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Date de création : 06/12/2005 à 22h27
Catégorie : Economies d'énergie
S’equiper pour alleger sa facture de chauffage publié dans "Le Particulier" n°995, decembre 2005
par Valerie Valin-Stein
Pourquoi faut-il investir dans les EnR ou des procédés énergétiques plus efficients ?La penurie annoncee de petrole et l'envolee des prix vont peser de plus en plus lourdement sur notre budget chauffage. Mieux vaut donc anticiper et investir des maintenant dans l'installation d'equipements economes en energie.
De 0,39 euro le litre début 2004, le prix moyen du fioul domestique etait passé a 0,68 euro fin octobre 2005 ( dernieres statistiques du ministere de l'Industrie ), en augmentation de 74 %. Pour le gaz propane, l'evolution est de l'ordre de 27% sur la meme periode. Pour le gaz naturel, elle depassera 30 % avec les hausses obtenues par Gaz de France. Cette flambee des prix n'est pas due à des restrictions temporaires de la production, comme ce fut le cas en 1973 puis en1980, mais a l'augmentation, sans doute durable, de la consommation mondiale de petrole et de gaz ( notamment en Chine et en Inde ).
Ce qui signifie que les prix de ces energies devraient rester longtemps a des niveaux éleves. Quant à l'élèctricite, dont le prix evolue comme l'inflation, elle demeure nettement plus chere que le gaz naturel ou le fioul. Et la privatisation d'EDF, ajoutée au coût de renouvellement de ses centrales nucleaires, risquent de tirer ses tarifs vers le haut. Pour autant, votre facture de chauffage n'est pas ineluctablement condamnée à suivre ces courbes ascendantes.
« On pourrait, des aujourd'hui, construire des batiments qui consomment au moins quatre fois moins d'energie », affirme Alain Bornarel, de Tribu, un bureau d'etudes en qualite environnementale dans le batiment. Alors qu'une maison conforme aux normes actuelles consomme environ 80 kWh/m2/an de chauffage, on sait construire des maisons qui se contentent de moins de 30 kWh. Ce qui represente, pour une habitation de 120 m2 chauffee au fioul, une difference de 400 euros par an. Reste qu'une telle performance ne s'obtient qu'avec des materiaux et des equipements elabores et complexes a mettre en oeuvre, donc plus chers.
Le critere d'amortissement.La question est de savoir si, et au bout de combien d'années, le surcoût initial sera compensé par les économies d'énergie induites, ce qui correspond au critere de «temps de retour sur investissement» (le surcoût divise par l'economie annuelle). Il en va de meme pour une construction existante, dont il est possible d'ameliorer l'isolation, ou de remplacer des equipements de chauffage anciens par d'autres moins consommateurs d'energie. A quelque chose malheur est bon : plus l'energie coute cher, plus les economies possibles sont importantes, et donc plus ce temps de retour est court. Nous avons effectué tous nos calculs sur la base des tarifs previsibles en 2006 et sur un « scenario catastrophe» envisageant une augmentation de 50% par rapport a 2005. Par ailleurs, le coût des equipements economisant l'énergie sera minoré en 2006 par rapport a 2005, avec l'augmentation du credit d'impot auquel ils donnent droit, lorsqu'ils sont installés dans un logement existant.
Ce credit irait jusqu'a 50% pour des equipements tels que pompe à chaleur et chauffe-eau solaire. Toutefois, seuls les equipements et materiaux répondant a des caracteristiques precises donnent droit au credit d'impot, et les dépenses sont retenues dans la limite de 8000 euros pour un celibataire et de 16000 euros pour un couple marie ( plus 400 euros a 600 euros par enfant a charge ). Dans l'habitat neuf, individuel ou collectif, la reglementation (dite « reglementation thermique », ou RT 2000) impose une performance globale sur le plan de la consommation d'energie, et laisse au constructeur le choix des moyens pour y parvenir : isolation renforcee, utilisation des apports solaires « passifs » ( par exemple en orientant les pieces à vivre à l'ouest ou au sud et en les dotant de baies vitrees ) ou recours a des modes de chauffage a faible consommation. Cette performance est exprimee par le rapport entre la consommation du logement et celle d'un logement de reference ( d'ou l'expression « coefficient de reference », ou Cref ).
A compter du 1 septembre 2006, une nouvelle reglementation, dite RT2005, imposera aux logements neufs un Cref de 15 % inferieur a celui exige actuellement.
La prime au chauffage central.L'option qui exige, au depart, le moins d'investissement pour le chauffage d'un logement neuf est le tout electrique, avec des panneaux radiants ( environ 150 euros l'unite ) ou un plancher chauffant electrique (de 30 a 35 euros /m2, plus revetement de sol). En tout, entre 3 000 et 4500 euros pour une maison de 120m2. A l'usage, l'electricite est l'energie la plus chère, mais il faut plusieurs annees avant que cela compense la difference d'investissement initial avec les autres modes de chauffage. Par ailleurs, en changer revient fort cher. « On ne connait pas l'evolution du coût des differentes energies. Il faut donc etre flexible, et pour cela faire installer un chauffage central », analyse Jean-Marie Carton, de la Confederation de l'artisanat et des petites entreprises du batiment (Capeb). Comptez 300 euros l'unite pour des radiateurs de qualite et environ 65 euros /m2 (hors revetement) pour un plancher chauffant hydraulique, soit 7800 euros pour une maison de 120 m2. Pour alimenter cette installation, une chaudiere electrique coute 1500 euros environ; une chaudiere a gaz, 2700 euros; et une a fioul, 3000 euros pour un modele gaz ou fioul dit basse temperature. Plus cheres (de 4 000 euros [gaz] a 5000 euros [fioul]), les chaudieres « a condensation» tendent cependant a s'imposer : leur rendement est plus eleve (103 % a 107 % contre 95 % a 100 % pour les basse temperature), car elles recuperent la chaleur des fumees d'évacuation; et elles béneficieront, a partir de 2006, d'un credit d'impot de 40% (pour les modeles munis d'une attestation «CE de type »). Ce qui mettra leur prix net au niveau de celui des basses temperatures, pour lesquelles le credit n'est que de 15 %.
Par ailleurs, une chaudiere au gaz naturel devient plus avantageuse qu'une chaudiere electrique apres 2 a 3 ans, ce delai etant d'environ 10 ans avec le fioul. En logement existant, le remplacement d'un modele traditionnel vieux de plusieurs annees, dont le rendement est de 60% a 80%, par un modele recent a haut rendement peut etre rentabilise en 3 a 6 ans. Toutefois, l'eau de chauffage produite par une chaudiere a condensation ou a basse temperature étant à une temperature plus faible que celle d'une chaudiere classique, les radiateurs d'origine peuvent etre sous-dimensionnes. Changer de chaudiere n'est alors pas avantageux.
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Date de création : 06/12/2005 à 22h27
Dernière modification : 24/01/2008 à 19h13
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