Nos poubelles

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Que fait-on de nos poubelles ?

Nos poubelles débordent. Chaque année, un Français génère en moyenne 434 kg de déchets ménagers. Mais que deviennent ces montagnes d’ordures ?

Pendant longtemps, le choix pour les gestionnaires de déchets était simple: mettre en décharge ou incinérer ( avec ou sans récupération d’énergie ). Bref, on s’en débarassait sans trop se préoccuper des conséquences. La situation évolue cependant et voici le détail de ce que deviennent nos déchets en France en 2002.

Répartition massique des déchets en France

Soit en 2002 :

  • 41 % des ordures ménagères sont encore enfouis alors que ce sort devrait être réservé aux déchets ultimes.
  • 41 % sont incinérés avec une valorisation énergétique. En 2004, cette valorisation aurait généré 3340 Gwh d’électricité et 814 Ktep de chaleur (source DGEMP).
  • 3 % sont encore incinérés sans aucune valorisation énergétique. Une partie des mâchefers est valorisée.
  • 8 % font l’objet d’un tri matière, c’est à dire que les matières facilement recyclables sont mises à part. Mais nos chiffres ne précisent pas si ces matières sont effectivement recyclées.
  • 6 % seulement font l’objet d’un compostage, alors que 28% de nos poubelles sont des déchets compostables.
  • 1 % est valorisé par méthanisation.

On constate donc que la mise en place d’une gestion vraiment pertinente des déchets est longue à se mettre en place. Sans revenir sur les 41 % des ordures ménagères mis en décharge, on peut se poser des questions sur la l’ouverture de nouveaux centres d’incinération ( voir la polémique de Fos-sur-mer ). S’il est vrai qu’aujourd’hui presque tous les incinérateurs valorisent énergetiquement les déchets, les problèmes d’émissions de toxines n’en demeurent pas moins. Surtout, l’incinération entraine la disparition de la plupart des matières premières et interdit donc le recyclage. C’est pourquoi l’incinération devrait être réservée aux déchets qui ne peuvent absolument pas être valorisés autrement : c’est loin d’être le cas actuellement. Pourtant la politique française actuelle tend encore à favoriser l’incinération.

Seuls 6 % des ordures ménagères sont compostés alors que les déchets putrécibles représentent 28 % du poids de nos poubelles. Ce phénomène est la conséquence du manque de tri à la source : il est indispensable de mettre en place une gestion des déchets putricibles séparée de celle des déchets qui ne le sont pas. Un tel système permettrait également l’essort de la bio-méthanisation, qui est une valorisation énergétique des corps organiques bien plus « econologique » que la mise de ces déchets en incinérateurs.

Enfin, 8 % des ordures ménagères sont triées en vu d’un recyclage. Pourquoi ce pourcentage est-il si bas, comparé aux 50 % des Allemands et des Suisses ? Il est évident que la France est en retard dans ce domaine.

D’une part, les filières ne sont pas encore au point et les coûts restent élevés, d’autre part l’éducation des Français n’est pas encore complète en ce domaine. Car le tri sélectif au quotidien est une contrainte ( mais pas si terrible que cela ) : il nécessite que l’on connaisse la nature de ses déchets et que l’on adopte de nouvelles habitudes – sans parler de la nécessité de multiplier les poubelles et de les stocker.

Il faut donc une impulsion politique à ce projet, tant au niveau de l’état pour donner des directives fortes qu’au niveau des collectivités pour organiser la gestion rationnelle des ordures. Quant aux citoyens, ils sont un maillon essentiel car c’est en réduisant le volume de leurs poubelles par des achats raisonnables et par un tri intelligent qu’il rendrons le système économiquement viable. Il ne faut pas oublier que chacun d’entre nous paye, via ses impôts locaux, la gestion de ses déchets . Plus de déchets est synonymes d’impôts plus élevés, à nous de ne pas entrer dans ce cercle vicieux !

En savoir plus

Le recyclage: papier, cartons et plastiques
Le recyclage: verre, metaux et Tetra-Pack
32 questions réponses sur les déchets ménagers liés aux emballages
Rapport de G.Miquel à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques: « Recyclage et valorisation des déchets ménagers », 1999.

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