Les utilitaires légers

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Le développement des véhicules utilitaires légers pose des problèmes de trafic et de pollution, Le Monde, 17/01/05 Par Dominique Buffier

Le véhicule utilitaire léger (VUL) connaît une forte croissance dans les grandes agglomérations. En France, en quatre ans, le parc des VUL s’est accru de 1,1 % par an, comme les voitures particulières. Dans le même temps, celui des camions a pratiquement stagné, souligne une étude d’octobre 2004 de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Ile-de-France (Iaurif). Au 1er janvier 2003, l’Ile-de-France comptait 801 600 VUL de moins de 15 ans, soit 17 % du parc national.
Sa taille et son poids, inférieur à 3,5 tonnes, en font un véhicule de plus en plus recherché pour le transport de marchandises. Les difficultés de circulation dans les centres-villes expliquent pour une part son succès grandissant : il prend la place des poids lourds, de plus en plus exclus du tissu urbain dense.
A Paris, les poids lourds qui ont une surface d’occupation au sol comprise entre 16 et 24 m2 sont soumis à des autorisations de circulation. Au-delà de cette référence, tous les camions sont interdits, hormis ceux inscrits sur une liste précise : meuneries, citernes, camions frigorifiques, porte-voitures, camions de déménagement, camions de chantiers de voirie et, enfin, les camions qui approvisionnent les marchés découverts.

 

Livraisons à domicile

 
Les dimensions des véhicules autorisés à circuler répondent aux caractéristiques des demandes des citadins. Dans la capitale, près de 80 % des commandes aux particuliers sont inférieures à 150 kilogrammes. Mais le secteur de la livraison à domicile (LAD) est en attente d’une réglementation des pouvoirs publics sur le partage de la chaussée pour l’exercice de leur activité. Un sondage de juillet 2004 montrait, en effet, qu’en Ile-de-France seuls 21 % des VUL stationnaient dans un espace autorisé ; 23 % s’arrêtaient sur un stationnement interdit, 32 % en double file et 3 % dans les couloirs de bus.
L’utilisation des VUL peut sembler plus rationnelle dans l’espace urbain, mais elle a aussi pour conséquence d’augmenter la circulation. L’enquête de l’Iaurif se réfère à une autre étude, réalisée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), de 1997, qui démontrait les effets négatifs sur l’environnement de cette évolution. L’Ademe montrait que douze camionnettes de 500 kg, effectuant des livraisons dans douze magasins situés à 10 km du centre de distribution, émettaient plus de gaz d’échappement et produisaient plus de bruit qu’un seul camion de 6 tonnes faisant le même parcours.
Autre problème posé aux pouvoirs publics : l’état du parc des véhicules des entreprises de transports. Jusqu’à présent, en adoptant un strict point de vue d’efficacité du transport, les sociétés utilisaient les plus anciens véhicules pour les agglomérations.
Dans son plan de circulation des marchandises, la Ville de Paris va exclure de son périmètre les véhicules les plus obsolètes, qui sont aussi les plus polluants. La mise en œuvre de ce programme devrait commencer d’ici deux ans et s’étaler sur plusieurs années.

 

 

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