mais je ne partage pas cette analyse psychologisante: ce n'est pas par une sorte de jalousie (rivalité mimétique serait plus juste) que surgissent les récriminations des "petits" contre les "gros", mais du fait d'un pouvoir qui s'exerce unilatéralement et sans contrepoids. C'est un fait politique au sens strict (et pas à celui de politique politicienne) et cette réaction me paraît saine et justifiée.

Je suis toutefois bien d'accord que souvent le choix des cibles relève de l'émotionnel, que par exemple les abeilles jouissent d'une image sympathique*, alors que les bourdons qui remplissent un rôle important dans l'écosystème et qui pâtissent également des "innovations" son purement et simplement
ignorés.

* Du fait d'un travers de l'ego humain qui porte plus de considération à ce qui lui est directement utile ou agréable (miel).
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Moindreffor » 29/09/18, 11:10

Ahmed a écrit :J'ai bien compris ce que tu voulais dire, mais je ne partage pas cette analyse psychologisante: ce n'est pas par une sorte de jalousie (rivalité mimétique serait plus juste) que surgissent les récriminations des "petits" contre les "gros", mais du fait d'un pouvoir qui s'exerce unilatéralement et sans contrepoids. C'est un fait politique au sens strict (et pas à celui de politique politicienne) et cette réaction me paraît saine et justifiée.

Je suis toutefois bien d'accord que souvent le choix des cibles relève de l'émotionnel, que par exemple les abeilles jouissent d'une image sympathique*, alors que les bourdons qui remplissent un rôle important dans l'écosystème et qui pâtissent également des "innovations" son purement et simplement
ignorés.

* Du fait d'un travers de l'ego humain qui porte plus de considération à ce qui lui est directement utile ou agréable (miel).

si tu veux, je suis d'accord, tout pouvoir fait naître son contre-pouvoir, pouvoir politique, économique, la liste est longue et oui on focalise sur les abeilles, car il y a une économie là dessous aussi...

et désigner un coupable est souvent plus facile que de le trouver, et avec le net, la place publique est devenue très vaste et accessible à tous
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Ahmed » 29/09/18, 11:50

Personnellement, je me garde bien de désigner un ou des coupables: ces entreprises font ce pourquoi elles sont conçues et ne sont pas libres de leur fonctionnement (seulement des choix à l'intérieur de ce cadre systémique) et c'est aussi pourquoi je ne leur fait absolument pas confiance sur d'autres critères qui se doivent d'être portés par l'ensemble des gens concernés (tous, en vérité!).
Mais, ce que tu appelles un contre-pouvoir n'est en réalité qu'un désir de contre-pouvoir*, d'où l'exaspération de beaucoup et certains jugements peu rationnels, notamment à caractère moral. Il faut reconnaître que sur ce dernier point, les grandes firmes prêtent volontiers le flanc à la critique en revendiquant des "missions" salvatrices bien éloignées de la réalité...

* Je parle ici évidemment des citoyens et non des gouvernements qui ne constituent en rien des contre-pouvoirs aux pouvoirs économiques dont ils dépendent.
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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar Moindreffor » 29/09/18, 13:48

Ahmed a écrit :Personnellement, je me garde bien de désigner un ou des coupables: ces entreprises font ce pourquoi elles sont conçues et ne sont pas libres de leur fonctionnement (seulement des choix à l'intérieur de ce cadre systémique) et c'est aussi pourquoi je ne leur fait absolument pas confiance sur d'autres critères qui se doivent d'être portés par l'ensemble des gens concernés (tous, en vérité!).
Mais, ce que tu appelles un contre-pouvoir n'est en réalité qu'un désir de contre-pouvoir*, d'où l'exaspération de beaucoup et certains jugements peu rationnels, notamment à caractère moral. Il faut reconnaître que sur ce dernier point, les grandes firmes prêtent volontiers le flanc à la critique en revendiquant des "missions" salvatrices bien éloignées de la réalité...

* Je parle ici évidemment des citoyens et non des gouvernements qui ne constituent en rien des contre-pouvoirs aux pouvoirs économiques dont ils dépendent.

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Re: La mort des abeilles met la planète en danger

Message non lupar izentrop » 16/10/18, 15:18

...on imagine moins que ces mêmes abeilles domestiques puissent représenter un danger pour les autres insectes pollinisateurs voire même pour les plantes qu’elles butinent !

Les abeilles dites domestiques, les plus connues, sont celles qui produisent du miel. Leur nom scientifique est Apis mellifera pour les abeilles à miel occidentales, et Apis cerana, pour les abeilles à miel orientales. Les Apis mellifera ont un rôle primordial dans notre économie. À elles seules, elles occupent la première place en terme de production avec 81 millions de ruches pour 1,6 millions de tonnes de miel par an.

Les abeilles sauvages, quant à elles, englobent près de 1.000 espèces en France, dont des espèces de bourdons solitaires, de papillons nocturnes ou encore des mouches syrphes. Au total, on en recense près de 20.000 espèces d’abeilles dans le monde. Contrairement aux abeilles domestiques, les pollinisateurs sauvages ne font pas de miel et ne représentent donc pas un intérêt économique majeur. Conséquence : ils sont bien moins protégés que les Apis mellifera.

Pourtant, ils assurent un rôle de premier plan pour notre écosystème. Plus de 80 % des plantes à fleurs dépendent de ces insectes sauvages ; les abeilles domestiques n’assurant que 15 % de la pollinisation. Ainsi, les abeilles sauvages garantissent le rendement de près de 75 % des cultures agricoles, soit une rente de 265 milliards de dollars par an au niveau mondial.

Vers une extinction des abeilles sauvages

Aujourd’hui, les initiatives en faveur des abeilles laissent penser que les humains ont pu préserver l’espèce, mais c’est sans compter l’absence de différenciation entre ces deux catégories de pollinisateurs. Le nombre d’abeilles sauvages continue de baisser à un rythme alarmant : 50 % de toutes les espèces d’abeilles européennes sont menacées d’extinction. https://www.consoglobe.com/abeilles-dom ... sources-cg
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Cum hoc ergo propter hoc ... Autrement dit : Corrélation n'est pas causalité.


 


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